Ami sataniste, je le vois bien dans ton oeil torve que je t'ai déçu.
Tu n'as besoin d'aucunes paroles, rien, je n'ai qu'à regarder ta moue dépitée, ta carrure abattue, ces sanglots longs qui semblent secouer ta carcasse fragile pour m'en rendre compte.
Je t'ai déçu.
Faut dire que tu ne m'as pas non plus laissé de quoi m'exprimer librement cette année. Exception faite de Funeralium ou de Cosmic Church, les messagers musicaux ton dieu Satan n'étaient pas au meilleur de leur forme hein. Tu me diras, il est possible que je sois passé à côté de chédeuvres certifiés AOC mais c'est aussi à toi de faire ton boulot et de répandre la bonne parole auprès des ignorants que nous sommes.
Fort heureusement pour mes frêles esgourdes, en cette fin d'année merdique, Satan m'a réservé une bien belle surprise avec le nouvel album de Wolvserpent, perigaea antahkarana.
Ces merveilleux satanistes américains ( Blake Green et Brittany McConnell, anciennement connu sous le doux patronyme de Pussygutt) ont sorti sur Relapse, en septembre dernier, un des meilleurs disques de black/drone/funeral doom metal de l'année.
Double album composé de 5, enfin 4 morceaux, perigaea antahkarana se veut une ode païenne rendant hommage à sa façon à mère nature. En gros, chaque morceau débute par des field recordings (chant d'oiseaux, feu crépitant, nature en fête, ce genre quoi...) sur lesquels se greffe une partie classique (genre violon/violoncelle, du dark classical en somme) voir un soupçon d'ambient ( l'intro d'in mirrors of water). Sauf qu'une fois les intros passées ( à savoir qu'elles font tout de même entre 3 et 7 minutes chacune), le programme affiché est lourd, très lourd.
Revue des troupes :
Disque 1 : au programme, un within the light of fire stoner/doom/black metal relativement traditionnel à la Middian (voix gutturales, ambiance lourde, la routine quoi...) mais curieusement dissonant en son milieu. A croire que le duo, se faisant un tantinet chier en jouant, a eu une sorte de révélation lors de la découverte du chapitre the work which transforms god de BaN dans l'encyclopédie déviance et art de vivre, petit précis du black metal pour manchots psychopathes. Du coup, within the light of fire, en plus d'être addictif et efficace, devient franchement intrigant et finit par éveiller l'attention du sataniste qui s'apprêtait, dans le plus grand désarroi, à appuyer sur la touche stop de son lecteur mp3 ou cd (rayez la mention inutile).
Le second morceau (en fait le troisième) confirme la déviance de la trajectoire attendue (un bon disque de black/doom, au cas où vous ne l'auriez pas capter). De fait, le groupe, s'il en utilise les codes (du black/doom...) avec excellence, préfère les envoyer valser et mettre une branlée à Godspeed You ! en s'aventurant du côté du post-rock avec une montée hypertensionnelle entre la 7ème et la 18ème minute qui pourrait constituer à elle seule un épais chapitre du traité du post-rock pour les has-been.
Le morceau se clôt, lors des trois dernières minutes, sur un apaisant retour au calme via Dame Nature : les oiseaux pépient gaiement, les ruisseaux ruissellent et le guitares se taisent. Fin du disque 1.
Disque 2 : autant vous prévenir : si la première partie était très bonne, la seconde est exceptionnelle.
La faute à a breath in the shade of time, morceau démentiel de 23 mns et de l'enchaînement de ouf avec concealed, morceau de clôture.
Démentiel parce que le groupe s'amuse à brouiller les pistes, à jouer avec les nerfs de l'auditeur. Pour cela, il ne change rien à la formule précédente. Intro dark classic/ambient puis envoi de la sauce. Du moins c'est ce qu'on se dit quand a breath démarre. On s'apprêterait presque à zapper tellement c'en est prévisible. Sauf qu'au bout de six minutes, la sauce n'est pas celle à laquelle on s'attendait. Le disque prend une direction toute autre et débute ainsi seize minutes de funeral doom/drone absolument scotchantes. Le duo invoque successivement les excellentissimes Fleshpress, Sunn O))) et Om puis s'amuse à les faire fusionner pour voir ce qui pourrait éventuellement en ressortir.
Il en ressort donc seize minutes de tension brute où la batterie se la met en veilleuse et laisse place à un flot épais et continu de guitares en fusion, chauffées à blanc, troublées seulement par un mysticisme Sunn Omien sur les quatre dernières minutes, véritable appel au recueillement sataniste (comprendre sacrifice de vierges avec couteau sacré et masque en tête de bouc vidée). Sur ce second disque, a breath...le bien nommé, ainsi que concealed, Wolvserpent vous bouscule dans un premier temps puis vous prend à la gorge, vous oppresse, hypnotise, installe une ambiance à la fois aérienne et morbide, serre son étreinte, ne lâche rien pendant près de trente minutes et ne la desserre qu'une fois concealed achevé.
Et vous avec.
Parce qu'on ne ressort pas de ce second disque indemne Ce qui estomaque, plus que sur le premier, c'est la puissance, la cohérence qui s'en dégage ainsi qu'une évidence. Celle qu'il n'aurait pas pu en être autrement. Les mélodies, l'ambiance, l'enchaînement des deux morceaux, des deux styles (drone et funeral doom) forment un bloc, une entité indissociable. Vous avez à peine le temps de vous remettre de a breath in the shade of time que concealed vous plombe littéralement les pieds et vous envoie par trente mètres de fonds sans avoir pu reprendre votre souffle entre deux.
Magistral.
Alors mon petit Satan, en cette veille de nowel 2013, c'est une bien jolie offrande que tu me fais là. Moi qui désespérais de croire en toi, qui me languissais d'avoir de tes nouvelles, me voilà rassuré. Et rassurés aussi sont mes amis satanistes, dont l'oeil torve s'illumine à nouveau d'une lueur bienveillante.
Il était temps Satan, j'ai bien failli passer dans l'autre camp.
écoute intégrale ici
Affichage des articles dont le libellé est satan. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est satan. Afficher tous les articles
lundi 23 décembre 2013
mardi 22 novembre 2011
Vektor
Allez, Satan, fais pas la gueule. Je te jure, je vais faire une note sur ta musique de prédilection.
Fais pas la gueule je te dis.
Ta note, je vais la pondre, mais pas sur les groupes dont j'ai parlé hier.
Point encore.
Point de note sur Esoteric ou Blut Aus Nord. Non, mais une note sur un groupe qui avait produit un de mes albums de l'année en 2009. Black future. Du technical trash metal pas piqué des hannetons mâtiné de progressive pour un album à faire revenir la moitié de la population parisienne à la vie et faire accéder au trône suprême le sieur Tibéry.
Vektor remet donc les couverts ce 22 novembre avec un outer isolation dans la même veine que leur black future. A savoir un chant hurlé/crié/beuglé sur une musique à faire passer les Pixies énervés pour des joueurs de funeral doom sous tranxene. Un truc très technique en effet, avec très beaucoup de guitares rythmiques sursaturées jouées très vite, suivies de près par une batterie survitaminée pratiquant le changement de rythme comme une puce le saut en hauteur, suivies d'encore plus près par un guitariste solo qui soloïse à tout va ans pour autant étaler sa technique. Ca headbangue dans tous les coins, ça saute partout, ça crache sa haine ou son amour à Satan (c'est au choix) à chaque cri prononcé par le hurleur en chef mais c'est PU-TAIN D'E-FFI-CACE !!!! La grande qualité de Vektor à mes oreilles et ce qui me tient de cerveau cramé, reste que sa musique, malgré la complexité apparente de la chose (avec changement de rythmes, d'accords, toute les dix secondes au moins), est d'une lisibilité remarquable. Accrocheuse, mélodique, outer isolation c'est le plaisir immédiat à portée d'oreilles. Vektor se joue de tous les clichés trash/death metal : sur outer isolation le morceau qui donne son titre à l'album, le solo arrive à point nommé,lors du seul moment calme du morceau, cherchant à étaler sa science, stratosphérisant dans les aigus comme un vulgaire Europe ou Scorpions mais se retrouve vite balayé, d'un revers de rythmique lui fermant définitivement son clapet pour mieux repartir à fonds de cale dans un chaos limite indescriptible. Tous ces changements pourraient être fatigants, pénibles à écouter mais non, on se marre, on joue à se faire peur comme si on se retrouvait à bord d'un wagon de train fantôme.Lui même égaré dans une montagne russe.
C'est extrêmement bien foutu, ça joue vite, très vite et au vu de la qualité du truc, ça pourrait bien devenir une nouvelle référence en matière de trash/death metal au même titre que le spectrum of death de Morbid Saint ou le sound of perseverance de Death. Pourtant, Satan sait que je ne suis pas un mordu de trash, ce genre de disque aurait même tendance à me gaver : trop de technique, trop speed, trop caricatural pour moi voir limite comique. Mais là, force est reconnaître que Vektor fait parti des exceptions sus-citées.
Bon alors Satan, heureux ???
Pas tout à fait ??!!!
T'inquiète, je prépare deux notes à ta gloire d'ici peu.
Fais pas la gueule je te dis.
Ta note, je vais la pondre, mais pas sur les groupes dont j'ai parlé hier.
Point encore.
Point de note sur Esoteric ou Blut Aus Nord. Non, mais une note sur un groupe qui avait produit un de mes albums de l'année en 2009. Black future. Du technical trash metal pas piqué des hannetons mâtiné de progressive pour un album à faire revenir la moitié de la population parisienne à la vie et faire accéder au trône suprême le sieur Tibéry.
Vektor remet donc les couverts ce 22 novembre avec un outer isolation dans la même veine que leur black future. A savoir un chant hurlé/crié/beuglé sur une musique à faire passer les Pixies énervés pour des joueurs de funeral doom sous tranxene. Un truc très technique en effet, avec très beaucoup de guitares rythmiques sursaturées jouées très vite, suivies de près par une batterie survitaminée pratiquant le changement de rythme comme une puce le saut en hauteur, suivies d'encore plus près par un guitariste solo qui soloïse à tout va ans pour autant étaler sa technique. Ca headbangue dans tous les coins, ça saute partout, ça crache sa haine ou son amour à Satan (c'est au choix) à chaque cri prononcé par le hurleur en chef mais c'est PU-TAIN D'E-FFI-CACE !!!! La grande qualité de Vektor à mes oreilles et ce qui me tient de cerveau cramé, reste que sa musique, malgré la complexité apparente de la chose (avec changement de rythmes, d'accords, toute les dix secondes au moins), est d'une lisibilité remarquable. Accrocheuse, mélodique, outer isolation c'est le plaisir immédiat à portée d'oreilles. Vektor se joue de tous les clichés trash/death metal : sur outer isolation le morceau qui donne son titre à l'album, le solo arrive à point nommé,lors du seul moment calme du morceau, cherchant à étaler sa science, stratosphérisant dans les aigus comme un vulgaire Europe ou Scorpions mais se retrouve vite balayé, d'un revers de rythmique lui fermant définitivement son clapet pour mieux repartir à fonds de cale dans un chaos limite indescriptible. Tous ces changements pourraient être fatigants, pénibles à écouter mais non, on se marre, on joue à se faire peur comme si on se retrouvait à bord d'un wagon de train fantôme.Lui même égaré dans une montagne russe.
C'est extrêmement bien foutu, ça joue vite, très vite et au vu de la qualité du truc, ça pourrait bien devenir une nouvelle référence en matière de trash/death metal au même titre que le spectrum of death de Morbid Saint ou le sound of perseverance de Death. Pourtant, Satan sait que je ne suis pas un mordu de trash, ce genre de disque aurait même tendance à me gaver : trop de technique, trop speed, trop caricatural pour moi voir limite comique. Mais là, force est reconnaître que Vektor fait parti des exceptions sus-citées.
Bon alors Satan, heureux ???
Pas tout à fait ??!!!
T'inquiète, je prépare deux notes à ta gloire d'ici peu.
mercredi 9 novembre 2011
SATAN...
Sale temps pour les satanistes en ce moment. Après Fleshpress et son
acide mouth strangulation de feignasse ( quatre ans pour accoucher d'une
telle daube, ça en frise l'indécence), c'est au tour de Wrest de
vouloir faire dans la ligne claire. Wrest, comme chacun sait, est le
leader de Leviathan. Leader par ailleurs incontesté puisqu'il en est le
seul membre. Il faut savoir que le groupe, enfin Wrest, en a eu marre
de lui-même et a splitté en 2007. En 2011, rendons gloire à Satan. Après
moultes tractations occultes Wrest s'est enfin réconcilié avec l'autre
partie de son groupe, à savoir lui-même, et a décidé de remettre les
couverts.
Manque de bol pour l'auditeur qui espérait un album malsain, crade, flippant, du Leviathan quoi,Wrest, via Spielberg, a découvert Hergé et toute sa filiation. Puis s'est dit : et si j'appliquais ça au métal ? Idée certes sympathique mais quelque peu hors-sujet. En effet true traitor, true whore aurait pu être un excellent album de Leviathan. Il en a les atours, l'énergie, les compos sont présentes mais je ne sais pas ce qui a pris à Wrest de vouloir épurer sa musique, en dégager le côté dark ambient pour se concentrer seulement sur le black metal. Peut-être pourrons-nous supputer que la séparation d'avec lui-même en 2007 fut d'une violence rare et lui a grillé quelques neurones malades. Pour autant il en résulte un bon album de black metal, violent, mélodique parfois mais un album moyen de Leviathan. Trop carré, trop lisible à mon goût, il réserve certes de belles surprises (ces moments de calme jazzy sur brought up to the bottom) mais le dark ambient pratiqué anciennement par Wrest hissait (si on peut dire) son black metal vers des bas-fonds malsains qui rendaient sa musique unique. True traitor true whore se contente juste d'être ordinaire. Efficace, très efficace même, mais ordinaire
Ce qui n'apparaît pas très évident pour qui ne connaît pas les travaux précédents du sieur. N'importe qui prenant le train en marche se dira que c'est inaudible. Je rétorquerai à cette sentence fallacieuse, dénuée de tout fondement, que true traitor est l'album le plus simple, le plus abordable de Leviathan. Ce qui est un bon début ma foi. Chaque nouvelle écoute (je dis ça pour celui qui serait assez maso pour en entamer plusieurs écoutes) vient en fin de compte contredire la méforme apparente des glorieux satanistes comme je le disais en débutant cette note. Du moins celle de Leviathan. Parce que pour les corses léthargico-finlandais de Fleshpress, c'est mort.
Manque de bol pour l'auditeur qui espérait un album malsain, crade, flippant, du Leviathan quoi,Wrest, via Spielberg, a découvert Hergé et toute sa filiation. Puis s'est dit : et si j'appliquais ça au métal ? Idée certes sympathique mais quelque peu hors-sujet. En effet true traitor, true whore aurait pu être un excellent album de Leviathan. Il en a les atours, l'énergie, les compos sont présentes mais je ne sais pas ce qui a pris à Wrest de vouloir épurer sa musique, en dégager le côté dark ambient pour se concentrer seulement sur le black metal. Peut-être pourrons-nous supputer que la séparation d'avec lui-même en 2007 fut d'une violence rare et lui a grillé quelques neurones malades. Pour autant il en résulte un bon album de black metal, violent, mélodique parfois mais un album moyen de Leviathan. Trop carré, trop lisible à mon goût, il réserve certes de belles surprises (ces moments de calme jazzy sur brought up to the bottom) mais le dark ambient pratiqué anciennement par Wrest hissait (si on peut dire) son black metal vers des bas-fonds malsains qui rendaient sa musique unique. True traitor true whore se contente juste d'être ordinaire. Efficace, très efficace même, mais ordinaire
Ce qui n'apparaît pas très évident pour qui ne connaît pas les travaux précédents du sieur. N'importe qui prenant le train en marche se dira que c'est inaudible. Je rétorquerai à cette sentence fallacieuse, dénuée de tout fondement, que true traitor est l'album le plus simple, le plus abordable de Leviathan. Ce qui est un bon début ma foi. Chaque nouvelle écoute (je dis ça pour celui qui serait assez maso pour en entamer plusieurs écoutes) vient en fin de compte contredire la méforme apparente des glorieux satanistes comme je le disais en débutant cette note. Du moins celle de Leviathan. Parce que pour les corses léthargico-finlandais de Fleshpress, c'est mort.
Inscription à :
Articles (Atom)

