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jeudi 24 avril 2014

Omi Palone

Nous sommes le 24 avril en Mayenne.
Il pleut, comme toujours, depuis la nuit des temps.
Le soleil est un astre mort, la pluie se doit de faire partie intégrante des conditions de vie de cette région. Bref, c'est un temps soit  à sortir les cordes et réviser sa méthode du noeud coulant dans le Mayennais profond, soit à abuser des anti-dépresseurs.
Pourtant, moi, Dr Myrrhman, malgré ces conditions extrêmes, je vais vous apporter la joie, la grâce, l'envie de sautiller partout, de retrouver votre jeunesse, de désarthritiser  vos articulations.
Comment pourrais-je accomplir un tel miracle vous demanderez-vous ?
Simple vous répondrai-je.
Suffit de vous prescrire en perfusion/infusion/diffusion, enfin ce que vous voulez,  l'écoute du premier album d'Omi Palone.
Omi Palone est un jeune quatuor angliche dont la prétention est justement de ne pas en avoir et de pratiquer une jangle pop/rock absolument pas originale mais d'une putain d'efficacité.
Diantre, quel programme de merde nous proposez-vous là Dr Myrrhman. Pour quelles raisons voudrions-nous nous fader un énième groupe pop/rock anglais quand on a probablement plus original et meilleur ailleurs ?
Réponse simplissime : parce qu'ils vont puiser leur inspiration non pas chez les buveurs de thé façon Smith et consorts mais plutôt chez les Kiwis via Flying Nun.
Ah ah !!!....on fait moins les malins là.
Les 25 mns que constituent leur premier album est un rafraîchissement tel qu'il illumine votre journée et au-delà. C'est le soleil néo-zélandais qui rentre chez vous, irradie votre humeur et terrasse la grisaille Mayennaise. Leurs pop songs ne s'encombrent pas de superflu, elles sont courtes, simples,directes, prennent leur source via le Velvet Underground, les Feelies, Yo La Tengo, les Bats et surtout vous laissent un arrière-goût de reviens-y fort prononcé. Parfois, au détour de shallow divide, vous vous surprenez à faire le pois sauteur, un sourire béat vous barrant la face, un truc qui ne vous était pas arrivé depuis..............ouhh au moins  la disparition brutale du soleil en Mayenne. Parfois même vous restez pantois devant l'enchaînement de malade follow your visions/-, ou comment passer d'un morceau un peu noise façon Boo Radleys ( Omi Palone sont anglais hein, faut bien que ça ressorte parfois) à un morceau instrumental limite krautrock revu façon Yo la Tengo.
Toujours est-il qu'après huit chansons et vingt cinq minutes d'Omi Palone, quel que soit le moment où vous l'écoutez, votre journée semblera démarrer sous les meilleures auspices. La pluie ne sera plus qu'un mauvais souvenir, tellement le bonheur irradiera de votre personne. Vous deviendrez un homme différent, prêt à affronter la crise économique, le chômage, bref la société de consumation, et même l'absence cruelle de soleil en Mayenne.
Vous ne me croyez point ??? essayez les liens ci-dessous. Vous verrez, c'est court mais d'une efficacité redoutable au point même d'en devenir addictif. D'ailleurs, si vous avez besoin d'une cure de désintoxication...je vous proposerai un bien un stage en Mayenne.
Bandcamp ici


lundi 29 octobre 2012

Message à caractère préventif

Il y a trente ans, ce jour, naquisait un @mi et, à quelques jours près, 17 pour être exact, sortait le second album de Bobb Trimble, harvest of dreams.
Aujourd'hui sera donc un jour de rattrapage pour cet @mi qui, shame on him, ne semble point connaître Bobb Trimble et son sublime iron curtain innocence. M'en vais lui rafraîchir la mémoire et le remettre dans le droit chemin illico avec mon indispensable note sortie sur mon précédent blog. La preuve ?

Imaginez : vous êtes producteur ou sur le point de signer un artiste. Vous êtes en 1980, les grands albums sortis à cette époque sont le closer de Joy Division, le premier album des Feelies, le remain in light des Talking heads, le seventeen seconds des Cure, le metamatic de John Foxx, le I just can't stop it de The Beat ou encore le colossal youth de Young Marble Giants.  Vous nagez en pleine new wave, l'époque est aux corbeaux, au premier degré, bref on rigole pas tous les jours. Là vous tombez sur un gars qui lui n' a rien compris à l'époque dans laquelle il est. Il vous propose un album de folk. Qui plus est de la folk psyché. Vous vous dîtes : il est fou, pas la peine de le signer, ce sont les bacs à soldes direct avec ce qu'il propose. Vous l'écoutez par politesse, lui dîtes que ce qu'il fait est très bien et le remerciez d'être venu. Une fois parti, vous mettez les bandes à la poubelle parce qu'il vous a fait écouter c'est certes pas mal du tout mais ça a quand même au moins une dizaine d'année de retard. ça n'aurait pas dépareillé avec des groupes comme Comus ou des tarés comme Syd Barrett mais là, ça va à l'encontre des règles du marché. Faut pas déconner quand même faut rentabiliser le produit , non ?
Bon ce que je viens de décrire ci-dessus serait très certainement arrivé à Bobb Trimble s'il s'était présenté avec son disque dans les années 90 -2000. Fort heureusement pour lui comme pour nous, c'est à la fin des années 70 qu'il a présenté ses bandes et qu'est sorti cet anachronisme qu'est Iron curtain innocence. Car il faut sacrément être fou pour sortir un album dont on sait pertinemment qu'il ira dans les bacs à soldes à sa sortie mais sera adulé par une poignée d'aficionados dont je fais parti. Pour faire court et comme je l'ai dit plus haut il s'agit d'un album de folk psyché barré sur sa première face et  de pop folk de très très haut vol sur la seconde, alignant morceaux d'une délicatesse d'orfèvre (killed by the hands of an unknown rockstar) et classique immédiat digne du meilleur Beatles ou Love ou ce que vous voulez d'autre (one mile from heaven).C'est simple, en écoutant la première face on se dit que Greg Weeks d'Espers ou Ben Chasny de Six Organs Of Admittance ont du puiser là une bonne partie de leur inspiration (et notamment avec when the raven calls). Et quand on écoute la seconde, là on se dit qu'il n'a pas du écouté que les Beatles le gars Elliott Smith, il a du s'écouter en boucle ce chef-d'oeuvre tant la voix rappelle ici celle de Smith. Il n'y a dans ce disque que 8 morceaux avec deux fois one mile from heaven (une version courte, l'autre longue) mais ici tout est essentiel, rien n'est superflu, chaque note a sa place, chaque intonation se justifie. Le seul reproche qu'on pourrait lui faire est au niveau du son, de la production : il sonne très années 70. Pas pour moi en tout cas. Mais là, je ne sais pas si la critique se justifie réellement : c'est justement ce qui fait qu'il paraît hors d'âge, intemporel. Et parlons aussi de la pochette qui  est hallucinante : Bobb Trimble, gueule d'ange entre Balavoine et Syd Barrett, avec sa guitare électrique sur les genoux et une mitraillette à la main a de quoi laisser dubitatif.

Alors ???? ben à la lecture de cette note absolument indispensable il apparaît clairement qu'en 2012, ne pas connaître Bobb Trimble est passible d'une condamnation lourde, très lourde.
Alors M. Vilosophe, au vu de vos différents antécédents, soit vous vous jetez sur le premier cd ou vinyle à votre portée et vous comblez votre retard, soit vous serez condamné à subir dans une chambre noire, sono à fond, l'intégrale de Patrick Duffy et Mireille Matthieu en boucle jusque ce que saignement des oreilles survienne.Vous voilà prévenu. Je ne me répéterai pas.

samedi 14 juillet 2012

Thomas Belhom : rocephine

Rocéphine : ANTIBIOTIQUE ANTIBACTERIEN de la famille des bêta-lactamines du groupe des céphalosporines de 3ème génération. Utilisée en première intention contre les infections méningées, la maladie de Lyme, les pneumopathies, la bronchite chronique infectieuse, pyelonéphrite, infections urinaires basses, purpura fulminans.
Rocéphine : puissant antibiotique utilisé pour purger les portugaises encombrées par des otites à répétition (otites récentes -2012- dites  Dominiquaniose ou celles, plus virulentes, de 2011 : l'otite Miossecose ordinarite, redoutable.) avec atteinte grave du nerf auditif. Délivrée par le Professeur Thomas Belhom, cette rocéphine se distille dans vos conduits auditifs tel un poison à diffusion lente et a des propriétés dépuratives remarquables. La prescription de 45 minutes permet de en effet de purger toutes les vessies franco-françaises qu'E.D.F a tenté de nous faire ingurgiter ces derniers temps (Izia, Zaz, Mademoiselle Nineteen, Coeur de Pirate et bien d'autres encore).  Pour plus d'efficacité le professeur Belhom s'est permis de proscrire justement toute électricité, de ne conserver que la substantifique moelle acoustique de sa musique. Pour parvenir à un résultat d'une efficacité aussi confondante, il s'est allié au Dr Staples, clinicien de génie chez Tindersticks, le temps d'un morceau (il faudrait d'ailleurs qu'on m'explique pourquoi le Staples s'amuse depuis le dernier album des Tindersticks à utiliser la réverbération sur sa voix, c'est un poil agaçant) . Il a également expurgé toutes velléités rock ( go TV ! excepté, sur laquelle, dans les dix dernières secondes, il retrouve l'usage de la guitare électrique) pour soit tendre vers un psychédélisme d'une grande douceur (champignon agréable), soit vers une pop de chambre à forte influence jazz, soit vers une pop expérimentale vers laquelle tend Dominique A depuis quelques années sans véritablement y parvenir (temps allongé, l'avancée en moi plus proche d'un Jérome Minière cependant) ou encore une sorte d'art pop à la Talk Talk (yumi, ciel). Chaque composant de cette rocéphine est, il faut l'avouer, d'une redoutable efficacité pour les ouïes. Cependant le bougre ne se contente pas d'utiliser tout le spectre de la pop pour parvenir à ses fins, il se permet également de s'aventurer sur les chemins de traverse en galante compagnie (excursion) ou de verser dans l'expérimental sans pour autant qu'il y ait d'interactions fâcheuses au niveau moléculaire. Quant à l'enrobage, il est d'une grande délicatesse, voir d'une grande finesse, proche de l'os, subtil mélange du Mark Hollis (toujours dans les bons coups quand il s'agit de tutoyer l'excellence) et du remué de Dominique A.
Bien entendu, le mode d'emploi est livré dans différentes langues (français, anglais) afin de faciliter la compréhension de tout un chacun.
Décidément, quelques semaines après la parution des nouveaux Arlt ou Avec Pas D'Casque, le rocéphine de Thomas Belhom me fait dire que 2012 est définitivement une putain de grande année pour la chanson francophone. Et Ici D'ailleurs, label qui le distribue, un label exigeant et toujours intéressant dans ses choix.
album en écoute ici , en vente là  .

jeudi 3 mai 2012

message à caractère sexuel

J'en ai écouté des disques depuis ce début d'année.
Ouh laaaaaaaaaaaaaaaaaa.....une bonne tapée ma foi.
Des excellents, des intéressants, des intrigants, des mauvais, des comiques, des soniques, des.... enfin, de tout je vous dis. Des formats longs, très longs voir très très longs (la palme revenant au nouvel album de Dodsengel, black metal éprouvant et limite excellent, 2h30 au compteur), d'autres plus courts (regards vers Ty Segall/White Fence) et enfin, des albums surprenants. Des anomalies, des excroissances bizarres, contre-natures. Des disques d'un autre âge, d'un autre temps. En phase certes avec leur époque mais totalement déconnectés, utilisant les technologies d'aujourd'hui, certaines références relativement récentes pour mieux les exploser.
Pour tout vous dire, c'est le cas du premier album de Daughn Gibson.
Daughn Gibson est un bad guy à l'ancienne, un vrai, et tient à le faire savoir au monde entier. Vous ne le croyez pas ??? jetez un oeil à sa pochette. Photo noir et blanc, beau gosse ténébreux seul devant la glace de l'armoire de toilette à remettre correctement sa chemise, grosse thématique sexuelle sous-jacente, air satisfait du style : "toi je t'ai bien baisé hein ?!!"
Et vous savez quoi ??
Oui, trois fois oui : il nous a bien baisé.
Et dans mon cas, j'en redemande.

Commençons par le commencement :
C'est quoi au juste Daughn Gibson. C'est, comme je le disais plus haut, un bad guy (qui l'affirme, le revendique, le clame haut et fort  d'entrée de jeu ) à l'ancienne qui se serait adapté à son époque. Un héritier de Chris Isaak qui se serait enfilé (dans tous les sens du terme ???) l'album de James Blake. Mais pas que(ue). C'est également un gars vouant un culte sans bornes à Paul Quinn ou encore au Jarvis Cocker de freaks. Avec la folie de l'un (Cocker) et surtout la voix de l'autre. Un mec, comme Cocker, capable d'écrire de véritables tubes (tiffany lou, in the beginning) et une voix comme je n'en avais pas entendu depuis Paul Quinn justement. Dans le même registre, voix de velours/grave qui emporte tout sur son passage, vous me direz qu'il y a également Richard Hawley. Certes. Vous n'auriez pas complétement tort. Mais pas tout à fait raison non plus. Hawley reste dans un registre pop/rock, crooner de talent, Gibson va au-delà de ça. Lui fait dans la soul, le blues, le rock, la pop orchestrale de poche, la pop déviante expérimentale barrée (the day you were born, dandelions), l'électro. Il brasse toutes ces influences dans un format pop des plus classiques (10 titres,trente et une minutes, l'album pop parfait) mais l'impression prédominante à all hell, c'est qu'on écoute tout sauf un album pop. Ou alors une relecture barrée du freaks de Pulp, avec moins de moyens financiers encore, par un Paul Quinn pas encore bipôlaire. En tendant bien l'oreille on peut même faire attention à des fragments Scott Walkeriens (notable sur all hell, titre qui clôt l'album ou sur looking back in '99 ) issus du génial tilt.
Mais bon, si Daughn Gibson, de par sa voix incroyable, rappelle inévitablement ces gueules cassées de la musique, pour la plupart de véritables losers, il n'en possède pas moins une personnalité bien trempée. Elle façonne, lie  l'édifice plutôt bringuebalant au premier abord qu'est all hell. Fait avec quelques bouts de ficelles, pas mal d'idées et de talent. Gibson recycle pas mal de vieilles idées qu'on aurait pu croire éculées ( le trip hop notamment) mais les brasse avec suffisamment d'intelligence et d'audace  pour qu'on ait l'impression de n'avoir jamais (ou rarement) entendu ça ailleurs. Il suffit pour s'en rendre compte de jeter une oreille sur looking back in '99 dans laquelle le trip hop de Perry Blake se teinte de blues sous haute influence Walkerienne ou encore l'évident in the beginning  avec son sample de piano et surtout sa basse obsédante qu'on jurerait écrite par Peter Hook de New Order.
Mélodie entêtante, voix impressionnante, in the begininning est le tube intemporel qui pourrait plaire aux nostalgiques des voix de velours (des vieux cons comme moi quoi) comme aux gars passionnés de musique avides de sensations inédites (des vieux cons immatures comme moi quoi). En somme la prochaine hype pourrait bien se passer ici. 
Si j'ajoute qu'all hell possède également une classe innée, une  mélancolie scotchante, une intemporalité assez bluffante (a young girl's world sonne tellement comme un classique qu'il aurait pu sortir il y a cinquante ans), je crois que vous réussirez à comprendre aisément jusqu'à quel point j'aime me faire baiser de cette façon.
Alors Daughn si la baise a été intense, au point d'avoir arraché sauvagement les boutons de ta chemise, je t'en prie, n'attends pas plusieurs années pour remettre les couverts. Le manque c'est sympa, ça peut être un moteur formidable pour certains mais ça engendre une putain de frustration si énorme que la baise suivante n'en sera que décevante. Alors soit tu t'y remets maintenant soit tu arrêtes là.

mardi 3 avril 2012

un jour en psychiatrie service addictologie

- Bonjour,
bienvenue en centre d'addictologie, vous venez pour quelle raison ??
- Une désintoxication madame.
- Quel produit ??? alcool, héroïne, cocaïne, cigarette, cannabis, chocolat, onanisme ???
- Non madame. C'est autre chose.
-Ah ???
-Oui, j'ai contracté une addiction à un produit inconnu jusque là  : le Kevin Tihista's Red Terror. C'est une nouvelle forme d'addiction. Essentiellement  musicale, à base de voix, de guitares, principalement. J'avais déjà eu des symptômes similaires il y a quelques années avec un autre objet dans le même style mais là je crois que c'est pire.
- Quel était cet objet, Monsieur....... ????
- Myrrhman madame.
- Oui. Mais quel était cet objet ?
- There's never been a crowd like this que ça s'appelait. L'auteur de ce méfait se faisait appeler Richard Davies. Une bien belle crevure ce Davies, je vous le dis. Des mois voir des années de désintox qu'il m'a fallu pour m'en dépêtrer. Il m'en reste quelques traces d'ailleurs. Je me rappelle avoir eu des symptômes similaires avec un certain John Vanderslice, autre belle pourriture tiens.
- Ahhhhhhhhhh oui en effet, j'ai souvenir d'avoir aidé certains névrosés à s'en débarrasser. Traitement difficile par ailleurs,certains en sont morts. Et là, si je vous comprends bien, vous me dites que c'est pire ?
- Oui. OUi. OUIIIIIIIIIIIIIIIIII.
- Doucement. Ce n'est rien, prenez ceci, ça vous aidera à vous détendre.
- M-m-merci.
- Allez, monsieur, racontez moi tout.
- Bon, je me lance parce qu'il faut crever l'abcès tout de suite, ne pas le laisser suppurer...
par où vais-je commencer ???  Probablement par le choc que vous vous prenez quand cette enflure de Kevin, en guise d'introduction,  scande ceci  :
 No one's going to leave you ever again, 
I will be here with you until the end/ my friend once said....
 Now there's a million reasons why she's leaving/ Number one she hates the fact that I'm breathing
Not to mention all the drugging & tricking/Well to me that's just a typical evening...
vous savez, en vous prenant ça dans la tronche, que vous allez avoir du mal à vous en remettre.Que le chemin en sa compagnie va être long, la désintox très mais alors très difficile. Vous vous dites que le dernier à avoir écrit de telles vacheries aussi brillamment a fini dans vos albums de chevet mais aussi avec un AVC ( à croire que trop de matière grise finit par provoquer de graves lésions) . Plus loin sur bats quand il entame le refrain :
i gave her one good reason to stay here,
 she gave me two better reasons to leave,
on se dit que décidément, ce Kevin, il a tout compris quant aux rapports humains. De l'humour, noir anthracite si possible, il en a à revendre à la pelle.Et le dissémine tout au long d'on this dark street.
En revanche il sait aussi être sérieux, avoir une écriture fine, observatrice et absolument terrible, très proche en cela d'un JohnVanderslice, cette enflure de crevure.
Quand il écrit sur don't let him in :
My mother's crying/Which always make me cry
She said this man is poison/He destroyed all our lives 
ou encore :
He knocked my mother down / Right there in the kitchen
He was on top of her / I dug that knife beneath his chin.
c'est le cellar door ou encore song of the good wife qui apparaît en filigrane soit la finesse d'observation  de Vanderslice plus la cruauté de Knox.
Dans ce cas là, je vous le dis clairement : comment voulez-vous que je m'en sorte ???
- En effet, ça ne va pas être simple. Le cas paraît plus difficile encore que Davies. Pour ça je ne vois guère que.....
- Mais attendez, je n'ai pas fini : je ne vous ai parlé que des paroles, pas de la musique. Parce qu'en plus cette salope de Kevin Tihista est un excellent musicien/mélodiste. Non seulement cette raclure navigue dans les mêmes eaux qu'un Richard Davies ou encore un Elliott Smith concernant l'aisance mélodique mais musicalement on entend dans on this dark street des bribes de Nick Drake période bryter later (micky), de House Of Love (bats), The Beautiful South première époque (teenage werewolf) et tout ce qui constitue le haut du panier en matière de pop. En y prêtant même bien l'oreille on est capable d'y déceler du Prince (N carolina a des faux airs de diamonds & pearls). Je vous le dis : il est pas humain ce type.
- ....
- Et le pire là-dedans c'est qu'il a attendu huit ans avant de pondre un tel truc. Huit années pendant lesquelles il a dégraissé sa musique, acéré sa plume pour aller à l'essentiel. Un album de dix morceaux à obédience acoustiques, mélodiquement imparables. Vous comprenez : quand j'ai vu la pochette, inoffensive comme y a pas, je me suis pas méfié moi... qui se méfierait d'un chien dans la neige ??? Personne vous m'entendez ??? !!!   PERSONNE !!!!!
 j'avais mis des années à me défaire de Davies,  mais là je suis désespéré, aidez-moi, faites quelque chose....
- Bon écoutez monsieur Myrrhman, votre cas constitue effectivement une urgence psychiatrique. Je me renseigne auprès du service du Dr Garou, savoir s'il reste une place disponible. Je crains malheureusement que vos lésions soient irréversibles. Il en a soigné des cognés mais un cas comme le votre sera un véritable défi pour lui. Laissez moi lui parler.....

lundi 12 mars 2012

the junipers (de rien)

Attention : cette note sera à haute teneur philosophique.
Il devrait y être question d'hédonisme, d'épicure et de plein d'autres gros mots du même style.
Prêt ?? 
On oublie parfois un peu vite le plaisir immédiat. Vous savez : une sensation fugace qui dès la première écoute d'un morceau (ou d'un album ) vous colle la banane, vous attriste, enfin vous fait réagir de façon positive. Ce plaisir, on s'en méfie. De plus en plus quand on avance en âge. S'enthousiasmer comme ça sur la foi d'une écoute, c'est un sport de jeunes cons se dit-on.
Comprenez moi bien : on a tellement connu d'albums qui à la première écoute nous ont déçu ou dont on s'est foutus puis se sont dévoilés au fur et à mesure des écoutes qu'on en est venu à se méfier de tout.
Alors quand on tombe sur un album simple, accrocheur, pop, immédiat, bourré à la gueule de mélodies simples, accrocheuses, pop, immédiates,  on commence par se méfier. On se demande, en vieux concon est, où est l'arnaque. On écoute d'abord d'une oreille méfiante puis on se retrouve submergés par ces guitares claires, simples, accrocheuses, immédiates, ces voix simples, patati, patata, ces choeurs accroche-coeurs (ouhhhh làààà, magnifique non ?!!!!) en pagaille, puis on termine l'écoute avec la banane, des fleurs dans les cheveux, courant nu dans les prés en fleurs accompagnés de sylphides diaphanes sous une lumière hamiltonienne en diable.
 Paint the ground, nouvel album de The Junipers a ce puissant effet : nous faire remémorer notre jeunesse insouciante (ou plutôt fantasmée) pendant laquelle on écoutait tout ce qui avait attrait au flower power, à cette époque de hippies dégénérés où sortaient en moins de temps qu'il n'en faut plus de merveilles pop que de dents  à un nourrisson.
L'album de The Junipers, c'est un peu Gruff Rhys qui rejouerait les Olivia Tremor Control qui rejoueraient les Gorky's Zygotyc Mynci qui rejoueraient les La's qui rejoueraient... ces gars là connaissent donc leur manuel de la pop britannique classique et psyché sur le bout des doigts. Chaque accord joué, chaque harmonie est directement inspirée d'un illustre (gl)aïeul anglais. C'est direct, sans fioriture, sans grande originalité certes mais exécuté avec un putain de talent qui vous transporte quelques décennies en arrière en deux accords.
Mais bon, quand est sorti l'unique album des La's, on s'en est royalement foutu de savoir si Lee Mavers pompait le répertoire des Beatles. Tout ce qui sautait à la gueule c'était le talent de mélodiste de Mavers et sa bande. Pour paint the ground, c'est pas loin d'être la même configuration.
La première fois, quand j'ai lu ça, : The greatest band in the whole wide world have got a new album. That’s right, supreme psychedelicists, The Junipers, are following up their ‘Cut Your Key’ LP with the wonderful, enchanting, downright POSITIVE longplayer, ‘Paint The Ground’., j'avoue m'être bien marré. Après écoute en revanche... si ce n'est clairement pas le meilleur groupe du monde il a pour lui l'évidence des mélodies, un talent qui saute littéralement aux oreilles. L'album n'est qu'une succession de clichés pop mais évite les facilités en faisant preuve d'une concision bienvenue et rejoint la famille pas si nombreuse que ça des grands groupes pop évoqués un peu plus haut.

Tout compte fait je suis décevant :  vous vous attendiez à une note philosophique, vous vous retrouvez avec une note merdique sur un groupe pop quelconque dont on aura oublié le nom dans quelques jours. Mais en attendant après avoir lu cette note et cherché le disque en question, la petite demi-heure que vous aurez passé en sa compagnie vous fera un bien fou. Un plaisir simple, immédiat, instantané. Et vous vous direz que malgré ses réflexions bas-du-front, ce myrrhman, bordel de merde, qu'est ce qu'il a bon goût. Et je vous répondrais, modestement, que vous êtes d'une grande lucidité.


mercredi 4 janvier 2012

Dépôt de bilan : ze troisième & last partie

Suite et fin du dépôt de bilan. On va se la faire assez rapide parce que j'ai pas que ça à glander :
Catégorie transgenres :
The Necks : mindset. Jazz, rock, bordel, blip blip, zipa, boum, tchiki et autres onomatopées sont parfaitement de mises pour expliquer ce à quoi ressemble le dernier The Necks. Le premier qui sort "à rien" se loge mon 45 fillette dans les gencives. Mindset ressemble à The Necks, point.
Barn Owl : lost in the glare : Ambient + doom + folk + post-rock = Barn Owl. Synthèse idéale entre Earth et Labradford. La classe quoi.

Catégorie folk pop etc... 
That's all folk :
Kate Bush : 50 words for snow. Kate Bush est grande. Répétez après moi : Kate.....
Cass McCombs : wit's end. Le premier et le dernier morceau de wit's end sont ce qui est sorti de plus beau en matière de pop/folk cette année. Et l'espace entre ces deux extrêmes est excellent. Grand album.
Richard Buckner : our blood. Le meilleur album de Mark Lanegan depuis.......pffffffffffff.........
Josh T Pearson :  last of the country gentlemen. Salut les losers, je viens reprendre mon sceptre et ma place sur le trône. Alors dégagez, merci.
Bill Callahan : apocalypse. Pas aussi bon que sometimes (qui était un CO indiscutable) mais un Callahan même moyen reste un des meilleurs albums de l'année. N'est ce pas Harry ?
Mirel Wagner : belle découverte que ce premier album ma foi.









Pop my dear :
The Bats : free all the monsters. Les néo-zélandais sont des putains d'enfoirés qui nous collent des branlées dans tous les domaines. Ces mecs ont la classe et sont incapables de sortir quoi que ce soit de vraiment mauvais. Album pop de l'année haut la main.
Gruff Rhys : hotel shampoo. Nouvel album du taré en chef de Super Furry Animals, nouveau CO. Que dire de plus ? rien.
Other Lives : tamer animals. Mine de rien un album hype qui tient la route sur la longueur. Tout n'y est pas exceptionnel mais certains morceaux sont d'une beauté à scier les pattes.
Bill Mallonee : the power and the glory. Dans quoi le classer le Billy : pop,rock, adult rock, christian rock, christian pop ???? On s'en fout son album est vraiment excellent et gagne en épaisseur à chaque écoute.

Pour la suite je vais la faire courte, j'ai une note sur le feu qui devrait réactiver ma main....

rock my bollock :
Psychic Ills : hazed dreams
War On Drugs : slave ambients
Peaking Lights : 936
Deerhoof : Deerhoof vs evil

World, jazz, etc... :
Tamikrest : toumastin
Seun Kuti : from africa with fury : rise
Ebo Taylor : life stories : highlife & afrobeat classics 1973-1980
awesome tapes from africa
Ivo Perelman Quartet : the hour of the star


et enfin oublis éhontés  :
King Creosote & John Hopkins : diamond mine
Frank Bretschneider : komet
Dan Melchior : king of sheep.

Voilà, ce sera tout pour 2011. A 2012 pour de nouvelles aventures.



samedi 24 décembre 2011

chevaux rouges de la neige

Bienvenue dans le monde du carbone 14 de la musique.
Aujourd'hui nous allons étudier les faussaires. Et plus particulièrement ceux ayant une fascination à peine voilée pour la musique anglaise du début des 90's.
Prenez par exemple le groupe Red Horses Of the Snow. composé de Mark Burgess etChris Hawtin, ils sortent leur premier album, territories, ces jours-ci.
L'album est mignon tout plein, agréable, gentillet. Il ne fait pas de mal à une mouche, les mélodies sont là, le son également. C'est carré, propret, bien dégagé autour des oreilles, rien ne dépasse. Mais, il y a toujours un mais dans ce cas, vaudrait mieux pas que Mark Gardener, Mark Kozelek ou Neil Hastead jettent une oreille sur territories parce qu'il serait totalement justifié qu'ils réclament des droits d'auteurs. Dès les premières notes d'airborne, c'est Ride période smile qui est joyeusement dépouillé. De vrais chacaux ces deux gars : Les voix, les guitares, le refrain, tout le manuel de la musique pop selon Ride y passe. C'en est presque impressionnant. Sur santa irini, c'est Slowdive qui s'y colle. Plus loin, sur siam ou screens,  c'est Kozelek des deux premiers Red House qui y a également droit. Les gars ont potassé à fond leur manuel scolaire de la musique indie pop des années 90 et tiennent à nous le faire savoir.
Mais,curieusement, malgré ce que j'ai l'air d'en dire jusque là, c'est loin voir très loin d'être désagréable. Red Horses Of The Snow a un tel amour pour cette période, pour ces groupes, qu'on le sent finalement sincère. Il n'y a aucune arrière-pensée mercantile, aucune véritable pose. Ces mecs sont raides dingues de Ride et consorts et  le clament haut et fort en sortant une véritable déclaration d'amour musicale. Ce n'est pas original pour un sou mais, une fois qu'on parvient à faire abstraction des influences,  les mélodies sont présentes, les morceaux plutôt pas trop mal construits, simples et accrocheurs. Ce qui sauve les gars de Red Horses à mes oreilles, c'est qu'ils ne brandissent pas leur influences comme des étendards, ils se la jouent au contraire humbles, discrets.Ils savent qu'ils ne vont rien révolutionner mais tiennent à se faire plaisir et à faire plaisir aux auditeurs. Leur démarche paraît sincère, fraîche, comme celle de Ride à leurs débuts. Ce qui est déjà pas mal.
Album en écoute sur leur bandcamp

mardi 20 décembre 2011

chienne de vie

C'est moche le temps hein. Un jour vous sortez un premier album merveilleux avec votre groupe. Vous êtes bardés de références, prêts à bouffer le monde, on vous déroule le tapis rouge. On vous trouve également un groupe à qui vous opposer, qui a sorti dans l'entre fait un album honorable mais pas du même niveau. C'est  de bonne guerre, Beatles/Stones, Blur/Oasis, nombreux sont les exemples dans la musique anglaise.Vous vous la pétez et vous avez de quoi. Vous avez même une grande gueule, vous êtes intransigeant, Mark E Smith fait figure de Michel Drucker face à vous. Il y a vingt ans, tout vous souriait.
2011 : vous sortez un album sous votre véritable patronyme, un de plus.
Mais plus grand monde en a quelque chose à foutre. Vous êtes devenus un anonyme comme tant d'autres. Une gloire passée.
Pourtant vous avez sorti cette année un album plus qu'honorable. Gorgé de guitares acoustiques, de mélodies à foison, un concept-album humble, intelligent. Parfois un peu abscons, expérimental même mais toujours charmant, qui aurait du trouver un écho un peu partout, vous remettre en selle. Pas de bol pour vous, cette année, dans la catégorie anglais(e) irascible, c'est PJ Harvey qui rafle la mise. Vous laissant encore une fois sur la touche. Vous ferez parti, comme tant d'autres, des oubliés de 2011, au profit d'albums dont on ne se souviendra plus dans trois mois (WUF qui déjà ?). On reparlera de vous dans une bonne dizaine d'années comme on évoque avec une pointe de nostalgie, les yeux embrumés, le destin des Sneetches, d'It's Immaterial, de tous ces groupes ayant connu, l'espace d'un court instant, la magie de la gloire.
Voyez-vous, cher Luke Haines, malgré ce bel effort qu'est 9 1/2 psychedelic meditations On British Wrestling Of The 1970's and early's 80, relativement sobre, dans la lignée de ce que vous faites le mieux, une pop classe et relativement épurée, je crois que ce ne sera pas cette année que la gloire reviendra vous visiter. Cette pute est venue en 1993 mais n'a plus donné de nouvelles depuis. Manquerait plus que votre muse, parfois défaillante (21st century man notamment) ne vous lâche complétement. Et là je crois qu'on vous aura perdu une bonne fois pour toutes. La seule chose qu'il manquerait pour finir en beauté ce tableau total loser serait une mort stupide, genre marcher sur ses lacets près d'une autoroute en voulant cueillir des champignons puis se faire écraser. Je sais, c'est con. Mais la vie est ainsi faite.

lundi 12 décembre 2011

Mi And L'au(ve)

Pour tout vous dire, je comptais mettre ce blog en veilleuse.
Vous l'avez remarqué : je ne poste plus depuis une bonne semaine. Pas la faute au ras-le-bol, ce n'est même pas ça. Seulement depuis que j'ai changé d'affectation, je suis de moins en moins disponible, je n'approche du PC et des nouveautés que de loin  . La faute au boulot en y réfléchissant bien.
Et puis c'est la fin de l'année, plus rien ne sort en cette époque de bilans et autres merdes où chacun établira sa vérité incontestable en matière de brillants albums sortis cette année. Toujours est-il que 2011 n'est pas encore morte qu'on commence déjà à recouvrir le cadavre. Voir même à le massacrer de façon éhontée à bon coup de pelles dans la gueule. Histoire de bien la défigurer. L'auteur de ce massacre se nomme Mi And L'au. Groupe finno-français plus finaud que français (je sais, elle était inévitable). Déjà coupable d'avoir sorti deux albums remarquables (mi and l'au donc en 2005 et good morning jokers en 2009), ils sortent un if beauty is a crime pas piqué des hannetons. Selon le communiqué de presse Mi And L'au aurait abandonné les guitares pour sortir un album synthético-cabaret à faire passer les albums post felt mountain de Goldfrapp pour de doux et subtils essais sur la pop électronique. Ajoutez à cela que le duo se serait déplacé de la France (Paris si je ne me trompe) à l'Espagne, pays de la corrida, du chorizo et de la feria comme chacun sait. Toutes ces informations contribuaient à attiser ma curiosité de façon malsaine. Je me demandais bien ce que pouvait donner ce neo-David Guetta à la sauce finnoise.
Résultat alors :
Vous avez passionnément aimé mi and l'au et good morning joker ? vous adorerez également if beauty is a crime.
Mi And L'au fait du Mi And L'au, point barre.C'est un fait acquis, y a pas à tortiller.
Que ce soit avec ou sans guitares, le groupe fait peu ou prou le même album, creuse son sillon dans son coin, inlassablement, en se foutant royalement du qu'en dira-t-on.
La grosse nouveauté d'if beauty vient donc de l'abandon des guitares. Pas la queue d'une, rien. Peau de balle, que dalle.
Et alors ? ben on n'en a pas grand chose à foutre qu'elles aient été abandonnées sur le bord de la route comme des malpropres.Au contraire. Le groupe se réinvente sans rien changer. Même ambiance de cabaret de fin du monde, même neurasthénie, même beauté mélancolique.L'identité est si forte, l'empreinte si marquée, que s'ils utilisaient des binious ou des didgeridoos pour leur nouvel album, ça ne changerait rien à l'essence du son, à la beauté du truc. Ils sont malheureusement condamnés à ne produire que d'excellents disques. Pas grave me direz-vous, quand la qualité est au rendez-vous (comme le superbe valdren, lointain cousin de transparent, ou encore l'Aphex Twinien sauce mi and l'au one day).
Si  good morning joker tutoyait les sommets, if beauty, de par sa constance dans l'excellence finit par les atteindre. L'album élague, coupe, ratiboise au fur et à mesure qu'il avance, se débarrassant de tout oripeau inutile  pour ne plus conserver que l'essentiel, à savoir le silence. Faisant de leurs albums précédents des monstres d'opulence à la Brian Wilson au niveau arrangements. Warrior, morceau concluant if beauty en est l'exemple le plus éclatant. Flirtant avec l'ambient via Aphex Twin, le morceau finit par inviter les miniatures de Satie puis le silence et enfin s'éteindre en douceur.
A mes oreilles, Mi And L'au franchissent un nouveau palier dans l'excellence. Force est de le constater. Se renouveler autant sans rien changer force même le respect. Moralité : je suis à genoux et ne peux que m'incliner devant tant de beautés. If beauty is a crime tourne donc en boucle depuis quelques jours et devrait continuer à me hanter plus encore que ne l'a fait good morning joker.Pas un mince exploit. Je le rappelle pour mémoire : good morning joker avait terminé dans le trio de tête en 2009. M'est avis que if beauty va finir seul au sommet en 2012. en tous cas il est bien parti. Comme 2012 me direz-vous. Certes.

jeudi 1 décembre 2011

melon galia

Melon Galia ça vous dit quelque chose vous ? Ca vous cause ??? Dites moi : vous vous en souvenez de ce groupe vous ? Non parce que là avec une dizaine d'années de retard je découvre. Mieux vaut tard que jamais me direz-vous. Certes mais quand on a la prétention imbécile et illusoire de vouloir découvrir et faire découvrir des disques relativement pointus voir inaudibles parfois, on finit par passer à côté de choses simples. Melon Galia notamment.  Groupe bruxellois à la discographie éphémère (quatre années d'existence, 1998-2002, un seul disque à son actif, les embarras du quotidien) mais à la classe qui traverse la décennie sans problème. Déjà le groupe a tout pour lui : une pochette et un livret illustrés par les excellents Dupuy-Berberian, on peut dire que ça en jette. Et surtout, surtout, ce par quoi je suis arrivé au groupe, la présence du très précieux John Cunningham à la guitare sur trois morceaux, ainsi qu'à la production et celle non moins précieuse (du temps où Bright Eyes était encore fréquentable) de Connor OBerst. Avouez qu'un pédigrée comme celui-là a de quoi allécher n'importe quel être doté d'une paire d'esgourdes opérationnelles. Bon, si on met de côté les voix un peu ordinaires sans être pour autant désagréables, il reste une musique d'une légèreté incroyable. Une pop savamment orchestrée, avec présence non négligeable de saxos, clarinette, violon, trompette, etc....pour enrober, habiller l'album. Le parer d'une douce mélancolie, d'arrangements précieux rappelant à mes oreilles la classe d'un Richard Davies, d'un Peter Milton Walsh ou d'un.... John Cunningham. Par moment le mélange est curieux : les voix ne vont pas avec la musique. L'épaisseur d'un cheveu en est le plus parfait exemple : musique superbe, enlevée, et mélodie vocale à la cinquantième seconde puis au second refrain rappellant curieusement le vice et versa des Inconnus. Ailleurs, les lendemains qui chantent, c'est Katerine qui s'invite. Mais qu'importe. La musique se suffit amplement à elle-même, aérienne, légère, d'une accroche mélodique imparable.
Autant dire qu'en matière de pop/rock à la française, je ne suis pas certain d'avoir écouté l'équivalent des embarras du quotidien ces dix dernières années. Il a la même ambition qu'un Dominique A sans la pesanteur qui lui sied par ailleurs si bien. Un bien bel album qui mériterait vraiment d'être remis en lumière.

mardi 18 octobre 2011

j'aime pas la pop : chapter 2

Chère Nouvelle-Zélande,
je me permets aujourd'hui de prendre le clavier afin de te dire à quel point je te hais.
Tu es belle, tu es forte, intelligente, toussa toussa quoi. En rugby, parlons en un peu, tu vas nous atomiser/laminer/exploser avec une classe folle dimanche prochain lors d'une finale à sens unique.
En musique, n'en parlons pas. Enfin si. Tu te permets rapprochements inimaginables. Vois-tu, en France quand on parle reggae ou soul par exemple, on pense indubitablement à nos fiers représentants hexagonaux à savoir : pour le reggae PierPolJack et pour la soul Ben l'oncle soul. Soit l'idée que je me fais du cauchemar musical. Toi, non. On te dit reggae, soul que fais-tu ? tu nous balances à la face un groupe qui réunit les deux avec un talent dingue. Tu nous présentes, pas peu fière, Fat Freddy's Drop. Salope va.
Et que dire en matière de pop. Territoire déserté en France, chez toi ça fourmille de toutes parts. Et même quand tes vieux groupes pop sortent de nouveaux albums, ça suinte la classe par tous les pores. Chez nous, en France, la vieillesse est synonyme de naufrage. Chez toi de seconde jeunesse. La preuve avec l'excellent free all the monsters des Bats. Groupe d'environ trente ans d'âge qui a l'air de se bonifier à chaque nouvel album. Pourtant, dès 1991, ils ont placé la barre très très haut avec un fear of god proche du génial. Il y a trois ans leur guilty office les remettait au premier plan avec un album pop impeccable. Cette année ils se sont décidés à nouveau à passer la vitesse supérieure.Leur free all the monsters c'est Yo La Tengo reprenant les Go-Betweens. Ni plus ni moins. Je m'extasiais, comme un gros con que je suis, sur le nouvel album de Real Estate il y a quelques jours mais là c'est une autre dimension dans la pop. Dès les premiers accords de long halls ça monte. Haut. Très haut. Et on sait pertinemment que ça ne redescendra pas. Parce qu'un album commençant de cette façon ne peut décevoir, ne peut que tutoyer les sommets en permanence. The Bats fait dans la légèreté, la grâce, la simplicité. Son fond de commerce c'est la pop de haute volée. Que voulez-vous, c'est innée chez  Robert Scott, le leader de The Bats. Ciseler des pop songs dans la dentelle sans un gramme de graisse c'est son quotidien à lui. Même quand il essaie de durcir le ton, il ne peut effacer la grâce qui émane de son talent. Grant Mc Lennan et Robert Foster sont ses ombres tutélaires (dont il s'est affranchi depuis qu'ils ne sont plus), Yo La Tengo ses frères de coeur.
C'est bien simple, c'en est écoeurant.
Tu sais quoi chère Nouvelle-Zélande ? Je me dis que c'est pas possible d'avoir autant de talents au mètre carré. C'est pas humain. Pour toutes ces raisons et d'autres encore, je te hais. Tout simplement. Sombre connasse.


jeudi 13 octobre 2011

pop pop pop....

Souvenez-vous : l'an dernier, 2 de The Ancients.
Et alors ?
Il est vrai qu'en matière de pop, je ne m'attends plus à grand chose et ce depuis un bon moment. Rien ne m'émeut vraiment. Alors quand un album de pop sort, je l'écoute d'une oreille fort distraite en faisant à bouffer histoire de passer le temps de façon agréable. Autant le dire : la plupart du temps ça rentre dans une oreille, ça imprime rien et ressort par l'autre comme c'en était rentré. Là est le drame de ma vie : la pop me fait chier la plupart du temps au plus haut point. Il y a parfois des exceptions : le hotel shampoo de Gruff Rhys qui est une vraie réussite, dans une moindre mesure le Cashier n°9 dont Beach Boy parlait il y a peu. Puis il y a le cas Real Estate. Qui sort days le 18 octobre prochain. Days c'est un peu le miracle auquel je ne m'attendais pas cette année. Comme le 2 de The Ancients l'an dernier. De la pop simple, sans fioritures, accessible. Faite de mélodies immédiatement identifiables, classieuses sans être putassières. Une petite touche de surf par ci, de psyché par là, de rock et parfois l'impression d'écouter certains morceaux du going blank again de Ride (wonder years). On pense aussi aux Feelies, aux Go-Betweens, à Yo La Tengo, à ces groupes sachant pratiquer une pop intemporelle.C'est léger, fin,  ça ne mange pas de pain, ne révolutionne rien mais fait un bien fou.
Pour essayer d'être à peu près objectif, j'ajouterai un ou deux bémols : le refrain du pourtant excellent it's real par exemple : spécialement écrit pour les rassemblements de fans de Cali au Stade de France. Particulièrement indigeste. Deuxième bémol, une tendance à l'uniformisation. Si l'ensemble est excellent, il n'y a pas vraiment de morceau remarquable,c'en est limite gênant. Mais ça n'enlève en rien le fait qu'au bout de quatre écoutes à la suite, le charme opère toujours et que l'envie d'appuyer sur repeat se fait fortement ressentir une fois all the same terminé. Ce qui, vous en conviendrez, est le principal quand on écoute un disque.     

mardi 11 octobre 2011

un autre monde

Je sais pas pour vous mais en ce moment, j'ai beaucoup de mal. En nouveautés c'est le désert , seul certaines rééditions trouvent un intérêt à mes oreilles (Tindersticks, Talk Talk, Mark Hollis, Daho....) mais pour ce qui est des nouveautés, encore une fois, je me fais chier. Pour vous dire à quel point je m'emmerde en ce moment, musicalement parlant hein, j'ai même fini par jeter une oreille à l'album de Noel Gallagher. Imaginez le gabarit de l'emmerdement quand même. Faut vouloir en bouffer de la nouveauté ou être complétement désespéré pour essayer de s'enfiler une telle daube. Rassurez vous, j'ai pas aimé mais alors pas du tout. J'ai pas tenu un morceau.La cuvette des chiottes a été mon amie ensuite.Pour m'en remettre, je me suis mis un disque que je connaissais un peu. Un truc qui buzze pas mal  et j'ai fini par bloquer sur les quarante premières secondes du troisième morceau. For 12 de The Other Lives donc. Je ne sais plus depuis quand je n'avais pas connu un tel vertige en écoutant un morceau. Des années je crois. L'impression en quelques secondes d'être happé, entraîné dans des abîmes sans fonds, ou encore en plein dans l'oeil d'un cyclone sous tranxene. Rarement arrangements de cordes ne m'avaient collé de tels frissons d'entrée de jeu. Pour mémoire:  depuis les deux premier Tindersticks. For 12 partage les mêmes démesures, les mêmes aspirations, ce même désespoir. Bon ok, chacun s'oriente ensuite dans des directions différentes, qu'on apprécie ou non. Pourtant, pendant une trentaine de secondes, que je me passe presque en boucle, Other Lives est parvenu à s'approcher voir à sonder la profondeur, la beauté de certains grands morceaux des Tindersticks (jism, the not knowing, raindrops entre autre). Ce n'est qu'une poignée de secondes certes mais, en ces temps moroses, elles me font l'effet d'une parenthèse enchantée.
Ceci dit, le reste de for 12 n'est pas dégueux non plus hein. Et l'album, tamer animals, se laisse écouter également avec grand plaisir.

dimanche 25 septembre 2011

la saloperie du dimanche

Oh la vache, fallait au moins se lever à cette heure tardive de la soirée ( 6h tout de même) pour trouver un tel bijou. En voyant le titre je me suis dit : "ah, un groupe aimant Lou Reed & Cale ne peut être que bon". Puis armé d'un courage d'un fort beau gabarit j'entrepris l'écoute de cet hommage à peine voilé au Velvet. Avec un peu de recul (pas trop non plus hein), je dirais que les infidèles doivent plus à Canada qu'au Velvet. Bref voilà un pur bijou pop ciselé par des doigts d'orfèvre, un refrain de toute beauté et une tension à faire pâlir de jalousie n'importe quel membre de Slint. C'est bien simple j'ai rien écouté de meilleur depuis................ ben je sais pas en fait. C'est trop fort pour moi.

samedi 24 septembre 2011

too many days without ears


Réhab comme faisait l'autre, l'anorexique cave à vin entrée dans la légende du club des 27 (à peu de chose près Mike Brant y entrait lui aussi. Mais je m'égare.). Dans les deux sens d'ailleurs : français comme anglais.

Français parce qu'après avoir découvert l'album il y a une bonne vingtaine d'années, je commence tout juste à vraiment l'apprécier. Non pas que je n'aimais pas le too many days without thinking de Swell, non. Enfin si. Il m'a seulement fallu une bonne vingtaine d'années pour digérer le choc reçu avec le 41, m'habituer au post 41. Je sais : je suis un peu long à la détente. Pour tout dire à la sortie de too many days je goûtais certains morceaux avec une délectation certaine mais n'arrivais pas appréhender la totalité de l'album. Je retrouvais ce que j'adorais de 41 sur what I always wanted ou encore sunshine everyday mais le reste ne me touchait pas. Au mieux cela m'effleurait un peu les conduits auditifs sans parvenir à faire sauter les verrous du bon goût bien installés dans ma boîte crânienne, au pire ça m'agaçait fortement. Je trouvais que la personnalité hors du commun de Swell se diluait complétement dans ces guitares un peu trop musclées à mon goût, la production trop commune limite banale pour un tel groupe. Avec too many days Swell je ne me rendais pas compte que Swell se libérait du son qui les caractérisait, cotonneux, mystérieux, s'ouvrait au monde sans compromission, sans se renier (ce que je viens de découvrir il y a un ou deux mois). A l'époque je le trouvais trop rentre-dedans, (I know) the trip était le genre de chanson à laquelle je n'accrochais pas : trop évidente, trop simple. Grosse batterie, grosses guitares, voix criarde. Pas assez subtile pour ma pomme, trop de gros sabots tuent le mystère. Voilà en gros ce que je reprochais à cet album. Avec le recul bien évidemment je me marre : je me rends compte que ce n'est pas Swell qui manquait de subtilité, bien au contraire. Il m'a fallu donc près de vingt piges pour l'appréhender, le comprendre et l'aide (involontaire) de ma femme qui l'a mis sur clé USB pour l'écouter en voiture. Je l'ai redécouvert dans ma bagnole avec un son limite pourri. Seul, le volume à fond, ça a fini par devenir évident : s'il est en effet moins bon, moins mystérieux que 41, il n'en reste pas moins un autre chef-d'oeuvre à mettre sur le compte de Swell. Ce qui me paraissait fade, limite vulgaire il y a vingt ans passe maintenant comme une lettre à la poste. La mélancolie de 41 fait place à une approche plus immédiate de la mélodie, une tension inédite chez eux également. What I always wanted est un parfait morceau de transition : tout en tension, sec, nerveux, sur l'os (too many days donc) mais miné par un mélancolie échappée du 41. Plage parfaite et un des meilleurs morceaux de Swell toutes périodes confondues. Sur too many days Swell ne s'encombre plus de l'aura mystérieuse entourant ses précédents albums. Le son y est plus brut, on y retrouve encore et toujours ces guitares acoustiques obsédantes mais les électriques finissent par leur voler la vedette en se faisant plus hargneuses, plus testostéronées (throw the wine, at lennie's, make you mine, (i know) the trip), la batterie plus sèche, frondeuse sans perdre pour autant son toucher subtile caractéristique au son de Swell. Avec le recul tout ce qui fait le charme, la beauté de Swell est toujours présent. Seulement contrairement à Swell, c'est l'auditeur, moi en l'occurence, qui n'ait pas su percevoir toutes les subtilités intrinsèques à cet excellent too many days without thinking. J'ajouterai également que pour mon cas Swell aurait très bien pu renommer son album par too many days without ears. Parce que vingt ans pour découvrir un album que je connaissais déjà fallait que je les ai sacrément ensablées tout de même u alors un taux de connerie sacrément élevé. Que voulez-vous, le temps ne fait rien à l'affaire comme disait l'autre
Enfin j'en viens au second sens, anglais donc, de rehab. En effet après l'avoir redécouvert, j'essaie tant bien que mal de m'en défaire. Je l'écoute plusieurs fois par semaine et il donne un goût surané, fade à toutes les nouveautés que je m'envoie dans le cornet en ce moment. Ma femme, inquiète au plus haut point, a bien essayé de me foutre en cure de désintox mais à chaque fois c'est le même refrain, chaque fois je lui réponds : non, non, non.

mercredi 21 septembre 2011

le tribunal du délire flagrant

- Déclinez moi votre identité, nom, prénom, etc...
-Myrrhman, âge indéterminé, sexe très faible, auditeur convulsif voir compulsif de tout ce qui peut s'écouter et parfois même de n'importe quoi monsieur le juge.
- Connaissez-vous au moins les raisons qui vous amènent devant moi ?
- Non monsieur le juge.
- J'ai là une notification venant de vos amis comme quoi vous auriez perdu le peu de raison qu'il semblait vous rester.
-Ah bon ?
-Il semblerait que le motif de cette perte totale de raison soit liée au rachat de scoundrel days de A-ha. Est-ce vrai ?
- Quoi ?
- Que vous l'avez acheté de nouveau ?
(regard d'abord gêné puis baissé, visage crâmoisi)
- Oui.
- Comment expliqueriez-vous ce geste ?
- Ben je l'aime bien moi cet album de A-ha.
- Vous rendez-vous compte de l'énormité que vous venez de sortir ?
- De quoi ?
Bon. Expliquez-moi un peu ce que vous lui trouvez de bien à ce disque. Parce que là je pense que l'accusation est loin d'avoir tort. Jusque là vous êtes bon à enfermer. Je viens d'en terminer l'écoute et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils n'y vont pas de main morte sur les effets ces norvégiens. Une production criarde, des batteries très datées, un concours de catafiore s'époumonant à qui mieux mieux, le pompon revenant au terriblement ringard cry wolf. Sans rire, ils avaient pour but de concurrencer le thriller de Michael Jackson ? C'est idiot, grotesque, complétement risible et surtout inaudible. Pour l'instant au mieux c'est la camisole chimique qui vous attend, au pire la perforation totale des tympans via l'intégrale de Kimera. Défendez-vous et vous avez intérêt à être convaincant.
- Pour commencer monsieur le juge je dirais que vous avez mille fois raison. Cry wolf est tout ce qu'il y a de plus atroce. J'ajouterai également que manhattan skyline est à hurler de rire. cette volonté de durcir le ton de la part de A-ha, de montrer ses biceps est proprement ridicule. Ces guitares limite hard, cette batterie sortie du manuel du bûcheron canadien pour les nuls est insupportable.Néanmoins, il y a dans scoundrel days quelques pépites qui méritent d'être relevées. en premier lieu le morceau titre de l'album. D'une profondeur bien plus....... qu'on ne le croirait. Si vous enlevez les effets inhérents à cette époque, le morceau, à haute teneur addictive, est d'une noirceur étonnante pour un groupe d'apparence aussi léger. Les arrangements de cordes sont d'une grande pertinence soulignant avec justesse la mélancolie se dégageant de ce morceau. Ensuite, en second lieu, le tube absolument imparable qu'est I've been losing you. Ces garçons savent écrire des chansons énormes et le prouvent en sortant l'artillerie lourde : mélodie entêtante, refrain increvable, c'est de la pop dans le sens putassièrement noble du terme. C'est bien simple : réarrangée, dépouillée de ses costumes ringards I've been losing you serait pas loin d'être parfaite. Enfin, le cas à part qu'est soft rain of april, morceau charbonneux, sérieux, loin des bluettes pour adolescentes qu'ils sont capables de produire au kilomètre, d'une grande mélancolie. Prouvant par la même occasion qu'A-ha n'est pas simplement un groupe de plus pour midinette mais un cas assez complexe de groupe populaire enfermé dans son image capable pourtant de grandes choses comme ils le prouveront par la suite avec analogue. Mais ça, c'est une autre histoire.
- D'accord. Et vous espérez m'avoir convaincu avec de tels arguments ?  Autant vous dire que les bourreaux sont en train d'exhumer les vinyles de Kimera à l'heure qu'il est. Autre chose à ajouter pour votre défense ?
- Oui monsieur le juge : je sais bien que trois bonnes chansons ne valent pas qu'on subisse un tel sort. Certes scoundrel days est très très daté, très kitsch mais il y a dans ce disque....
-Messieurs, enfermez le, faites le taire, il a totalement perdu la raison.
- Monsieur le juge !!!!! MONSIEUR LE JUGE : J'AI AUSSI ACHETE LE BRYTER LATER DE NICK DRAKE, LE LOVE BIKES DE KID PHARAON, JOY DIVISION OU ENCORE LE LIVE RUST DE NEIL YOUNG, MONSIEUR LE JUUUUGGGGEEEE !!!
- Comment  ??
- j'ai aussi....
- Oui monsieur myrrhman, j'ai bien compris. Mais tout de suite je m'interroge sur votre cas. Comment une personne saine d'esprit peut acheter dans la même journée A-ha et Nick Drake ? Cela me paraît inconcevable. Messieur ?? je revois le jugement : il apparaît clairement que le prévenu est totalement délirant. Envoyez le faire un tour en psychiatrie, je crois qu'on ne peut plus rien pour lui. Même Kimera n'aura pas raison de lui. Il est évident que cet homme, enfin cette chose, a le cerveau définitivement crâmé et n'est plus capable de distinguer le bon grain de l'ivraie. M'est avis que les plus grands psychiatres vont avoir du fil à retorde avec cet énergumène. Que dieu leur vienne en aide.
- Avant de partir pourrais-je savoir quels sont ces amis qui m'ont envoyés ici ?
- Après tout, sachant que vous n'êtes pas prêt de sortir, je peux vous confier les pseudos qui m'ont été communiqués  : une certaine tulipe, une iris et deux doux-dingues répondant aux noms de Beach Boy et Loner. Un autre s'est porté volontaire pour appuyer leur demande, un certain . . Avouez que c'est peu commun comme nom. En tous cas je vous souhaite une agréable thérapie. Adieu.

lundi 12 septembre 2011

protest song

Comment faire quand on est un groupe de pop ultra sophistiqué et reconnu en tant que tel par une critique dithyrambique se pâmant à chaque nouvelle galette pour sortir un album simple, dénué d'effets, limite dénudé, à la production chétive ?
Les McAloon ont du s'arracher les cheveux entre Steve Mc Queen et from langley park to memphis quand ils se sont retrouvés avec leur protest song sur les bras.
- " Bon écoute Paddy t'es sympa mais là on peut pas sortir ça comme ça. Ça n'a pas de sens. Tu as des chansons d'enfer là : cars & girls, hey manhattan ... c'est ultra chiadé, excellemment produit... qu'est ce tu vas nous faire chier avec tes dix chansons toutes cons, sur l'os ? Y aura rien à en tirer et ça nous fera une image de marque merdique En plus on est en train de cartonner avec when love breaks down, alors tu vas me faire le plaisir d'oublier ces chansons et te concentrer sur l'avenir du groupe. un conseil : laisse tomber. Qui voudra écouter dublin, till the cows come home ou pearly gates ??? elles sont déprimantes tes chansons. Non mais regarde autour de toi Paddy, t'es dans un groupe en pleine ascencion, tu as de l'or entre les mains, il faut du clinquant, faut que ça en jette mon gars, gâche pas ton avenir avec cet album."
Le conseil n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd (quoi que ça viendra malheureusement au bout de quelques années) et protest song n'est sorti qu'en 1989, une fois le groupe mis à l'abri du besoin avec le succès de from langley park. Ce qui est fort dommageable au vu la qualité des chansons proposées. Elles mettent en lumière les qualités d'écriture de Paddy, tout en délicatesse, sophistiquées mais débarrassée de tout le clinquant inhérent aux années 80. Prouvant par la même occasion qu'à poil ces chansons  n'en sont que plus belles ( pour s'en convaincre il suffit de se replonger dans le second cd de la réédition de Steve Mc Queen : sa réinterprétation de certains morceaux atteignent le sublime. ).Un anachronisme certes mais protest song, avec l'insurpassable Steve mc Queen, est, de toute leur discographie, l'album qui résiste le mieux à l'érosion inéluctable du temps . From langley à quelques exceptions est proprement inaudible et Jordan m'a toujours fait l'effet d'un puissant sédatif quelque soit l'époque à laquelle je l'écoute.
Pourquoi protest song ? simple : il est le seul disque qui, à mes oreilles, assume véritablement ses origines. Prefab Sprout ne fantasme plus sur une Amérique idéalisée comme pour from langley, ne s'embarque pas dans l'idée démesurée de vouloir pondre une comédie musicale, non protest song respire la simplicité, la modestie. Même quand Paddy s'embarque vers des morceaux chiadés, sophistiqués (horsechimes, the world awake, tiffanys) il le fait humblement, rendant hommage aux musiques qui l'ont bercé (le jazz, la pop, les comédies musicales entre autre)
Pourquoi alors parler d'un groupe qui n'a aucune actualité en n'en aura probablement plus avant quelques années ? Tout simplement parce qu'en remettant la main sur leurs vinyles dernièrement (protest et steve), je me suis tout d'abord dit que protest song avait un charme désuet, quelque chose de naïf, beau, vrai puis qu'en matière de pop quand Paddy s'en donnait la peine, c'était souvent de très très haute volée. Dommage néanmoins que ses ambitions ne lui aient fait faire un peu n'importe quoi. Parce que moi je l'attends toujours l'album ultime de Prefab Sprout, celui enfin débarrassé d'une production de merde, quelque chose sur l'os, comme dublin justement. Mais bon, je crois que je peux toujours rêver et me réécouter en chialant les excellents steve mc queen et protest song. Ça tient malheureusement de l'utopie.

mercredi 17 août 2011

song

Certains albums,  vous les découvrez à leur sortie.  Ils vous ravagent littéralement tripes et boyaux, finissent par vous accompagner toute une vie durant sans que vous n'arriviez à expliquer le pourquoi du comment. Il subsiste un mystère que vous n'arrivez pas à cerner, une alchimie incompréhensible.
Song, d'It's Immaterial, fait parti de cette catégorie de disques.
Sorti en 1990, je me souviens l'avoir acheté sur les conseils de Beauvallet (du temps où il avait encore une éthique), l'avoir posé dans le tiroir de la platine cd et m'être posé la question, une cinquantaine de minutes plus tard, c'est quoi ça ?? Il y a rien là-dedans : pas de rythmes, pas de refrains, peu de guitares et à peine plus de batterie. A la limite il y a bien un frémissement de tube ou quelque chose s'en approchant avec in the neighbourhood mais ça ne va pas plus loin que ça. L'album s'appelle song mais on n'en voit pas la queue d'une justement. Voilà en gros le sentiment que j'ai eu en l'écoutant la première fois. Et pourtant malgré cela j'ai persisté. Fierté, connerie, allez savoir. En l'écoutant je devinais qu'il y avait derrière un monde auquel je n'aurais accès qu'à force de persévérance, qui se dévoilerait au fur et à mesure des écoutes. Le déclic se fit au bout de la deux ou troisième écoute avec in the neighbourhood justement.Un titre abordable certes mais lesté par une mélancolie, un désespoir typiquement anglais. Ce titre c'est l'incarnation du crachin anglais, du fog, du poids de la société qui vous empêchera de réaliser vos rêves en vous disant : toi, tu fais parti des classes populaires pauvres, il n'y a aucun espoir pour toi de t'en échapper.
Puis heaven knows a dévoilé ses charmes puis new brighton puis tout l'album. Song s'est ouvert à moi sans que je ne comprenne vraiment pourquoi. J'en saisis l'essence, le désespoir, cette chape de plomb qui recouvre l'auditeur à chaque écoute mais l'essentiel est ailleurs chez eux. Jamais un groupe n'a porté si bien son nom : leur musique ne s'incarne pas, elle est évanescente, vaporeuse, elle flotte partout, insaisissable, faite d'atmosphères. Totalement immatérielle donc, proche d'un Blue Nile (dont le chanteur produit cet album, d'où la connexion) ou encore (et toujours) Talk Talk mais celui de la seconde face spirit of eden .
Vous me direz, c'est quoi une musique matérielle ? A vrai dire j'en sais foutre rien. Disons pour développer le con/cept que la matérialité en musique  ressemblerait fortement à ce qu'a pu produire Oasis, par exemple, à peu de choses près, à la même époque. Un groupe ancré dans sa décennie justement, d'une temporalité bien marquée, sans véritables subtilités, capable reprendre les recettes (efficaces certes) des Beatles comme des Stones et de les adapter sans une once d'originalité. L'exact opposé de la musique produite par It's Immaterial.
Depuis 1990 il n'est pas un mois, voir une semaine sans que je ne l'écoute. Je pensais le connaître par coeur, ses moindres respirations, ses silences, son putain de crachin. Jusqu'à ce que j'aille à la route du rock et me le rachète en vinyle. Je sais : le vinyle c'est hype en ce moment, patati patata.... m'en  tape. Mas là, une fois posé sur la platine, je le redécouvre. Tout ce que le cd a passé sous silence, aplani, affadi presque, tout ce souffle, cette vie réapparaît comme par enchantement. Ce qu'on devinait à force d'écoutes saute littéralement à la gueule :  la mélancolie vous broie les tripes, certains arrangements se dévoilent ( sur new brighton notamment). La beauté intrinsèque de song trouve un éclat particulier à la relecture, bien plus brillant. Et, cerise sur le gâteau, je découvre également une version inédite d'heaven knows (présente sur la réédition de Cherry Red sous le titre curieux de faith).
Pour en finir avec It's Immaterial, le groupe a splitté en 1990 après la publication de song. Il faut savoir qu'un troisième album (house for sale) était prêt, enregistré mais refusé par toutes les maisons de disque car jugé trop sombre. On peut en trouver quelques titres sur youtube (it's alright between us et new moon) et des b-sides et rarities à cette adresse en écoute et téléchargement gratuits.
Bref, depuis mon retour de la route du rock,  c'est peu de dire que je suis aux anges, écoutant song inlassablement. Un bonheur simple.

jeudi 11 août 2011

anatomy

Souvenez-vous :
1995 :  l'année de  Bjork (post), Tindersticks (II), PJ Harvey (to bring you my love), Pulp (different class), Swans (the great annihilator), Scott Walker (tilt), Tricky (maxinquaye), Autechre (tri repetae) et pas mal d'autres encore. Au milieu de tous ces mastodontes, sortir un album et se faire remarquer tenait de la gageure, du pari impossible.Soit vous le releviez avec brio en sortant un classique instantané comme a pu le faire Spain avec son magnifique blue moods of , soit vous sortiez les avirons et ramiez en entamant la côte. C'est dans ce contexte un peu hard qu'Isabel Monteiro et son groupe Drugstore ont essayé de sortir leur épingle du jeu en s'imposant via un premier album éponyme. Le groupe anglais réussissait à imposer une personnalité bien trempée, s'affirmant comme une alternative plus que crédible aux américains Mazzy Star le temps de leur premier opus. Psychédélisme bien angliche, voix faisant tout de suite la différence et quelques petites bombes au compteur : superglider, accelerate, speaker 12. Drugstore relève le défi de s'imposer dès ses débuts et se permet même d'avoir un hit sur le second album, white magic for lovers, avec, en guest-star, Thom Yorke. Malheureusement white magic est beaucoup moins consistant que Drugstore et le groupe sort, en 2001, dans une indifférence générale, un songs for the jet set bien terne mettant ensuite un  terme à l'aventure.


2011 : Drugstore tente un retour avec anatomy qui sort ces jours-ci. Si la voix d'Isabel Monteiro n'a pas changé toujours aussi belle et prenante, le contenu d'anatomy en revanche ne devrait pas les faire revenir au premier plan, loin de là. Anatomy n'est pas mauvais, qu'on se le dise, mais aucun morceau ne se détache vraiment. Les chansons passent, glissent, sans vraiment accrocher. C'est de la belle ouvrage, joli, parfois ça fonctionne pas mal (sweet chili girl, son intro Moriconnesque en diable, sa tension plus que palpable), c'est plein de guitares acoustiques qui acoustiquent très bien, de pédales wahwah qui wahwahent encore mieux, d'orgues orguant tout ce qu'ils savent mais, car il faut bien un mais, on s'ennuie joliment. "This emptyness is my home, everything that I need" chante t-elle justement sur aquamarine. Cela résume malheureusement le ressenti qu'on peut avoir en écoutant anatomy. Une très belle coquille vide, de belles formes qui rappellent qu'il y a vingt ans Drugstore pouvait être intense (standing still : comme un devil du pauvre, sans la rage des débuts). Mais  le temps, ce salaud, peut être d'une cruauté implacable, mettant en avant vos propres défauts, votre propre inconsistance. On peut toujours se cacher derrière certains artifices, se grimer, faire croire qu'on est toujours beau, pimpant, frais, si on gratte un peu le vernis c'est toujours la même chose qui apparaît : l'inexorable patine du temps. La fraîcheur n'est plus (on la remplace par ce qu'on appelle l'expérience, comme pour se rassurer) malgré les formes attirantes. Anatomy c'est un peu ça. Un bel album qui nous rend un peu triste, nous faisant prendre conscience, à l'insu de notre plein gré, que nous sommes des êtres vieillissants, amenés à s'étioler, espérant livrer une dernière et belle bataille avant de rendre les armes. Qu'est ce qu'on peut être con, présomptueux, quand on vieillit.
Ecoute intégrale d'anatomy ici