Je vous vois venir : "la myrrhe, tu nous fais chier avec ton obsession, ton combat d'arrière-garde à propos de la supériorité du vinyle. Franchement si le son était meilleur que le cd, ça se saurait. Puis quel intérêt à retourner un disque tous les quart d'heure quand avec le cd tu n'as qu'à le faire avaler par ta platine et le recracher une fois consommé ? "
Hein ??
Qu'est ce t'a à répondre à ça ?
Simple : je dirais une chose. Le vinyle : le son n'est pas limpide, parfait, c'est sur. Ca craque parfois mais un cd, même à fond, ne m'a jamais procuré autant de frissons que l'écoute d'un vinyle.
Mouais et tu crois que c'est avec ce genre d'arguments que tu vas nous convaincre ?
Certes non mais il existe en ce bas monde des disques créés seulement pour être écoutés sur vinyle. Qui, une fois transférés sur cd ne me parlent plus, sont d'une froideur, d'une morgue, d'un inintérêt colossal. Le plus bel exemple que je connaisse est le agaetys byrjun de Sigur Ros. D'une platitude effrayante sur cd, morne plaine même, il devient absolument passionnant, mystérieux voir fabuleux sur un support microsilloné. Vous trouviez svefn-g-englar beau ? l'impression d'être plongé dans un monde à part, un peu froid certes mais peuplé d'elfes, de créatures magiques et autres monstres ? Mais vous regardiez ça de loin : mi amusé, mi contemplatif, mi admiratif. Dites vous que ce que vous avez éprouvé comme sensations à l'écoute des premières minutes de svefn-g-englar c'est de la pisse de chat comparé à la version vinyle. Déjà pour pouvoir en jouir de façon correcte, il faut l'écouter dans une pièce spécialement prévue à cet effet, à un volume sonore un peu au-delà du raisonnable. Le souffle du vinyle commence à vous prendre aux tripes dès la fin de l'intro. Mais rien ne vous prépare psychologiquement aux secondes suivantes, au choc que vous allez vous prendre dans la gueule quand va débarquer ce putain d'orgue.Le son envahit d'un coup, ou plutôt prend d'assaut la pièce, avec le bonhomme qui s'y trouve. Et là, vous comprenez l'artwork car vous vous retrouvez exactement dans la même position. Tel un foetus nageant en plein milieu d'un liquide amniotique. Il n'y a plus de réalité, plus de pièce, plus de pesanteur, plus de jambes pour vous supporter, rien. Pendant huit minutes vous êtes au milieu de nulle part, abasourdi, paumé.
Vous savez quoi : pendant quelques années je ne pouvais plus écouter de vinyles. Platine morte. Je l'ai donc pris pour le réécouter à la médiathèque de la ville la plus proche de mon patelin. Quelle ne fut pas ma déception une fois l'intro de svefn passée. C'était beau certes mais où était passé le souffle ? Qu'en était-il des basses, de la vie ? La chaleur s'en étant allée, ne reste plus que la beauté d'une morgue. Carrelé, froid, sans vie. Aucun intérêt. Voilà à mes oreilles ce qui fera toujours la différence entre le vinyle et tout autre support (que ce soit cd ou mp3) : on se fait peut-être chier à le retourner une fois la face terminée, à en prendre soin plus que de raison, à pester quand on entend un nouveau craquement mais il y a dans ce support une magie qu'on ne retrouve nulle part ailleurs.Ce n'est pas juste une question de pureté du son, bien au contraire (le cd le bat à plate couture à ce niveau), c'est une question d'âme.
Affichage des articles dont le libellé est vinyle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est vinyle. Afficher tous les articles
vendredi 2 décembre 2011
mercredi 5 octobre 2011
elusive
Curieux disque trouvé lors d'un vide grenier pour la modique somme de 1 €. Sans déconner, elusive de Pressure Drop se mérite en alternant le formidable comme la grosse daube bien infâme. Faut d'abord passer outre la première face, absolument inutile et repoussoir surpuissant qui découragerait n'importe quel auditeur équipé d'une paire d'esgourdes normalement constituées.Silently bad minded, got to be for real et surtout writing on the wall s'apparentent à l'idée que je me fais du cauchemar auditif : patauds, lourds, choeurs à vomir, le trip hop (genre inutile à la base) dans sa définition la plus triste. S'armer de patience donc et chercher le morceau magnifique dès le début de la seconde face. My friend, morceau flippant sur la schizophrénie puis repartir ensuite sur le trip hopeux jazzy facile de don't run away ou encore le sous-Alpha limite St Germain (mais audible tout de même hein) dusk. Elusive enchaîne comme ça sans prévenir grands morceaux, titres anecdotiques ou daubes infâmes sur pas moins de quinze titres. Rude.
L'impression générale qui domine est que les mecs de Pressure Drop ont eu les yeux plus gros que le ventre. En voulant faire une sorte de péplum musical dans lequel le pire côtoierait le meilleur : le jazz, le reggae, le trip hop, la soul, le rock, ils sont parvenus à une sorte de maelström assez indigeste. Tout y passe, parfois presque dans le même morceau. Alors les gars : avoir de l'ambition c'est chouette mais encore faut-il avoir le talent qui va avec. On sent bien qu'il y en a, sounds of time, my friend, darkness ou encore the road sont là pour en attester mais elusive est tellement ancré dans son époque que c'en devient parfois gênant. Les meilleurs morceaux sont ceux qui justement se détachent du trip hop pour naviguer vers le folk, la soul ou le reggae.Il y en a peu certes mais suffisamment marquants qu'on mérite de s'y attarder.
Mais bon, je ne suis pas là pour en faire le procès, au contraire. Si j'en parle c'est que la raison pour laquelle je l'ai acheté, outre le prix dérisoire, est que j'avais toujours en mémoire ce fabuleux sounds of time, découvert sur une compile des inrocks. Ce reggae acoustique from outer space n'a pas pris une ride en 14 ans d'existence, reste d'une efficacité redoutable et efface à lui seul toutes les vilénies présentes sur cet elusive pas totalement maîtrisé. Mais bien plus intéressant tout compte fait que n'importe quel album moyen sans véritable reliefs. Elusive au contraire en a, et pas des moindres, fait d'abysses et de sommets, d'éclairs de génie et de doutes. Un album imparfait certes, à côté duquel il est facile de passer sans le remarquer, mais terriblement humain.
L'impression générale qui domine est que les mecs de Pressure Drop ont eu les yeux plus gros que le ventre. En voulant faire une sorte de péplum musical dans lequel le pire côtoierait le meilleur : le jazz, le reggae, le trip hop, la soul, le rock, ils sont parvenus à une sorte de maelström assez indigeste. Tout y passe, parfois presque dans le même morceau. Alors les gars : avoir de l'ambition c'est chouette mais encore faut-il avoir le talent qui va avec. On sent bien qu'il y en a, sounds of time, my friend, darkness ou encore the road sont là pour en attester mais elusive est tellement ancré dans son époque que c'en devient parfois gênant. Les meilleurs morceaux sont ceux qui justement se détachent du trip hop pour naviguer vers le folk, la soul ou le reggae.Il y en a peu certes mais suffisamment marquants qu'on mérite de s'y attarder.
Mais bon, je ne suis pas là pour en faire le procès, au contraire. Si j'en parle c'est que la raison pour laquelle je l'ai acheté, outre le prix dérisoire, est que j'avais toujours en mémoire ce fabuleux sounds of time, découvert sur une compile des inrocks. Ce reggae acoustique from outer space n'a pas pris une ride en 14 ans d'existence, reste d'une efficacité redoutable et efface à lui seul toutes les vilénies présentes sur cet elusive pas totalement maîtrisé. Mais bien plus intéressant tout compte fait que n'importe quel album moyen sans véritable reliefs. Elusive au contraire en a, et pas des moindres, fait d'abysses et de sommets, d'éclairs de génie et de doutes. Un album imparfait certes, à côté duquel il est facile de passer sans le remarquer, mais terriblement humain.
mercredi 21 septembre 2011
le tribunal du délire flagrant
- Déclinez moi votre identité, nom, prénom, etc...
-Myrrhman, âge indéterminé, sexe très faible, auditeur convulsif voir compulsif de tout ce qui peut s'écouter et parfois même de n'importe quoi monsieur le juge.
- Connaissez-vous au moins les raisons qui vous amènent devant moi ?
- Non monsieur le juge.
- J'ai là une notification venant de vos amis comme quoi vous auriez perdu le peu de raison qu'il semblait vous rester.
-Ah bon ?
-Il semblerait que le motif de cette perte totale de raison soit liée au rachat de scoundrel days de A-ha. Est-ce vrai ?
- Quoi ?
- Que vous l'avez acheté de nouveau ?
(regard d'abord gêné puis baissé, visage crâmoisi)
- Oui.
- Comment expliqueriez-vous ce geste ?
- Ben je l'aime bien moi cet album de A-ha.
- Vous rendez-vous compte de l'énormité que vous venez de sortir ?
- De quoi ?
Bon. Expliquez-moi un peu ce que vous lui trouvez de bien à ce disque. Parce que là je pense que l'accusation est loin d'avoir tort. Jusque là vous êtes bon à enfermer. Je viens d'en terminer l'écoute et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils n'y vont pas de main morte sur les effets ces norvégiens. Une production criarde, des batteries très datées, un concours de catafiore s'époumonant à qui mieux mieux, le pompon revenant au terriblement ringard cry wolf. Sans rire, ils avaient pour but de concurrencer le thriller de Michael Jackson ? C'est idiot, grotesque, complétement risible et surtout inaudible. Pour l'instant au mieux c'est la camisole chimique qui vous attend, au pire la perforation totale des tympans via l'intégrale de Kimera. Défendez-vous et vous avez intérêt à être convaincant.
- Pour commencer monsieur le juge je dirais que vous avez mille fois raison. Cry wolf est tout ce qu'il y a de plus atroce. J'ajouterai également que manhattan skyline est à hurler de rire. cette volonté de durcir le ton de la part de A-ha, de montrer ses biceps est proprement ridicule. Ces guitares limite hard, cette batterie sortie du manuel du bûcheron canadien pour les nuls est insupportable.Néanmoins, il y a dans scoundrel days quelques pépites qui méritent d'être relevées. en premier lieu le morceau titre de l'album. D'une profondeur bien plus....... qu'on ne le croirait. Si vous enlevez les effets inhérents à cette époque, le morceau, à haute teneur addictive, est d'une noirceur étonnante pour un groupe d'apparence aussi léger. Les arrangements de cordes sont d'une grande pertinence soulignant avec justesse la mélancolie se dégageant de ce morceau. Ensuite, en second lieu, le tube absolument imparable qu'est I've been losing you. Ces garçons savent écrire des chansons énormes et le prouvent en sortant l'artillerie lourde : mélodie entêtante, refrain increvable, c'est de la pop dans le sens putassièrement noble du terme. C'est bien simple : réarrangée, dépouillée de ses costumes ringards I've been losing you serait pas loin d'être parfaite. Enfin, le cas à part qu'est soft rain of april, morceau charbonneux, sérieux, loin des bluettes pour adolescentes qu'ils sont capables de produire au kilomètre, d'une grande mélancolie. Prouvant par la même occasion qu'A-ha n'est pas simplement un groupe de plus pour midinette mais un cas assez complexe de groupe populaire enfermé dans son image capable pourtant de grandes choses comme ils le prouveront par la suite avec analogue. Mais ça, c'est une autre histoire.
- D'accord. Et vous espérez m'avoir convaincu avec de tels arguments ? Autant vous dire que les bourreaux sont en train d'exhumer les vinyles de Kimera à l'heure qu'il est. Autre chose à ajouter pour votre défense ?
- Oui monsieur le juge : je sais bien que trois bonnes chansons ne valent pas qu'on subisse un tel sort. Certes scoundrel days est très très daté, très kitsch mais il y a dans ce disque....
-Messieurs, enfermez le, faites le taire, il a totalement perdu la raison.
- Monsieur le juge !!!!! MONSIEUR LE JUGE : J'AI AUSSI ACHETE LE BRYTER LATER DE NICK DRAKE, LE LOVE BIKES DE KID PHARAON, JOY DIVISION OU ENCORE LE LIVE RUST DE NEIL YOUNG, MONSIEUR LE JUUUUGGGGEEEE !!!
- Comment ??
- j'ai aussi....
- Oui monsieur myrrhman, j'ai bien compris. Mais tout de suite je m'interroge sur votre cas. Comment une personne saine d'esprit peut acheter dans la même journée A-ha et Nick Drake ? Cela me paraît inconcevable. Messieur ?? je revois le jugement : il apparaît clairement que le prévenu est totalement délirant. Envoyez le faire un tour en psychiatrie, je crois qu'on ne peut plus rien pour lui. Même Kimera n'aura pas raison de lui. Il est évident que cet homme, enfin cette chose, a le cerveau définitivement crâmé et n'est plus capable de distinguer le bon grain de l'ivraie. M'est avis que les plus grands psychiatres vont avoir du fil à retorde avec cet énergumène. Que dieu leur vienne en aide.
- Avant de partir pourrais-je savoir quels sont ces amis qui m'ont envoyés ici ?
- Après tout, sachant que vous n'êtes pas prêt de sortir, je peux vous confier les pseudos qui m'ont été communiqués : une certaine tulipe, une iris et deux doux-dingues répondant aux noms de Beach Boy et Loner. Un autre s'est porté volontaire pour appuyer leur demande, un certain . . Avouez que c'est peu commun comme nom. En tous cas je vous souhaite une agréable thérapie. Adieu.
-Myrrhman, âge indéterminé, sexe très faible, auditeur convulsif voir compulsif de tout ce qui peut s'écouter et parfois même de n'importe quoi monsieur le juge.
- Connaissez-vous au moins les raisons qui vous amènent devant moi ?
- Non monsieur le juge.
- J'ai là une notification venant de vos amis comme quoi vous auriez perdu le peu de raison qu'il semblait vous rester.
-Ah bon ?
-Il semblerait que le motif de cette perte totale de raison soit liée au rachat de scoundrel days de A-ha. Est-ce vrai ?
- Quoi ?
- Que vous l'avez acheté de nouveau ?
(regard d'abord gêné puis baissé, visage crâmoisi)
- Oui.
- Comment expliqueriez-vous ce geste ?
- Ben je l'aime bien moi cet album de A-ha.
- Vous rendez-vous compte de l'énormité que vous venez de sortir ?
- De quoi ?
Bon. Expliquez-moi un peu ce que vous lui trouvez de bien à ce disque. Parce que là je pense que l'accusation est loin d'avoir tort. Jusque là vous êtes bon à enfermer. Je viens d'en terminer l'écoute et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils n'y vont pas de main morte sur les effets ces norvégiens. Une production criarde, des batteries très datées, un concours de catafiore s'époumonant à qui mieux mieux, le pompon revenant au terriblement ringard cry wolf. Sans rire, ils avaient pour but de concurrencer le thriller de Michael Jackson ? C'est idiot, grotesque, complétement risible et surtout inaudible. Pour l'instant au mieux c'est la camisole chimique qui vous attend, au pire la perforation totale des tympans via l'intégrale de Kimera. Défendez-vous et vous avez intérêt à être convaincant.
- Pour commencer monsieur le juge je dirais que vous avez mille fois raison. Cry wolf est tout ce qu'il y a de plus atroce. J'ajouterai également que manhattan skyline est à hurler de rire. cette volonté de durcir le ton de la part de A-ha, de montrer ses biceps est proprement ridicule. Ces guitares limite hard, cette batterie sortie du manuel du bûcheron canadien pour les nuls est insupportable.Néanmoins, il y a dans scoundrel days quelques pépites qui méritent d'être relevées. en premier lieu le morceau titre de l'album. D'une profondeur bien plus....... qu'on ne le croirait. Si vous enlevez les effets inhérents à cette époque, le morceau, à haute teneur addictive, est d'une noirceur étonnante pour un groupe d'apparence aussi léger. Les arrangements de cordes sont d'une grande pertinence soulignant avec justesse la mélancolie se dégageant de ce morceau. Ensuite, en second lieu, le tube absolument imparable qu'est I've been losing you. Ces garçons savent écrire des chansons énormes et le prouvent en sortant l'artillerie lourde : mélodie entêtante, refrain increvable, c'est de la pop dans le sens putassièrement noble du terme. C'est bien simple : réarrangée, dépouillée de ses costumes ringards I've been losing you serait pas loin d'être parfaite. Enfin, le cas à part qu'est soft rain of april, morceau charbonneux, sérieux, loin des bluettes pour adolescentes qu'ils sont capables de produire au kilomètre, d'une grande mélancolie. Prouvant par la même occasion qu'A-ha n'est pas simplement un groupe de plus pour midinette mais un cas assez complexe de groupe populaire enfermé dans son image capable pourtant de grandes choses comme ils le prouveront par la suite avec analogue. Mais ça, c'est une autre histoire.
- D'accord. Et vous espérez m'avoir convaincu avec de tels arguments ? Autant vous dire que les bourreaux sont en train d'exhumer les vinyles de Kimera à l'heure qu'il est. Autre chose à ajouter pour votre défense ?
- Oui monsieur le juge : je sais bien que trois bonnes chansons ne valent pas qu'on subisse un tel sort. Certes scoundrel days est très très daté, très kitsch mais il y a dans ce disque....
-Messieurs, enfermez le, faites le taire, il a totalement perdu la raison.
- Monsieur le juge !!!!! MONSIEUR LE JUGE : J'AI AUSSI ACHETE LE BRYTER LATER DE NICK DRAKE, LE LOVE BIKES DE KID PHARAON, JOY DIVISION OU ENCORE LE LIVE RUST DE NEIL YOUNG, MONSIEUR LE JUUUUGGGGEEEE !!!
- Comment ??
- j'ai aussi....
- Oui monsieur myrrhman, j'ai bien compris. Mais tout de suite je m'interroge sur votre cas. Comment une personne saine d'esprit peut acheter dans la même journée A-ha et Nick Drake ? Cela me paraît inconcevable. Messieur ?? je revois le jugement : il apparaît clairement que le prévenu est totalement délirant. Envoyez le faire un tour en psychiatrie, je crois qu'on ne peut plus rien pour lui. Même Kimera n'aura pas raison de lui. Il est évident que cet homme, enfin cette chose, a le cerveau définitivement crâmé et n'est plus capable de distinguer le bon grain de l'ivraie. M'est avis que les plus grands psychiatres vont avoir du fil à retorde avec cet énergumène. Que dieu leur vienne en aide.
- Avant de partir pourrais-je savoir quels sont ces amis qui m'ont envoyés ici ?
- Après tout, sachant que vous n'êtes pas prêt de sortir, je peux vous confier les pseudos qui m'ont été communiqués : une certaine tulipe, une iris et deux doux-dingues répondant aux noms de Beach Boy et Loner. Un autre s'est porté volontaire pour appuyer leur demande, un certain . . Avouez que c'est peu commun comme nom. En tous cas je vous souhaite une agréable thérapie. Adieu.
lundi 30 mai 2011
Section 25
Tu sais pas chanter, ni jouer d'un instrument. Tu sais au fond de tes tripes que tu veux faire un groupe et imprimer ta patte dans l'histoire de la musique. Monter un groupe est le minimum. Tu l'assures, c'est pas mal, mais pour le reste, t'as pas beaucoup le choix : il te faut rencontrer la bonne personne au bon moment. Et là, paf, coup de bol énorme : tu rencontres Ian Curtis.Qui produit ton premier EP et le sort par la même occasion sur factory. Ton premier album sort sur ce même label et se trouve produit par le producteur attitré (et fou) de Factory : Martin Hannett. Tu sais toujours pas jouer, ou alors faux, et tu n'as pas encore vraiment réussi ton pari.Tu es connu mais pas encore reconnu. Pour ça tu n'as plus beaucoup le choix, tu dois sortir quelque chose de marquant. Bol monstrueux, Bernard Sumner t'a à la bonne. Il décide de produire ton album et t'oriente vers quelque chose de plus dansant. En 1984, tu sors un single qui, lui, va marquer les générations à venir. Dans la foulée tu sors un album qui suivra le même destin. Pourtant même si c'est ce que tu espères depuis toujours, tu fais rien pour te démarquer. Disons que tu cultives à fond le mystère en faisant de l'abstraction ton crédo. Ton album a une pochette quelconque bien qu'intrigante (concept qui sera repris plus tard par Archive pour son excellent londinium) sur laquelle apparaît le nom de ton groupe, le titre de l'album et ton label mais de façon presque invisible, se fondant dans le paysage. Tu ne mets pas les titres de ton disque sur la couverture arrière. Pour savoir de quoi il retourne tu es obligé de regarder le rond central du vinyle pour avoir quelques renseignements. Qui seront bien maigres. Les titres et le producteur (dont on ne sait rien si ce n'est qu'il se fait appeler bemusic), point barre. Bref, pour la présentation, c'est le minima. Par contre musicalement c'est autre chose. Enfin presque : ça joue faux, ça chante faux, c'est dans l'ère du temps, synthés de rigueur, boîte à rythme chétive, guitares maigrelettes, basses sorties d'outre-tombe. Dis comme ça, c'est peu engageant. Et pourtant c'est excellent.
From the hip de Section 25 est l'un des rares albums dance, électro,pop des années 80, New Order mis à part, que je peux supporter. Voir que j'aime. Dance sans l'être vraiment, profond malgré cette superficialité propre aux années 80, folk glaçant, krautrockien, c'est un disque qui bouffe à tous les râteliers. Mais d'une aridité peu commune. Tout est sec là-dedans, comme les paysages de la pochette et d'un minimalisme glaçant. Peu d'instruments, une voix, un tube, looking from a hilltop (qu'on aurait pu surnommer dansons le krautrock sous la glace) et beaucoup d'idées par contre. From the hip redessine le paysage de la dance des années 80 en approfondissant ce qu'a pu apporter New Order avec son power, corruption & lies et en y introduisant une dose d'amateurisme, de lo-fi piqué à Young Marble Giants. Le résultat est assez confondant. Sur la première face du disque Section 25 vous invite à danser sans se prendre la tête sur des musiques approximatives et des chants dignes d'un Daniel Johnston en grande forme (prepare to live du New Order joué sous acides et annoné par le véritable fou chantant). La seconde face en revanche est limite flippée voir parano, la triplette program for light, desert et beneath the blade est tendue, sèche, aride, glaciale.La montée de program n'en finit pas d'atteindre des sommets insurmontables, le folk de desert se joue à une température digne d'une nuit d'un mois de décembre en Alaska et beneath arrive à être encore plus froid, plus extrême que n'importe quel titre de Joy Division. Heureusement inspiration, le bien nommé, réchauffe tout ça et termine ce disque sur une note légère et dansante. Ouf serait-on tenté de dire.
Grand disque au final même si, et c'est aussi pour ça que je l'aime, très bancal. Disque ancré dans son époque, inventant une grammaire sommaire de l'électro-dance que pas mal de groupes pilleront par la suite. From the hip n'a eu, bien évidemment, qu'un succès d'estime malgré un looking from a hilltop tubesque, mais a quelque peu marqué les esprits. Au point qu'un gars se décide à en reparler près de trente ans après sa sortie sans qu'il y ait quelque actualité à son sujet. C'est qu'il avait vraiment rien d'autre à foutre.
From the hip de Section 25 est l'un des rares albums dance, électro,pop des années 80, New Order mis à part, que je peux supporter. Voir que j'aime. Dance sans l'être vraiment, profond malgré cette superficialité propre aux années 80, folk glaçant, krautrockien, c'est un disque qui bouffe à tous les râteliers. Mais d'une aridité peu commune. Tout est sec là-dedans, comme les paysages de la pochette et d'un minimalisme glaçant. Peu d'instruments, une voix, un tube, looking from a hilltop (qu'on aurait pu surnommer dansons le krautrock sous la glace) et beaucoup d'idées par contre. From the hip redessine le paysage de la dance des années 80 en approfondissant ce qu'a pu apporter New Order avec son power, corruption & lies et en y introduisant une dose d'amateurisme, de lo-fi piqué à Young Marble Giants. Le résultat est assez confondant. Sur la première face du disque Section 25 vous invite à danser sans se prendre la tête sur des musiques approximatives et des chants dignes d'un Daniel Johnston en grande forme (prepare to live du New Order joué sous acides et annoné par le véritable fou chantant). La seconde face en revanche est limite flippée voir parano, la triplette program for light, desert et beneath the blade est tendue, sèche, aride, glaciale.La montée de program n'en finit pas d'atteindre des sommets insurmontables, le folk de desert se joue à une température digne d'une nuit d'un mois de décembre en Alaska et beneath arrive à être encore plus froid, plus extrême que n'importe quel titre de Joy Division. Heureusement inspiration, le bien nommé, réchauffe tout ça et termine ce disque sur une note légère et dansante. Ouf serait-on tenté de dire.
Grand disque au final même si, et c'est aussi pour ça que je l'aime, très bancal. Disque ancré dans son époque, inventant une grammaire sommaire de l'électro-dance que pas mal de groupes pilleront par la suite. From the hip n'a eu, bien évidemment, qu'un succès d'estime malgré un looking from a hilltop tubesque, mais a quelque peu marqué les esprits. Au point qu'un gars se décide à en reparler près de trente ans après sa sortie sans qu'il y ait quelque actualité à son sujet. C'est qu'il avait vraiment rien d'autre à foutre.
jeudi 26 mai 2011
blue print
Et si j'arrêtais de vous parler de CO ou de bouses. Que je me décidais finalement à vous parler de bons albums certes mais dont l'indispensabilité (c'est français ça ?) est somme toute limite. Le disque qu'on écoute avec plaisir mais dont on sait pertinemment qu'il ne sera pas crucial, qu'on ne le remettra pas régulièrement sur la platine. Et accessoirement des vinyles que je viens d'exhumer de ma discothèque. C'est le cas ici du blue print d'Imhotep, album instrumental de l'architecte sonore d'IAM.
En 1998, Massive Attack venait de sortir son mezzanine, Portishead son second album un an plus tôt. Bref : en 1998 le trip-hop était déjà moribond, ne voulait presque plus dire grand chose, enterré par ces deux fossoyeurs d'album . Dans ce contexte pourquoi sortir un album de trip-hop ?
En premier lieu pour sortir d'un cadre un peu étroit pour Imhotep. Etre le Bouygues d'IAM ça va bien cinq minutes mais ça finit par être relou. Le rap c'est sympa mais il y a peut-être moyen de s'exprimer autrement.
Ensuite, faire un album à mille lieues de l'univers d'IAM ça permet d'explorer des territoires pas évident au premier abord (reggae, dub, expérimental), de voyager à moindres frais et enfin de se faire plaisir. Ça permet aussi et surtout au pékin moyen qui ne jure que par le rap d'IAM de découvrir d'autres espaces. Parce que sur blue print, on crapahute sec tout de même.On voit l'Afrique de long en large et en travers. Imhotep utilise comme base le trip-hop pour mieux nous ballader dans les souks d'Algérie, du Maroc en faisant un petit détour par le Mali et en passant par le désert. Entre-deux il aura eu le temps de nous faire découvrir les cultures locales chères à Bobby au travers d'un dub bien enfumé quasi-omniprésent sur la plupart des morceaux. Parfois au détour de certains morceaux on sent bien une petite inquiétude- voire une mélancolie- poindre (give peace a last chance) ou un soupçon de paranoïa (something wrong) voire même une chasse sur les terrains de Third Eye Foundation ( le très court et surprenant something right) mais rien qui vient vraiment troubler un voyage fort agréable dans les méandres de la discothèque d'Imhotep. Le dos de l'album résume parfaitement ces intentions avec humour en utilisant des clichés bien éculés : prenez place sur mon tapis volant et laissez vous guider. Le voyage n'est certes pas indispensable dans toute discothèque digne de ce nom mais vaut bien d'autres albums estampillés CO par des critiques aveugles et sourds.
Pour une écoute, voir ici . Par contre je n'en connais que la version vinyle, celle sur cd contient cinq morceaux supplémentaires qu'il va falloir que je découvre.
En 1998, Massive Attack venait de sortir son mezzanine, Portishead son second album un an plus tôt. Bref : en 1998 le trip-hop était déjà moribond, ne voulait presque plus dire grand chose, enterré par ces deux fossoyeurs d'album . Dans ce contexte pourquoi sortir un album de trip-hop ?
En premier lieu pour sortir d'un cadre un peu étroit pour Imhotep. Etre le Bouygues d'IAM ça va bien cinq minutes mais ça finit par être relou. Le rap c'est sympa mais il y a peut-être moyen de s'exprimer autrement.
Ensuite, faire un album à mille lieues de l'univers d'IAM ça permet d'explorer des territoires pas évident au premier abord (reggae, dub, expérimental), de voyager à moindres frais et enfin de se faire plaisir. Ça permet aussi et surtout au pékin moyen qui ne jure que par le rap d'IAM de découvrir d'autres espaces. Parce que sur blue print, on crapahute sec tout de même.On voit l'Afrique de long en large et en travers. Imhotep utilise comme base le trip-hop pour mieux nous ballader dans les souks d'Algérie, du Maroc en faisant un petit détour par le Mali et en passant par le désert. Entre-deux il aura eu le temps de nous faire découvrir les cultures locales chères à Bobby au travers d'un dub bien enfumé quasi-omniprésent sur la plupart des morceaux. Parfois au détour de certains morceaux on sent bien une petite inquiétude- voire une mélancolie- poindre (give peace a last chance) ou un soupçon de paranoïa (something wrong) voire même une chasse sur les terrains de Third Eye Foundation ( le très court et surprenant something right) mais rien qui vient vraiment troubler un voyage fort agréable dans les méandres de la discothèque d'Imhotep. Le dos de l'album résume parfaitement ces intentions avec humour en utilisant des clichés bien éculés : prenez place sur mon tapis volant et laissez vous guider. Le voyage n'est certes pas indispensable dans toute discothèque digne de ce nom mais vaut bien d'autres albums estampillés CO par des critiques aveugles et sourds.
Pour une écoute, voir ici . Par contre je n'en connais que la version vinyle, celle sur cd contient cinq morceaux supplémentaires qu'il va falloir que je découvre.
Inscription à :
Articles (Atom)