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jeudi 24 avril 2014

Omi Palone

Nous sommes le 24 avril en Mayenne.
Il pleut, comme toujours, depuis la nuit des temps.
Le soleil est un astre mort, la pluie se doit de faire partie intégrante des conditions de vie de cette région. Bref, c'est un temps soit  à sortir les cordes et réviser sa méthode du noeud coulant dans le Mayennais profond, soit à abuser des anti-dépresseurs.
Pourtant, moi, Dr Myrrhman, malgré ces conditions extrêmes, je vais vous apporter la joie, la grâce, l'envie de sautiller partout, de retrouver votre jeunesse, de désarthritiser  vos articulations.
Comment pourrais-je accomplir un tel miracle vous demanderez-vous ?
Simple vous répondrai-je.
Suffit de vous prescrire en perfusion/infusion/diffusion, enfin ce que vous voulez,  l'écoute du premier album d'Omi Palone.
Omi Palone est un jeune quatuor angliche dont la prétention est justement de ne pas en avoir et de pratiquer une jangle pop/rock absolument pas originale mais d'une putain d'efficacité.
Diantre, quel programme de merde nous proposez-vous là Dr Myrrhman. Pour quelles raisons voudrions-nous nous fader un énième groupe pop/rock anglais quand on a probablement plus original et meilleur ailleurs ?
Réponse simplissime : parce qu'ils vont puiser leur inspiration non pas chez les buveurs de thé façon Smith et consorts mais plutôt chez les Kiwis via Flying Nun.
Ah ah !!!....on fait moins les malins là.
Les 25 mns que constituent leur premier album est un rafraîchissement tel qu'il illumine votre journée et au-delà. C'est le soleil néo-zélandais qui rentre chez vous, irradie votre humeur et terrasse la grisaille Mayennaise. Leurs pop songs ne s'encombrent pas de superflu, elles sont courtes, simples,directes, prennent leur source via le Velvet Underground, les Feelies, Yo La Tengo, les Bats et surtout vous laissent un arrière-goût de reviens-y fort prononcé. Parfois, au détour de shallow divide, vous vous surprenez à faire le pois sauteur, un sourire béat vous barrant la face, un truc qui ne vous était pas arrivé depuis..............ouhh au moins  la disparition brutale du soleil en Mayenne. Parfois même vous restez pantois devant l'enchaînement de malade follow your visions/-, ou comment passer d'un morceau un peu noise façon Boo Radleys ( Omi Palone sont anglais hein, faut bien que ça ressorte parfois) à un morceau instrumental limite krautrock revu façon Yo la Tengo.
Toujours est-il qu'après huit chansons et vingt cinq minutes d'Omi Palone, quel que soit le moment où vous l'écoutez, votre journée semblera démarrer sous les meilleures auspices. La pluie ne sera plus qu'un mauvais souvenir, tellement le bonheur irradiera de votre personne. Vous deviendrez un homme différent, prêt à affronter la crise économique, le chômage, bref la société de consumation, et même l'absence cruelle de soleil en Mayenne.
Vous ne me croyez point ??? essayez les liens ci-dessous. Vous verrez, c'est court mais d'une efficacité redoutable au point même d'en devenir addictif. D'ailleurs, si vous avez besoin d'une cure de désintoxication...je vous proposerai un bien un stage en Mayenne.
Bandcamp ici


mardi 1 avril 2014

The Afghan Whigs : do the beast

 Penchons-nous ce jour sur le cas Afghan Whigs : tous ceux qui en diront du bien, vous n'êtes pas obligé de les croire. Tous ceux qui diront que do the beast est atroce, mauvais, immonde et autres termes non moins charmants vous n'êtes pas obligés de les croire même si au premier abord, ils n'ont pas complétement tort.
Après une absence de 16 ans, quelques errances, Greg Dulli revient avec ses Afghan Whigs et tout ce qu'on peut dire à son sujet c'est qu'on se demande s'il a vraiment bien fait. A la première écoute de do the beast on serait tenté d'aller chercher le goudron et les plumes voire remettre en état la potence qu'on avait laissé négligemment traîné au fonds du jardin.
Pour tous ceux qui, comme moi, ont été traumatisés par un gentlemen quasi parfait, les trois morceaux introductifs risquent de faire l'effet d'une douche froide.  La première chose qui frappe, et plutôt violemment, c'est l'épaisseur du son. Autant gentlemen était sec, nerveux, sur l'os autant chez do the beast, l'os n'est pas prêt d'être atteint. Parked outside, matamoros et it kills paraissent être des arguments massues pour une campagne publicitaire genre danacol ou les effets dévastateurs du cholestérol sur la musique. Ça suinte de partout, c'est gras au possible, d'une lourdeur à faire passer Bigard pour Hope Sandoval  et les fautes de goûts sont nombreuses. Matamoros par exemple ressemble à une sorte de fake des Afghan Whigs revu par des Red Hot Chili Peppers post andropausés, chanson qui aimerait bien paraître jeune mais qui a pas l'air du tout comme disait l'autre. A laquelle s'ajoute  l'apport d'éléments électro, et vous obtenez un morceau qui vous reste un tantinet sur l'estomac. Mais le pire reste à venir : it kills. Et il porte bien son nom. Morceau soul/grunge dans le style Afghan Whigs mais littéralement détruit par des choeurs absolument atroces que n'aurait pas renié une des choristes d'Elvis Presley. C'est bien simple, à la première écoute j'ai presque abandonné.
J'ai ensuite écouté algiers...
...et après j'ai abandonné.
J'y suis retourné un peu plus tard, car je suis persévérant.Ou con. Ou masochiste. J'ai zappé les trois premiers morceaux (vous pouvez rayer masochiste) pour reprendre sur algiers et sa relecture Phil Spectorienne du rock selon Dulli. Premier grand, voir très grand morceau de l'album. J'y reviendrai plus tard. Ensuite, avec lost in the woods, on assaiste à une sorte de miracle : on a la subite impression que Dulli s'est souvenu avoir été l'auteur de gentlemen. Curieusement la musique perd en graisse ce qu'elle gagne en muscle, en subtilité voire en sincérité. Dulli abandonne la pose jeune vieux rebelle sur le retour et retrouve la hargne, la rage qui faisaient défaut sur le début de l'album. A de rares exceptions près (le can rova et sa rythmique électro/techno hors-sujet), do the beast devient plus qu'audible voire bon et Dulli fréquentable. L'album se clôt sur un these sticks crépusculaire et magnifique, deuxième très grand morceau de do the beast qui voit Dulli, tout en nerfs, s'aventurer hors de la soul et se frotter au terrain du jazz. Le résultat, tout en montée tensionnelle est à tomber et laisse augurer encore d'un avenir commun avec Dulli s'il vire son batteur et son producteur. Parce que là, c'est un peu le nœud du problème. Prenez algiers, un putain de grand morceau, proche du génie pur. Rien que ça. Ça aurait pu être un des plus grands morceaux de la carrière des Afghan Whigs. Sauf que pour ça il aurait fallu que Dulli ait la bonne idée de faire taire son batteur. Ou faire en sorte qu'il cogne de façon un peu plus subtile sur ses fûts. Ou encore éviter de le mettre en avant car passé la première minute on a juste envie de le rendre manchot. Et s'il avait pu, en sus, enlever du gras au solo, ça aurait été parfait. Heureusement pour le groupe,  il y a cette voix, qui fait toute la différence. Chargée d'un vécu difficile, revenue d'excès en tout genres, c'est elle qui donne envie de continuer l'écoute de do the beast. L'interprétation de Dulli sur algiers confine quasiment au sublime et permet presque de temporiser les débordements lipidiques des morceaux précédents. Limite qu'on aurait presque envie d'y revenir voir si on ne serait pas passé à côté de quelque chose. Limite hein.
Enfin bon toujours est-il que dans les retours des vieilles glorioles des années 90, le cas des Afghan Whigs est plutôt complexe. Je dois avouer que dans un premier temps, j'ai eu la subite envie de faire renaître de ses cendres le magnifique blog ma main dans ton disque ou encore de remettre à jour ma rubrique l'hémorragie auriculaire du jour. Mais comme ce sont les Afghan Whigs, et que je suis en toute modestie formidable et le pardon personnifié, j'ai cru bon de laisser une seconde chance à ce disque. Bien m'en a pris car à travers le gras qui en suinte et le poids des âges, la rage, l'insoumission de Dulli sont  toujours aussi fortes et présentes. Va seulement falloir maintenant qu'il parvienne à les mettre de côté pour choisir avec discernement ses partenaires. Mais ça c'est pas encore gagné.

samedi 22 février 2014

20h30 dans tes bras.

Commençons cette note de façon abrupte : jeudi soir, concert de Michel Cloup à Mayenne.
J'arrive sur les lieux, un peu en avance, prends ma place, attends dans le hall d'entrée, essaie de me mêler à la foule (pas tant que ça quand même hein) et me rends compte que je devais être quasiment la seule personne du public inconnue des organisateurs. Ca claque la bise dans tous les sens, ça discute à tout va, le tout dans la bonne humeur.
Le concert est prévu à 20h30, ouverture des portes à 40.
Et là, grosse surprise, le concert se passe sur scène.
Vous me direz : la Myrrh tu te fous de notre gueule, un concert c'est toujours sur scène. Voir à arrêter la colle.
Que je vous explique : le concert a lieu au théâtre de Mayenne. Qui dit théâtre dit fauteuils rouges et confortables, dit donc, selon une logique lapalissienne implacable, places assises pour le public et groupe sur scène. Sauf que là, sur scène, se trouvait groupe et public.
Vous l'avez compris :  pas grand monde au concert, une cinquantaine de personnes tout au plus. Et c'est pas plus mal. Ou pas.
L'ouverture des portes se trouve donc être l'ouverture des coulisses.
Nous entrons ainsi directement sur scène et découvrons le matos du groupe à deux ou trois mètres de nous : amplis, guitare, rack de pédales et batterie.
Le duo arrive, au complet, peu de temps après nous, se présente, entame le concert par minuit dans tes bras #1 puis j'ai peur de nous. L'album presque entier y passe (à l'exception de coma), entrecoupé de deux morceaux de l'album précédent. En rappel, trois morceaux dont les faces B des récents 45 tours et notre silence.
Pour faire simple, je dirais que ce fut un beau concert avec quelques moments intenses (minuit dans tes bras #2 , la chanson à texte sortir, boire et tomber et ma vieille cicatrice) mais un poil  frustrant.
Pas la faute aux musiciens, plutôt impressionnants (faut voir, avec pas grand chose, sa guitare, sa voix,  Michel parvenir à laisser exploser la rage contenue dans le disque sur scène et pareil pour Patrice Cartier alternant finesse et explosions sur ses fûts).
La faute au public alors ? oui dans une certaine mesure, mais pas que. Je ne sais si c'est l'aura de Michel Cloup (Expérience mais surtout la déflagration du #3 de Diabologum) mais le public semblait quelque peu figé, poli, peu réceptif en début de concert. Vous me direz, foutre le feu sur une scène avec une cinquantaine de personnes, en Mayenne, ça tient pas du challenge mais de la mission suicide. Néanmoins une fois les quatre premiers morceaux joués et quand Michel introduit "ma vieille cicatrice", le public se détend et sort de sa torpeur. Après l'exécution du morceau, d'une grande intensité, sec et tendu, les applaudissements se feront plus chaleureux et les corps, peu à peu, commenceront à se mouvoir (pas de slams ou de crises hystériques, rassurez-vous mais quelques dodelinements de tête et mouvements incontrôlés des jambes apparaissent ça et là). Le concert par la suite alternera moments intimes ( le magnifique au milieu de nulle part en rappel ou le très beau nous vieillirons ensemble) et violence sourde, difficilement contenue, voir décharge bruitiste ( l'excellent sortir boire et tomber). A mesure que le concert s'avance, on voit également Michel se détendre ( non pas qu'il fut tendu mais un peu sur la réserve, peut-être fatigué, qui sait ?) puis se lâcher, pousser un petit coup de gueule (très drôle par ailleurs), maltraiter sa guitare, entamer des pas de danse, occuper l'espace (restreint) de la scène, bref prendre plaisir. Formidable alors, non ?
Formidable certes mais j'ai tendance à penser que ce qui fut un beau concert aurait pu être un grand, voir un très grand concert. D'où ma frustration.
En y réfléchissant un peu, faut bien que les quelques neurones dont je suis doté servent à quelque chose, j'imputerai ma frustration sur le choix du lieu, le théâtre de Mayenne. Le cadre est effectivement superbe mais pas adapté à une musique qui a besoin d'espace pour exprimer ses sentiments. Disons que le 6par4 à laval aurait tout à fait convenu avec un jeu de lumières, une scène plus grande, quelques dizaines de spectateurs en supplément , une intimité respectée. Là je pense que Michel Cloup et Patrice cartier auraient tout simplement électrisé les lieux comme ce fut le cas aux précédents concerts de sa tournée.
Mais bon, je ne vais pas bouder mon plaisir :  le concert fut excellent malgré toutes les réticences énoncées plus haut. De plus j'ai pu bénéficier de la gentillesse de Michel Cloup, tout sourire, qui lors de l'achat de son disque, me fit un rabais sur les 45 et 33 tours achetés. Que demander de plus.
Ah si, une chose : tailler le bout de gras avec les musiciens. Mais comme je suis un indécrottable idiot légèrement autistique, je suis resté devant eux comme un con, n'ayant rien trouvé à leur dire et suis parti après l'achat tout penaud et pour le coup frustré. En un mot comme en cent : ma connerie n'a décidément pas de limite.

lundi 3 février 2014

TRAAMS au 6par4

Le 31 janvier dernier passait au 6par4, à Laval (capitale de la Mayenne pas Quebec, je précise), le groupe de nerds no-life anglais, du moins au vue de leur affiche de promo, Traams.
Fort d'un bon album sorti l'an dernier, grin, je me suis dit que je devrais peut-être traîner mes guêtres jusqu'à Laval histoire de voir ce que peuvent donner ces ados pré-pubères sur scène. D'autant plus qu'il s'agit là d'une des rares dates du groupe en France et, cerise sur le gâteau, le concert est gratuit.
Passée une première partie plutôt courte et agréable - non pas agréable parce que courte, je vous vois venir, bande de mécréants - ( les Caennais de Ghost Friends, pas mal d'énergie et de bonnes influences- Nirvana et Codeine viennent immédiatement en tête-.), Traams arrive devant un parterre d'à peine quatre-vingt personnes. De quoi se dire que la gratuité d'un concert n'empêche pas le Lavallois d'être une feignasse de la pire espèce préférant se fader les émissions d'Arthur que de se déshydrater en se ruinant les tympans pendant une heure. Excuse d'autant plus débile qu'il suffisait de sortir dehors une dizaine de secondes pour être aussitôt réhydraté. Mais bon...
Le trio commence son concert et là, d'un coup, vous ne comprenez plus grand chose à ce qui vous arrive. Vous étiez venus voir une bande de nerds pour limite se foutre de leur gueule et vous vous retrouvez face à un mur du son, littéralement scotché sur place. Surtout qu'avant de commencer, quand le groupe arrive et empoigne ses instruments, un détail vous saute à la gueule : c'est quoi cette guitare qu'il a le chanteur ??? un modèle spécialement créé pour passe-partout ? Seulement, passé l'intro, vous faites moins le malin. Parce que le trio déploie une énergie terrible, un son énorme et qu'il assure à tous les niveaux. Stu Hopkins chante/hurle en maltraitant sa guitare de poche, Leigh Padley, le bassiste, grande asperge dégingandée, fait preuve d'un flegme typiquement britannique et Adam Stock tape sur ses fûts avec la régularité d'un métronome. Normal qu'ils assurent me direz-vous. Certes, mais sur scène grin prend une toute autre dimension : ce qu'on entrevoit sur certains titres, un côté parfois noise-rock à la Sonic Youth, est ici exacerbé. L'aspect polissé et relativement propre sur lui de grin est totalement évacué au profit d'une musique rêche et hypnotique. Prenez head roll sur l'album, on y entend quoi ? Un groupe qui ne s'est jamais remis de la création de New Order. En concert l'influence de Hook est toujours présente mais vient se greffer dessus l'âpreté de Sonic Youth et surtout la folie d'un Jaki Liebezeit (je reste persuadé qu'Adam Stock devait faire métronome dans une vie antérieure). Grâce à Stock, head roll s'étire, s'allonge considérablement et permet à Stu d'expérimenter et de faire preuve d'une grande maîtrise du boucan. Boucan voir bordel qu'il maîtrise encore mieux sur un klaus final d'anthologie qui se révèle être en concert une sorte de montée wagnérienne d'un quart d'heure, sauvage, hypnotique et laissant le pauvre hère que je suis exsangue, bouche bée. Entre deux, le groupe ne fait signe d'aucunes faiblesses, aucun temps mort (hormis les accordages de guitare ou de basse), aligne les tubes (swimming pool, flowers, le très Pavementien fibbist ) les ko (head roll, klaus et le rappel, que je ne connaissais pas, sorte de Joy Division noisy probablement issu de leur premier EP) et emporte l'adhésion du public haut la main en une heure qui aura passé comme un souffle.
Bref, ce fut un grand concert, impressionnant, et, ce qui ne gâche rien, avec un chanteur très sympa et accessible (à peine le concert terminé le voilà direct au stand pour vendre ses disques, tailler le bout de gras et serrer des paluches aux fans transis).
 En somme, comme disait le dicton populaire dans son infinie sagesse: j'en ai eu pour mon pognon.

vendredi 20 juillet 2012

Stagnant Pools : temporary room

Faisons fi de toute aversion, de la rancoeur accumulée ces derniers temps avec ces chroniques malséantes au travers desquelles j'étalais mon mauvais karma auprès de lecteurs assidus ahuris, étonnés par tant de négativisme. Je me dois de cesser cela incessamment sous peine céder aux sirènes de la haine ordinaire.
Alors oui, aujourd'hui je vais aimer, aimer très fort ce qui va suivre. Car il faut savoir parfois n'être que paix intérieure, amour et condescendance. Ou comme le dit si bien le grand philosophe fiscal Patagonien : il faut savoir aimer.
Vous allez me dire : me suis-je envoyé la discographie complète de Pierpoljack ou encore Tryo pour sortir de telles conneries ? Pour verser dans un tel sentimentalisme primaire.Ai-je consommé les champignons de l'amour pour raisonner ainsi ?
Mais que nenni. Je les incague moi ces mous du bulbes. Aujourd'hui, ça va chier la bite !!! Aujourd'hui est un jour où je vais parler de rock sale. Pas celui aseptisé de Jack White. Non, un truc vraiment dégueulasse,crade, fait avec deux accords et une putain d'énergie, un truc à vous faire lever l'ithyphalle las du Sieur Manoeuvre. Un exploit.
Souvenez-vous, dans les années 80 quand les frangins Reid réveillaient le rock moribond depuis quelques années, avec leur mur du son bien crade, leurs deux accords, leurs rythmes bi voir mono-naires et leur légendaire psychocandy. Ben cette année c'est aux frangins Enas ( Bryan et Douglass, 21 et 22 ans) et leur groupe Stagnant Pools de prendre le relais des frères Reid. Comme les frères Reid, ils ont :  le son (relativement dégueulasse), l'énergie, la simplicité, l'immédiateté, l'urgence. Un album doit faire maximum 3/4 d'heures, contenir plus de 10 morceaux et  ceux-ci ne doivent pas dépasser les 4 minutes sous peine de faire chier l'auditeur. Telles sont les saintes écritures édictées par les frères Reid et devant lesquelles les américains se prosternent nuit et jour et appliquent les préceptes avec une ferveur de disciple trépané.
 Nonobstant, à partir du stun, sixième morceau, s'opère un changement radical. Les frères Enas ont découvert une annexe des saintes écritures : le nouveau testament selon Saint Shields. Après réunions houleuses, tergiversations diverses et variées, brainstorming  intense, ils décident de l'appliquer en sus de l'ancien testament . Dès  ce moment........ rien ne change vraiment en fait. Les morceaux s'enchaînent sans temps mort, les changements d'accords se font toujours aussi rares, le batteur applique son Moe Tucker pour les manchots avec une application rare, le son devient de plus en plus dégueulasse (le pompon étant décroché par waveland, limite audible mais alors absolument jouissif) mais les mélodies, simples vu le peu d'accords utilisés,  vous restent vissées dans le crâne de façon irrémédiable.  Il y a dans temporary room une fougue, une sincérité désarmante qui fait plaisir à écouter  : les gars savent à peine maîtriser leurs instruments ( pas de solo, accords et arpèges simples) mais ils en sortent une tension, une urgence que je n'avais pas entendu depuis l'excellent get colors de HEALTH. Stagnant Pools n'inventent rien avec leur premier album (un mix de My Bloody Valentine, Killing Joke, Jesus & Mary Chain, quelques lignes mélodiques sorties du mistress électrique de Red House Painters -dead sailor-, un peu de Joy Division. Beaucoup les sortent ces temps-ci ces références.) mais ont déjà une identité qui leur est propre. Ce qui est, je dois l'avouer, énorme.

Un dernier point que je tenais à soulever : choisir comme pseudonyme un des plus beaux morceaux de Felt finit par ne laisser aucun doute quant à la qualité de l'album en question et à la classe du groupe.

écoute là et achat  ici

jeudi 3 mai 2012

message à caractère sexuel

J'en ai écouté des disques depuis ce début d'année.
Ouh laaaaaaaaaaaaaaaaaa.....une bonne tapée ma foi.
Des excellents, des intéressants, des intrigants, des mauvais, des comiques, des soniques, des.... enfin, de tout je vous dis. Des formats longs, très longs voir très très longs (la palme revenant au nouvel album de Dodsengel, black metal éprouvant et limite excellent, 2h30 au compteur), d'autres plus courts (regards vers Ty Segall/White Fence) et enfin, des albums surprenants. Des anomalies, des excroissances bizarres, contre-natures. Des disques d'un autre âge, d'un autre temps. En phase certes avec leur époque mais totalement déconnectés, utilisant les technologies d'aujourd'hui, certaines références relativement récentes pour mieux les exploser.
Pour tout vous dire, c'est le cas du premier album de Daughn Gibson.
Daughn Gibson est un bad guy à l'ancienne, un vrai, et tient à le faire savoir au monde entier. Vous ne le croyez pas ??? jetez un oeil à sa pochette. Photo noir et blanc, beau gosse ténébreux seul devant la glace de l'armoire de toilette à remettre correctement sa chemise, grosse thématique sexuelle sous-jacente, air satisfait du style : "toi je t'ai bien baisé hein ?!!"
Et vous savez quoi ??
Oui, trois fois oui : il nous a bien baisé.
Et dans mon cas, j'en redemande.

Commençons par le commencement :
C'est quoi au juste Daughn Gibson. C'est, comme je le disais plus haut, un bad guy (qui l'affirme, le revendique, le clame haut et fort  d'entrée de jeu ) à l'ancienne qui se serait adapté à son époque. Un héritier de Chris Isaak qui se serait enfilé (dans tous les sens du terme ???) l'album de James Blake. Mais pas que(ue). C'est également un gars vouant un culte sans bornes à Paul Quinn ou encore au Jarvis Cocker de freaks. Avec la folie de l'un (Cocker) et surtout la voix de l'autre. Un mec, comme Cocker, capable d'écrire de véritables tubes (tiffany lou, in the beginning) et une voix comme je n'en avais pas entendu depuis Paul Quinn justement. Dans le même registre, voix de velours/grave qui emporte tout sur son passage, vous me direz qu'il y a également Richard Hawley. Certes. Vous n'auriez pas complétement tort. Mais pas tout à fait raison non plus. Hawley reste dans un registre pop/rock, crooner de talent, Gibson va au-delà de ça. Lui fait dans la soul, le blues, le rock, la pop orchestrale de poche, la pop déviante expérimentale barrée (the day you were born, dandelions), l'électro. Il brasse toutes ces influences dans un format pop des plus classiques (10 titres,trente et une minutes, l'album pop parfait) mais l'impression prédominante à all hell, c'est qu'on écoute tout sauf un album pop. Ou alors une relecture barrée du freaks de Pulp, avec moins de moyens financiers encore, par un Paul Quinn pas encore bipôlaire. En tendant bien l'oreille on peut même faire attention à des fragments Scott Walkeriens (notable sur all hell, titre qui clôt l'album ou sur looking back in '99 ) issus du génial tilt.
Mais bon, si Daughn Gibson, de par sa voix incroyable, rappelle inévitablement ces gueules cassées de la musique, pour la plupart de véritables losers, il n'en possède pas moins une personnalité bien trempée. Elle façonne, lie  l'édifice plutôt bringuebalant au premier abord qu'est all hell. Fait avec quelques bouts de ficelles, pas mal d'idées et de talent. Gibson recycle pas mal de vieilles idées qu'on aurait pu croire éculées ( le trip hop notamment) mais les brasse avec suffisamment d'intelligence et d'audace  pour qu'on ait l'impression de n'avoir jamais (ou rarement) entendu ça ailleurs. Il suffit pour s'en rendre compte de jeter une oreille sur looking back in '99 dans laquelle le trip hop de Perry Blake se teinte de blues sous haute influence Walkerienne ou encore l'évident in the beginning  avec son sample de piano et surtout sa basse obsédante qu'on jurerait écrite par Peter Hook de New Order.
Mélodie entêtante, voix impressionnante, in the begininning est le tube intemporel qui pourrait plaire aux nostalgiques des voix de velours (des vieux cons comme moi quoi) comme aux gars passionnés de musique avides de sensations inédites (des vieux cons immatures comme moi quoi). En somme la prochaine hype pourrait bien se passer ici. 
Si j'ajoute qu'all hell possède également une classe innée, une  mélancolie scotchante, une intemporalité assez bluffante (a young girl's world sonne tellement comme un classique qu'il aurait pu sortir il y a cinquante ans), je crois que vous réussirez à comprendre aisément jusqu'à quel point j'aime me faire baiser de cette façon.
Alors Daughn si la baise a été intense, au point d'avoir arraché sauvagement les boutons de ta chemise, je t'en prie, n'attends pas plusieurs années pour remettre les couverts. Le manque c'est sympa, ça peut être un moteur formidable pour certains mais ça engendre une putain de frustration si énorme que la baise suivante n'en sera que décevante. Alors soit tu t'y remets maintenant soit tu arrêtes là.

mercredi 4 janvier 2012

Dépôt de bilan : ze troisième & last partie

Suite et fin du dépôt de bilan. On va se la faire assez rapide parce que j'ai pas que ça à glander :
Catégorie transgenres :
The Necks : mindset. Jazz, rock, bordel, blip blip, zipa, boum, tchiki et autres onomatopées sont parfaitement de mises pour expliquer ce à quoi ressemble le dernier The Necks. Le premier qui sort "à rien" se loge mon 45 fillette dans les gencives. Mindset ressemble à The Necks, point.
Barn Owl : lost in the glare : Ambient + doom + folk + post-rock = Barn Owl. Synthèse idéale entre Earth et Labradford. La classe quoi.

Catégorie folk pop etc... 
That's all folk :
Kate Bush : 50 words for snow. Kate Bush est grande. Répétez après moi : Kate.....
Cass McCombs : wit's end. Le premier et le dernier morceau de wit's end sont ce qui est sorti de plus beau en matière de pop/folk cette année. Et l'espace entre ces deux extrêmes est excellent. Grand album.
Richard Buckner : our blood. Le meilleur album de Mark Lanegan depuis.......pffffffffffff.........
Josh T Pearson :  last of the country gentlemen. Salut les losers, je viens reprendre mon sceptre et ma place sur le trône. Alors dégagez, merci.
Bill Callahan : apocalypse. Pas aussi bon que sometimes (qui était un CO indiscutable) mais un Callahan même moyen reste un des meilleurs albums de l'année. N'est ce pas Harry ?
Mirel Wagner : belle découverte que ce premier album ma foi.









Pop my dear :
The Bats : free all the monsters. Les néo-zélandais sont des putains d'enfoirés qui nous collent des branlées dans tous les domaines. Ces mecs ont la classe et sont incapables de sortir quoi que ce soit de vraiment mauvais. Album pop de l'année haut la main.
Gruff Rhys : hotel shampoo. Nouvel album du taré en chef de Super Furry Animals, nouveau CO. Que dire de plus ? rien.
Other Lives : tamer animals. Mine de rien un album hype qui tient la route sur la longueur. Tout n'y est pas exceptionnel mais certains morceaux sont d'une beauté à scier les pattes.
Bill Mallonee : the power and the glory. Dans quoi le classer le Billy : pop,rock, adult rock, christian rock, christian pop ???? On s'en fout son album est vraiment excellent et gagne en épaisseur à chaque écoute.

Pour la suite je vais la faire courte, j'ai une note sur le feu qui devrait réactiver ma main....

rock my bollock :
Psychic Ills : hazed dreams
War On Drugs : slave ambients
Peaking Lights : 936
Deerhoof : Deerhoof vs evil

World, jazz, etc... :
Tamikrest : toumastin
Seun Kuti : from africa with fury : rise
Ebo Taylor : life stories : highlife & afrobeat classics 1973-1980
awesome tapes from africa
Ivo Perelman Quartet : the hour of the star


et enfin oublis éhontés  :
King Creosote & John Hopkins : diamond mine
Frank Bretschneider : komet
Dan Melchior : king of sheep.

Voilà, ce sera tout pour 2011. A 2012 pour de nouvelles aventures.



mardi 27 décembre 2011

Psychic TV

En préambule, j'aime Genesis P Orridge, Peter Christopherson, John Balance et David Tibet. Voilà.
Mais là faut pas déconner non plus. Je ne jetterai point l'opprobre sur Balance et Christopherson vu qu'ils ne sont plus de ce monde depuis quelques temps mais par contre Orridge, faudrait voir à te ressaisir. Ton dernier effort que j'ai pu écouter ça sent l'ankylose, le pâté, la gérontophilie, au choix. Toi et ton groupe, Psychic TV, va falloir songer au retrait hein.
Se fixer des challenges, faire des défis, je dis pas, ça a un côté émulation, ça peut tirer vers le haut, c'est pas mal comme idée. Bref, ça peut être sympa. Mais là, passer après Th'Faith Healers pour reprendre le mother sky de Can c'est tout de même limite suicidaire. 16 minutes quer ça dure. 16 minutes, ça peut être long, très long. Voir très très long. Dis moi Gene, tu n'as jamais songé à faire consulter un rhumatologue à ton bassiste ? Parce qu'à l'écoute de mother sky on a l'impression qu'il a les phalanges quelque peu ankylosées. Et tes potes t'es allé les recruter où ??  Ce sont d'anciennes recrues de Yes, Genesis, Metamorfosi ??? tu es allé chercher la crème de la crème du rock progressif des années 70 ?? Dis moi ??  Sans rire, à l'écoute de mother sky, on a l'impression que tu as pris tous les tics inaudibles des années 70 ( soli de guitares à rallonge notamment, batteur balèze mais fatigué qui tient à le faire savoir), des musiciens sur le retour, que tu as enregistré ça dans ta cave en  prise directe et que tu t'es dit : moi je suis Genesis P-Orridge, je suis une légende et je vous emmerde.
Mais OUIIIIIIIIIIIIIIIIII, tu nous emmerdes. C'est pas peu rien de le dire.
Sa reprise de mother sky sent la naphtaline, la pose rebelle ridicule. Exit la folie, la dangerosité, l'urgence du morceau. Tout ce que Th' Faith Healer parvenait à concentrer sur 4 minutes d'une grande intensité, tout se trouve donc délayé, dilué, évaporé. Ne reste rien ou pas grand chose. Dans le meilleur des cas ça ressemble à du mauvais Rolling Stones. Dans le pire, à une pâle copie sans saveur.
Bon ok. Nous sommes le lendemain de Noël, c'est pas franchement christmas spirit là. Mais faut pas déconner non plus. C'est pas parce qu'on est une légende du rock underground qu'on se doit de faire n'importe quoi en toute impunité.
Regardez, moi. Je suis une légende du net, chaque semaine il sort une thèse sur mes écrits. Je suis un maître à penser pour nombre d'auditeurs avisés, de lecteurs fidèles, un guide spirituel. Est-ce une raison pour écrire n'importe quoi ?? Non.
En aucun cas je ne profite de mon statut d'idole. Chaque jour que je fais, je reste simple, modeste. J'évite à tout prix ce que mes amis appellent le syndrome GPO. Ca m'évite de péter plus haut que je n'ai le fondement. Grâce à cela je suis moi .
C'est ce que je fais de mieux.
                                

jeudi 1 décembre 2011

melon galia

Melon Galia ça vous dit quelque chose vous ? Ca vous cause ??? Dites moi : vous vous en souvenez de ce groupe vous ? Non parce que là avec une dizaine d'années de retard je découvre. Mieux vaut tard que jamais me direz-vous. Certes mais quand on a la prétention imbécile et illusoire de vouloir découvrir et faire découvrir des disques relativement pointus voir inaudibles parfois, on finit par passer à côté de choses simples. Melon Galia notamment.  Groupe bruxellois à la discographie éphémère (quatre années d'existence, 1998-2002, un seul disque à son actif, les embarras du quotidien) mais à la classe qui traverse la décennie sans problème. Déjà le groupe a tout pour lui : une pochette et un livret illustrés par les excellents Dupuy-Berberian, on peut dire que ça en jette. Et surtout, surtout, ce par quoi je suis arrivé au groupe, la présence du très précieux John Cunningham à la guitare sur trois morceaux, ainsi qu'à la production et celle non moins précieuse (du temps où Bright Eyes était encore fréquentable) de Connor OBerst. Avouez qu'un pédigrée comme celui-là a de quoi allécher n'importe quel être doté d'une paire d'esgourdes opérationnelles. Bon, si on met de côté les voix un peu ordinaires sans être pour autant désagréables, il reste une musique d'une légèreté incroyable. Une pop savamment orchestrée, avec présence non négligeable de saxos, clarinette, violon, trompette, etc....pour enrober, habiller l'album. Le parer d'une douce mélancolie, d'arrangements précieux rappelant à mes oreilles la classe d'un Richard Davies, d'un Peter Milton Walsh ou d'un.... John Cunningham. Par moment le mélange est curieux : les voix ne vont pas avec la musique. L'épaisseur d'un cheveu en est le plus parfait exemple : musique superbe, enlevée, et mélodie vocale à la cinquantième seconde puis au second refrain rappellant curieusement le vice et versa des Inconnus. Ailleurs, les lendemains qui chantent, c'est Katerine qui s'invite. Mais qu'importe. La musique se suffit amplement à elle-même, aérienne, légère, d'une accroche mélodique imparable.
Autant dire qu'en matière de pop/rock à la française, je ne suis pas certain d'avoir écouté l'équivalent des embarras du quotidien ces dix dernières années. Il a la même ambition qu'un Dominique A sans la pesanteur qui lui sied par ailleurs si bien. Un bien bel album qui mériterait vraiment d'être remis en lumière.

mardi 15 novembre 2011

puissance et gloire

Avant d'attaquer deux notes métalleuses et vous faire chier avec ce genre si décrié, je m'en vais vous faire une note dithyrambique sur un gars passé totalement inaperçu ces derniers temps. Encore une me direz-vous. En même temps, pour les notes vachardes, c'est la boutique d'à côté.
Qui ici connaît Bill Mallonee ? Alors ???? Personne ???On fait moins les malins hein ?!!
Quand j'y repense c'est assez curieux que j'en touche quelques mots parce que lui et moi sommes loin d'avoir des atomes crochus. Très loin même. Ex membre du groupe Vigilantes Of Love (groupe apparemment capable du meilleur comme du pire créé dans les années 90), il officie dans le country/rock/alternative (jusque là ça peut encore aller ) tendance christique. Il met donc toute sa foi dans la musique qu'il créé. Bref : Bill Mallonee fait du rock chrétien. Deux termes qui me semblent antinomiques. Disons que l'image que j'en ai est loin d'être propice aux fantasmes : de jeunes éphèbes bien peignés, désespérément propres sur eux, tirés à quatre épingles, enfourchant leur vélo, prêchant la bonne parole en faisant du porte à porte  et faisant chier leur monde avec leurs guitares acoustiques et leurs chansons de merde lors d'improbables réunions sur la plage. Un cliché certes mais qui a la vie dure chez moi.
Mais je m'égare. Revenons à Bill Mallonee et son nouvel album. The power & the glory.. J'ai lu ça et là que Bill Mallonee était un des secrets les mieux gardés des states. Une sorte de chaînon manquant entre Dylan, Neil Young et Springsteen. Pour tout dire, à l'écoute de the power, j'y rajouterais également le gallois Mike Scott. Auquel les intonations de la voix de Mallonee me fait penser tout du long. Sinon ça donne quoi au juste, ça sonne comment ? Ben c'est pas si simple que ça. Mallonee réussit avec the power... un album très middle of the road. Un pied dans la FM de merde, un autre dans la country/rock, un autre dans l'indie ( c'est fou ce qu'il a comme pieds ce gars). Une musique simple, carrée, efficace, très abordable. De prime abord si on n'y fait pas gaffe, écouté comme ça d'une oreille distraite, c'est agréable mais commun. Presque banal. Voir limite rock FM.Presque à gerber quoi. Mais comme Over The Rhine, autre groupe jouant dans cette catégorie, à la différence près qu'eux s'attaquent au jazz, à la variète, c'est bien plus subtil qu'on ne le croit. Parce qu'en effet, s'il officie dans une sorte de rock FM, ce gars a musicalement l'étoffe d'un Neil Young. Le Neil Young country accompagné de son Crazy Horse, celui des années 70, à la différence que l'électricité chez Mallonee est domptée, apaisée (the shakers & the movers, parfait exemple de ce que pourrait faire Young si l'inspiration était encore à ses côtés) et sert des mélodies limites imparables. On a l'impression sur certains titres qu'il a invité les membres du Crazy Horse à faire les solos : c'est concis, sans fioritures ni verbiages, l'exact dosage entre technique et accessibilité.
Bon alors, on l'a bien compris jusqu'ici : Bill Mallonee c'est aussi bon que Neil Young, ça rappelle Neil Young mais ça n'est pas Neil Young. Mais les deux autres alors, qu'est ce qu'ils viennent foutre là ? De Dylan il a le côté traînant sans avoir l'accent de canard égorgé reconnaissable entre tous, de Springsteen le côté immédiat, énergique, FM sans être putassier. The power & the glory c'est la réunion au sommet de ces trois entités sans temps mort, rien.  Les morceaux s'enchaînent,  sans qu'un seul ne soit  faiblard, on assisterait même à une montée de qualité au fur et à mesure que ceux-ci défilent. Bon il y a ce côté FM qui peut gêner au début de l'écoute mais il s'efface progressivement, il finit par être un détail, tant on est pris par la qualité des compos.
Alors il y aura bien des pisse-vinaigres pour dire que ouais Mallonee c'est du rock FM, c'est sympa mais c'est un peu limite non ? Ben non. C'est pas l'album du siècle mais clairement un disque à côté duquel il serait con de passer, comme les albums d'Over The Rhine. De la variété rock/FM de qualité c'est suffisamment rare pour qu'on s'y attarde malgré tout.

mardi 25 octobre 2011

nyx

Beach Boy avait déjà prévenu dans une de ses notes : le nouveau Mansfield.Tya vient de sortir.
Autant le dire : j'étais aussi  excité à l'idée d'écouter ce nyx que de m'enfiler un verre de viandox en guise de café au petit-déj'. Leur précédent effort malgré quelques morceaux remarquables  m'en touchait une sans faire bouger l'autre, déchiré que j'étais entre l'ennui, le ridicule et la beauté qui se dégageait de seules au bout de 23 secondes . Ne comprenant donc pas l'engouement de certains @mis pour ce groupe.C'est donc, fort logiquement, avec une certaine appréhension que je négociais l'écoute de Nyx, m'attendant à réprimer un bon paquet de bâillements tout du long.
Il faut au moins reconnaître une vertu à ce nyx, c'est d'être l'album le plus intrigant, déroutant même de cette année 2011 dans la catégorie chanson française. Déjà elles sortent un concept-album. Notion n'ayant plus court en 2011, qu'on aurait plus vu en cours dans les années 70. En gros le concept est le suivant : variations autour de nyx, déesse de la nuit liée au sommeil, au sarcasme, tromperie, discorde, vieillesse entre autre réjouissances. Les textes tournent donc autour de ces notions et donnent une tonalité très très sombre aux chansons. Comme tout concept-album, il faut une bonne part de prétention, une autre très bonne part d'expérimentations et une autre, plus grande encore, de talent pour faire de cet album un édifice cohérent. Le tout est de trouver le juste dosage. Vous vous en doutez, si j'en parle ici, c'est que le dosage est pas loin d'être parfait. Première évidence à l'écoute de nyx : par moment voir assez souvent, on dirait du Camille. Mauvais point me direz-vous ? Dans le cas présent non. Parce qu'être en groupe permet d'éviter le nombrilisme, les écueils dans lesquels tombe justement Camille (le côté regardez comme je maîtrise bien ma musique, que j'ai conscience de l'anormalité de celle-ci, je suis formidable non ?), tout en conservant les mêmes ambitions démesurées. An island in an island et au loin sont là pour témoigner qu'on peut faire du Camille et être excellent. Bon point donc.
Le cadre de l'album est très pop (une quinzaine de morceaux pour une petite trentaine de minutes) mais alors le contenant est essentiellement expérimental.Construit comme une pièce de théâtre avec une intro, deux parties et une conclusion ( lorgnant plus du côté de Lynch que de Feydeau ), nyx rappelle la grande époque de Saravah quand Higelin/Areski/Fontaine gravaient sur microsillons leurs délires musicaux. A la grande différence que leur délire ici n'est pas anarcho-surréaliste mais aurait tendance à être surréalistico-malsain (si tant est que ça veuille dire quelque chose). Lynch et son univers sont omniprésents (la notte, animal et ses vocaux malsains en introduction) celui de Claire Denis via trouble every day également et ce à travers la pop baroque et sombre des Tindersticks qui hantent toute la première partie. La seconde en revanche est beaucoup plus pop. Et française. Mais pas moins simple et bien plus barrée. Entre une relecture de Depeche Mode (cavaliers n'aurait pas dépareillé sur violator), une ambiance B.O sixties (logic coco), un hommage à Björk (des coups, des coeurs) et un titre que n'aurait pas renié Camille en plus barré, Mansfield Tya se permet, sur quatre morceaux dans un format de 2 mns chrono, de distendre la pop, la maltraiter pour mieux la sublimer (ok, j'envoie mon C.V aux inrocks, si jamais ils cherchent un remplaçant à Beauvallet, on sait jamais). Enfin vient Cerbère qui clôt nyx de façon quasi parfaite. Comme dans la mythologie, il empêche l'auditeur de s'échapper complétement de cet univers. Malsain au possible, stressant, il conclut l'album sur une note solennelle qui fait qu'on n'oublie pas de si tôt la demi-heure de folie qu'on vient de passer en compagnie de Mansfield Tya
Au final Nyx apparaît comme une entité malade, folle, créée par une sorte de Dr Frankenstein qui aurait troqué ses outils chirurgicaux pour des instruments et aurait appliqué à la lettre les préceptes enseignés par ces laborantins fous de Saravah dans les années 70. Un des disques français les plus marquants de l'année en tous les cas car le seul à vraiment allier prise de risque maximale, univers singulier et accessibilité. Pour tout vous dire, depuis que j'ai pressé play il y a deux jours, je n'ai pas réussi à écouter quoi que ce soit d'autre.Je sais qu'une fois ma note terminée je passerai à autre chose mais je reste persuadé que ça ne durera que deux ou trois jours avant que l'envie ne me reprenne de l'écouter.Et de replonger.

lundi 17 octobre 2011

Pré-retraité

Nostalgie quand tu nous tiens.
Comme moi tu as connu avec pas mal de bonheur les années 90. Tous ces groupes indies/lo-fi bruyants, ces morceaux de deux minutes montre en main, composés d'un accord voir deux quand l'inspiration était là, avec chanteur/euse braillard(e) de rigueur. Leur chef de file se nommait Lou Barlow, leurs modèles Sebadoh (évidemment), Eric's Trip, Blonde Redhead, Mc Lusky.. Tu te souviens ?
Si tu as les guiboles qui flageolent de bonheur à l'évocation de ces noms, sache que le nouvel album de Pre, le bien nommé third, tombe à point. Avec third tu seras de nouveau un jeune crétin acnéique sautant partout comme un cabri à l'écoute de morceaux complétement déjantés, courts et survitaminés. Tu te remémoreras cette époque bénie durant laquelle tu pouvais te dépenser sans en subir les conséquences le lendemain (pour les plus chanceux) voir l'heure qui suivait tes acrobaties. Une époque où tu te prenais pour Bubka lors de pogos endiablés, où tes oreilles pouvaient supporter une charge de décibels hors du commun sans avoir l'aéroport Charles De Gaulle en direct live dans ton pavillon auditif quelques secondes plus tard.
Pre te permettra de revivre tout ça. De ton canapé. La télécommande à la main pour baisser le volume quand ça devient trop insupportable. Pre te rappellera que ta jeunesse s'est foutu le camp un peu trop vite. Dead pony ou big dique te feront l'effet d'une madeleine, les onze autres morceaux également. Tu te rappelleras le moment où tu as découvert les Lightning Bolt ou encore Drive Like Jehu. Tu te diras : putain, Pre c'est ça : du Lightning Bolt revu par Jason Lowenstein de Sebadoh et chanté par Kazu de Blonde Redhead. Ca déboîterait tout une colonie d'ours ce truc.Ces anglais, ils ont une pêche d'enfer, c'est vingt minutes d'une intensité rare, pied au plancher, tendu comme une big dique priapique justement.
Mais non, ça n'arrivera pas. parce qu'en effet tu vieillis. Tu deviens un vieux con qui supporte de moins en moins le bruit. Et tu auras arrêté third dès le second morceau. Que veux-tu, c'est la vie. Tu as des enfants qui prendront le relais et écouteront third à tue-tête et tu leur demanderas : c'est quoi cette musique de merde ? Ca chante pas ça braille et y a pas de mélodies là-dedans. Putain je me souviens quand j'étais plus jeune....
et tout compte fait tu ne te souviens de rien. T'es juste un con de plus qui a oublié qu'un jour il a été jeune.
Nostalgie de merde.


mardi 4 octobre 2011

Psychic Ills

Aujourd'hui je vais me la jouer grosse feignasse. Note courte donc pour un album qui aurait probablement mérité que je déploie tout la gamme de superlatifs en son encontre mais, il y a toujours un mais, qui se heurte à  une très forte pilosité pauméale (ouais je sais ça y en a pas être français). Je n'userai donc que de latifs ordinaires pour le dernier Psychic Ills, hazed dream. Disque psyché discret et modeste sans un accord plus haut que l'autre, sans morceau épique d'au moins vingt minutes ni folie excessive. Un disque simple qu'on jurerait écrit par ces grosses feignasses de frères Reid après consommation excessive de psychotropes en tous genre. Indispensable ? Certainement pas (quoique, faut voir à l'usage) mais avec un arrière-goût de reviens-y fort prononcé qui pourrait faire toute la différence d'ici quelque temps. En sus la pochette est très classe.



samedi 24 septembre 2011

too many days without ears


Réhab comme faisait l'autre, l'anorexique cave à vin entrée dans la légende du club des 27 (à peu de chose près Mike Brant y entrait lui aussi. Mais je m'égare.). Dans les deux sens d'ailleurs : français comme anglais.

Français parce qu'après avoir découvert l'album il y a une bonne vingtaine d'années, je commence tout juste à vraiment l'apprécier. Non pas que je n'aimais pas le too many days without thinking de Swell, non. Enfin si. Il m'a seulement fallu une bonne vingtaine d'années pour digérer le choc reçu avec le 41, m'habituer au post 41. Je sais : je suis un peu long à la détente. Pour tout dire à la sortie de too many days je goûtais certains morceaux avec une délectation certaine mais n'arrivais pas appréhender la totalité de l'album. Je retrouvais ce que j'adorais de 41 sur what I always wanted ou encore sunshine everyday mais le reste ne me touchait pas. Au mieux cela m'effleurait un peu les conduits auditifs sans parvenir à faire sauter les verrous du bon goût bien installés dans ma boîte crânienne, au pire ça m'agaçait fortement. Je trouvais que la personnalité hors du commun de Swell se diluait complétement dans ces guitares un peu trop musclées à mon goût, la production trop commune limite banale pour un tel groupe. Avec too many days Swell je ne me rendais pas compte que Swell se libérait du son qui les caractérisait, cotonneux, mystérieux, s'ouvrait au monde sans compromission, sans se renier (ce que je viens de découvrir il y a un ou deux mois). A l'époque je le trouvais trop rentre-dedans, (I know) the trip était le genre de chanson à laquelle je n'accrochais pas : trop évidente, trop simple. Grosse batterie, grosses guitares, voix criarde. Pas assez subtile pour ma pomme, trop de gros sabots tuent le mystère. Voilà en gros ce que je reprochais à cet album. Avec le recul bien évidemment je me marre : je me rends compte que ce n'est pas Swell qui manquait de subtilité, bien au contraire. Il m'a fallu donc près de vingt piges pour l'appréhender, le comprendre et l'aide (involontaire) de ma femme qui l'a mis sur clé USB pour l'écouter en voiture. Je l'ai redécouvert dans ma bagnole avec un son limite pourri. Seul, le volume à fond, ça a fini par devenir évident : s'il est en effet moins bon, moins mystérieux que 41, il n'en reste pas moins un autre chef-d'oeuvre à mettre sur le compte de Swell. Ce qui me paraissait fade, limite vulgaire il y a vingt ans passe maintenant comme une lettre à la poste. La mélancolie de 41 fait place à une approche plus immédiate de la mélodie, une tension inédite chez eux également. What I always wanted est un parfait morceau de transition : tout en tension, sec, nerveux, sur l'os (too many days donc) mais miné par un mélancolie échappée du 41. Plage parfaite et un des meilleurs morceaux de Swell toutes périodes confondues. Sur too many days Swell ne s'encombre plus de l'aura mystérieuse entourant ses précédents albums. Le son y est plus brut, on y retrouve encore et toujours ces guitares acoustiques obsédantes mais les électriques finissent par leur voler la vedette en se faisant plus hargneuses, plus testostéronées (throw the wine, at lennie's, make you mine, (i know) the trip), la batterie plus sèche, frondeuse sans perdre pour autant son toucher subtile caractéristique au son de Swell. Avec le recul tout ce qui fait le charme, la beauté de Swell est toujours présent. Seulement contrairement à Swell, c'est l'auditeur, moi en l'occurence, qui n'ait pas su percevoir toutes les subtilités intrinsèques à cet excellent too many days without thinking. J'ajouterai également que pour mon cas Swell aurait très bien pu renommer son album par too many days without ears. Parce que vingt ans pour découvrir un album que je connaissais déjà fallait que je les ai sacrément ensablées tout de même u alors un taux de connerie sacrément élevé. Que voulez-vous, le temps ne fait rien à l'affaire comme disait l'autre
Enfin j'en viens au second sens, anglais donc, de rehab. En effet après l'avoir redécouvert, j'essaie tant bien que mal de m'en défaire. Je l'écoute plusieurs fois par semaine et il donne un goût surané, fade à toutes les nouveautés que je m'envoie dans le cornet en ce moment. Ma femme, inquiète au plus haut point, a bien essayé de me foutre en cure de désintox mais à chaque fois c'est le même refrain, chaque fois je lui réponds : non, non, non.

samedi 20 août 2011

rapeutioure

Le pédigrée a de quoi faire peur : retour sur une structure plus hype que hype ( DFA, sur laquelle ils étaient déjà mais on va pas chipoter hein) d'un groupe qui n'a plus donné aucune nouvelle depuis cinq ans. Les dernières nouvelles qu'on en avait eu étaient par ailleurs déplorables, un pieces of the people we love presque inaudible, inintéressant au possible. Alors autant l'avouer : le retour de The Rapture, je m'en tamponne un peu, voir beaucoup, le coquillard.
Pourquoi une note sur eux dans ce cas ??!! sois logique la Myrrhe.
Pour la simple raison que je voulais refaire une note pour ma main. Je préparais la kalashnikov, le lance-roquettes, le AK. Enfin bon tout l'attirail léger et subtil dont je sais faire preuve pour ce modeste blog. Je m'apprêtais à tout sortir et en chaussant le casque, appuyant sur play, je me rends compte d'une chose : ce groupe a du talent. Si, si. Je vous jure. Les premières plages d'in the grace of your love sont franchement pas mal. C'est pas spécialement subtil, c'est limite stade mais leur mélange post-punk/électro/techno/indie fonctionne plein pot. Sail away sonne comme du Rapture traditionnel, à peu près bien foutu sans être formidable mais surprend par son changement, en plein milieu de morceau, vers une sorte d'ambient-jazz expérimental complétement inattendu. Miss you s'oriente vers une sorte de soul/dance à la Gnarls Barkley sans trop d'intérêt. Blue bird ressemble à un croisement entre Primal Scream et TV On The Radio, pas mal foutu. Come back to me, meilleur morceau de l'album, fait intervenir un bandonéon sur une rythmique dance/techno, lui donnant une certaine profondeur qu'on ne soupçonnait pas d'eux. En revanche après un in the grace of your love à peu près potable, là ça se barre en sucette mais façon monumental. Tout glisse, tout est lisse. L'alchimie a fonctionné à peu près trois-quatre morceaux. Le reste d'in the grace of your love est aussi intéressant, aussi impromptu que de manger des pâtes beurre/gruyère dans un restau italien, d'une banalité à chialer. The Rapture fait du Rapture en aussi chiant que sur les autres albums, essaie d'élargir son spectre en essayant de faire du LCD Sound System et parvient à être aussi pénible que les derniers albums du groupe de James Murphy. Pas un mince exploit tout de même.
Voilà en gros ce que je me suis dit à la première écoute du nouveau Rapture.
La seconde fut plus sélective. Je ne suis pas allé au bout. Pas fou non plus. J'ai même fini par virer deux autres morceaux, réduisant l'album à un EP puis le EP à un 45 tours. Format qui, avec le recul, convient parfaitement à The Rapture.
S'ils ont du talent, j'ai bien dit s'ils en ont, contrairement à ce que je racontais plus haut,  va falloir leur dire d'arrêter de le distribuer avec parcimonie parce que là ça fait un peu rat. Qu'ils n'hésitent pas à l'étaler au grand jour, à la face du monde, sinon on finira par croire que ce groupe a été monté de toute pièce pour faire plaisir à quelques critiques hypes en mal de sensations.
Une dernière chose : si je ne l'ai pas mis dans ma main c'est pour une raison : je viens d'écouter un album à côté duquel in the grace of your love c'est du Nick Drake. C'est dire. Je crois tenir là un beau spécimen.

vendredi 19 août 2011

time bomb (désolé)

1981, bureau de la Factory :
-Mr Wilson, bonjour. Je viens vous présenter mon album, vu le genre de disque que vous sortez je pense que mon projet pourrait vous intéresser.
-Mouais, déjà vous êtes qui et faites quoi ?
- Johnson, monsieur, Matt Johnson et j'ai fait un album...
Il prend le projet, regarde la pochette et, l'air dubitatif, demande : 
-Euhhh ne me dites pas que Le Le c'est votre nom de groupe ???!!!
-Ben........si........pourquoi ?
il appelle son assistant, vire Matt Johnson.
-Bon Martin, tu me le fous à la queue Le Le, pas besoin de ça chez nous.

1987,bureau de 4AD :
-Bon écoute Matt, t'es sympa, on t'aime bien mais on a déjà eu affaire à toi il y a quelques années. Donc je vais la faire brève : va voir ailleurs. C'est quoi ton projet ??? mind bomb ??? tu te fous de ma gueule ??? Tu connais le groupe français de merde qui a splitté il y a pas longtemps ? Téléphone ?!!!. Eux ont fait plus fort que toi, ils ont sorti la bombe humaine, humand bomb si tu préfères. Alors ton mind bomb euhh....Sinon t'as toujours gardé ton nom de merde ??? La La ???
-oui. Ca vous direz pas d'écouter au moins la maquette ???
-euhhh........ oui mais non.

Décembre 1987, bureau de Creation records (petite structure amenée à faire du bruit d'ici peu.) :
-Mouiiiiiiiiiiiiiiiii vois-tu Matt, je kiffe tout à fait ton album là. Musicalement, il cartonne. Excellente ambiance, on voit bien où tu veux en venir. En revanche niveau parole, là...ça pêche. Franchement, va falloir que t'arrêtes la colle mon ami. Tes histoires de religion, ça va bien deux-trois minutes mais là vingt minutes là-dessus c'est pas dieu possible, si je puis me permettre. Ton hezbollah, ton islam, tes histoires de guerres religieuses, ça fait des siècles que ça dure mon pauvre vieux, d'après ce que tu as l'air de décrire l'apocalypse est pour demain. Réveille toi mon vieux, l'humanité est pas aussi con que tu veux bien le croire. Bon je te le concède, il y a de l'humour. Ton histoire du retour de Jesus m'a bien fait marrer, c'est clair. Mais arrête. Et puis je sais bien que les artistes ont la plupart du temps le melon, mais là avec le reste de tes textes tu frises la pastèque sous anabolisants. Putain Matt, il n'y a pas que toi dans la vie, tu n'es pas le centre du monde, tu n'es pas dieu. Redescend, tu es seulement Matt Johnson. Si tu veux que je publie ton disque, va falloir changer les textes, j'ai pas envie qu'on se foute de ma gueule là. Tu comprends ? Sinon c'est quoi ton nom de groupe de merde là ?? Les Les, ça veut rien dire ça.
-Bon... ok, j'me casse. Allez vous faire foutre.

Janvier 1988, bureau de Some Bizarre :
-Autant que je vous le dise tout de suite avant qu'on aille plus loin : mon groupe s'appelle The The et je vous emmerde. Mon album s'intitule  mind bomb, j'ai des textes puants de prétention, une vision du monde plus noir que dedans l'anus de Reagan et une musique au diapason. Ok ?
-Mais calmez vous Mr Johnson. Vous avez vu le nom du label ? Some Bizarre. J'ai écouté votre maquette et je trouve cela formidable. Avec qui voulez-vous enregistrer ?? On vous donne carte blanche.
-vous vous foutez de moi ????
-non pas du tout, nous ici nous ne soutenons que les cas désespérés. Les hypertrophiés du moi talentueux et autres artistes complétement dégénérés, nous les accueillons à bras ouverts.
-Ok alors je veux Johnny Marr des Smiths et.............. Mark Felhman de Talk Talk.
-Accordé.

2011 :
22 ans plus tard, un crétin patenté  écrit une note sur mind bomb de The The. Ce même crétin ajoute également que mind bomb fait parti de son panthéon années 80, même au -delà et de ses centaines de disques dont il ne voudrait pas séparer . Il l'écoute avec la régularité d'un coucou suisse en s'esclaffant à chaque fois : bon dieu que c'est bon. Il est complétement barré le Johnson mais d'une lucidité effrayante. Et ses arrangements n'ont pas pris une ride en 22 ans. C'est bien simple, mind bomb est d'une modernité à faire pâlir de jalousie tous les Radiohead de la terre qui essaient en vain d'avoir quelque temps d'avance. Plus il l'écoute et plus ça lui saute à la gueule : ce The The se bonifie avec le temps. Une putain de bombe à retardement avec au moins deux décennies d'avance sur son temps. En même temps quand on se paye Johnny Marr des Smiths et Felhman de Talk Talk ou encore Sinnead O'Connor, on ne peut qu'accoucher d'un monument. Fut-il long à appréhender.

dimanche 14 août 2011

la saloperie du dimanche

la saloperie du dimanche sera Ro-man-tique ou ne sera pas. Après une brève escale à St Malo, à rencontrer des gens moins que formidables, à subir les décibels sauvages de groupes aux noms imprononçables à la musique tordue, comment ne pas vouloir devenir un être uniquement motivé par l'Amour ???
Son plus fier représentant, son plus preux chevalier se nomme Frédéric François : toute son oeuvre n'est qu'AMOUR. Mais attention pas l'amour sale, celui pratiqué par ces êtres lubriques, dévoyés, non, l'Amour de Frédéric se doit d'être Spi-ri-tuel. Par conséquent pour accompagner l'amour dans sa philosophie la plus profonde, comment ne pas t'aimer mon amour se devait d'avoir un film à la hauteur. C'est maintenant chose faite. Louée soit Baila Chiquita qui, grâce à un photo-montage de toute beauté, a atteint, touché du doigt le sublime, l'essentiel, le magnifique. Le beau quoi.
Je vous aime.

mardi 26 juillet 2011

les drogues c'est bon.

Youhouuuuuuuu !!!!!
Putain.
Enfin un album que je kiffe en grand en ce moment.
J'ai cru que ça reviendrait jamais.
Du rock indé US simple, accrocheur, efficace. Des mélodies à foison, une prod' qui emporte tout sur son passage, une sorte d'Oasis sans le côté arrogant/con/poseur/donneur de leçon des frangins Gallagher couplé à  la modestie de Yo La Tengo, l'ambition du U2 des années 80 sans le côté précheur de merde de Bono.Vous allez me dire que ça peut pas exister un truc pareil. Dans ce cas, jetez une oreille sur Slave Ambient,  le dernier album de The War On Drugs. Y a rien de vraiment nouveau là-dedans, ça se permet de mixer trente ans de rock indé US et de pop anglaise (parfois j'ai l'impression d'entendre des nouveaux Waterboys période this is the sea gonflés aux hormones qui auraient écouté du Springsteen, Dylan en boucle ou alors le shoot speed/kill light de Primal Scream sur original slave) mais le résultat est d'une telle évidence, les mélodies accrochent les oreilles de façon si simple et laissent leur empreinte de façon si durable que ça en devient une sorte de miel dont on a du mal à se défaire.
Est-ce que ça dépassera l'été pour se hisser en tête des podiums d'ici la fin de l'année, j'en sais pour l'instant foutre rien. Tout ce que je sais c'est que War On Drugs sort le disque indie dont j'avais besoin en ce moment. Quelque chose d'ambitieux ( il est clair que ce sera le carton assuré quand il sortira en septembre : c'est aussi gros que du U2 années 80  ou 2000 avec la copie canadienne Arcade Fire), de simple, d'immédiat tout en tentant des trucs limite expérimentaux et ce avec un son énorme (come to the city = Dylan + U2 produit par Spector.).
Bon c'est clair, ça change de ce que j'écoute habituellement : c'est pas du métal, de l'expérimental c'est pas obscur, mais parfois le cerveau (du moins le mien) a besoin de s'aérer, d'écouter des choses simples, de revenir aux fondamentaux, à des trucs qui te feront bouger la tête comme un clébard à l'arrière d'une R12 gordini avec le sourire aux lèvres en te mettant sur off au niveau réflexion. C'est pas grand chose mais quand c'est réussi, comme cet excellent slave ambient, ça fait un bien fou. Et rien que ça c'est déjà beaucoup.


Autant dire que je ne suis pas le seul à avoir craqué dessus, l'@mi beach boy semble en avoir la même opinion que moi. S'il le dit lui aussi c'est que ça doit pas être mauvais.

mercredi 18 mai 2011

Kosten que deviens-tu ?

Comment concilier sa passion pour l'électro barrée, le jazz, le rock, la musique expérimentale, les B.O, Talk Talk, le classique sans se barrer dans tous les sens ?? Dure équation à laquelle a du se résoudre à répondre David Kosten quand il a créé son groupe Faultline.
Ben ouais, souvenez-vous : en 1999, sortait de nulle part closer colder. Album électro-expérimental d'un musicien doué à l'appétit gargantuesque. Le mec capable de tout ingurgiter et de le recracher de façon cohérente sur un disque barré. Le mec aime la drum & bass ? pas grave, il en fait un morceau. Il aime aussi  la trompette, le jazz de Miles Davis? Il en fait aussi un morceau. Et plutôt que de se faire chier à faire deux morceaux distincts, il réunit les deux, imbrique dans ce même morceau son amour pour Talk Talk  et pond un mute d'une beauté à chialer. Le genre de titre qu'aurait surement fait Davis s'il était intéressé à l'électro, ou derrière lequel court Matt Elliott depuis qu'il a créé son Third Eye Foundation. Un truc tendu, crépusculaire, immédiat. Magnifique.
Pour Talk Talk,c'est plus simple, il s'administre les services de Mark Feltham et le tour est joué, l'influence digérée. Pour le reste en revanche, Kosten ne fait aucun choix. Et c'est tant mieux. Tout y passe :  le classique, qui déboule sans crier gare en plein milieu d'un morceau électro-rock tendu à l'extrême, ou alors en tant qu'ambient, placé au début d'un papercut furieux. L'expérimental, stressant au possible, sur un tiny consumer qui n'en finit pas de commencer, bourré de ruptures. Les B.O et son amour pour les ambiances des films de Lynch sur un closer colder anxiogène, utilisant la voix de Dennis Hopper dans blue velvet.
Bon je dis pas que tout est réussi dans cet album, control notamment, long et un peu pénible ou encore salt, mais Kosten avec closer colder démontrait qu'il avait des idées à revendre, qu'il savait les agencer de façon à passionner, qu'il pouvait concilier tension et création en électro.
La suite donnée à ce très bon closer colder en revanche fut une putain de douche froide. Kosten, à la recherche d'un succès, a tenté une approche pop de son électro et s'est lamentablement vautré avec un your love means everything que beaucoup de critiques ont essayé de nous vendre comme étant la plus belle vessie lanterne sortie en 2002.Un truc mou du genou, chiant comme c'est pas permis, lisse, sans vie, propre sur lui, sans prise de risque aucune. Toujours est-il que depuis neuf ans et le naufrage qu'est your love,  on est sans véritables nouvelles de Kosten, on sait qu'il fait le producteur pour Bat For Lashes ou Joseph Arthur. Mais de là à ce qu'il se remette un jour à composer...

lundi 9 mai 2011

22 coccinnelles

Oh putain, c'est pas que je commence à en avoir marre mais là va falloir que je mette mon blog en sommeil si ça continue ainsi. Non pas que je me sente plus inspiré ou quoi que ce soit d'autre, non, pas du tout. Mais chaque disque que j'écoute en ce moment mérite une note sur mon autre blog, celui absolument magnifique écrit en commun avec l'ami esther : ma main dans ton disque.
Sans rire, ça en devient un peu pénible. Chaque nouveauté de groupes que j'appréciais il y a une dizaine d'années voir plus mérite de se faire démonter dans toutes les largeurs. Dernier exemple en date : le lime green delorean de 22-Pistepirkko. 

Petit rappel historique : il y a une bonne vingtaine d'années, débarquait un groupe au nom aussi imprononçable et improbable que sa musique : forte personnalité, racines puisées dans le blues, la pop, le folk, une voix identifiable entre mille.Les 22-Pistepirkko entraient de pied ferme dans le microcosme de la musique indé et envoyaient chier tous les pseudos groupes bluesopopofolk des années 80/90. En deux albums, bare bone nest et surtout big lupu les 22 imposaient un univers barré, complétement à part, très déviant dans le sens où ils s'accaparaient les codes de la pop musique , du blues, les passaient au freezer et les recrachaient à la sauce finlandaise. Le résultat, déroutant, était souvent brillant : birdy, bubblegum couple, frankenstein, swamp blues sont de beaux témoignages de cette époque dorée.
Après, le succès aidant, leur  son s'est peu à peu normalisé jusqu'à devenir inintéressant voir caricatural. Il y a bien eu un sursaut (l'album eleven, très bon ) mais chaque nouvel album montre un groupe dont l'inspiration s'effiloche, tombant dans une certaine routine. Le dernier, lime green delorean, ne déroge pas à la règle et s'enfonce même dans les abîmes de l'ennui. Pourtant ils ont bien essayé de diversifier leurs activités : faire un peu d'électro,d'ambient, normaliser leur pop, étirer les morceaux, changer leur structure mais rien n'y fait, on s'emmerde façon Kate & William. C'est du pop/rock tout ce qu'il y a de plus banal, sans une once de personnalité. Le premier morceau donne un peu le change mais dès le second (que vient foutre Moby là-dedans par ailleurs ?) on commence à s'y emmerder ferme.UFO girl enfonce le clou et confirme l'impression laissée par dream 1987 : on nage en pleine facilité. La preuve ? il suffit d'écouter la structure de  UFO girl, refrain chuchoté au creux de l'oreille par Cali ou U2, pont électronase sorti de la BO d'E-tron et fin ufologique faisant quelque peu pitié.Leurs tentatives de rock ou de blues sont à peu près du même niveau et ressemblent à l'idée que je me fais du rock ou de blues à papa. Un truc à la Status Quo donnant envie de vomir petit-déj, déj et dîner de la veille et de l'avant-veille. Un truc qui va puiser tellement loin que tu finis retourné comme une vieille chaussette puante laissée à l'abandon depuis quelques mois.

Ce qui est triste là-dedans c'est de voir, comme je le disais plus haut,  la déchéance album après album d'un groupe ayant tutoyé l'excellence dans sa prime jeunesse. De se dire que la vieillesse est un naufrage et qu'on est tous embarqué dans la même galère. Quand on écoute lime green delorean on en vient à se demander si le groupe vieillit vraiment mal ou si on se fait vieux et con au point de ne plus savoir trier le bon grain de l'ivraie, de ne plus apprécier les choses simpl(ist)es ?
Oh putain je sens que je vais finir par me taper une dépression si je continue à écouter ça ou alors faire une analyse de trente ans pour comprendre ce qui a changé en moi à travers la discographie de 22-Pistepirkko et finir de toute façon sous antidépresseur.