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jeudi 24 avril 2014

Omi Palone

Nous sommes le 24 avril en Mayenne.
Il pleut, comme toujours, depuis la nuit des temps.
Le soleil est un astre mort, la pluie se doit de faire partie intégrante des conditions de vie de cette région. Bref, c'est un temps soit  à sortir les cordes et réviser sa méthode du noeud coulant dans le Mayennais profond, soit à abuser des anti-dépresseurs.
Pourtant, moi, Dr Myrrhman, malgré ces conditions extrêmes, je vais vous apporter la joie, la grâce, l'envie de sautiller partout, de retrouver votre jeunesse, de désarthritiser  vos articulations.
Comment pourrais-je accomplir un tel miracle vous demanderez-vous ?
Simple vous répondrai-je.
Suffit de vous prescrire en perfusion/infusion/diffusion, enfin ce que vous voulez,  l'écoute du premier album d'Omi Palone.
Omi Palone est un jeune quatuor angliche dont la prétention est justement de ne pas en avoir et de pratiquer une jangle pop/rock absolument pas originale mais d'une putain d'efficacité.
Diantre, quel programme de merde nous proposez-vous là Dr Myrrhman. Pour quelles raisons voudrions-nous nous fader un énième groupe pop/rock anglais quand on a probablement plus original et meilleur ailleurs ?
Réponse simplissime : parce qu'ils vont puiser leur inspiration non pas chez les buveurs de thé façon Smith et consorts mais plutôt chez les Kiwis via Flying Nun.
Ah ah !!!....on fait moins les malins là.
Les 25 mns que constituent leur premier album est un rafraîchissement tel qu'il illumine votre journée et au-delà. C'est le soleil néo-zélandais qui rentre chez vous, irradie votre humeur et terrasse la grisaille Mayennaise. Leurs pop songs ne s'encombrent pas de superflu, elles sont courtes, simples,directes, prennent leur source via le Velvet Underground, les Feelies, Yo La Tengo, les Bats et surtout vous laissent un arrière-goût de reviens-y fort prononcé. Parfois, au détour de shallow divide, vous vous surprenez à faire le pois sauteur, un sourire béat vous barrant la face, un truc qui ne vous était pas arrivé depuis..............ouhh au moins  la disparition brutale du soleil en Mayenne. Parfois même vous restez pantois devant l'enchaînement de malade follow your visions/-, ou comment passer d'un morceau un peu noise façon Boo Radleys ( Omi Palone sont anglais hein, faut bien que ça ressorte parfois) à un morceau instrumental limite krautrock revu façon Yo la Tengo.
Toujours est-il qu'après huit chansons et vingt cinq minutes d'Omi Palone, quel que soit le moment où vous l'écoutez, votre journée semblera démarrer sous les meilleures auspices. La pluie ne sera plus qu'un mauvais souvenir, tellement le bonheur irradiera de votre personne. Vous deviendrez un homme différent, prêt à affronter la crise économique, le chômage, bref la société de consumation, et même l'absence cruelle de soleil en Mayenne.
Vous ne me croyez point ??? essayez les liens ci-dessous. Vous verrez, c'est court mais d'une efficacité redoutable au point même d'en devenir addictif. D'ailleurs, si vous avez besoin d'une cure de désintoxication...je vous proposerai un bien un stage en Mayenne.
Bandcamp ici


mardi 18 octobre 2011

j'aime pas la pop : chapter 2

Chère Nouvelle-Zélande,
je me permets aujourd'hui de prendre le clavier afin de te dire à quel point je te hais.
Tu es belle, tu es forte, intelligente, toussa toussa quoi. En rugby, parlons en un peu, tu vas nous atomiser/laminer/exploser avec une classe folle dimanche prochain lors d'une finale à sens unique.
En musique, n'en parlons pas. Enfin si. Tu te permets rapprochements inimaginables. Vois-tu, en France quand on parle reggae ou soul par exemple, on pense indubitablement à nos fiers représentants hexagonaux à savoir : pour le reggae PierPolJack et pour la soul Ben l'oncle soul. Soit l'idée que je me fais du cauchemar musical. Toi, non. On te dit reggae, soul que fais-tu ? tu nous balances à la face un groupe qui réunit les deux avec un talent dingue. Tu nous présentes, pas peu fière, Fat Freddy's Drop. Salope va.
Et que dire en matière de pop. Territoire déserté en France, chez toi ça fourmille de toutes parts. Et même quand tes vieux groupes pop sortent de nouveaux albums, ça suinte la classe par tous les pores. Chez nous, en France, la vieillesse est synonyme de naufrage. Chez toi de seconde jeunesse. La preuve avec l'excellent free all the monsters des Bats. Groupe d'environ trente ans d'âge qui a l'air de se bonifier à chaque nouvel album. Pourtant, dès 1991, ils ont placé la barre très très haut avec un fear of god proche du génial. Il y a trois ans leur guilty office les remettait au premier plan avec un album pop impeccable. Cette année ils se sont décidés à nouveau à passer la vitesse supérieure.Leur free all the monsters c'est Yo La Tengo reprenant les Go-Betweens. Ni plus ni moins. Je m'extasiais, comme un gros con que je suis, sur le nouvel album de Real Estate il y a quelques jours mais là c'est une autre dimension dans la pop. Dès les premiers accords de long halls ça monte. Haut. Très haut. Et on sait pertinemment que ça ne redescendra pas. Parce qu'un album commençant de cette façon ne peut décevoir, ne peut que tutoyer les sommets en permanence. The Bats fait dans la légèreté, la grâce, la simplicité. Son fond de commerce c'est la pop de haute volée. Que voulez-vous, c'est innée chez  Robert Scott, le leader de The Bats. Ciseler des pop songs dans la dentelle sans un gramme de graisse c'est son quotidien à lui. Même quand il essaie de durcir le ton, il ne peut effacer la grâce qui émane de son talent. Grant Mc Lennan et Robert Foster sont ses ombres tutélaires (dont il s'est affranchi depuis qu'ils ne sont plus), Yo La Tengo ses frères de coeur.
C'est bien simple, c'en est écoeurant.
Tu sais quoi chère Nouvelle-Zélande ? Je me dis que c'est pas possible d'avoir autant de talents au mètre carré. C'est pas humain. Pour toutes ces raisons et d'autres encore, je te hais. Tout simplement. Sombre connasse.