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mardi 20 décembre 2011

chienne de vie

C'est moche le temps hein. Un jour vous sortez un premier album merveilleux avec votre groupe. Vous êtes bardés de références, prêts à bouffer le monde, on vous déroule le tapis rouge. On vous trouve également un groupe à qui vous opposer, qui a sorti dans l'entre fait un album honorable mais pas du même niveau. C'est  de bonne guerre, Beatles/Stones, Blur/Oasis, nombreux sont les exemples dans la musique anglaise.Vous vous la pétez et vous avez de quoi. Vous avez même une grande gueule, vous êtes intransigeant, Mark E Smith fait figure de Michel Drucker face à vous. Il y a vingt ans, tout vous souriait.
2011 : vous sortez un album sous votre véritable patronyme, un de plus.
Mais plus grand monde en a quelque chose à foutre. Vous êtes devenus un anonyme comme tant d'autres. Une gloire passée.
Pourtant vous avez sorti cette année un album plus qu'honorable. Gorgé de guitares acoustiques, de mélodies à foison, un concept-album humble, intelligent. Parfois un peu abscons, expérimental même mais toujours charmant, qui aurait du trouver un écho un peu partout, vous remettre en selle. Pas de bol pour vous, cette année, dans la catégorie anglais(e) irascible, c'est PJ Harvey qui rafle la mise. Vous laissant encore une fois sur la touche. Vous ferez parti, comme tant d'autres, des oubliés de 2011, au profit d'albums dont on ne se souviendra plus dans trois mois (WUF qui déjà ?). On reparlera de vous dans une bonne dizaine d'années comme on évoque avec une pointe de nostalgie, les yeux embrumés, le destin des Sneetches, d'It's Immaterial, de tous ces groupes ayant connu, l'espace d'un court instant, la magie de la gloire.
Voyez-vous, cher Luke Haines, malgré ce bel effort qu'est 9 1/2 psychedelic meditations On British Wrestling Of The 1970's and early's 80, relativement sobre, dans la lignée de ce que vous faites le mieux, une pop classe et relativement épurée, je crois que ce ne sera pas cette année que la gloire reviendra vous visiter. Cette pute est venue en 1993 mais n'a plus donné de nouvelles depuis. Manquerait plus que votre muse, parfois défaillante (21st century man notamment) ne vous lâche complétement. Et là je crois qu'on vous aura perdu une bonne fois pour toutes. La seule chose qu'il manquerait pour finir en beauté ce tableau total loser serait une mort stupide, genre marcher sur ses lacets près d'une autoroute en voulant cueillir des champignons puis se faire écraser. Je sais, c'est con. Mais la vie est ainsi faite.

samedi 2 avril 2011

La danette c'est bon

Salut Danette,
T'es sympa mais va falloir qu'on te fasse écouter l'album play blessure de Bashung et particulièrement le premier titre : c'est comment qu'on freine. Non pas que je voudrais que tu arrêtes, loin de là, mais ça devient de plus en plus difficile de te suivre. A raison d'un album chaque mois ou presque et ce dans tous les formats possibles et imaginables (K7, vinyle, cd, PQ,78 tours, cire, mp3, tradition orale de troubadour en troubadour et j'en passe), j'avoue me perdre dans ta discographie. Vois-tu, nous sommes en avril 2011 et tu as déjà sorti deux albums. Que je n'ai pas encore écouté. Enfin presque, sinon je ne referais pas une note sur toi. Disons que j'ai écouté ta cassette, king of sheep, et que ton garage rock cradingue sous haute influence Barrettienne m'a quelque peu troué le fondement. Encore une fois me diras-tu. Certes mais là c'est presque meilleur que d'habitude (ton quotidien musical est déjà excellent, rappelons le). Sur la première face de ta cassette, chaque genre abordé fait mouche. Que ce soit le rock déglinguo-cradingue (king of sheep), le folk sous acides (they made you grey), le rock disons plus "classique" (dans le sens melchiorien du terme serais-je tenté d'ajouter : celui qu'on retrouve sur ses précédents albums, qui fonde sa particularité, son moi profond -non je déconne-) ou celui électro-acoustique façon Stones (it'll only hurt...), le rock complétement cramé ( watch me crawl, c'est celaaaaaaa oui) et même le psychédélisme/blues limite ambient sur la seconde face.Tout dans king of sheep est brillant. Enfin, je reformulerai ça différemment : le fond est brillant mais la forme est absolument dégueulasse.C'est d'un  cradingue pas possible quant à la  production : ça dégueule de partout, ça crisse, ça chuinte, suinte, c'est mal élevé, ça fait des doigts d'honneur mais avec une classe, un talent, qui humilient Jack White et ses groupes de merde et même Jon Spencer du temps de sa splendeur. Melchior au travers de ses albums, et notamment celui-là, réinterprète voir incarne une certaine idée du blues, comment il a pu évoluer ou évoluera. Le seul équivalent que je lui  connaisse, dans ce style crade et barré et dans une moindre mesure, c'est le lost light d'Old Time Relijun (que je conseille vivement soit dit en passant). Alors si vous souhaitez avoir un état des lieux du blues ou du rock en 2011, ne cherchez pas auprès des White Stripes et autres suiveurs de merde, jetez une oreille (voir deux) sur la discographie gargantuesque de Dan Melchior. Il y a à boire et à manger certes mais on y décèle une finesse sur  certains plats qui donnent envie d'y retourner encore et encore. King of sheep fait parti de ces très bons crus, n'hésitez pas à vous jeter dessus.
Par contre Danette, si tu voulais bien baisser un peu le régime des sorties ça m'arrangerait fortement. Merci.
PS : Dernière requête de ma part : si tu pouvais augmenter le tirage de tes disques, ça serait ma foi fort diligent. Parce que là, 100 cassettes à travers le monde, j'avoue que ça fait un peu rat quand même.