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samedi 3 novembre 2012

Jessica Pratt :

- Bonjour, j'aimerais une baffe dans ma face s'il vous plaît.
- Bien sur mon bon, j'ai ça en magasin si vous voulez.
- Certes mais je la voudrais pure, épurée, sans un pet de graisse.
- Ah ben ça tombe bien j'ai exactement ce qu'il vous faut. Un premier album qui devrait buzzer sa race dans les jours à venir. Un disque enregistré dans la cuisine, sur le magnétophone de grand-mère. Rappelez-vous, celui qui captait tous les sons surtout les plus incongrus, du pet du chat au miaulement du frigo, quand on appuyait de concert sur play et enregistrer. Mais je m'égare.
Donc vous vouliez du pur, du proche de l'os c'est bien ça ??? Pour ce faire j'ai le premier album de Jessica Pratt. Une voix, une guitare, aucun overdub ( le souffle se permet même d'être présent sur mountain'r lower, entre autre). La légende veut que Tim Presley des excellents White Fence soit tombé raide dingue de Jessica et lui ait créé un label, birth records, rien que pour sortir son album. Ce label sort donc, en vinyle exclusivement, le premier album éponyme de Jessica Pratt. Alors, légende créée pour faire le buzz ou véritable conte de fées ? on s'en fout, le résultat est là : meilleur album folk de l'année, haut la main. Certains vous parleront de Stevie Nicks (dont je ne connais pas ou peu la carrière hors Fleetwood Mac), d'autres de Sibylle Baier (là j'avoue qu'il y a pas mal de similitudes), je rajouterais pour ma part quelques touches de Karen Dalton ou encore, plus proche de nous, Mirel Wagner sans la part d'ombre. Vous me direz, des albums folk limite neurasthéniques on en trouve à la pelle. De Lonesome Sisters à Marissa Nadler, ce ne sont pas les exemples qui manquent. Certes. Mais il se dégage de ce premier album une intemporalité confinant au remarquable. La faute probablement à la voix exceptionnelle de Jessica Pratt. Une voix jouant sur toutes les émotions, hors d'âge, enfantine par moment ( half twain the jesse), ayant fricoté avec le gratin folk écorché des années 60 (de Karen Dalton à Linda Perhacs), semblant revenue de tout la plupart du temps. Par moment une voix sure d'elle, s'affirmant malgré quelques trémolos ( midnight wheels), parfois d'une fragilité touchante (casper), sans fards, nue,qui s'offre sans rien demander d'autre que de l'écoute.
Sauf qu'elle n'a pas à demander l'écoute.
Dès qu'elle articule un son, une note, le silence s'impose de lui-même. Il émane de son chant une spiritualité peu commune, une intemporalité folle comme si Billie Holiday ainsi que d'autres écorchées vives s'étaient incarnées en elles tout au long des décennies passées pour parvenir à un résultat confondant de beauté. Car la pépite que vient de sortir Jessica aurait très bien pu voir le jour il y a une cinquantaine d'années, aux côtés de Bridget St John, d'une Vashti Bunyan, d'une Linda Perhacs ou plus près de nous d'une Gillian Welch voir d'une Beth Gibbons & Rustin' Man. C'est une pépite brute dont il s'agit, enregistrée au plus près de l'âme, sans artifices. Une voix, magnifique donc, et une musique d'un dépouillement rare. Pas de démonstration, aucune virtuosité technique, juste des arpèges placés au bon endroit, des notes sonnant juste, enregistrées, enfin captées, volées oserai-je dire quasi à l'insu de sa créatrice par un producteur qui a su faire la seule chose qu'il était sensé faire à ce moment là  : s'effacer.
Pour laisser non pas la noirceur mais la beauté irradier ce disque lumineux, intemporel, je le répète.

- Ouh la, mais le programme paraît fort alléchant, mon bon monsieur.
- Il est en effet rare de tomber sur de telles pépites. La première écoute vous subjugue, la seconde vous rend accro et enfin à la troisième vous avez l'impression d'avoir toujours vécu avec ce disque. Vous finissez même par  vous demander comment vous avez pu vivre sans jusque là.
Alors vous vouliez de la baffe dans votre face, là je viens de vous présenter ni plus ni moins un des uppercuts de l'année. Si vous aimez avoir mal, l'écoute de ce Jessica Pratt va être un véritable délice. Faites moi confiance.

jeudi 26 juillet 2012

Saskia : dreamer

PPfffffiouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu fait chaud hein ???!!
besoin d'un rafraîchissement ? J'ai en stock, rien que pour vous, un bon folk glaçant comme on en fait plus depuis Nico.
 Enfin, Nico c'est tout de même un peu exagéré mais pas depuis Cat Power et son excellent you are free (bientôt 10 ans tout de même). Le rafraîchissement en question se nomme Saskia et outre la voix, l'univers, elle a en commun avec Chan Marshall d'être produite par Jim White de Dirty Three. La jeune femme vient de Melbourne, Australie et pratique un folk/slowcore à deux de tension les jours de grandes frayeurs.
Ok, on a déjà écouté ça des milliers de fois mais là on joue dans la catégorie des élites. Les Hope Sandoval, Chan Marshall, Cinthya Dall entre autres... Une voix, une guitare, un brin de talent et hop la magie opère de nouveau même s'il n'y a rien de bien neuf là dedans.
En revanche quand elle vire la guitare pour le piano, on entre dans une autre catégorie. Le folk devient expérimental, l'atmosphère étrange. Lynch et son cortège de bizarreries s'invite à la table et y fout un boxon inattendu, let your dreams aurait très bien pu servir de chanson dans le cabaret silencio de Mullholand Drive au moment où tout bascule. Pas étonnant également qu'elle compte dans ses fans Tim Burton tant l'atmosphère gothique se dégageant de certains morceaux pourraient de même être inclus dans ses B.O.
Dreamer, album évoqué ci-dessus, est sorti en décembre 2010. Vous pourrez le télécharger gratuitement sur son bandcamp en excellente qualité (320 kbps) ainsi que toute sa discographie. Autre bonne nouvelle, elle prépare son véritable premier album qui devait sortir avant la fin de l'année.


lundi 2 juillet 2012

Avec Pas D'casque

Quelque part dans l'Ouest canadien :
-salut t'écoutes quoi, là ??
-Hein ??
-T'écoutes QUOI ??
-désolé, j't'entends pas, nom d'un caribou,  j'ai avec pas d'casque dans mon casque stéréo.
-Hein ?? quoi ??? l'a pin compris qu'est qu'tu dis !!! t'as un casque ou pas ? parce que là, présentement, j'te vois avec un casque stéréo qui a l'air de jouer de la musique fort dedans.
Bon je vais arrêter là ce dialogue de sourd et m'en vais introduire de façon un peu moins lamentable le très beau Astronomie sorti il y a près d'un mois  par le groupe canadien  Avec Pas D'casque.
Quoi ???!!!! des canadiens ??? et ils chantent en français ?? hostie de calice de tabarnacle !!!!
Oui mais......si vous pouviez commencer par mettre de côté vos remarques perfides voir  fourbes si ce n'est sournoises à propos de leur accent à couper à la machette façon Jason Voorhees perdu au beau milieu d'une fête estudiantine et prêter une oreille attentive à leur album, je vous en serais gré.
Parce qu'une fois qu'on a fini de se marrer avec leur accent, quand on écoute un tant soit peu la musique, on se dit qu'on tient là une sorte de Smog, voir de Barzin canadien (ah merde, il l'est déjà). Leur slowcore country-folk navigue dans les mêmes stratosphères que celles du canadien (magnifique chanson que ces deux colleys, si proche de l'excellence de my life in rooms) et leur façon de traiter la country nous renvoie directement au red apple falls (défrichage notamment ou encore l'intro d'intuition #1 en écho au morning paper ). Les références peuvent paraître écrasantes mais elles sont loin d'être imméritées. Astronomie (titre parfaitement adapté soit dit en passant) dévoile au fur et à mesure des écoutes une cohérence dans l'excellence qui force le respect. L'atmosphère y est feutrée, boisée, douce (m'est avis que la lap steel y est pour beaucoup), parfois traversée de tensions ( intuition # 1 ou talent) avec des arrangements par moment détonants (les cuivres de veiller le feu) et étonnants (le gimmick beach boysien de la longue et passionnante complainte apprivoiser les avions). Pour autant n'allez pas croire qu'Avec Pas D'casque soit un doppelgänger de Smog. Si le groupe semble avoir une culture indie lo-fi (américaine surtout) prégnante, il n'en est pas moins canadien jusqu'au bout des ongles. Pour le meilleur, la plupart du temps, et parfois pour le moins bon ( la journée qui s'en vient... a un arrière-goût de Louise Attaque acadien assez désagréable malgré une guitare acoustique traitée comme celle de Swell sur les trois premiers albums). Pour tout dire, puisqu'on en est aux reproches, astronomie perd de sa cohérence quand le groupe force le trait, hausse le ton ou se lance dans l'expérimentation vaine (astronomie). La souplesse, la nonchalance même, lui sied de façon remarquable et envoie Avec Pas D'casque loin, très loin, dans une stratosphère proche de celle du felt de Lilium, magnifique album sorti il y a deux ans.
Alors comme je l'ai dit plus haut, ne vous arrêtez pas à l'accent (qui, une fois apprivoisé, finit même par devenir indispensable au charme exercé par ce disque) et n'hésitez pas à plonger façon Corse (pieds lestés et poings liés) dans ce très beau astronomie que vous pourrez découvrir et acheter là (c'était un communiqué du ministère de la culture canadienne).

samedi 28 avril 2012

Tyler Butler

Dans la série des passés inaperçus l'an dernier et bien partis pour rempiler cette année, je demande le petit gars Tyler Butler. Que voulez-vous, la loser attitude on l'a ou pas.Pourtant, c'est  pas faute de lui filer sa chance hein. Le mec on lui a fait sortir son album en 2011 avec huit morceaux. Ça aurait pu cartonner mais non, je ne sais pourquoi mais personne ne s'est précipité sur son disque.
 Enfin non, j'en connais au moins une des raisons : la pochette était un cauchemar marketing.
Non pas que la gueule à Butler soit particulièrement atroce mais alors ce fond bleu pastel sur un décor tout droit sorti de la fin d'evil dead 2 et ces bois de cerf ou plutôt de caribou collés à sa tronche ne sont pas particulièrement engageant. Ajouté à cela le fait que Butler ait l'air d'avoir la tête dans le fondement et vous comprendrez mieux le pourquoi de cet insuccès.
Les mecs de Yerbird records eux l'ont bien compris. Pour ce faire ils ont décidé de le ressortir avec une pochette différente. Bon pour tout vous dire ils ne se sont pas trop creusés la tête non plus hein. Que faire comme pochette quand vous tenez un disque acoustique rappelant le meilleur des Palace. Pas difficile : vous adaptez celle du meilleur album folk sorti ces dernières années au style du disque que vous proposez. A savoir la pochette du I wish I was an eagle de Bill Callahan en moins bucolique, travaillée par l'hiver. Ensuite, pour faire moins rat : vous ajoutez deux morceaux. Dans la même tonalité évidemment. Après vous laissez diffuser l'album via bandcamp. Un peu de pub par ci par là. Quelques blogs s'en empareront pour le diffuser à plus grande échelle via des plateformes type megaupload et le tour est joué. Vous tenez là un futur succès planétaire.

Sauf que là c'est encore parti pour se planter.

Pas la faute au contenu cependant : un folk magnifique rappelant quelque part le days in a wake d'Oldham période Palace Brothers. Enregistré en hiver, chez lui,de façon complétement dépouillée, sans overdubs, rien, que dalle par un self-made man sachant utiliser un nombre ahurissant d'instruments mis à sa disposition : sa guitare, sa voix et ce qui semble être un bandonéon en fin de course (A vrai dire je ne parviens pas à identifier vraiment ce que c'est) et un piano. Parfois on entend le concours d'un bassiste mais pas sur tous les morceaux, Butler ne pouvant se permettre le luxe de coller des arrangements à la Brian Wilson sur tout le disque. Faut pas déconner non plus. Parfois même c'est Phil Spector qui s'invite. Sur house painter c'est plus que flagrant : l'ajout du feu d'artifice par dessus la guitare électrique provoque un mur du son démentiel.

Ok je l'avoue : je raconte n'importe quoi pour rendre attractif un album d'une austérité maladive, fait de bric et de broc et enregistré dans la cuisine avec un magnétophone tout pourri e une voix limite cassée. Pourtant winter king mériterait au moins une couverture médiatique aussi importante que, au hasard, le dernier Spiritualized (qui soit dit en passant est un des autres sommets de cette année 2012). Malheureusement pour Tyler Butler gratter quelques accords sur sa guitare seul dans sa cuisine est vachement moins vendeur ou crédible que de s'enfiler de la farine dans le pif à longueur d'années et pondre un album à l'ambition démesurée. Pourtant, et c'est là que Butler est vraiment con, de la poudreuse, il y en a partout dans winter king. Suffit de savoir l'utiliser à bon escient. Plutôt que de s'enfiler des clopes et picoler de l'alcool de caribou à longueur de journée.

 Ecoute là sur son bandcamp

mercredi 29 février 2012

Ruby Throat

Non, je ne suis pas mort.
Non, rien ne s'arrange, bien au contraire. Je creusais avec les moignons, je devrais bientôt pouvoir attaquer les clavicules.
N'empêche.
Malgré ce début d'année de merde, l'envie est toujours là.
La tête encore et toujours en vrac certes mais :  ça bouillonne dans les tripes, les portugaises sont plus au taquet que jamais, la conscience toujours obnubilée par cette pulsion de découverte, toujours à l'affût de nouvelles merveilles.
Et le nombre de ces dites merveilles sorties en ce début d'année, curieusement, est proportionnel aux nombres de merdes qui me sont tombées sur la gueule ces derniers temps. En gros : ça n'arrête pas.
La dernière en date, de merveille bien évidemment, se nomme O' doubt o' stars de Ruby Throat.
Dans l'absolu ça partait plutôt mal. Ruby Throat c'est Katie Jane Garside et Chris Whittingham. Soit un parfait inconnu qui gagne à ne pas l'être après écoute de O' doubt et surtout l'ex braillarde en chef de ce groupe casse-burnes des années 90 Daisy Chainsaw. La gueule du pédigrée quoi. Un truc à se faire porter pâle.
Pourtant O'doubt O' stars a du chien, de la gueule, des arguments à faire valoir. Ruby Throat se veut l'incarnation anglaise du duo américain de grosse feignasses larvaires qu'est Mazzy Star.Une beauté dotée d'une voix identifiable au moindre soupir émis et un guitariste/instrumentiste pouilleux repêché dans on ne sait quelle rue de Londres dont on ne sait rien hormis qu'il grattouille hors-pairement son instrument. Jouant peu de notes mais dont chacune est pesée, emballée, réfléchie avec un soin particulier qui fait mouche à chaque accord/arpège joué.
Présentation faite, similitudes également.Passons aux différences maintenant.
La différence notable entre les deux formations tient du fait que le duo américain puise essentiellement son inspiration dans le rock psychédélique amerloque, en pillant régulièrement le répertoire des Doors, du Velvet, tandis que Ruby Throat a le bon goût de bouffer à tous les râteliers. Que ce soit le folk (anglais, américain, tout y passe pourvu que ce soit bon), le freak folk (merci Fursaxa ou encore Espers) ou encore le blues, tout ce qui peut se composer à l'aide d'une six cordes, qu'elle soit acoustique ou électrique, se transforme en or grâce aux doigts experts de Whittingham (et n'y voyez là aucune allusion salace).
Vous me direz, si la différence entre les deux groupes ne tient qu'à cet argument, pourquoi se faire chier à écouter Ruby Throat ?
Parce que, si vous ne l'avez pas encore compris, les anglais viennent de sortir le meilleur album de Mazzy Star depuis so tonight that I might see. Une sorte de miracle acoustique qui vous scotche dès les premières secondes, ne vous lâche pas pendant près d'une heure et dont la qualité va crescendo. Un petit joyau brut pas exempt de défauts (quelques choeurs inutiles sur forget me nots ou maniérés sur broken machine entre autre ou encore un ou deux solo à la limite de la démonstration) mais dont les sommets, fort nombreux,  atteignent de telles stratosphères que la raréfaction de l'oxygène finit par vous en faire oublier les défauts précédemment cités.
 C'est quand ils frottent leur folk au psychédélisme qu'ils touchent au sublime (in steerage, broken machine, arctic fox ou wake of swans sont là pour en témoigner). Néanmoins, à défaut de sublime,  la plupart des morceaux sont assez exceptionnels, garantis sans OGM, pas d'élevage en batterie, pas de percussions, rien. O'doubt O'stars se la joue extrême artisanale c'est à dire à poil, dans le plus simple appareil, adepte du less is more jusqu'au trognon. Une guitare, une voix, c'est amplement suffisant pour conquérir un espace, l'habiter, le détruire et enfin en créer un nouveau. Mais n'allez pas croire qu'il s'agisse ici d'expérimentations pures et dures, de créer un monde abstrait sur une note étirée ou répétée pendant près de dix minutes (ce n'est pas sapphie de Richard Youngs), non, ici ce sont les mélodies qui priment, c'est l'immédiateté, la pureté,  la beauté des chansons qui vous sautent à la gueule sans que vous ne vous y attendiez.
 Je ne sais si les conditions d'enregistrement de cet album ( pendant près d'un an sur une péniche) ont influé sur sa qualité mais il émane de O'doubt O'stars une atmosphère unique, quelque chose d'irréel qui culmine dans les deux deniers morceaux (ainsi que les dix précédents me direz-vous). Et quand Katie Jane Garside termine tottenham resovoir en nous susurrant à l'oreille : I'm still listening, la seule action qui nous vient en tête c'est effectivement de reprendre l'écoute, d'appuyer à nouveau sur play, oublier tout et s'abandonner.
Grand album, tout simplement.

Pour tout renseignement voir ici. Je n'ai pas d'extrait de l'album à vous proposer, ce sera donc un extrait de l'album précédent qui donnera une idée approximative d' O'doubt O'stars .

mercredi 4 janvier 2012

Dépôt de bilan : ze troisième & last partie

Suite et fin du dépôt de bilan. On va se la faire assez rapide parce que j'ai pas que ça à glander :
Catégorie transgenres :
The Necks : mindset. Jazz, rock, bordel, blip blip, zipa, boum, tchiki et autres onomatopées sont parfaitement de mises pour expliquer ce à quoi ressemble le dernier The Necks. Le premier qui sort "à rien" se loge mon 45 fillette dans les gencives. Mindset ressemble à The Necks, point.
Barn Owl : lost in the glare : Ambient + doom + folk + post-rock = Barn Owl. Synthèse idéale entre Earth et Labradford. La classe quoi.

Catégorie folk pop etc... 
That's all folk :
Kate Bush : 50 words for snow. Kate Bush est grande. Répétez après moi : Kate.....
Cass McCombs : wit's end. Le premier et le dernier morceau de wit's end sont ce qui est sorti de plus beau en matière de pop/folk cette année. Et l'espace entre ces deux extrêmes est excellent. Grand album.
Richard Buckner : our blood. Le meilleur album de Mark Lanegan depuis.......pffffffffffff.........
Josh T Pearson :  last of the country gentlemen. Salut les losers, je viens reprendre mon sceptre et ma place sur le trône. Alors dégagez, merci.
Bill Callahan : apocalypse. Pas aussi bon que sometimes (qui était un CO indiscutable) mais un Callahan même moyen reste un des meilleurs albums de l'année. N'est ce pas Harry ?
Mirel Wagner : belle découverte que ce premier album ma foi.









Pop my dear :
The Bats : free all the monsters. Les néo-zélandais sont des putains d'enfoirés qui nous collent des branlées dans tous les domaines. Ces mecs ont la classe et sont incapables de sortir quoi que ce soit de vraiment mauvais. Album pop de l'année haut la main.
Gruff Rhys : hotel shampoo. Nouvel album du taré en chef de Super Furry Animals, nouveau CO. Que dire de plus ? rien.
Other Lives : tamer animals. Mine de rien un album hype qui tient la route sur la longueur. Tout n'y est pas exceptionnel mais certains morceaux sont d'une beauté à scier les pattes.
Bill Mallonee : the power and the glory. Dans quoi le classer le Billy : pop,rock, adult rock, christian rock, christian pop ???? On s'en fout son album est vraiment excellent et gagne en épaisseur à chaque écoute.

Pour la suite je vais la faire courte, j'ai une note sur le feu qui devrait réactiver ma main....

rock my bollock :
Psychic Ills : hazed dreams
War On Drugs : slave ambients
Peaking Lights : 936
Deerhoof : Deerhoof vs evil

World, jazz, etc... :
Tamikrest : toumastin
Seun Kuti : from africa with fury : rise
Ebo Taylor : life stories : highlife & afrobeat classics 1973-1980
awesome tapes from africa
Ivo Perelman Quartet : the hour of the star


et enfin oublis éhontés  :
King Creosote & John Hopkins : diamond mine
Frank Bretschneider : komet
Dan Melchior : king of sheep.

Voilà, ce sera tout pour 2011. A 2012 pour de nouvelles aventures.



mercredi 21 décembre 2011

the wanting

2011, année de merde, suite.
Hier il s'agissait de Luke Haines. Un oublié parmi tant d'autres. Aujourd'hui dans les grands oubliés qui n'intéressent pas grand monde : Glenn Jones.
Déjà, pas de bol. Le mec s'appelle Glenn Jones. Comme le chanteur soul/R'nB américain qui sévissait dans les années 80. Black, moustache à l'avenant, l'homonyme a certes de l'allure mais rien à voir avec le Glenn Jones qui nous intéresse ici. Le gars en question est blanc, a un bouc et manie la six cordes comme moi les prises de sang. Pour résumer, il s'agit bien d'un virtuose, voir d'un killer.
Mais que fait-il comme musique ce bon Glenn ??? du Santana, Satriani, Malmsteen ???  Mais pas du tout mes bons messieurs, Glenn Jones fait dans l'american primitivism.
L'a.....quoi???
 L'american primitive guitar.
Vous m'en direz tant.
Petit cours à l'égard des ignorants crasses que vous êtes : l'american primitivism est un genre musical associant fingerpicking et country/blues traditionnel, créé et popularisé (pfffffff c'te blague) par Jonh Fahey.
Ahhh.......... j'en vois qui dressent l'oreille à l'évocation de Fahey.
Glenn Jones s'inscrit dans la descendance directe des Fahey, Basho, Kottke ou plus près de nous (mon dieu) : Sir Richard Bishop, James Blackshaw ou encore Jack Rose pour ne prendre que les plus connus.
The wanting, album sorti en septembre dernier, est une ode à la guitare acoustique et au banjo fait par un virtuose respectueux des traditions. Un blues primitif qui ne révolutionne rien, totalement instrumental mais d'une grande beauté.
Jones, qui fit parti du groupe Cul De Sac, rend autant hommage aux défricheurs comme Fahey qu'aux têtes chercheuses style Jim O Rourke période Gastr Del Sol. The wanting est en équilibre instable et permanent entre expérimentation et accessibilité, virtuosité ( Jones n'est pas un manchot de l'open tuning et tient à le faire savoir) et simplicité.
Le problème (si tant est que c'en soit un) avec cet album c'est qu'il est quasi impossible de sortir  un titre du lot. Je dis bien quasi. The wanting rend un précieux hommage au primitivism sur les dix premiers morceaux, de façon épurée, sans vraiment prendre  trop de risques. On sent peser sur Glenn Jones l'héritage de John  Fahey et consorts, dont il n'arrive pas totalement à se défaire. Puis arrive le onzième et ultime titre. Dix sept minutes intenses, hypnotiques, expérimentales, un dialogue assez hallucinant entre percussions ferroviaires et guitares en mode derviche tourneur, le tout commençant de façon fort traditionnelle, simple, pour mieux perdre l'auditeur en route, the orca grande cement factory at victorville conclut l'album de façon magistrale. L'ajout du batteur permet à Jones de prendre véritablement des risques, de se débarrasser enfin de ses influences trop encombrantes et de divaguer au gré de sa folie. Achevant the wanting sur une drôle d'impression : celle d'avoir écouté deux albums. L'un très beau, relativement sage, respectueux de ses ainés, des traditions,  l'autre complétement barré, en roue libre mais superbe. Reste à voir quelle direction prendra Glenn Jones sur le prochain. En attendant l'album mérite tout de même bien meilleure audience que le relatif anonymat dans lequel il est plongé depuis sa sortie en septembre dernier. Monde de merde.

jeudi 28 juillet 2011

our blood

Mon dieu,
serait-ce possible ?
Pour ma dernière note je m'enflammais pour le dernier (et excellent) War On Drugs et là, aujourd'hui, entre deux tartines de pain et un café brûlant, je tombe en arrêt sur le our blood de Richard Buckner. Le truc dangereux par essence. Et insidieux.Je ne compte plus le nombre d'accidents domestiques  causés par ce genre de disque : et vlan une brûlure au troisième degré sur les cuisses due à la tartine de pain tombée violemment de la bouche directe dans la tasse de café. Et paf les griffures de chat sur la gueule après avoir eu l'idée saugrenue de vouloir oindre de beurre sa douce toison et d'avoir surtout essayé de le tremper dans le café brûlant. Le genre de disque qui fait qu'on s'arrête de penser, de réfléchir, pour ne plus écouter que ça. Pour lequel le temps ne veut plus rien dire, qui permet de d'arriver la gueule enfarinée  au boulot avec 3/4 d'heures de retard avec ce gros prétexte de merde :
- "euh désolé j'étais en compagnie de Richard Buckner, il a pas voulu me lâcher ce salaud".
Bien sur vous omettrez de préciser qu'il s'agit d'un disque dont vous venez juste de terminer l'écoute. On a sa fierté aussi hein.
Et quand un curieux vous demandera : c'est qui ce Richard Buckner ? Il ne vous restera plus qu'à dérouler les superlatifs de rigueur et déployer les avirons pour espérer vous sortir de ce faux pas. Bien évidemment quand vous évoquerez Barzin, Mark Lanegan, American Music Club,  l'americana, le folk, enfin tous ces trucs de hippies dégénérés écoutés par deux pelés trois tondus, on vous fera comprendre gentiment que votre place n'est plus ici. Que ce genre de prétextes de merde pour expliquer vos retards quotidiens constitue une faute grave qu'il ne faudra plus laisser passer. On vous préviendra une fois, deux tout au plus.Mais ces cons là, qui ne connaissent pas our blood, ne comprendront jamais le calvaire que vous endurez. L'envie d'appuyer de façon automatique sur play une fois les neufs morceaux terminés, d'écouter l'album jusqu'au bout et de recommencer, ad vitam. Personne ne pourra vous comprendre, non, personne. Et c'est pour cette raison que vous vous retrouverez d'abord au chômage puis à la rue, squattant chez les rares amis qu'il vous reste pour écouter inlassablement our blood. Votre clochardisation, inéluctable de toutes façons,  se fera selon le degré de compréhension de vos amis.Au bout de quelques jours ou mois tout au plus arrivera l'instant où vous finirez vos jours seul, où vous comprendrez que l'unique responsable de votre déchéance se nomme Richard Buckner. Et alors dans vos derniers instants, lorsque votre souffle s'amenuisera,  qu'il vous restera un tant soit peu de lucidité, vous maudirez l'excellence de thief, d'hindsight enfin bref de tout l'album de cette saloperie de Richard Buckner.
Alors un conseil : n'écoutez pas our blood ou alors à vos risques et périls. Vous voila prévenus.

lundi 27 juin 2011

Frederick Squire

Bon après une semaine de coma il serait temps de reprendre les commandes, de retrouver l'envie, bref, de se sortir les doigts du fondement. Pourquoi ne pas reprendre par un album de folkeux neurasthénico-dépressif inconnu au bataillon ? Hein ? Avez--vous déjà entendu causer de Frederick Squire ?? Non ? M'en vais vous faire une description de la chose pas piquée des hannetons moi.
Pour commencer, la pochette : celle-ci est  à l'avenant avec tronche d'étudiant binoclard à peine sorti d'une période acnéique intensive, photo prise dans sa chambre ou sur les chiottes (vu le cadrage on est en droit de se poser la question mais quelques indices laissent à penser qu'il s'agirait plutôt de la chambre ) pour un budget global  d'un euro cinquante TTC et titre d'album d'une suffisance rare et surtout d'un humour pince-sans-rire. Si on se fie un tant soit peu à la pochette, seuls ceux connaissant et appréciant Sebadoh ou encore Eric's Trip pourraient sembler intéressés par ce disque. Le lien avec Eric's Trip n'est pas anodin par ailleurs. Si la pochette rappelle un peu celle du love tara, il faut savoir que Frederick Squire est canadien et a collaboré avec la non moins excellente Julie Doiron (ancienne Eric's Trip donc ) sur plusieurs de ses albums solos.
A l'écoute ça donne quoi ? Simple : sings shenandoah and other popular hits est  à l'image de sa pochette. Simple, fauché, fait avec les moyens du bord. Et excellent. Imaginez Josh T Pearson en acoustique, seul avec sa guitare et ses tourments. Ça a déjà été fait me direz-vous. Ben ici c'est pareil et différent. Là où Pearson prend son temps, s'installe en douceur, conte ses histoires, nous déroule un folk progressif passionnant, Squire fait peu ou prou la même chose mais sur deux-trois minutes. Dans chaque morceau il y a la même ambition mis à part qu'en lieu et place de studio habituel la cuisine fait très bien l'affaire (faudra tout de même lui conseiller d'acheter de l'huile trois-en-un pour supprimer les grincements de porte). Ça permet une économie non négligeable afin de pouvoir acheter les quatre autres cordes de sa guitare qui viennent de lâcher lamentablement, un micro, une table de mixage et aussi s'acheter quelques potes pour faire les choeurs. Bon je déconne mais sings shenandoah c'est un peu  Mark Lanegan avec les moyens de Lou Barlow période sentridoh qui rejouerait à sa façon (lo-fi)  le last of the country gentlemen. C'est simple, beau et ça regorge de tubes qui devraient propulser Frederick Squire aux côtés d'un George Michael Jackson au niveau popularité, si l'on en croit le titre bien senti de cet album.
Par contre, que je vous dise, Frederick Squire n'est pas Nick drake. Ne vous attendez pas à quelque chose de très technique quant au jeu de guitare. Celui-ci se rapprocherait plus de la guitare sommaire de Boby lapointe que de celui d'un Jimmy Page.
Maintenant que vous êtes prévenu, vous pouvez tenter l'aventure : ça mange pas de pain, c'est pas révolutionnaire mais c'est suffisamment proche de l'os, sincère et bien foutu pour avoir envie d'y retourner. Et ça permet aussi de reprendre le contrôle en douceur, tranquillement, cool.

samedi 9 avril 2011

Cass casse des briques..

Parfois (voir souvent parce qu'au fond je suis une grosse tâche)  il m'arrive de me la jouer snob et ne pas écouter les conseils de certains canards boiteux cherchant à lancer une hype en bonne et due forme. On entend dire :"ouais ben cet album de trucmuche révèle l'essence d'un très très grand songwriter venu des Etats Unis, une beauté à couper les cheveux en deux, l'un des plus importants et méconnus génie venu du fin fond de la cambrousse américaine, ce genre de truc, vous comprenez . Aucun intérêt en général, aussitôt écouté aussitôt oublié. Donc aucune écoute. Puis parfois, via l'insistance d'e-potes, confirmant la hype, on se dit : écoutons le nouvel album, qu'on se marre cinq minutes. Vous pressez play, histoire de vous fendre la gueule et pouvoir dire aux e-potes insistants : c'est quoi ta merde là ?!! Et vous finissez l'écoute sur le cul. Parce que non seulement ils avaient raison vos potes mais en plus vous vous rendez compte que son nouvel album est une pure merveille. Cette année certains ont vu la lumière avec le nouvel (et bel) album de King Creosote (regards vers little reviews) moi elle m'est venue de wit's end de Cass McCombs et m'a singulièrement ébloui. Disons que je n'avais rien entendu d'aussi bouleversant sa race depuis certains albums des appartments, le koffee pott ou journey's end des Montgolfier Brothers voir le ting des Nits ou les Nits tout court, ou encore Lloyd Cole en très grande forme. Ne vous attendez pas à du wock'n'woll, à du trashdeathmetal de la mort qui tue ou encore de la technodubinfrabasseplexusexplosé non, on est ici dans le mou, le contemplatif, la mélancolie, le quasi slowcore quoi. McCombs, sur certains morceaux, c'est un peu Lloyd Cole qui réinterpréterait le fixed water de Sophia (buried alive) puis dériverait sur les Montgolfier Brothers (saturday song) pour atteindre l'excellence des Nits de ting ( memory's stain).
Beau.
Mais ce n'est pas grand chose face au dernier morceau, a knock upon the door, d'une beauté à faire chialer une dame de fer alhzeimérisée. Dans une ambiance de fin d'un monde, McCombs invite les fantômes de Tom Waits ou encore Dylan à son propre enterrement : les instruments font part de leur tristesse en chialant comme des madeleines, McCombs semble n'être plus que l'ombre de lui-même (normal me direz-vous), l'ambiance n'est pas à la déconne loin de là, la fête est triste, les souvenirs remontent et font place à une nostalgie qui s'immisce doucement, vous ronge et finit par occuper toute la place.
Grandiose.
Ce qui me touche dans ce disque, ce qui, à mes yeux, le rend remarquable, c'est qu'il est d'une grande et belle pudeur . Toutes les émotions que tient à faire passer McCombs au travers de son disque, il le fait d'une façon rentrée, sans véritablement s'exposer, sans les envoyer direct, de front, d'une juste distance grâce à des arrangements remarquables (j'en reviens au grandiose knock upon the door ou au memory stain) et une voix d'une grande justesse. A force d'écoute on se rend compte qu'on tient là un album noble (county line par exemple aurait très bien pu être un titre de variétoche facile estampillé années 70-80 genre Spandau Ballett, on se retrouve face à un travail d'orfèvre brassant habilement influence variétioche,  soul et pop à la Commotions). Noble comme peuvent l'être les albums de Kozelek, Milton-Walsh. Noble car McCombs ne s'embarrasse pas de fioritures, va à l'essentiel, habille ses mélodies d'arrangements qui servent à les mettre en valeur (et non l'inverse), à les rendre plus précieuses.
Bref, je remercie via cette note les quelques tarés bien cognés qui me servent d'e-potes, ont insisté sur le sieur McCombs et me remettent dans le droit chemin chaque fois que je m'égare (chose qui m'arrive souvent ma foi). Je m'en vais écouter ses précédents faits d'arme de ce pas et vous dis à la prochaine.