Rrrrrrrrrrrrahhhhhhhh qu’il n’est pas simple d’être un auditeur passionné de musique. C’est d’autant plus difficile quand vous avez pour ambition (modeste, soit) de vouloir écrire des textes assez «pertinents et impartiaux» sur un sujet aussi vaste que, au hasard, la bonne musique. La difficulté s’accroît voir se complique quand le groupe ou le disque qui va «passer à la casserole» est celui d’un @mi de longue date qui après des années de cherchitude a fini par se trouver et publie via bandcamp ce qui se révèle être son meilleur album jusque là : froid dans le dos.
Le musicien en question, c’est Esther aka Loner aka leYul Brynner du 9-3 aka le chauve aka The One Burned Ma. Le patronyme choisi (The One Burned Ma donc, titre d'un album de Volcano The Bear) vous situe tout de suite vers quel style sa musique évoluera : la contine pour enfants et autres variétoche eighties digne de figurer dans mon panthéon saloperiesque dominical.
Pour résumer : ce sera expérimental ou pas.
Froid dans le dos que ça s'appelle, donc.
Autant le dire tout net, ne vous attendez pas à un album fait de douceurs, d'arpèges délicats ou autres niaiseries de ce genre, ici c'est 70 minutes de musique qui vous secoue, vous maltraite les esgourdes, vous fait passer par tous les états. C'est un putain de train fantôme auquel on aurait associé également un grand huit, ça vous happe, vous effraie par moments (interferences I, le bien nommé deux faces et son final apocalyptique en direct live du tambour de la machine à laver). Ca visite les sommets (beaucoup, notamment les excellents tango avarié et sous cutané ), les bas-fonds (le formidable drone/ambient interlude comme du Coil période time machines ou du Nurse With Wound), ça semble parfois s'apaiser, faire entrer un peu de lumière (dans la pénombre) mais le répit est toujours de courte durée. Le morceau suivant est, à chaque fois, plus tendu que l'antépénultième. Le tout s'enchaîne sans temps morts, reste d'une grande cohérence et d'une finesse assez étonnante pour ce genre de projet ( il suffit d'écouter le très bon nous l'avons toujours su pour comprendre ce que je veux entendre par finesse.)
J'émettrais tout de même quelques réserves sur certains morceaux, deux pour être précis : le mélancolique mais un peu lourd à digérer rien à faire dont la rythmique semble sortir tout droit des histoires d'a des Rita et elle dort qui, à mon humble avis, n'avait pas besoin de distordre le rythme (comme pour domaine de l'improbable) pour créer une impression de chaos, le morceau s'en chargeant lui-même sans problème.
Hormis ces semblants de réserves, il faut bien trouver quelque chose à redire, cet album de The One Burned Ma est un numéro d'équilibriste assez extraordinaire : bruitiste, exigeant, aventureux mais aussi relativement abordable. Cela aurait pu être chiant (pensez donc : un album expérimental et instrumental de 70 mns soit l'idée approximative que je peux me faire de la purge), une sorte d'onanisme musical redoutable dans lequel tout aurait été pensé, intellectualisé mais non, ici rien de tout ça. C'est effectivement pensé un minimum (l'équilibre entre le rythme de l'album, l'enchaînement des morceaux) mais tout semble joué également à l'instinct (tiens et si je rajoutais ça là pour voir ce que ça donne, et si je mettais une mélodie sur ce bordel histoire de voir si c'est audible ?) en poussant les instruments dans leurs derniers retranchements. L'image semble facile mais à l'écoute on comprend que tous les instruments utilisés (guitares, pédales, chats, enfant et j'en passe) sont poussés à fond, maltraités pour voir si du chaos peut naître autre chose que du bordel. C'est justement dans cette démarche que réside aussi l'intérêt de froid dans le dos, d'un exercice hautement casse-gueule car facilement inaccessible, The One Burned Ma s'en sort remarquablement, évitant la mise à distance avec l'auditeur et faisant preuve également d'un humour, tordu certes, salutaire (franchement, appeler le morceau le plus bruyant du disque elle dort c'est faire preuve d'un sens de la perversion assez remarquable).
Ajoutez à cela que l'album est disponible en téléchargement sur la plateforme Bandcamp du groupe, qu'il suffit de laisser quelque menu monnaie pour se l'approprier (c'est selon vos moyens) et vous comprendrez le pourquoi du comment de ma note ce jour :vous avez intérêt à ne pas passer à côté de ce disque. Malgré son air mal-aimable, il recèle de nombreuses beautés qui ne demandent qu'à être écoutées.
Album dispo ici .(et laissez lui du pognon, il le mérite)
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lundi 6 mai 2013
jeudi 26 juillet 2012
Saskia : dreamer
PPfffffiouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu fait chaud hein ???!!
besoin d'un rafraîchissement ? J'ai en stock, rien que pour vous, un bon folk glaçant comme on en fait plus depuis Nico.
Enfin, Nico c'est tout de même un peu exagéré mais pas depuis Cat Power et son excellent you are free (bientôt 10 ans tout de même). Le rafraîchissement en question se nomme Saskia et outre la voix, l'univers, elle a en commun avec Chan Marshall d'être produite par Jim White de Dirty Three. La jeune femme vient de Melbourne, Australie et pratique un folk/slowcore à deux de tension les jours de grandes frayeurs.
Ok, on a déjà écouté ça des milliers de fois mais là on joue dans la catégorie des élites. Les Hope Sandoval, Chan Marshall, Cinthya Dall entre autres... Une voix, une guitare, un brin de talent et hop la magie opère de nouveau même s'il n'y a rien de bien neuf là dedans.
En revanche quand elle vire la guitare pour le piano, on entre dans une autre catégorie. Le folk devient expérimental, l'atmosphère étrange. Lynch et son cortège de bizarreries s'invite à la table et y fout un boxon inattendu, let your dreams aurait très bien pu servir de chanson dans le cabaret silencio de Mullholand Drive au moment où tout bascule. Pas étonnant également qu'elle compte dans ses fans Tim Burton tant l'atmosphère gothique se dégageant de certains morceaux pourraient de même être inclus dans ses B.O.
Dreamer, album évoqué ci-dessus, est sorti en décembre 2010. Vous pourrez le télécharger gratuitement sur son bandcamp en excellente qualité (320 kbps) ainsi que toute sa discographie. Autre bonne nouvelle, elle prépare son véritable premier album qui devait sortir avant la fin de l'année.
besoin d'un rafraîchissement ? J'ai en stock, rien que pour vous, un bon folk glaçant comme on en fait plus depuis Nico.
Enfin, Nico c'est tout de même un peu exagéré mais pas depuis Cat Power et son excellent you are free (bientôt 10 ans tout de même). Le rafraîchissement en question se nomme Saskia et outre la voix, l'univers, elle a en commun avec Chan Marshall d'être produite par Jim White de Dirty Three. La jeune femme vient de Melbourne, Australie et pratique un folk/slowcore à deux de tension les jours de grandes frayeurs.
Ok, on a déjà écouté ça des milliers de fois mais là on joue dans la catégorie des élites. Les Hope Sandoval, Chan Marshall, Cinthya Dall entre autres... Une voix, une guitare, un brin de talent et hop la magie opère de nouveau même s'il n'y a rien de bien neuf là dedans.
En revanche quand elle vire la guitare pour le piano, on entre dans une autre catégorie. Le folk devient expérimental, l'atmosphère étrange. Lynch et son cortège de bizarreries s'invite à la table et y fout un boxon inattendu, let your dreams aurait très bien pu servir de chanson dans le cabaret silencio de Mullholand Drive au moment où tout bascule. Pas étonnant également qu'elle compte dans ses fans Tim Burton tant l'atmosphère gothique se dégageant de certains morceaux pourraient de même être inclus dans ses B.O.
Dreamer, album évoqué ci-dessus, est sorti en décembre 2010. Vous pourrez le télécharger gratuitement sur son bandcamp en excellente qualité (320 kbps) ainsi que toute sa discographie. Autre bonne nouvelle, elle prépare son véritable premier album qui devait sortir avant la fin de l'année.
mardi 10 juillet 2012
Screaming Corpses : a different taste of consciousness
Vous le savez toutes et tous : ce crucial blog, the beauty of sadness, tient son fabuleux nom du merveilleux album de Maeror Tri, ancêtre des non moins indispensables Troum. Mais Troum n'a pas toujours été Troum. Le trio, en 1987, était en fait un quatuor ( ou un quintor, allez savoir) et se nommait Screaming Corpses. Comme le nom peut le laisser supposer, ils n'officiaient pas encore dans l'ambient ou le drone mais dans un post-punk expérimental complètement barré. Vous le savez : quand on est musicien, sans technique, le principal n'est pas d'apprendre à maîtriser ses instruments mais plutôt le flux énorme d'idées qui peut sortir de quatre cerveaux en ébullition. Sur a different state of consciousness, premier et seul album de Screaming Corpses, c'est exactement ce face à quoi on se retrouve. Quatre gars qui ne savent pas encore dans quelle direction ils souhaitent faire aller leur musique mais en ont tout de même une petite idée : du moment que ce n'est pas accessible, n'importe quoi fera amplement l'affaire. En l'occurrence un zeste de drone, beaucoup de noise, quelques cris, pas mal de guitares désaccordées et sursaturées, un batteur ne sachant battre véritablement que les oeufs et vous obtenez un album franchement hardcore, âpre, d'une rugosité ne présageant en rien la beauté des enregistrements futurs. Loin de l'ambient mais très proche dans l'esprit du land speed record d'Hüsker Dü, voir du it's spooky de Fair & Johnston.
Il est curieux de voir l'évolution d'un groupe à l'aune de leurs premiers enregistrements : écouter Screaming Corpses, c'est écouter les balbutiements hardcores d'un groupe encore trop imprégné par le rock. C'est écouter les balbutiements d'un groupe qui, au fil des albums, abandonnera complétement l'usage semi-traditionnel du couplet/refrain/pont/viaduc/dynamite/arts plastiques pour s'aventurer dans des contrées que peu exploreront avec autant de brio. La seule constante que gardera le groupe sous ses autres patronymes est ce goût pour l'aventure qui le caractérise déjà dans cette cassette.
La musique de Screaming Corpses se démarque par un jusqu'au boutisme en matière de rock qui les rapproche d'un Einstürzende Neubaten, alternant morceaux rock expérimentaux avec de courts interludes limite ambient. Cependant, l'intelligence de Screaming Corpses sera de reconnaître que le rock n'est absolument pas fait pour lui, bien trop restrictif pour ses ambitions. Ils ont tenté l'aventure sur 22 morceaux, comportant de véritables fulgurances, quelques ratages mais un ensemble malgré tout homogène et assez réussi. Le clou de l'album étant les douze minutes du malsain boundary to insanity (à l'origine le morceau devait en faire trente), mélange d'ambient à la Maeror Tri, de mur du son pré-My Bloody Valentine, d'expérimentations sauvages et de beuglements indistincts à la Mark E Smith faisant du morceau une expérience assez paroxystique.
Et là je ne parle là que de a different state of consciousness, première cassette de Screaming Corpses. Une seconde est parue la même année, over my dead body !!! sur laquelle je n'ai malheureusement pu jeter une oreille car absolument introuvable sur le net.
En 1988, le tour du rock étant fait, le groupe va pouvoir se développer en virant deux membres, la batterie, changeant de nom et s'introduire à l'experimental pur via l'exploration des sons liés à l'usage maltraitant des guitares et à l'ambient dans le même contexte. En revanche, contrairement au rock, la publication de plus de quarante albums ne sera pas suffisant pour en faire vraiment le tour. Toujours est-il que a different state of consciousness reste à ce jour une curiosité bien plus intéressante que nombre de disques dits expérimentaux sortis ces derniers temps, la vision tronquée et barrée d'un groupe d'ambient voulant pratiquer le rock. Pas un chef-d'oeuvre mais une expérience très intéressante.
Il est curieux de voir l'évolution d'un groupe à l'aune de leurs premiers enregistrements : écouter Screaming Corpses, c'est écouter les balbutiements hardcores d'un groupe encore trop imprégné par le rock. C'est écouter les balbutiements d'un groupe qui, au fil des albums, abandonnera complétement l'usage semi-traditionnel du couplet/refrain/pont/viaduc/dynamite/arts plastiques pour s'aventurer dans des contrées que peu exploreront avec autant de brio. La seule constante que gardera le groupe sous ses autres patronymes est ce goût pour l'aventure qui le caractérise déjà dans cette cassette.
La musique de Screaming Corpses se démarque par un jusqu'au boutisme en matière de rock qui les rapproche d'un Einstürzende Neubaten, alternant morceaux rock expérimentaux avec de courts interludes limite ambient. Cependant, l'intelligence de Screaming Corpses sera de reconnaître que le rock n'est absolument pas fait pour lui, bien trop restrictif pour ses ambitions. Ils ont tenté l'aventure sur 22 morceaux, comportant de véritables fulgurances, quelques ratages mais un ensemble malgré tout homogène et assez réussi. Le clou de l'album étant les douze minutes du malsain boundary to insanity (à l'origine le morceau devait en faire trente), mélange d'ambient à la Maeror Tri, de mur du son pré-My Bloody Valentine, d'expérimentations sauvages et de beuglements indistincts à la Mark E Smith faisant du morceau une expérience assez paroxystique.
Et là je ne parle là que de a different state of consciousness, première cassette de Screaming Corpses. Une seconde est parue la même année, over my dead body !!! sur laquelle je n'ai malheureusement pu jeter une oreille car absolument introuvable sur le net.
En 1988, le tour du rock étant fait, le groupe va pouvoir se développer en virant deux membres, la batterie, changeant de nom et s'introduire à l'experimental pur via l'exploration des sons liés à l'usage maltraitant des guitares et à l'ambient dans le même contexte. En revanche, contrairement au rock, la publication de plus de quarante albums ne sera pas suffisant pour en faire vraiment le tour. Toujours est-il que a different state of consciousness reste à ce jour une curiosité bien plus intéressante que nombre de disques dits expérimentaux sortis ces derniers temps, la vision tronquée et barrée d'un groupe d'ambient voulant pratiquer le rock. Pas un chef-d'oeuvre mais une expérience très intéressante.
lundi 19 mars 2012
Julia Holter
Après la méchante note merdique sur un disque plutôt quelconque après écoute au casque (on dira qu'il y a trois ou quatre excellents morceaux), je vais devoir me rattraper aux branches et proposer quelque chose de solide si je ne veux pas passer pour un gros con qui s'enthousiasme pour le premier groupe venu.
C'est déjà fait ???
Vraiment ???!!!!
Bon ben je vous emmerde.
Au moment où je m'apprêtais à écrire une note magnifique, comme d'habitude, sur un disque encore plus magnifique que ma future note, une pensée, un doute est venu effleurer mon esprit : dois-je ?
Oui dois-je ??
Dois-je salir de mon écriture fielleuse, imprécise, un disque dont la beauté immaculée ne pourra être que souillée par ma pensée malséante ?
Oui.
A l'origine, ekstasis de Julia Holter ne m'a pas emballé plus que ça. Loin de là. Pas de répugnance non plus, ni d'indifférence. Seulement sans m'avoir plu, il en est ressorti quelque chose de bien plus intéressant qui ne m'était point arrivé depuis longtemps : j'ai été intrigué. Pas par les mélodies, non. La première écoute m'ayant quelque peu dérouté, je n'ai rien bitté des mélodies. Le seul sentiment qui en est ressorti c'est : bordel de moi-même, c'est moi ou c'est space ??
En y réfléchissant bien, c'était pas moi. L'univers de la galante Julia est tout de même un brin spécial. Si vous cherchiez un point commun entre Lynch, The Knife, Broadcast, Young Marble Giants, Nico et Kate Bush, n'allez pas plus loin. Procurez-vous ekstasis, appuyez sur play et laissez vous embarquer dans un imaginaire d'apparence glacé mais bouillonnant d'idées. Chaque morceau se suffit à lui-même, a une vie qui lui est propre, un univers à part, bourré de références et ne ressemblant à rien de connu, piochant ça et là dans le répertoire évoqué ci-dessus, brassant toute sorte de styles comme l'électro, le free-jazz, le drone, la musique concrète ou encore l'experimental.
Vous me direz qu'au vu la description faite juste avant, ça ne peut que se barrer dans tous les sens. Comment rendre cohérent tous ces styles sans que ça ne tourne au capharnaüm ? La solution choisie par Julia Holter est simple : il suffit de faire rentrer tout ça, avec marteau et burin de rigueur, dans un format pop. Son talent, outre celui de V.R.P de Bouygues pour la pop, est de créer des compositions uniques, d'être une véritable aventurière. N'hésitant pas à prendre des risques, à flirter avec le ridicule (que de réverbérations, d'échos dans ce disque), piocher dans le répertoire des 80's (d'aucuns parleront de Laurie Anderson), sa pop baroque déroute en premier lieu puis finit par fasciner. Fasciner parce qu'elle met à jour une part d'enfance dans ce qu'elle a de plus cauchemardesque : la solitude, le repli sur soi, le développement de l'imaginaire pour faire face à une situation intolérable (Für felix ou moni mon amie s'apparentent à des comptines innocentes, toutes douces mais échappées de l'univers quelque peu perverti de twin peaks).
Je ne vous ferai pas un rapport complet des morceaux d'autres s'en chargeront bien mieux que moi, expliquant pourquoi marienbad se scinde en trois parties, pour quelle raison four garden s'oriente vers un free-jazz, pourquoi sur our sorrows elle marie Broadcast à Enya tout en conservant une cohérence, un équilibre quasi miraculeux ou encore pour quelles raisons les huit minutes de boy in the moon fascinent (je me risquerais à dire que le spectre des travaux ambient d'Eno y est pour beaucoup) . Non seulement je n'ai pas les qualifications requises pour ce genre d'exercice mais je crains malheureusement de vous gonfler plus qu'autre chose. Pour ma pomme, la seule réalité qui ressort d'ekstasis, outre la fascination exercée par celui-ci au fil des écoutes, c'est que cet album ferait une parfaite BO pour un stand by me réalisé par David Lynch. Une sorte de rêve quoi.
Pour le coup, après plusieurs écoutes au casque, je peux l'affirmer tranquillement, sans risque de me planter (et là mon jugement n'est pas fait à l'emporte-pièce comme ma précédente note) : jusque là, avec le Tindersticks et le Ruby Throat, il s'agit ni plus ni moins d'un autre indispensable de 2012 (qui s'avère être une année d'une grande richesse en seulement trois mois d'existence).
C'est déjà fait ???
Vraiment ???!!!!
Bon ben je vous emmerde.
Au moment où je m'apprêtais à écrire une note magnifique, comme d'habitude, sur un disque encore plus magnifique que ma future note, une pensée, un doute est venu effleurer mon esprit : dois-je ?
Oui dois-je ??
Dois-je salir de mon écriture fielleuse, imprécise, un disque dont la beauté immaculée ne pourra être que souillée par ma pensée malséante ?
Oui.
A l'origine, ekstasis de Julia Holter ne m'a pas emballé plus que ça. Loin de là. Pas de répugnance non plus, ni d'indifférence. Seulement sans m'avoir plu, il en est ressorti quelque chose de bien plus intéressant qui ne m'était point arrivé depuis longtemps : j'ai été intrigué. Pas par les mélodies, non. La première écoute m'ayant quelque peu dérouté, je n'ai rien bitté des mélodies. Le seul sentiment qui en est ressorti c'est : bordel de moi-même, c'est moi ou c'est space ??
En y réfléchissant bien, c'était pas moi. L'univers de la galante Julia est tout de même un brin spécial. Si vous cherchiez un point commun entre Lynch, The Knife, Broadcast, Young Marble Giants, Nico et Kate Bush, n'allez pas plus loin. Procurez-vous ekstasis, appuyez sur play et laissez vous embarquer dans un imaginaire d'apparence glacé mais bouillonnant d'idées. Chaque morceau se suffit à lui-même, a une vie qui lui est propre, un univers à part, bourré de références et ne ressemblant à rien de connu, piochant ça et là dans le répertoire évoqué ci-dessus, brassant toute sorte de styles comme l'électro, le free-jazz, le drone, la musique concrète ou encore l'experimental.
Vous me direz qu'au vu la description faite juste avant, ça ne peut que se barrer dans tous les sens. Comment rendre cohérent tous ces styles sans que ça ne tourne au capharnaüm ? La solution choisie par Julia Holter est simple : il suffit de faire rentrer tout ça, avec marteau et burin de rigueur, dans un format pop. Son talent, outre celui de V.R.P de Bouygues pour la pop, est de créer des compositions uniques, d'être une véritable aventurière. N'hésitant pas à prendre des risques, à flirter avec le ridicule (que de réverbérations, d'échos dans ce disque), piocher dans le répertoire des 80's (d'aucuns parleront de Laurie Anderson), sa pop baroque déroute en premier lieu puis finit par fasciner. Fasciner parce qu'elle met à jour une part d'enfance dans ce qu'elle a de plus cauchemardesque : la solitude, le repli sur soi, le développement de l'imaginaire pour faire face à une situation intolérable (Für felix ou moni mon amie s'apparentent à des comptines innocentes, toutes douces mais échappées de l'univers quelque peu perverti de twin peaks).
Pour le coup, après plusieurs écoutes au casque, je peux l'affirmer tranquillement, sans risque de me planter (et là mon jugement n'est pas fait à l'emporte-pièce comme ma précédente note) : jusque là, avec le Tindersticks et le Ruby Throat, il s'agit ni plus ni moins d'un autre indispensable de 2012 (qui s'avère être une année d'une grande richesse en seulement trois mois d'existence).
jeudi 12 janvier 2012
carbone 14 my dear
Ça fait combien d'années que Coil n'est plus ?
Sept ans déjà que Balance s'est vautré lamentablement du deuxième étage tel un Mike Brant underground.Sept années que leur musique n'est plus, qu'en matière d'électro barrée, malsaine, je me fais royalement chier.
Que reste-t-il de l'héritage de Coil ? pas grand chose malheureusement. Coil faisait du Coil. A savoir une musique relativement indescriptible, intemporelle, couvrant trois décennies mais dont le spectre va bien au-delà, entre expérimentations sauvages et ardues parfois inaudibles (constant shallowness, ANS, plastic spider things), beautés crépusculaires (music to play in the dark 1, black antlers, moonsmillk), drones hypnotiques (time machines et ses formules médicamenteuses) et albums un chouïa plus abordables pour l'auditeur aventurier ( love's secret domain, horse rotovator). Leur musique n'avait et n'a aucun équivalent à l'heure actuelle.
Et au niveau descendance, qu'en est-il ?? Pas grand chose ma foi. Hormis quelques traces dans la discographie de Demdike Stare, jusqu'à ce jour, il n'y avait quasiment rien.
Puis j'ai jeté une oreille au groupe anglais d'Edimbourg Young Hunting et leur nouvel EP the night of the burning. Et je suis tombé un peu sur le cul. Là, sur embers from the pyre, c'est the snow (LSD) qu'on entend, sur spiritual abandonment c'est are you shivering ou brocolis revisité par Dead Can Dance, ailleurs c'est un hybride Kate Bush/Coil qui saute aux oreilles.Chaque idée, chaque note, chaque arrangement de cet EP fait référence au groupe de Peter "Sleazy" Christopherson et John Balance. Dois-je parler du chant ? Cette façon de susurrer ses cauchemars à l'oreille de l'auditeur pour mieux nous plonger dans une torpeur stuporeuse est directement pompée sur le phrasé si particulier de Balance. Mais alors pourquoi parler de Young Hunting si c'est pour en dire pire que pendre ? Parce qu'au delà du pompage en règle de l'oeuvre de Coil, cet EP est très bien foutu. Equilibre parfaitement maîtrisé d'expérimentations et de mélodies, distillant une atmosphère totally british, parfois malsaine, un peu grandiloquente sur les bords (entrance from...), the nigt of the burning révèle un groupe à forte personnalité qui, s'il n'explore pas encore de territoires vierges, revisitent plutôt bien ceux si particulier de Coil, Throbbing Gristle, Current 93 et autres groupes expérimentaux des années 80.
Il paraît seulement incroyable, quand on lit le peu de renseignements que l'on peut glaner ça et là, que Marc Dall et Alex Ander n'aient jamais entendu parler de Coil jusqu'à récemment. Peut-être nous prennent-ils pour des blaireaux que j'en serais qu'à moitié étonné. Mais bon en attendant leur EP est prometteur et m'est avis que s'ils cherchent une structure pour les éditer, Durtro le label de David Tibet devrait les abriter pour un bon bout de temps.
Ci dessous, extrait de leur premier album sorti en 2010
Sept ans déjà que Balance s'est vautré lamentablement du deuxième étage tel un Mike Brant underground.Sept années que leur musique n'est plus, qu'en matière d'électro barrée, malsaine, je me fais royalement chier.
Que reste-t-il de l'héritage de Coil ? pas grand chose malheureusement. Coil faisait du Coil. A savoir une musique relativement indescriptible, intemporelle, couvrant trois décennies mais dont le spectre va bien au-delà, entre expérimentations sauvages et ardues parfois inaudibles (constant shallowness, ANS, plastic spider things), beautés crépusculaires (music to play in the dark 1, black antlers, moonsmillk), drones hypnotiques (time machines et ses formules médicamenteuses) et albums un chouïa plus abordables pour l'auditeur aventurier ( love's secret domain, horse rotovator). Leur musique n'avait et n'a aucun équivalent à l'heure actuelle.
Et au niveau descendance, qu'en est-il ?? Pas grand chose ma foi. Hormis quelques traces dans la discographie de Demdike Stare, jusqu'à ce jour, il n'y avait quasiment rien.
Puis j'ai jeté une oreille au groupe anglais d'Edimbourg Young Hunting et leur nouvel EP the night of the burning. Et je suis tombé un peu sur le cul. Là, sur embers from the pyre, c'est the snow (LSD) qu'on entend, sur spiritual abandonment c'est are you shivering ou brocolis revisité par Dead Can Dance, ailleurs c'est un hybride Kate Bush/Coil qui saute aux oreilles.Chaque idée, chaque note, chaque arrangement de cet EP fait référence au groupe de Peter "Sleazy" Christopherson et John Balance. Dois-je parler du chant ? Cette façon de susurrer ses cauchemars à l'oreille de l'auditeur pour mieux nous plonger dans une torpeur stuporeuse est directement pompée sur le phrasé si particulier de Balance. Mais alors pourquoi parler de Young Hunting si c'est pour en dire pire que pendre ? Parce qu'au delà du pompage en règle de l'oeuvre de Coil, cet EP est très bien foutu. Equilibre parfaitement maîtrisé d'expérimentations et de mélodies, distillant une atmosphère totally british, parfois malsaine, un peu grandiloquente sur les bords (entrance from...), the nigt of the burning révèle un groupe à forte personnalité qui, s'il n'explore pas encore de territoires vierges, revisitent plutôt bien ceux si particulier de Coil, Throbbing Gristle, Current 93 et autres groupes expérimentaux des années 80.
Il paraît seulement incroyable, quand on lit le peu de renseignements que l'on peut glaner ça et là, que Marc Dall et Alex Ander n'aient jamais entendu parler de Coil jusqu'à récemment. Peut-être nous prennent-ils pour des blaireaux que j'en serais qu'à moitié étonné. Mais bon en attendant leur EP est prometteur et m'est avis que s'ils cherchent une structure pour les éditer, Durtro le label de David Tibet devrait les abriter pour un bon bout de temps.
Ci dessous, extrait de leur premier album sorti en 2010
mardi 25 octobre 2011
nyx
Beach Boy avait déjà prévenu dans une de ses notes : le nouveau Mansfield.Tya vient de sortir.
Autant le dire : j'étais aussi excité à l'idée d'écouter ce nyx que de m'enfiler un verre de viandox en guise de café au petit-déj'. Leur précédent effort malgré quelques morceaux remarquables m'en touchait une sans faire bouger l'autre, déchiré que j'étais entre l'ennui, le ridicule et la beauté qui se dégageait de seules au bout de 23 secondes . Ne comprenant donc pas l'engouement de certains @mis pour ce groupe.C'est donc, fort logiquement, avec une certaine appréhension que je négociais l'écoute de Nyx, m'attendant à réprimer un bon paquet de bâillements tout du long.
Il faut au moins reconnaître une vertu à ce nyx, c'est d'être l'album le plus intrigant, déroutant même de cette année 2011 dans la catégorie chanson française. Déjà elles sortent un concept-album. Notion n'ayant plus court en 2011, qu'on aurait plus vu en cours dans les années 70. En gros le concept est le suivant : variations autour de nyx, déesse de la nuit liée au sommeil, au sarcasme, tromperie, discorde, vieillesse entre autre réjouissances. Les textes tournent donc autour de ces notions et donnent une tonalité très très sombre aux chansons. Comme tout concept-album, il faut une bonne part de prétention, une autre très bonne part d'expérimentations et une autre, plus grande encore, de talent pour faire de cet album un édifice cohérent. Le tout est de trouver le juste dosage. Vous vous en doutez, si j'en parle ici, c'est que le dosage est pas loin d'être parfait. Première évidence à l'écoute de nyx : par moment voir assez souvent, on dirait du Camille. Mauvais point me direz-vous ? Dans le cas présent non. Parce qu'être en groupe permet d'éviter le nombrilisme, les écueils dans lesquels tombe justement Camille (le côté regardez comme je maîtrise bien ma musique, que j'ai conscience de l'anormalité de celle-ci, je suis formidable non ?), tout en conservant les mêmes ambitions démesurées. An island in an island et au loin sont là pour témoigner qu'on peut faire du Camille et être excellent. Bon point donc.
Le cadre de l'album est très pop (une quinzaine de morceaux pour une petite trentaine de minutes) mais alors le contenant est essentiellement expérimental.Construit comme une pièce de théâtre avec une intro, deux parties et une conclusion ( lorgnant plus du côté de Lynch que de Feydeau ), nyx rappelle la grande époque de Saravah quand Higelin/Areski/Fontaine gravaient sur microsillons leurs délires musicaux. A la grande différence que leur délire ici n'est pas anarcho-surréaliste mais aurait tendance à être surréalistico-malsain (si tant est que ça veuille dire quelque chose). Lynch et son univers sont omniprésents (la notte, animal et ses vocaux malsains en introduction) celui de Claire Denis via trouble every day également et ce à travers la pop baroque et sombre des Tindersticks qui hantent toute la première partie. La seconde en revanche est beaucoup plus pop. Et française. Mais pas moins simple et bien plus barrée. Entre une relecture de Depeche Mode (cavaliers n'aurait pas dépareillé sur violator), une ambiance B.O sixties (logic coco), un hommage à Björk (des coups, des coeurs) et un titre que n'aurait pas renié Camille en plus barré, Mansfield Tya se permet, sur quatre morceaux dans un format de 2 mns chrono, de distendre la pop, la maltraiter pour mieux la sublimer (ok, j'envoie mon C.V aux inrocks, si jamais ils cherchent un remplaçant à Beauvallet, on sait jamais). Enfin vient Cerbère qui clôt nyx de façon quasi parfaite. Comme dans la mythologie, il empêche l'auditeur de s'échapper complétement de cet univers. Malsain au possible, stressant, il conclut l'album sur une note solennelle qui fait qu'on n'oublie pas de si tôt la demi-heure de folie qu'on vient de passer en compagnie de Mansfield Tya
Au final Nyx apparaît comme une entité malade, folle, créée par une sorte de Dr Frankenstein qui aurait troqué ses outils chirurgicaux pour des instruments et aurait appliqué à la lettre les préceptes enseignés par ces laborantins fous de Saravah dans les années 70. Un des disques français les plus marquants de l'année en tous les cas car le seul à vraiment allier prise de risque maximale, univers singulier et accessibilité. Pour tout vous dire, depuis que j'ai pressé play il y a deux jours, je n'ai pas réussi à écouter quoi que ce soit d'autre.Je sais qu'une fois ma note terminée je passerai à autre chose mais je reste persuadé que ça ne durera que deux ou trois jours avant que l'envie ne me reprenne de l'écouter.Et de replonger.
Autant le dire : j'étais aussi excité à l'idée d'écouter ce nyx que de m'enfiler un verre de viandox en guise de café au petit-déj'. Leur précédent effort malgré quelques morceaux remarquables m'en touchait une sans faire bouger l'autre, déchiré que j'étais entre l'ennui, le ridicule et la beauté qui se dégageait de seules au bout de 23 secondes . Ne comprenant donc pas l'engouement de certains @mis pour ce groupe.C'est donc, fort logiquement, avec une certaine appréhension que je négociais l'écoute de Nyx, m'attendant à réprimer un bon paquet de bâillements tout du long.
Il faut au moins reconnaître une vertu à ce nyx, c'est d'être l'album le plus intrigant, déroutant même de cette année 2011 dans la catégorie chanson française. Déjà elles sortent un concept-album. Notion n'ayant plus court en 2011, qu'on aurait plus vu en cours dans les années 70. En gros le concept est le suivant : variations autour de nyx, déesse de la nuit liée au sommeil, au sarcasme, tromperie, discorde, vieillesse entre autre réjouissances. Les textes tournent donc autour de ces notions et donnent une tonalité très très sombre aux chansons. Comme tout concept-album, il faut une bonne part de prétention, une autre très bonne part d'expérimentations et une autre, plus grande encore, de talent pour faire de cet album un édifice cohérent. Le tout est de trouver le juste dosage. Vous vous en doutez, si j'en parle ici, c'est que le dosage est pas loin d'être parfait. Première évidence à l'écoute de nyx : par moment voir assez souvent, on dirait du Camille. Mauvais point me direz-vous ? Dans le cas présent non. Parce qu'être en groupe permet d'éviter le nombrilisme, les écueils dans lesquels tombe justement Camille (le côté regardez comme je maîtrise bien ma musique, que j'ai conscience de l'anormalité de celle-ci, je suis formidable non ?), tout en conservant les mêmes ambitions démesurées. An island in an island et au loin sont là pour témoigner qu'on peut faire du Camille et être excellent. Bon point donc.
Le cadre de l'album est très pop (une quinzaine de morceaux pour une petite trentaine de minutes) mais alors le contenant est essentiellement expérimental.Construit comme une pièce de théâtre avec une intro, deux parties et une conclusion ( lorgnant plus du côté de Lynch que de Feydeau ), nyx rappelle la grande époque de Saravah quand Higelin/Areski/Fontaine gravaient sur microsillons leurs délires musicaux. A la grande différence que leur délire ici n'est pas anarcho-surréaliste mais aurait tendance à être surréalistico-malsain (si tant est que ça veuille dire quelque chose). Lynch et son univers sont omniprésents (la notte, animal et ses vocaux malsains en introduction) celui de Claire Denis via trouble every day également et ce à travers la pop baroque et sombre des Tindersticks qui hantent toute la première partie. La seconde en revanche est beaucoup plus pop. Et française. Mais pas moins simple et bien plus barrée. Entre une relecture de Depeche Mode (cavaliers n'aurait pas dépareillé sur violator), une ambiance B.O sixties (logic coco), un hommage à Björk (des coups, des coeurs) et un titre que n'aurait pas renié Camille en plus barré, Mansfield Tya se permet, sur quatre morceaux dans un format de 2 mns chrono, de distendre la pop, la maltraiter pour mieux la sublimer (ok, j'envoie mon C.V aux inrocks, si jamais ils cherchent un remplaçant à Beauvallet, on sait jamais). Enfin vient Cerbère qui clôt nyx de façon quasi parfaite. Comme dans la mythologie, il empêche l'auditeur de s'échapper complétement de cet univers. Malsain au possible, stressant, il conclut l'album sur une note solennelle qui fait qu'on n'oublie pas de si tôt la demi-heure de folie qu'on vient de passer en compagnie de Mansfield Tya
Au final Nyx apparaît comme une entité malade, folle, créée par une sorte de Dr Frankenstein qui aurait troqué ses outils chirurgicaux pour des instruments et aurait appliqué à la lettre les préceptes enseignés par ces laborantins fous de Saravah dans les années 70. Un des disques français les plus marquants de l'année en tous les cas car le seul à vraiment allier prise de risque maximale, univers singulier et accessibilité. Pour tout vous dire, depuis que j'ai pressé play il y a deux jours, je n'ai pas réussi à écouter quoi que ce soit d'autre.Je sais qu'une fois ma note terminée je passerai à autre chose mais je reste persuadé que ça ne durera que deux ou trois jours avant que l'envie ne me reprenne de l'écouter.Et de replonger.
lundi 26 septembre 2011
Climate of hunter
1983 dans les bureaux de virgin.
-Bon les gars, on a un problème. Et un
gros. Va falloir trouver une idée de pochette pour un disque dont on
ne devrait tirer aucun bénéfice sauf celui du prestige de vouloir
se tirer une balle dans le pied.
-Vous êtes sur de ce que vous avancez
?
-Affirmatif. D'ailleurs j'ai amené ici
une copie de l'album en question pour que vous vous en fassiez une
petite idée. Je l'aurais bien refusé mais on m'a dit en haut lieu
que c'était hors de question.
-Vous savez pourquoi ?
-Il paraît que le gars est une vedette
ultra connue des sixties, qu'il a été avec son groupe aussi
populaire que les Beatles, que l'avoir signé redorerait le blason de
virgin. Mais là, à l'écoute de sa galette, j'affirmerais sans trop
me planter qu'on est quelque peu dans la merde. Il y a pas de tubes
là-dessus, rien. A peine une chanson. Vous verrez, à la seconde
plage, le gars des claviers est resté bloqué sur une note. Et la
troisième, y aurait du potentiel mais ça décolle pas, ça évolue
pas, y a un refrain certes mais ça vaut pas les petits gars que je
viens de signer, simply red qu'ils se font appeler.Eux savent écrire
des tubes, je peux affirmer sans me planter qu'on devrait se faire
des couilles en or avec eux. Mais je voudrais pas vous influencer,
écoutez, vous me direz ce que vous en pensez.
Il ouvre la platine, pose le disque.
L'écoute commence. Une demi-heure passe. Climate of hunter se
termine. En prêtant bien l'oreille on entend plus que les
flatulences des drozophiles.
-Euhhh.................... là c'est
clair qu'on est mal. Vous en avez pensé quoi vous autres ?
-Ben, on va pas se faire de thunes avec
ce gars, ne nous faisons pas d'illusions.
-Musicalement, y aurait-il un pécore
qui pourrait me dire ce qu'il en a pensé ?
-C'est clairement du caca. Ca groove
pas du tout, la voix est trop mise en avant, les arrangements
paraissent datés et certains effets sont ringards. En un mot comme
en cent, ça vaut pas Simply Red.
-Merci pour votre point de vue.
Y-a-t-il quelqu'un d'autre pour prendre la parole à propos de ce
disque ?
Vous là-bas dans le coin : on vous
entend pas, vous bougez à peine, si vous pouviez ne pas être là...
-Qui, moi ???
-Oui, vous !!
-Ok. Vous voulez mon avis ??? vous
allez l'avoir. Ne nous voilons pas la face, on va pas faire de
ventes. En revanche, contrairement à mon connard de collègue sur la
droite, j'affirme haut et fort que Simply Red c'est du caca qui va
certes nous rapporter du pognon mais qu'en matière de crédibilité
on va y perdre. Manquerait plus qu'on récupère UB40 et là on
tiendrait le pompon. Sinon pour tous les ignares présents dans cette
salle Scott Walker a effectivement été une idole avec son groupe
the walker brothers dans les années 60. Il a sorti par la suite
quatre albums complétement différents de ce qu'il produisait avant.
Cet album que vous venez d'entendre, c'est un putain de chef-d'oeuvre
à côté duquel vous allez tous passer bande de branleurs. Les
arrangements ne sont pas datés bien au contraire, ils sont
intemporels et au service d'une voix magnifique. Ce mec c'est the
voice. Presley et Sinatra sont des petits joueurs à côté de lui.
Sa démarche est radicale certes mais il arrive à faire sonner ses
invités comme personne. Vous avez vu ?? Billy Ocean est excellent et
même l'autre endive de Knopfler sonne comme du Walker et pas Dire
Straits. Rien que pour ça je dis qu'il devrait être déifié ce
mec. Climate of hunter est un disque exigeant, qui ne prend pas ses
auditeurs pour des cons, évite toute facilité. Alors évidemment il
y a pas de mélodies évidentes, de trucs à fredonner sous la
douche, pas de refrains qu'on retiendra dès la première écoute
mais une atmosphère unique qui, mais ça ne reste que mon point de
vue, passera les années sans perdre une once de mystère. Vous jouez
en effet votre crédibilité en ne le sortant pas. Il est des disques
dont on sait pertinemment qu'ils deviendront culte sans faire de
vente. Scott Walker fait parti de cette catégorie d'artiste, ça
vous défrise probablement la chicorée mais ce n'est pas de ma faute
si vous n'êtes qu'une bande de mécréants attirés par le pognon
tel des mouches par la merde. On parle pas fric là on parle musique.
On parle même de création, d'image.
-Ok, ne nous énervons pas. Ce sera
tout ? Bon on va tout de même passer à ce qui nous intéresse, à
savoir la pochette.
Vu la musique un pendu ça serait de
circonstance non ? Un truc morbide, je sais pas moi, un zombi
bouffant un vinyle marqué Scott Walker dessus. Ou alors un truc
chiadé, hyper stylisé, un paysage dans la brume d'où émergerait
une main ensanglantée et au-dessus il y aurait marqué climate of
hunter en lettres rouge sang.
-Mais putain vous en tenez une couche
!! Vous avez écouté l'album oui ou merde ??!!! C'est un truc sobre,
sombre, exigeant, quelque chose dans lequel on nous invite à
rentrer, qui demande une attention particulière. On est pas chez
Iron Maiden ou Scorpions là. Il faut une photo, simple...
Bon ça va........ virez moi ce
gusse... il commence à me courir sur le haricot avec ses théories
fumeuses sur la musique. La musique c'est un produit, une
marchandise. On se doit de faire du profit avec. Ca s'arrête là. Si
vous voulez travailler dans l'industrie musicale, prenez un
instrument n'importe lequel et faites des notes avec de façon plus
ou moins harmonieuse. Après, tout est affaire de commerce. Point
barre. Fin du brainstorming, rentrez chez vous, merci.
N'empêche. Je ne sais pas comment
s'est déroulé la première écoute du climate of hunter chez virgin
mais j'imagine très bien la gueule des commerciaux découvrant cet
ovni. Une tête de trois pieds de long, en train de s'arracher les
cheveux pendant l'écoute, en se demandant comment ils vont arriver à
vendre ça.
Pour tout dire, je l'ai
retrouvé dans ma discothèque, dépoussiéré, enlevé les
moisissures, remis sur la platine et pris une bonne claque. La
production sent en effet les années 80 avec ce son de basse pourri,
slappé mais la voix de Walker, imposante, impériale colle un paquet
de frissons monumental et le contenu est intemporel. Climate of
hunter est barré, beau, expérimental, il enterre définitivement
les années pop et sert de transition afin de préparer la population
ébahie au radical tilt à venir une bonne dizaine d'années plus
tard. Mais c'est une autre histoire que je vous narrerai une
prochaine fois.
mercredi 29 juin 2011
Henry Flynt qui es-tu ?
Oui, qui es-tu Henry Flynt ?
Je le demande car peu de renseignements nous parviennent à ton sujet.
Le peu que j'ai pu glaner ça et là montre que tu serais philosophe ET musicien. Tu aurais, en tant que philosophe, instauré les base de nihilisme cognitif et publié des articles sur la métaphysique, l'économie, la sociologie et la philosophie culturelle. Certes. Pour plus de renseignements à ce sujet voir ici . (Et au passage si quelqu'un pouvait m'expliquer quoi que ce soit de la philosophie de Flynt dans des mots simples et intelligibles, il en serait remercié éternellement). Voila pour la partie intellectuelle.
Passons aux choses sérieuses : tu es aussi musicien, violoniste et Artiste. Tu as collaboré avec certains musiciens tels La Monte Young, Catherine Christer Hennix et au mouvement dadaiste Fluxus (pour résumer de façon sommaire : le mouvement fluxus consistait à un rejet systématique des institutions et de la notion d'oeuvre d'art, encore un truc de hippies dégénérés.). Tu as trempé également dans le free-jazz, le hilbillie, l'avant-garde, la noise, bref tu as été sur tous les fronts musicaux possibles et imaginables.
Si aujourd'hui je me permets de parler de toi c'est parce qu'on réédite tes travaux des années 70 et plus particulièrement une collaboration entre toi et Catherine Christer Hennix, glissando n°1. Un morceau d'une trentaine de minutes, dans l'esprit de ton magnifique you are my everlovin'/celestial power. Un travail sur le minimalisme, hypnotique en réponse au electric harpsichord, quelque chose d'absolument indescriptible à base de drone, de raga, de basses sourdes, répétitif mais complétement fascinant. Un lonnnnnnnnng trip d'une demi heure, doux, inquiétant, remplissant/habitant l'espace, une sorte de mantra dont le but est clairement d'élever l'âme par la transe via la répétition de sons hypnotiques. L'effet est garanti : les trente minutes en paraissent dix et l'idée que la pièce dans laquelle on écoute ce morceau aurait tendance à se dilater et à gagner de l'espace n'est pas complétement idiote.
L'autre bonne idée de cette réédition est d'avoir accompagné ce morceau d'un autre plus fascinant encore. Pièce d'une demi-heure au piano jouée à quatre mains, en collaboration encore et toujours avec C.C Hennix (dont il faudra que je parle un jour de son magnifique the electric harpsichord), faite de variations subtiles, frôlant l'ennui sans jamais tomber dedans du fait d'avoir l'impression d'écouter une sorte de cacophonie hypnotique, prenante, en constante évolution. Stereo piano me rappelle les travaux à venir de The Necks qui reprend la même formule et l'étend sur près d'une heure (il n'y a qu'à écouter sex, formidable premier album pour s'en rendre compte) et rien que ça, c'est formidable.
Alors Henry, je ne sais toujours pas grand chose de toi mais tu serais tout de même prié de rééditer un peu plus tes travaux parce que s'ils sont tous de cette qualité, je sens que toi et moi allons devenir plus proches (même si tu t'en fous). Allez, en attendant je me remettrais bien you are my everlovin' entre les esgourdes histoire de prolonger ce magnifique roman d'amitié débutant.
Sachant qu'il n'existe aucune vidéo de l'album glissando n°1, je me permets de mettre un extrait de son génial you are my everlovin'
Je le demande car peu de renseignements nous parviennent à ton sujet.
Le peu que j'ai pu glaner ça et là montre que tu serais philosophe ET musicien. Tu aurais, en tant que philosophe, instauré les base de nihilisme cognitif et publié des articles sur la métaphysique, l'économie, la sociologie et la philosophie culturelle. Certes. Pour plus de renseignements à ce sujet voir ici . (Et au passage si quelqu'un pouvait m'expliquer quoi que ce soit de la philosophie de Flynt dans des mots simples et intelligibles, il en serait remercié éternellement). Voila pour la partie intellectuelle.
Passons aux choses sérieuses : tu es aussi musicien, violoniste et Artiste. Tu as collaboré avec certains musiciens tels La Monte Young, Catherine Christer Hennix et au mouvement dadaiste Fluxus (pour résumer de façon sommaire : le mouvement fluxus consistait à un rejet systématique des institutions et de la notion d'oeuvre d'art, encore un truc de hippies dégénérés.). Tu as trempé également dans le free-jazz, le hilbillie, l'avant-garde, la noise, bref tu as été sur tous les fronts musicaux possibles et imaginables.
Si aujourd'hui je me permets de parler de toi c'est parce qu'on réédite tes travaux des années 70 et plus particulièrement une collaboration entre toi et Catherine Christer Hennix, glissando n°1. Un morceau d'une trentaine de minutes, dans l'esprit de ton magnifique you are my everlovin'/celestial power. Un travail sur le minimalisme, hypnotique en réponse au electric harpsichord, quelque chose d'absolument indescriptible à base de drone, de raga, de basses sourdes, répétitif mais complétement fascinant. Un lonnnnnnnnng trip d'une demi heure, doux, inquiétant, remplissant/habitant l'espace, une sorte de mantra dont le but est clairement d'élever l'âme par la transe via la répétition de sons hypnotiques. L'effet est garanti : les trente minutes en paraissent dix et l'idée que la pièce dans laquelle on écoute ce morceau aurait tendance à se dilater et à gagner de l'espace n'est pas complétement idiote.
L'autre bonne idée de cette réédition est d'avoir accompagné ce morceau d'un autre plus fascinant encore. Pièce d'une demi-heure au piano jouée à quatre mains, en collaboration encore et toujours avec C.C Hennix (dont il faudra que je parle un jour de son magnifique the electric harpsichord), faite de variations subtiles, frôlant l'ennui sans jamais tomber dedans du fait d'avoir l'impression d'écouter une sorte de cacophonie hypnotique, prenante, en constante évolution. Stereo piano me rappelle les travaux à venir de The Necks qui reprend la même formule et l'étend sur près d'une heure (il n'y a qu'à écouter sex, formidable premier album pour s'en rendre compte) et rien que ça, c'est formidable.
Alors Henry, je ne sais toujours pas grand chose de toi mais tu serais tout de même prié de rééditer un peu plus tes travaux parce que s'ils sont tous de cette qualité, je sens que toi et moi allons devenir plus proches (même si tu t'en fous). Allez, en attendant je me remettrais bien you are my everlovin' entre les esgourdes histoire de prolonger ce magnifique roman d'amitié débutant.
Sachant qu'il n'existe aucune vidéo de l'album glissando n°1, je me permets de mettre un extrait de son génial you are my everlovin'
mercredi 18 mai 2011
Kosten que deviens-tu ?
Comment concilier sa passion pour l'électro barrée, le jazz, le rock, la musique expérimentale, les B.O, Talk Talk, le classique sans se barrer dans tous les sens ?? Dure équation à laquelle a du se résoudre à répondre David Kosten quand il a créé son groupe Faultline.
Ben ouais, souvenez-vous : en 1999, sortait de nulle part closer colder. Album électro-expérimental d'un musicien doué à l'appétit gargantuesque. Le mec capable de tout ingurgiter et de le recracher de façon cohérente sur un disque barré. Le mec aime la drum & bass ? pas grave, il en fait un morceau. Il aime aussi la trompette, le jazz de Miles Davis? Il en fait aussi un morceau. Et plutôt que de se faire chier à faire deux morceaux distincts, il réunit les deux, imbrique dans ce même morceau son amour pour Talk Talk et pond un mute d'une beauté à chialer. Le genre de titre qu'aurait surement fait Davis s'il était intéressé à l'électro, ou derrière lequel court Matt Elliott depuis qu'il a créé son Third Eye Foundation. Un truc tendu, crépusculaire, immédiat. Magnifique.
Pour Talk Talk,c'est plus simple, il s'administre les services de Mark Feltham et le tour est joué, l'influence digérée. Pour le reste en revanche, Kosten ne fait aucun choix. Et c'est tant mieux. Tout y passe : le classique, qui déboule sans crier gare en plein milieu d'un morceau électro-rock tendu à l'extrême, ou alors en tant qu'ambient, placé au début d'un papercut furieux. L'expérimental, stressant au possible, sur un tiny consumer qui n'en finit pas de commencer, bourré de ruptures. Les B.O et son amour pour les ambiances des films de Lynch sur un closer colder anxiogène, utilisant la voix de Dennis Hopper dans blue velvet.
Bon je dis pas que tout est réussi dans cet album, control notamment, long et un peu pénible ou encore salt, mais Kosten avec closer colder démontrait qu'il avait des idées à revendre, qu'il savait les agencer de façon à passionner, qu'il pouvait concilier tension et création en électro.
La suite donnée à ce très bon closer colder en revanche fut une putain de douche froide. Kosten, à la recherche d'un succès, a tenté une approche pop de son électro et s'est lamentablement vautré avec un your love means everything que beaucoup de critiques ont essayé de nous vendre comme étant la plus bellevessie lanterne sortie en 2002.Un truc mou du genou, chiant comme c'est pas permis, lisse, sans vie, propre sur lui, sans prise de risque aucune. Toujours est-il que depuis neuf ans et le naufrage qu'est your love, on est sans véritables nouvelles de Kosten, on sait qu'il fait le producteur pour Bat For Lashes ou Joseph Arthur. Mais de là à ce qu'il se remette un jour à composer...
Ben ouais, souvenez-vous : en 1999, sortait de nulle part closer colder. Album électro-expérimental d'un musicien doué à l'appétit gargantuesque. Le mec capable de tout ingurgiter et de le recracher de façon cohérente sur un disque barré. Le mec aime la drum & bass ? pas grave, il en fait un morceau. Il aime aussi la trompette, le jazz de Miles Davis? Il en fait aussi un morceau. Et plutôt que de se faire chier à faire deux morceaux distincts, il réunit les deux, imbrique dans ce même morceau son amour pour Talk Talk et pond un mute d'une beauté à chialer. Le genre de titre qu'aurait surement fait Davis s'il était intéressé à l'électro, ou derrière lequel court Matt Elliott depuis qu'il a créé son Third Eye Foundation. Un truc tendu, crépusculaire, immédiat. Magnifique.
Pour Talk Talk,c'est plus simple, il s'administre les services de Mark Feltham et le tour est joué, l'influence digérée. Pour le reste en revanche, Kosten ne fait aucun choix. Et c'est tant mieux. Tout y passe : le classique, qui déboule sans crier gare en plein milieu d'un morceau électro-rock tendu à l'extrême, ou alors en tant qu'ambient, placé au début d'un papercut furieux. L'expérimental, stressant au possible, sur un tiny consumer qui n'en finit pas de commencer, bourré de ruptures. Les B.O et son amour pour les ambiances des films de Lynch sur un closer colder anxiogène, utilisant la voix de Dennis Hopper dans blue velvet.
Bon je dis pas que tout est réussi dans cet album, control notamment, long et un peu pénible ou encore salt, mais Kosten avec closer colder démontrait qu'il avait des idées à revendre, qu'il savait les agencer de façon à passionner, qu'il pouvait concilier tension et création en électro.
La suite donnée à ce très bon closer colder en revanche fut une putain de douche froide. Kosten, à la recherche d'un succès, a tenté une approche pop de son électro et s'est lamentablement vautré avec un your love means everything que beaucoup de critiques ont essayé de nous vendre comme étant la plus belle
vendredi 1 avril 2011
1er avril jour du poisson free
Bon : trêve de conneries, reprenons les rênes de ce blog en main et faisons de ce haut lieu de culture musicale élitiste ce qu'il devrait toujours être : un lieu de découvertes.
Programme du jour : improvisation électro-acoustique, jazz et bidouillages à tous les étages. Le tout grâce à un quintet multi-éthnique soufflant l'atomique et l'effroi, à savoir Koboku Senjû. Petit développement : l'atomique trouve son explication dans les les deux principaux membres de ce quintet : Tetuzi Akiyama (guitariste) et Toshimaru Nakamura (sequencer, blip blip en tous genres), japonais irradiés. L'effroi, via les trois autres membres : Martin Tacks (tuba), Oyvid Lonnig (trompette) et Espen Reinnersen (saxo + flûtes) musiciens de jazz émérites et (froids) norvégiens. Ensemble ils ont sorti, l'an dernier, sur l'excellent label norvégien Sofa, un album remarquable pas piqué des hannetons : selektiv hogst. Trois quart d'heures d'impro expérimentale aux confins du jazz, de la noise, du silence (beaucoup), de l'électro, du blues. Rien moins que ça. C'est assez indescriptible, faut parfois avoir les oreilles bien accrochées (fanget under giftig bark ou comment mélanger harmonieusement acouphènes et jazz à coup de 1000 hertz ), c'est souvent très beau et très très épuré.
Koboku lorgne tantôt vers les impros jazz d'un Spring Heel Jack, tantôt vers Supersilent. Comme eux Koboku apprivoise le silence, l'étire, joue avec, s'aventure parfois sur les terres peu amicales d'une ambient mal en point, créé une tension avec trois fois rien. Le résultat est tour à tour crispant, flippant, étrange et assez passionnant malgré tout. Car si selektiv hogst a les atours du disque chiant par excellence (expérimental au possible, mélodies aux abonnés absents, "bruits" stridents), il faut bien au moins quatre ou cinq écoutes pour en déceler la beauté . En gros, il faut laisser sa conception binaire, pop voir simpliste (rock ?) de la musique au vestiaire et accepter d'entrer dans un monde d'une austérité, d'une aridité sans égale. Ce disque s'apprivoise nom de dieu, c'es tpas une seule écoute qui va faire qu'on va trouver la clef pour y entrer. Alors pour une fois que je vous demande de faire un effort, faites moi le plaisir d'y jeter (et probablement d'y perdre) une oreille.Et ce, même si on est le premier avril, jour de la morue.
Programme du jour : improvisation électro-acoustique, jazz et bidouillages à tous les étages. Le tout grâce à un quintet multi-éthnique soufflant l'atomique et l'effroi, à savoir Koboku Senjû. Petit développement : l'atomique trouve son explication dans les les deux principaux membres de ce quintet : Tetuzi Akiyama (guitariste) et Toshimaru Nakamura (sequencer, blip blip en tous genres), japonais irradiés. L'effroi, via les trois autres membres : Martin Tacks (tuba), Oyvid Lonnig (trompette) et Espen Reinnersen (saxo + flûtes) musiciens de jazz émérites et (froids) norvégiens. Ensemble ils ont sorti, l'an dernier, sur l'excellent label norvégien Sofa, un album remarquable pas piqué des hannetons : selektiv hogst. Trois quart d'heures d'impro expérimentale aux confins du jazz, de la noise, du silence (beaucoup), de l'électro, du blues. Rien moins que ça. C'est assez indescriptible, faut parfois avoir les oreilles bien accrochées (fanget under giftig bark ou comment mélanger harmonieusement acouphènes et jazz à coup de 1000 hertz ), c'est souvent très beau et très très épuré.
Koboku lorgne tantôt vers les impros jazz d'un Spring Heel Jack, tantôt vers Supersilent. Comme eux Koboku apprivoise le silence, l'étire, joue avec, s'aventure parfois sur les terres peu amicales d'une ambient mal en point, créé une tension avec trois fois rien. Le résultat est tour à tour crispant, flippant, étrange et assez passionnant malgré tout. Car si selektiv hogst a les atours du disque chiant par excellence (expérimental au possible, mélodies aux abonnés absents, "bruits" stridents), il faut bien au moins quatre ou cinq écoutes pour en déceler la beauté . En gros, il faut laisser sa conception binaire, pop voir simpliste (rock ?) de la musique au vestiaire et accepter d'entrer dans un monde d'une austérité, d'une aridité sans égale. Ce disque s'apprivoise nom de dieu, c'es tpas une seule écoute qui va faire qu'on va trouver la clef pour y entrer. Alors pour une fois que je vous demande de faire un effort, faites moi le plaisir d'y jeter (et probablement d'y perdre) une oreille.Et ce, même si on est le premier avril, jour de la morue.
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