voici venuuuuuuuuu le temps du rire et des chants....
ah non tiens, plutôt le temps du bilan, en ce superbe jour du 30 décembre 2013.
Mais bon, à voir la gueule du top présenté ci-dessous, on se dit que le taulier a pas du se marrer tous les jours. Surtout quand on voit le trio de tête, un véritable tiercé de losers (magnifiques soit dit en passant).
Pour preuve :
N° 1 :
Mendelson :
Voilà un album imparfait, monolithique jusqu'au-boutiste, hors-format, implacable, d'une noirceur insondable mais d'une humanité terrible. Sur pas loin de 2h 30, Mendelson s'accapare l'espace,dilate le temps, bouleverse en profondeur. Dans les thèmes abordés, la façon de chanter/parler ses textes ou la radicalité de sa musique, le geste est tellement extrême que le disque ne laisse personne indifférent, suscitant fascination ou rejet mais n'appelant probablement pas de suite. Un très grand album d'une grande exigence.
N° 2 :
Troum : mare morphosis
Nouvel album, nouveau sommet pour les Allemands. Avec une nouveauté et pas des moindres : le duo laisse entrer la lumière dans leur dark ambient/drone. Résultat : un morceau de cinquante minutes conciliant grâce, légèreté et angoisse avec une rare maestria et une première partie lumineuse d'une grande beauté.
N° 3 :
Dirty Beaches : drifter/love is the devil
double album de malade (en même temps asiatique et canadien, il pouvait guère en être autrement hein) polyglotte, lo-fi, capable de réunir dans un même disque Joy Division, Suicide, Loren Mazzacane Connors ou encore William Basinski, drifter/love est l'album qui, s'il ne m'a pas autant impressionné que les deux précédents, m'a accompagné le plus cette année. Pas un CO certes mais un album qui s'installe doucement pour ne plus vous lâcher. Curieusement, c'est la partie ambient qui m'a permis d'entrer dans ce palais des glaces dans lequel je me suis complétement paumé avec délice. Je n'ai d'ailleurs toujours pas trouvé la sortie et je m'en fous royalement.
N°4 :
Luis Lopez & Humanization 4Tet : live in madison.
Dans live in madison, il y a live. Disque on ne peut plus vivant, il souffle dans ce free-jazz un vent de liberté, une énergie qui vous prend aux tripes, vous vrille la cervelle et rend dépendant au plus haut degré. Le précédent album du groupe était exceptionnel, celui-là lui tient sans problème la dragée haute. Sans conteste, l'album jazz de l'année.
N°5 :
Richard Buckner : surrounded
Au risque de me faire lyncher, l'album folk de l'année n'est pas le dream river de Bill Callahan mais le surrounded de Richard Buckner. En même temps, vous me direz (et vous n'aurez pas tort) qu'ils ne jouent pas tout à fait dans la même catégorie. Le Buckner est plus classique dans sa forme, plus distant, froid mais plus bouleversant. Dans surrounded, on le voit largué, au fond du trou, se dépatouillant comme il peut avec ses démons, ses influences (en gros la scène slowcore/folk américaine, Joy Division), ajoutant quelques nouveautés à sa musique (un peu d'électro) mais le fond reste toujours le même : un mec seul avec sa guitare et son spleen tenace. Surrounded en est une des plus belles illustration cette année.
to be continued....
Affichage des articles dont le libellé est Troum. Afficher tous les articles
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lundi 30 décembre 2013
mardi 10 juillet 2012
Screaming Corpses : a different taste of consciousness
Vous le savez toutes et tous : ce crucial blog, the beauty of sadness, tient son fabuleux nom du merveilleux album de Maeror Tri, ancêtre des non moins indispensables Troum. Mais Troum n'a pas toujours été Troum. Le trio, en 1987, était en fait un quatuor ( ou un quintor, allez savoir) et se nommait Screaming Corpses. Comme le nom peut le laisser supposer, ils n'officiaient pas encore dans l'ambient ou le drone mais dans un post-punk expérimental complètement barré. Vous le savez : quand on est musicien, sans technique, le principal n'est pas d'apprendre à maîtriser ses instruments mais plutôt le flux énorme d'idées qui peut sortir de quatre cerveaux en ébullition. Sur a different state of consciousness, premier et seul album de Screaming Corpses, c'est exactement ce face à quoi on se retrouve. Quatre gars qui ne savent pas encore dans quelle direction ils souhaitent faire aller leur musique mais en ont tout de même une petite idée : du moment que ce n'est pas accessible, n'importe quoi fera amplement l'affaire. En l'occurrence un zeste de drone, beaucoup de noise, quelques cris, pas mal de guitares désaccordées et sursaturées, un batteur ne sachant battre véritablement que les oeufs et vous obtenez un album franchement hardcore, âpre, d'une rugosité ne présageant en rien la beauté des enregistrements futurs. Loin de l'ambient mais très proche dans l'esprit du land speed record d'Hüsker Dü, voir du it's spooky de Fair & Johnston.
Il est curieux de voir l'évolution d'un groupe à l'aune de leurs premiers enregistrements : écouter Screaming Corpses, c'est écouter les balbutiements hardcores d'un groupe encore trop imprégné par le rock. C'est écouter les balbutiements d'un groupe qui, au fil des albums, abandonnera complétement l'usage semi-traditionnel du couplet/refrain/pont/viaduc/dynamite/arts plastiques pour s'aventurer dans des contrées que peu exploreront avec autant de brio. La seule constante que gardera le groupe sous ses autres patronymes est ce goût pour l'aventure qui le caractérise déjà dans cette cassette.
La musique de Screaming Corpses se démarque par un jusqu'au boutisme en matière de rock qui les rapproche d'un Einstürzende Neubaten, alternant morceaux rock expérimentaux avec de courts interludes limite ambient. Cependant, l'intelligence de Screaming Corpses sera de reconnaître que le rock n'est absolument pas fait pour lui, bien trop restrictif pour ses ambitions. Ils ont tenté l'aventure sur 22 morceaux, comportant de véritables fulgurances, quelques ratages mais un ensemble malgré tout homogène et assez réussi. Le clou de l'album étant les douze minutes du malsain boundary to insanity (à l'origine le morceau devait en faire trente), mélange d'ambient à la Maeror Tri, de mur du son pré-My Bloody Valentine, d'expérimentations sauvages et de beuglements indistincts à la Mark E Smith faisant du morceau une expérience assez paroxystique.
Et là je ne parle là que de a different state of consciousness, première cassette de Screaming Corpses. Une seconde est parue la même année, over my dead body !!! sur laquelle je n'ai malheureusement pu jeter une oreille car absolument introuvable sur le net.
En 1988, le tour du rock étant fait, le groupe va pouvoir se développer en virant deux membres, la batterie, changeant de nom et s'introduire à l'experimental pur via l'exploration des sons liés à l'usage maltraitant des guitares et à l'ambient dans le même contexte. En revanche, contrairement au rock, la publication de plus de quarante albums ne sera pas suffisant pour en faire vraiment le tour. Toujours est-il que a different state of consciousness reste à ce jour une curiosité bien plus intéressante que nombre de disques dits expérimentaux sortis ces derniers temps, la vision tronquée et barrée d'un groupe d'ambient voulant pratiquer le rock. Pas un chef-d'oeuvre mais une expérience très intéressante.
Il est curieux de voir l'évolution d'un groupe à l'aune de leurs premiers enregistrements : écouter Screaming Corpses, c'est écouter les balbutiements hardcores d'un groupe encore trop imprégné par le rock. C'est écouter les balbutiements d'un groupe qui, au fil des albums, abandonnera complétement l'usage semi-traditionnel du couplet/refrain/pont/viaduc/dynamite/arts plastiques pour s'aventurer dans des contrées que peu exploreront avec autant de brio. La seule constante que gardera le groupe sous ses autres patronymes est ce goût pour l'aventure qui le caractérise déjà dans cette cassette.
La musique de Screaming Corpses se démarque par un jusqu'au boutisme en matière de rock qui les rapproche d'un Einstürzende Neubaten, alternant morceaux rock expérimentaux avec de courts interludes limite ambient. Cependant, l'intelligence de Screaming Corpses sera de reconnaître que le rock n'est absolument pas fait pour lui, bien trop restrictif pour ses ambitions. Ils ont tenté l'aventure sur 22 morceaux, comportant de véritables fulgurances, quelques ratages mais un ensemble malgré tout homogène et assez réussi. Le clou de l'album étant les douze minutes du malsain boundary to insanity (à l'origine le morceau devait en faire trente), mélange d'ambient à la Maeror Tri, de mur du son pré-My Bloody Valentine, d'expérimentations sauvages et de beuglements indistincts à la Mark E Smith faisant du morceau une expérience assez paroxystique.
Et là je ne parle là que de a different state of consciousness, première cassette de Screaming Corpses. Une seconde est parue la même année, over my dead body !!! sur laquelle je n'ai malheureusement pu jeter une oreille car absolument introuvable sur le net.
En 1988, le tour du rock étant fait, le groupe va pouvoir se développer en virant deux membres, la batterie, changeant de nom et s'introduire à l'experimental pur via l'exploration des sons liés à l'usage maltraitant des guitares et à l'ambient dans le même contexte. En revanche, contrairement au rock, la publication de plus de quarante albums ne sera pas suffisant pour en faire vraiment le tour. Toujours est-il que a different state of consciousness reste à ce jour une curiosité bien plus intéressante que nombre de disques dits expérimentaux sortis ces derniers temps, la vision tronquée et barrée d'un groupe d'ambient voulant pratiquer le rock. Pas un chef-d'oeuvre mais une expérience très intéressante.
lundi 16 avril 2012
Je suis (encore) décevant
Autant le dire tout net : je me ramollis.
Kevin Tihista : pop.
Ruby Throat : folk
Julia Holter : pop
Junipers : pop
Bon il y a bien un disque de métal (pas terrible qui plus est) chroniqué ces derniers temps, mais autrement : rien. On nage dans le marasme là. On se fait chier grave.
Ça fait combien de mois que j'ai pas fait de note sur un disque d'ambient bien chiant, de plus de trois heures avec seulement deux morceaux au compteur ??? Combien de temps que j'ai pas fait de note sur un mec, dépressif chronique sous subutex, qui enregistre sa musique tout seul dans son coin avec son PC, ses samplers, sa guitare et qui te sort un truc beau à chialer mais à se pendre tant tu te fais chier si tu n'y es pas préparé ??? Hein ???
Je faiblis, je vous le dis.
Alors je m'en vais de ce pas me ressaisir.
M'en vais vous faire une note sur un gars qui vient de sortir un triple album d'ambient composé de neuf morceaux et d'une durée approximative de deux heures.
Faisez pas la gueule, l'album est superbe.
Et puis ce n'est pas qu'un disque d'ambient hein. C'est aussi de l'abstract et de du drone.
Chouette programme non ?
Comme tout bon électronicien qui se respecte, Fabio Orsi, malgré des origines italiennes, est berlinois.
Encore ???!!!! me direz-vous. Ben ouais, il est certains clichés dont on a du mal à se défaire. Celui qui voit qu'un bon album de musiques électroniques vient forcément de Berlin a la peau dure. Et ce n'est pas avec the new year is over que ça va changer. Mais bon, rassurez vous, comme je l'ai écrit plus haut, ce n'est pas de la minimal techno ou du dub façon Maurizio, c'est de l'abstract, du drone. De la musique pas drôle,chiante et répétitive en somme. Pour ceux qui ne veulent pas se donner la peine d'entrer dedans.
Et je l'affirme avec une objectivité rare : il serait tout de même dommage de se priver d'un tel plaisir.
A l'instar de Troum, Fabio Orsi réinvente des paysages fascinants en deux coups de cuillères à pots avec guitare et PC de rigueur. Dès the new year is over (yep) on retrouve les paysages lunaires, désertiques, de Yellow6. Une guitare bradycardisante sur le point de claquer, quelques trémolos de survie, un ou deux effets et votre appartement de merde n'existe plus, vos gros cons de voisins n'existent plus, votre vie n'est plus, vous n'êtes plus qu'abstraction et ce pendant onze minutes.
Vous l'êtes un peu moins sur les onze suivantes, très tribales et dronesques, mais Orsi se charge à nouveau de vous paumer littéralement, de ne faire de vous qu'une entité vaporeuse tantôt flippée à coups de dark ambient à la Troum (glüh), tantôt sereine avec une sorte d'ambient maritime à la Aidan Baker ou Current 93 ( le grandiose permanent mark). N'allez pas croire que l'album ne balance qu'entre ces deux pôles, certains morceaux montent de façon progressive et deviennent tendus voir limite bordéliques (endlisch), d'autres tournent à vide et deviennent chiants au possible à force de surplace (the lonesome era part 2). Pourtant, hormis ce titre peu intéressant, la force d'Orsi est qu'il sait faire évoluer ses morceaux de façon passionnante. Il y va à son rythme, par couches successives, créant une sorte de mille feuilles ambient qui varie en fonction des idées apportées par Orsi. Sur les trois disques et les neuf morceaux présents il n'y a véritablement qu'un seul échec, qu'une seule fois où Orsi semble ne pas avoir d'idée précise où emmener son morceau. Les dix minutes semblent en faire vingt et confirment que l'ambient/drone peu parfois être un tantinet pénible. Cependant il ne s'agit que d'un seul morceau, placé quasiment à la fin de l'album hein. Le reste est au minimum excellent (le premier disque et deux titres du troisième) voir remarquable (le second et ses deux morceaux ambient d'une vingtaine de minutes chacun).
The new year is over c'est, pour l'instant, ce qui s'est fait de mieux en matière de drone/ambient cette année, c'est un disque fait avec amour par un mec seul qui ne savait pas quoi foutre de ses instruments. Qui ne sait pas jouer de la guitare de façon conventionnelle mais sait en revanche très bien en sortir les sons adaptés à son mode de fonctionnement. C'est également un gars qui a écouté la discographie de Maeror Tri ou Troum jusqu'à plus soif et a su en tirer l'essence. Bref, comme disait la philosophe italienne des années 80, Enzo Enzo, c'est juste quelqu'un de bien.
Autrement il n'est pas seulement bon musicien cet italo-berlinois, il fait aussi de la photo et s'en sort plutôt bien. Son travail peut se voir ici.
Kevin Tihista : pop.
Ruby Throat : folk
Julia Holter : pop
Junipers : pop
Bon il y a bien un disque de métal (pas terrible qui plus est) chroniqué ces derniers temps, mais autrement : rien. On nage dans le marasme là. On se fait chier grave.
Ça fait combien de mois que j'ai pas fait de note sur un disque d'ambient bien chiant, de plus de trois heures avec seulement deux morceaux au compteur ??? Combien de temps que j'ai pas fait de note sur un mec, dépressif chronique sous subutex, qui enregistre sa musique tout seul dans son coin avec son PC, ses samplers, sa guitare et qui te sort un truc beau à chialer mais à se pendre tant tu te fais chier si tu n'y es pas préparé ??? Hein ???
Je faiblis, je vous le dis.
Alors je m'en vais de ce pas me ressaisir.
M'en vais vous faire une note sur un gars qui vient de sortir un triple album d'ambient composé de neuf morceaux et d'une durée approximative de deux heures.
Faisez pas la gueule, l'album est superbe.
Et puis ce n'est pas qu'un disque d'ambient hein. C'est aussi de l'abstract et de du drone.
Chouette programme non ?
Comme tout bon électronicien qui se respecte, Fabio Orsi, malgré des origines italiennes, est berlinois.
Encore ???!!!! me direz-vous. Ben ouais, il est certains clichés dont on a du mal à se défaire. Celui qui voit qu'un bon album de musiques électroniques vient forcément de Berlin a la peau dure. Et ce n'est pas avec the new year is over que ça va changer. Mais bon, rassurez vous, comme je l'ai écrit plus haut, ce n'est pas de la minimal techno ou du dub façon Maurizio, c'est de l'abstract, du drone. De la musique pas drôle,chiante et répétitive en somme. Pour ceux qui ne veulent pas se donner la peine d'entrer dedans.
Et je l'affirme avec une objectivité rare : il serait tout de même dommage de se priver d'un tel plaisir.
A l'instar de Troum, Fabio Orsi réinvente des paysages fascinants en deux coups de cuillères à pots avec guitare et PC de rigueur. Dès the new year is over (yep) on retrouve les paysages lunaires, désertiques, de Yellow6. Une guitare bradycardisante sur le point de claquer, quelques trémolos de survie, un ou deux effets et votre appartement de merde n'existe plus, vos gros cons de voisins n'existent plus, votre vie n'est plus, vous n'êtes plus qu'abstraction et ce pendant onze minutes.
Vous l'êtes un peu moins sur les onze suivantes, très tribales et dronesques, mais Orsi se charge à nouveau de vous paumer littéralement, de ne faire de vous qu'une entité vaporeuse tantôt flippée à coups de dark ambient à la Troum (glüh), tantôt sereine avec une sorte d'ambient maritime à la Aidan Baker ou Current 93 ( le grandiose permanent mark). N'allez pas croire que l'album ne balance qu'entre ces deux pôles, certains morceaux montent de façon progressive et deviennent tendus voir limite bordéliques (endlisch), d'autres tournent à vide et deviennent chiants au possible à force de surplace (the lonesome era part 2). Pourtant, hormis ce titre peu intéressant, la force d'Orsi est qu'il sait faire évoluer ses morceaux de façon passionnante. Il y va à son rythme, par couches successives, créant une sorte de mille feuilles ambient qui varie en fonction des idées apportées par Orsi. Sur les trois disques et les neuf morceaux présents il n'y a véritablement qu'un seul échec, qu'une seule fois où Orsi semble ne pas avoir d'idée précise où emmener son morceau. Les dix minutes semblent en faire vingt et confirment que l'ambient/drone peu parfois être un tantinet pénible. Cependant il ne s'agit que d'un seul morceau, placé quasiment à la fin de l'album hein. Le reste est au minimum excellent (le premier disque et deux titres du troisième) voir remarquable (le second et ses deux morceaux ambient d'une vingtaine de minutes chacun).
The new year is over c'est, pour l'instant, ce qui s'est fait de mieux en matière de drone/ambient cette année, c'est un disque fait avec amour par un mec seul qui ne savait pas quoi foutre de ses instruments. Qui ne sait pas jouer de la guitare de façon conventionnelle mais sait en revanche très bien en sortir les sons adaptés à son mode de fonctionnement. C'est également un gars qui a écouté la discographie de Maeror Tri ou Troum jusqu'à plus soif et a su en tirer l'essence. Bref, comme disait la philosophe italienne des années 80, Enzo Enzo, c'est juste quelqu'un de bien.
Autrement il n'est pas seulement bon musicien cet italo-berlinois, il fait aussi de la photo et s'en sort plutôt bien. Son travail peut se voir ici.
mardi 15 novembre 2011
P'tit pimmon
En premier lieu, Tenhi : faisons une croix dessus, passons à autre chose.
En second lieu, il n'y aura pas de second lieu. On passe directement à autre chose.
Après deux échos satanistes endiablés il était temps, pour mes oreilles ainsi que le peu de neurones restant après ces écoutes démoniaques, d'aller voir ailleurs. Notamment en Allemagne où officie l'excellent Pimmon. Qui, comme chacun sait ici, n'est pas allemand mais bien australien. Je vous livre un extrait du dossier de presse, extrait du magasine musique mon amour dont vous n'avez rien à foutre et je vous comprends fort bien :
"Paul Gough alias Pimmon enchante l'électro depuis un peu plus de dix ans, ne sortant que chédeuvres sur chéduevres. Sa science des bips, des blings et des wizzzz ravira l'auditeur exigeant tandis que l'auditeur moyen fuira à toutes jambes devant un tel capharnaüm. Paul Gough est une sorte de Picasso de la musique électronique. Fracassant ses rythmes, tordant les beats..."patati patata....
Bon ok, j'avoue : l'écoute prolongée de métal entraîne de graves lésions. Notamment auprès du nerf auditif et son prolongement direct à savoir l'encéphale qui n'en demandait pas tant. Mais bon, autant le dire tout net : ce n'est pas l'écoute de the oansome orbit qui va arranger les choses, bien au contraire. Non pas qu'il soit inaudible loin de là. Mais il provoque certains dommages irréversibles une fois l'écoute achevée. Dépendance, état de sidération limite catatonique,distorsion de la réalité, décrochage de machoîre avec passage obligé chez le chirurgien, paranoïa, émergence de psychoses latentes, érections capillaires multiples, j'en passe et des meilleurs. Un cas similaire avait été signalé il y a déjà vingt ans. L'auteur de ce coup d'éclat s'était grillé les neurones et n'a jamais été capable de rééditer cet exploit voir même de refaire quoi que ce soit derrière. Kevin Shields si tu me lis, ce qui est peu probable, sache qu'on pense toujours à toi. Et que tu n'es plus seul. Paul Gough en effet vient de te rejoindre dans la catégorie bâtisseurs de beautés extrêmes. Seule la technique change : Gough ne joue pas de la guitare, seulement du synthé et du PC. Mais le résultat est à peu de chose près aussi sidérant. Gough est une sorte de magicien du son, capable de construire des édifices éclatants sur une matière plus que mouvante, de bâtir un monde parallèle à base de chaos tout en faisant preuve de cohérence. Comme Shields lors de loveless, il parvient à habiter l'espace, se l'approprier entièrement et le reconfigurer à sa manière. Si je devais faire un parallèle avec le cinéma, je dirais que Gough a réussi sur oansome orbit ce que Tarkovski expérimentait et réussissait sur tous ses films : à prendre un matériau commun et en faire quelque chose d'unique. Comme chez Tarkovski la notion de temps n'a plus lieu d'être; il a beau être trituré,étiré, il passe comme un souffle. Comme chez Tarkovski, Gough parvient à extraire la beauté, le mystère d'une matière particulièrement rebutante.
En somme Pimmon sur the oansome orbit, c'est un peu le haut du panier en matière d'expérimentation sonore. A ranger près du bone tree soundtracks vol I de U.R.I, de n'importe quel disque de Troum ou de Coil. Bref,si vous n'êtes pas complétement décérébré, comme je peux l'être parfois, vous aurez compris que the oanesome orbit devrait en toute logique terminer assez bien placé dans ma liste de fin d'année. Et ce n'est rien face au mastodonte qui arrive et que je m'apprête à chroniquer d'ici peu : paragon of dissonance des monumentaux Esoteric (qui, lui, devrait truster l'une des trois premières places du meilleur album 2011, si ce n'est la première). Bon, sur ce je plie les gaules, fais mon deuil du catastrophique myrrhmanthon et vais me refaire une piqûre d'Esoteric pour m'en remettre. Et si ça ne suffit pas je m'enverrais la discographie complète de Pimmon.
En second lieu, il n'y aura pas de second lieu. On passe directement à autre chose.
Après deux échos satanistes endiablés il était temps, pour mes oreilles ainsi que le peu de neurones restant après ces écoutes démoniaques, d'aller voir ailleurs. Notamment en Allemagne où officie l'excellent Pimmon. Qui, comme chacun sait ici, n'est pas allemand mais bien australien. Je vous livre un extrait du dossier de presse, extrait du magasine musique mon amour dont vous n'avez rien à foutre et je vous comprends fort bien :
"Paul Gough alias Pimmon enchante l'électro depuis un peu plus de dix ans, ne sortant que chédeuvres sur chéduevres. Sa science des bips, des blings et des wizzzz ravira l'auditeur exigeant tandis que l'auditeur moyen fuira à toutes jambes devant un tel capharnaüm. Paul Gough est une sorte de Picasso de la musique électronique. Fracassant ses rythmes, tordant les beats..."patati patata....
Bon ok, j'avoue : l'écoute prolongée de métal entraîne de graves lésions. Notamment auprès du nerf auditif et son prolongement direct à savoir l'encéphale qui n'en demandait pas tant. Mais bon, autant le dire tout net : ce n'est pas l'écoute de the oansome orbit qui va arranger les choses, bien au contraire. Non pas qu'il soit inaudible loin de là. Mais il provoque certains dommages irréversibles une fois l'écoute achevée. Dépendance, état de sidération limite catatonique,distorsion de la réalité, décrochage de machoîre avec passage obligé chez le chirurgien, paranoïa, émergence de psychoses latentes, érections capillaires multiples, j'en passe et des meilleurs. Un cas similaire avait été signalé il y a déjà vingt ans. L'auteur de ce coup d'éclat s'était grillé les neurones et n'a jamais été capable de rééditer cet exploit voir même de refaire quoi que ce soit derrière. Kevin Shields si tu me lis, ce qui est peu probable, sache qu'on pense toujours à toi. Et que tu n'es plus seul. Paul Gough en effet vient de te rejoindre dans la catégorie bâtisseurs de beautés extrêmes. Seule la technique change : Gough ne joue pas de la guitare, seulement du synthé et du PC. Mais le résultat est à peu de chose près aussi sidérant. Gough est une sorte de magicien du son, capable de construire des édifices éclatants sur une matière plus que mouvante, de bâtir un monde parallèle à base de chaos tout en faisant preuve de cohérence. Comme Shields lors de loveless, il parvient à habiter l'espace, se l'approprier entièrement et le reconfigurer à sa manière. Si je devais faire un parallèle avec le cinéma, je dirais que Gough a réussi sur oansome orbit ce que Tarkovski expérimentait et réussissait sur tous ses films : à prendre un matériau commun et en faire quelque chose d'unique. Comme chez Tarkovski la notion de temps n'a plus lieu d'être; il a beau être trituré,étiré, il passe comme un souffle. Comme chez Tarkovski, Gough parvient à extraire la beauté, le mystère d'une matière particulièrement rebutante.
En somme Pimmon sur the oansome orbit, c'est un peu le haut du panier en matière d'expérimentation sonore. A ranger près du bone tree soundtracks vol I de U.R.I, de n'importe quel disque de Troum ou de Coil. Bref,si vous n'êtes pas complétement décérébré, comme je peux l'être parfois, vous aurez compris que the oanesome orbit devrait en toute logique terminer assez bien placé dans ma liste de fin d'année. Et ce n'est rien face au mastodonte qui arrive et que je m'apprête à chroniquer d'ici peu : paragon of dissonance des monumentaux Esoteric (qui, lui, devrait truster l'une des trois premières places du meilleur album 2011, si ce n'est la première). Bon, sur ce je plie les gaules, fais mon deuil du catastrophique myrrhmanthon et vais me refaire une piqûre d'Esoteric pour m'en remettre. Et si ça ne suffit pas je m'enverrais la discographie complète de Pimmon.
lundi 4 octobre 2010
Daas
Youhouuuu !! c'est reparti pour une note de folie, tagada tsoi tsoin, bonne humeur à tous les étages.
Aujourd'hui tel un Patrick Sébastien priapique, je vais vous parler d'un album qui fout la gaule à chaque écoute.Un truc torride pour être sur de baiser à n'importe quel moment, avec n'importe qui, dès que tu appuies sur play. Un truc que Rachida Dati a du s'écouter quelques bonnes dizaines de fois avant qu'elle ne pipe mot lors de sa fameuse interview.
Bref aujourd'hui je vais parler de............... Machinefabriek. De ses cinq morceaux interminables, de ses une heure quinze d'ambient à te coller un bourdon phénoménal. Un truc tellement chiant sur papier (pas de refrains, pas de mélodies, rien) que tu finis par avoir envie de t'envoyer l'intégrale de Patrick Sébastien chanté par Bézu avec notre Stevie Wonder local, Gilbert Montagné, aux manettes. L'idée qu'on peut se faire du cauchemar. Du moins la mienne.
Et pourtant. Ce disque, daas, est une petite merveille.
Déjà, savoir une chose : le premier morceau, daas, a été écrit à quatre mains avec Richard Skelton, qui, sous le sobriquet de A Broken Consort, a sorti l'an dernier un des trucs les plus fascinants en matière d'électro/ambient/classique : box of birch (dont j'avais déjà parlé dans mon précédent excellentissime blog). Pas la moitié d'une merde quoi. Ce morceau, le plus court (seulement sept minutes), excellent au demeurant, est tout de même le plus faible de l'album. Skelton est un peu too much dedans. Néanmoins il donne le ton de ce qui va suivre. Et ce qui suit est assez fascinant. Mélange d'ambient, de drone, de classique, de noise, daas de Machinefabriek se voudrait une sorte de mix entre Troum et U-R-I . Mais là où Troum ou Ure Thrall (U-R-I) sortent des disques d'une beauté effrayante ( la fin du monde mise en musique, pour résumer), Machinefabriek, sous des aspects flippés, tendus (notamment flotter ), propose une musique "sereine", progressive, rendant hommage à des groupes comme Tangerine Dream ou encore le Robert Wyatt de rock bottom(koploop).
Rutger Zuydeveldt, hollandais de son état, sait manier les silences, faire varier la tension d'un morceau, passer d'un drone à un violon puis à une sitar d'une façon on ne peut plus naturelle. On sait comment débute le morceau mais on ne peut en aucun cas deviner comment il va se terminer ou quels chemins tortueux il va prendre. Toute cette science, cette maîtrise rend Daas intense, passionnant et relativement indispensable. Alors c'est loin d'être tagada tsoin tsoin vive la fête comme vous l'espériez plus haut, c'est encore un putain d'album ambient glauquechiantàlamordmoilenoeud certes mais ça fait autrement plus de bien à écouter que n'importe quel album de Maximum Balloon ou autre Deerhunter (bien que celui-ci soit loin d'être entièrement mauvais) dont on nous avreuve en ce moment.
Aujourd'hui tel un Patrick Sébastien priapique, je vais vous parler d'un album qui fout la gaule à chaque écoute.Un truc torride pour être sur de baiser à n'importe quel moment, avec n'importe qui, dès que tu appuies sur play. Un truc que Rachida Dati a du s'écouter quelques bonnes dizaines de fois avant qu'elle ne pipe mot lors de sa fameuse interview.
Bref aujourd'hui je vais parler de............... Machinefabriek. De ses cinq morceaux interminables, de ses une heure quinze d'ambient à te coller un bourdon phénoménal. Un truc tellement chiant sur papier (pas de refrains, pas de mélodies, rien) que tu finis par avoir envie de t'envoyer l'intégrale de Patrick Sébastien chanté par Bézu avec notre Stevie Wonder local, Gilbert Montagné, aux manettes. L'idée qu'on peut se faire du cauchemar. Du moins la mienne.
Et pourtant. Ce disque, daas, est une petite merveille.
Déjà, savoir une chose : le premier morceau, daas, a été écrit à quatre mains avec Richard Skelton, qui, sous le sobriquet de A Broken Consort, a sorti l'an dernier un des trucs les plus fascinants en matière d'électro/ambient/classique : box of birch (dont j'avais déjà parlé dans mon précédent excellentissime blog). Pas la moitié d'une merde quoi. Ce morceau, le plus court (seulement sept minutes), excellent au demeurant, est tout de même le plus faible de l'album. Skelton est un peu too much dedans. Néanmoins il donne le ton de ce qui va suivre. Et ce qui suit est assez fascinant. Mélange d'ambient, de drone, de classique, de noise, daas de Machinefabriek se voudrait une sorte de mix entre Troum et U-R-I . Mais là où Troum ou Ure Thrall (U-R-I) sortent des disques d'une beauté effrayante ( la fin du monde mise en musique, pour résumer), Machinefabriek, sous des aspects flippés, tendus (notamment flotter ), propose une musique "sereine", progressive, rendant hommage à des groupes comme Tangerine Dream ou encore le Robert Wyatt de rock bottom(koploop).
Rutger Zuydeveldt, hollandais de son état, sait manier les silences, faire varier la tension d'un morceau, passer d'un drone à un violon puis à une sitar d'une façon on ne peut plus naturelle. On sait comment débute le morceau mais on ne peut en aucun cas deviner comment il va se terminer ou quels chemins tortueux il va prendre. Toute cette science, cette maîtrise rend Daas intense, passionnant et relativement indispensable. Alors c'est loin d'être tagada tsoin tsoin vive la fête comme vous l'espériez plus haut, c'est encore un putain d'album ambient glauquechiantàlamordmoilenoeud certes mais ça fait autrement plus de bien à écouter que n'importe quel album de Maximum Balloon ou autre Deerhunter (bien que celui-ci soit loin d'être entièrement mauvais) dont on nous avreuve en ce moment.
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