C'est moche le temps hein. Un jour vous sortez un premier album merveilleux avec votre groupe. Vous êtes bardés de références, prêts à bouffer le monde, on vous déroule le tapis rouge. On vous trouve également un groupe à qui vous opposer, qui a sorti dans l'entre fait un album honorable mais pas du même niveau. C'est de bonne guerre, Beatles/Stones, Blur/Oasis, nombreux sont les exemples dans la musique anglaise.Vous vous la pétez et vous avez de quoi. Vous avez même une grande gueule, vous êtes intransigeant, Mark E Smith fait figure de Michel Drucker face à vous. Il y a vingt ans, tout vous souriait.
2011 : vous sortez un album sous votre véritable patronyme, un de plus.
Mais plus grand monde en a quelque chose à foutre. Vous êtes devenus un anonyme comme tant d'autres. Une gloire passée.
Pourtant vous avez sorti cette année un album plus qu'honorable. Gorgé de guitares acoustiques, de mélodies à foison, un concept-album humble, intelligent. Parfois un peu abscons, expérimental même mais toujours charmant, qui aurait du trouver un écho un peu partout, vous remettre en selle. Pas de bol pour vous, cette année, dans la catégorie anglais(e) irascible, c'est PJ Harvey qui rafle la mise. Vous laissant encore une fois sur la touche. Vous ferez parti, comme tant d'autres, des oubliés de 2011, au profit d'albums dont on ne se souviendra plus dans trois mois (WUF qui déjà ?). On reparlera de vous dans une bonne dizaine d'années comme on évoque avec une pointe de nostalgie, les yeux embrumés, le destin des Sneetches, d'It's Immaterial, de tous ces groupes ayant connu, l'espace d'un court instant, la magie de la gloire.
Voyez-vous, cher Luke Haines, malgré ce bel effort qu'est 9 1/2 psychedelic meditations On British Wrestling Of The 1970's and early's 80, relativement sobre, dans la lignée de ce que vous faites le mieux, une pop classe et relativement épurée, je crois que ce ne sera pas cette année que la gloire reviendra vous visiter. Cette pute est venue en 1993 mais n'a plus donné de nouvelles depuis. Manquerait plus que votre muse, parfois défaillante (21st century man notamment) ne vous lâche complétement. Et là je crois qu'on vous aura perdu une bonne fois pour toutes. La seule chose qu'il manquerait pour finir en beauté ce tableau total loser serait une mort stupide, genre marcher sur ses lacets près d'une autoroute en voulant cueillir des champignons puis se faire écraser. Je sais, c'est con. Mais la vie est ainsi faite.
mardi 20 décembre 2011
dimanche 18 décembre 2011
la saloperie du dimanche
La saloperie va consacrer un acteur/chanteur au top de sa forme dans les années 80. Quelque part entre Vivien Savage et Jean-Jacques Lafon il manquait un chaînon.
Un lien.
Quelque chose.
Un truc.
Un je ne sais quoi.
Ah ??!!! mais oui : il manquait DANIEL AUTEUIL.
Cet immenseacteur auteur/compositeur trop rare dans le paysage musical français a pourtant pondu un des textes les plus formidables qui soient : t'es pas la femme du boulanger. (Comme quoi le gars a de la suite dans les idées hein. Une trentaine d'années plus tard il réalisera un remake de Pagnol.)
Cette revisitation du mythe de Pagnol façon C. Jerome est un moment rare, exquis, d'une grande subtilité. J'avoue avoir eu un moment l'esquisse d'une érection quand débarque, comme une couille dans le potage, la batterie, belle, aérienne, émouvante.Je me souviens avoir pleuré devant cs paroles si belles, si vraies. Je me souviens....
...je me rappelle (désolé)
Un lien.
Quelque chose.
Un truc.
Un je ne sais quoi.
Ah ??!!! mais oui : il manquait DANIEL AUTEUIL.
Cet immense
Cette revisitation du mythe de Pagnol façon C. Jerome est un moment rare, exquis, d'une grande subtilité. J'avoue avoir eu un moment l'esquisse d'une érection quand débarque, comme une couille dans le potage, la batterie, belle, aérienne, émouvante.Je me souviens avoir pleuré devant cs paroles si belles, si vraies. Je me souviens....
...je me rappelle (désolé)
vendredi 16 décembre 2011
Yellow 6
Ne jamais faire sa liste des meilleurs albums de l'année avant que l'année ne soit complétement terminée. On ne sait jamais.
Quand je vois mes @mis faire la leur une quinzaine de jours avant le véritable acte de décès, j'ai peur pour eux. Oui !!! comme faisait Narcy dans les années 70 : myrrhman a peur !!!!!. C'est vrai. Je ne m'en cache pas, j'ai peur. Une peur incommensurable, déraisonnée, que même Jean-Luc Lahaye il peut pas la comprendre. Lui qui a pourtant si bien su la chanter n'arriverait pas à en saisir l'esprit, l'essence, la substantifique moelle.
Alors ne tergiversons point, ne mégotons point non plus,disons le tout de go : mes @mis sont de gros crétins. Ça m'effraie. Vraiment.
Pourquoi me demanderez-vous ?
Parce que ces triples buses vont passer à côté du nouvel album de Yellow 6. Et ça c'est limite impardonnable. Je ne dis pas que c'est l'album de l'année, ou le truc qui va bouleverser l'ordre établi. Seulement pour les amateurs de drone, d'ambient, de post rock, de Labradford, Windy & Carl ou de Star Of The Lids, drifting for the horizon va vite se révéler indispensable. Dès les premières minutes de long sad #1 en fait. En guise d'introduction, Jon Attwood aka Yellow 6 prolonge et rend hommage de fort belle manière au dernier morceau d'E luxo so de Labradford. Il en reprend la mélodie, l'arrange à sa sauce, l'étire avec un minimum d'arrangements pour parvenir à en faire une douce comptine d'une tristesse insondable, à en tirer des larmes à l'oeil de verre de Le Pen. c'est dire la puissance de la chose. La suite va être du même registre : une pulsation à 0.5 BPM maximum, des guitares égrenant toute leur mélancolie sur des arpèges délicats, quelques notes de piano, des drones subtils et doux auxquels s'ajoute une réverbération du meilleur effet pour atteindre une musique d'une beauté égale aux meilleurs Labradford. Basée sur la répétition, la lenteur, l'hypnotisme, le peu de chose, la musique de Yellow 6 finit par envahir la pièce dans laquelle se trouve l'auditeur et l'envelopper, le happer par de longues plages éthérées. La notion de temps finit par ne plus exister, la pièce dans laquelle vous vous trouvez non plus. Jon Attwood créé, avec le peu d'instruments qu'il a sous la main, un nouveau monde souvent très doux, parfois tendu (this is not a cloud). En somme, il parvient avec rien ou presque à captiver, émouvoir grâce à l'intelligence de ses arrangements et de son talent.
De quoi se retrouver dans les tops de l'année quoi. Seulement personne, hormis mézigue,n'y aura prêté une oreille attentive. Y a des baffes qui se perdent, je vous le dis.
Alors maintenant vous me comprenez quand je vous dis que mes @mis sont de gros abrutis ? Je me demande bien ce qu'ils feraient sans moi tiens. Enfin bon, je me dis qu'ils ne sont pas irrécupérables non plus hein.
La preuve ??
ce sont mes @mis.
Des gens biens en somme. Mais un peu cons.
Comme moi.
Pour ceux qui voudraient se faire une petite idée de ce que donne drifting for the horizon, l'album est en écoute ici sur le bandcamp de Yellow 6.
(on me souffle dans l'oreillette qu'il s'agirait de Gicquel et non Narcy qui aurait dit la France a peur. Mes plus plates excuses envers les intéressés. Le temps ne fait rien à l'affaire....)
Quand je vois mes @mis faire la leur une quinzaine de jours avant le véritable acte de décès, j'ai peur pour eux. Oui !!! comme faisait Narcy dans les années 70 : myrrhman a peur !!!!!. C'est vrai. Je ne m'en cache pas, j'ai peur. Une peur incommensurable, déraisonnée, que même Jean-Luc Lahaye il peut pas la comprendre. Lui qui a pourtant si bien su la chanter n'arriverait pas à en saisir l'esprit, l'essence, la substantifique moelle.
Alors ne tergiversons point, ne mégotons point non plus,disons le tout de go : mes @mis sont de gros crétins. Ça m'effraie. Vraiment.
Pourquoi me demanderez-vous ?
Parce que ces triples buses vont passer à côté du nouvel album de Yellow 6. Et ça c'est limite impardonnable. Je ne dis pas que c'est l'album de l'année, ou le truc qui va bouleverser l'ordre établi. Seulement pour les amateurs de drone, d'ambient, de post rock, de Labradford, Windy & Carl ou de Star Of The Lids, drifting for the horizon va vite se révéler indispensable. Dès les premières minutes de long sad #1 en fait. En guise d'introduction, Jon Attwood aka Yellow 6 prolonge et rend hommage de fort belle manière au dernier morceau d'E luxo so de Labradford. Il en reprend la mélodie, l'arrange à sa sauce, l'étire avec un minimum d'arrangements pour parvenir à en faire une douce comptine d'une tristesse insondable, à en tirer des larmes à l'oeil de verre de Le Pen. c'est dire la puissance de la chose. La suite va être du même registre : une pulsation à 0.5 BPM maximum, des guitares égrenant toute leur mélancolie sur des arpèges délicats, quelques notes de piano, des drones subtils et doux auxquels s'ajoute une réverbération du meilleur effet pour atteindre une musique d'une beauté égale aux meilleurs Labradford. Basée sur la répétition, la lenteur, l'hypnotisme, le peu de chose, la musique de Yellow 6 finit par envahir la pièce dans laquelle se trouve l'auditeur et l'envelopper, le happer par de longues plages éthérées. La notion de temps finit par ne plus exister, la pièce dans laquelle vous vous trouvez non plus. Jon Attwood créé, avec le peu d'instruments qu'il a sous la main, un nouveau monde souvent très doux, parfois tendu (this is not a cloud). En somme, il parvient avec rien ou presque à captiver, émouvoir grâce à l'intelligence de ses arrangements et de son talent.
De quoi se retrouver dans les tops de l'année quoi. Seulement personne, hormis mézigue,n'y aura prêté une oreille attentive. Y a des baffes qui se perdent, je vous le dis.
Alors maintenant vous me comprenez quand je vous dis que mes @mis sont de gros abrutis ? Je me demande bien ce qu'ils feraient sans moi tiens. Enfin bon, je me dis qu'ils ne sont pas irrécupérables non plus hein.
La preuve ??
ce sont mes @mis.
Des gens biens en somme. Mais un peu cons.
Comme moi.
Pour ceux qui voudraient se faire une petite idée de ce que donne drifting for the horizon, l'album est en écoute ici sur le bandcamp de Yellow 6.
(on me souffle dans l'oreillette qu'il s'agirait de Gicquel et non Narcy qui aurait dit la France a peur. Mes plus plates excuses envers les intéressés. Le temps ne fait rien à l'affaire....)
lundi 12 décembre 2011
Mi And L'au(ve)
Pour tout vous dire, je comptais mettre ce blog en veilleuse.
Vous l'avez remarqué : je ne poste plus depuis une bonne semaine. Pas la faute au ras-le-bol, ce n'est même pas ça. Seulement depuis que j'ai changé d'affectation, je suis de moins en moins disponible, je n'approche du PC et des nouveautés que de loin . La faute au boulot en y réfléchissant bien.
Et puis c'est la fin de l'année, plus rien ne sort en cette époque de bilans et autres merdes où chacun établira sa vérité incontestable en matière de brillants albums sortis cette année. Toujours est-il que 2011 n'est pas encore morte qu'on commence déjà à recouvrir le cadavre. Voir même à le massacrer de façon éhontée à bon coup de pelles dans la gueule. Histoire de bien la défigurer. L'auteur de ce massacre se nomme Mi And L'au. Groupe finno-français plus finaud que français (je sais, elle était inévitable). Déjà coupable d'avoir sorti deux albums remarquables (mi and l'au donc en 2005 et good morning jokers en 2009), ils sortent un if beauty is a crime pas piqué des hannetons. Selon le communiqué de presse Mi And L'au aurait abandonné les guitares pour sortir un album synthético-cabaret à faire passer les albums post felt mountain de Goldfrapp pour de doux et subtils essais sur la pop électronique. Ajoutez à cela que le duo se serait déplacé de la France (Paris si je ne me trompe) à l'Espagne, pays de la corrida, du chorizo et de la feria comme chacun sait. Toutes ces informations contribuaient à attiser ma curiosité de façon malsaine. Je me demandais bien ce que pouvait donner ce neo-David Guetta à la sauce finnoise.
Résultat alors :
Vous avez passionnément aimé mi and l'au et good morning joker ? vous adorerez également if beauty is a crime.
Mi And L'au fait du Mi And L'au, point barre.C'est un fait acquis, y a pas à tortiller.
Que ce soit avec ou sans guitares, le groupe fait peu ou prou le même album, creuse son sillon dans son coin, inlassablement, en se foutant royalement du qu'en dira-t-on.
La grosse nouveauté d'if beauty vient donc de l'abandon des guitares. Pas la queue d'une, rien. Peau de balle, que dalle.
Et alors ? ben on n'en a pas grand chose à foutre qu'elles aient été abandonnées sur le bord de la route comme des malpropres.Au contraire. Le groupe se réinvente sans rien changer. Même ambiance de cabaret de fin du monde, même neurasthénie, même beauté mélancolique.L'identité est si forte, l'empreinte si marquée, que s'ils utilisaient des binious ou des didgeridoos pour leur nouvel album, ça ne changerait rien à l'essence du son, à la beauté du truc. Ils sont malheureusement condamnés à ne produire que d'excellents disques. Pas grave me direz-vous, quand la qualité est au rendez-vous (comme le superbe valdren, lointain cousin de transparent, ou encore l'Aphex Twinien sauce mi and l'au one day).
Si good morning joker tutoyait les sommets, if beauty, de par sa constance dans l'excellence finit par les atteindre. L'album élague, coupe, ratiboise au fur et à mesure qu'il avance, se débarrassant de tout oripeau inutile pour ne plus conserver que l'essentiel, à savoir le silence. Faisant de leurs albums précédents des monstres d'opulence à la Brian Wilson au niveau arrangements. Warrior, morceau concluant if beauty en est l'exemple le plus éclatant. Flirtant avec l'ambient via Aphex Twin, le morceau finit par inviter les miniatures de Satie puis le silence et enfin s'éteindre en douceur.
A mes oreilles, Mi And L'au franchissent un nouveau palier dans l'excellence. Force est de le constater. Se renouveler autant sans rien changer force même le respect. Moralité : je suis à genoux et ne peux que m'incliner devant tant de beautés. If beauty is a crime tourne donc en boucle depuis quelques jours et devrait continuer à me hanter plus encore que ne l'a fait good morning joker.Pas un mince exploit. Je le rappelle pour mémoire : good morning joker avait terminé dans le trio de tête en 2009. M'est avis que if beauty va finir seul au sommet en 2012. en tous cas il est bien parti. Comme 2012 me direz-vous. Certes.
Vous l'avez remarqué : je ne poste plus depuis une bonne semaine. Pas la faute au ras-le-bol, ce n'est même pas ça. Seulement depuis que j'ai changé d'affectation, je suis de moins en moins disponible, je n'approche du PC et des nouveautés que de loin . La faute au boulot en y réfléchissant bien.
Et puis c'est la fin de l'année, plus rien ne sort en cette époque de bilans et autres merdes où chacun établira sa vérité incontestable en matière de brillants albums sortis cette année. Toujours est-il que 2011 n'est pas encore morte qu'on commence déjà à recouvrir le cadavre. Voir même à le massacrer de façon éhontée à bon coup de pelles dans la gueule. Histoire de bien la défigurer. L'auteur de ce massacre se nomme Mi And L'au. Groupe finno-français plus finaud que français (je sais, elle était inévitable). Déjà coupable d'avoir sorti deux albums remarquables (mi and l'au donc en 2005 et good morning jokers en 2009), ils sortent un if beauty is a crime pas piqué des hannetons. Selon le communiqué de presse Mi And L'au aurait abandonné les guitares pour sortir un album synthético-cabaret à faire passer les albums post felt mountain de Goldfrapp pour de doux et subtils essais sur la pop électronique. Ajoutez à cela que le duo se serait déplacé de la France (Paris si je ne me trompe) à l'Espagne, pays de la corrida, du chorizo et de la feria comme chacun sait. Toutes ces informations contribuaient à attiser ma curiosité de façon malsaine. Je me demandais bien ce que pouvait donner ce neo-David Guetta à la sauce finnoise.
Résultat alors :
Vous avez passionnément aimé mi and l'au et good morning joker ? vous adorerez également if beauty is a crime.
Mi And L'au fait du Mi And L'au, point barre.C'est un fait acquis, y a pas à tortiller.
Que ce soit avec ou sans guitares, le groupe fait peu ou prou le même album, creuse son sillon dans son coin, inlassablement, en se foutant royalement du qu'en dira-t-on.
La grosse nouveauté d'if beauty vient donc de l'abandon des guitares. Pas la queue d'une, rien. Peau de balle, que dalle.
Et alors ? ben on n'en a pas grand chose à foutre qu'elles aient été abandonnées sur le bord de la route comme des malpropres.Au contraire. Le groupe se réinvente sans rien changer. Même ambiance de cabaret de fin du monde, même neurasthénie, même beauté mélancolique.L'identité est si forte, l'empreinte si marquée, que s'ils utilisaient des binious ou des didgeridoos pour leur nouvel album, ça ne changerait rien à l'essence du son, à la beauté du truc. Ils sont malheureusement condamnés à ne produire que d'excellents disques. Pas grave me direz-vous, quand la qualité est au rendez-vous (comme le superbe valdren, lointain cousin de transparent, ou encore l'Aphex Twinien sauce mi and l'au one day).
Si good morning joker tutoyait les sommets, if beauty, de par sa constance dans l'excellence finit par les atteindre. L'album élague, coupe, ratiboise au fur et à mesure qu'il avance, se débarrassant de tout oripeau inutile pour ne plus conserver que l'essentiel, à savoir le silence. Faisant de leurs albums précédents des monstres d'opulence à la Brian Wilson au niveau arrangements. Warrior, morceau concluant if beauty en est l'exemple le plus éclatant. Flirtant avec l'ambient via Aphex Twin, le morceau finit par inviter les miniatures de Satie puis le silence et enfin s'éteindre en douceur.
A mes oreilles, Mi And L'au franchissent un nouveau palier dans l'excellence. Force est de le constater. Se renouveler autant sans rien changer force même le respect. Moralité : je suis à genoux et ne peux que m'incliner devant tant de beautés. If beauty is a crime tourne donc en boucle depuis quelques jours et devrait continuer à me hanter plus encore que ne l'a fait good morning joker.Pas un mince exploit. Je le rappelle pour mémoire : good morning joker avait terminé dans le trio de tête en 2009. M'est avis que if beauty va finir seul au sommet en 2012. en tous cas il est bien parti. Comme 2012 me direz-vous. Certes.
dimanche 4 décembre 2011
la saloperie du dimanche
Vous pensiez, avec justesse par ailleurs, que j'avais touché le fond avec François Juno la semaine dernière ?
Que je ne pouvais pas faire pire ? Que là on avait atteint une sorte de nirvana, de climax dans ce qu'il y a de pire en "chanson" française. Détrompez-vous. La chanson française a des ressources insoupçonnées.
La preuve avec ce monument : les filles de janzé. Déjà la pochette donne un indice du niveau atteint. Je ne sais pas exactement ce qu'il faut retenir en premier là dedans : le nom du chanteur (un nom qui a du chien ma foi), sa tête ( l'ancêtre de MacLovin de supergrave) ou ce qui en découle : le titre (croire à l'amour,c'te blague tiens) ?
Puis si vous osez mettre la musique, vous comprenez.
Comprenez que le contenant n'est rien ou si peu à côté du contenu. Qu'on touche au sublime dès les premières notes. Que les deux influences principales de Philippe Mordan c'était Taxi Girl et Charlie Oleg. Pour la musique. Ainsi que Barbelivien en pleine descente d'acides pour les paroles.
Si après ça vous avez toujours envie de l'écouter, je ne peux plus rien pour vous. C'est que vous êtes aussi ramassé que moi et je doute que ce soit un compliment.
Que je ne pouvais pas faire pire ? Que là on avait atteint une sorte de nirvana, de climax dans ce qu'il y a de pire en "chanson" française. Détrompez-vous. La chanson française a des ressources insoupçonnées.
La preuve avec ce monument : les filles de janzé. Déjà la pochette donne un indice du niveau atteint. Je ne sais pas exactement ce qu'il faut retenir en premier là dedans : le nom du chanteur (un nom qui a du chien ma foi), sa tête ( l'ancêtre de MacLovin de supergrave) ou ce qui en découle : le titre (croire à l'amour,c'te blague tiens) ?
Puis si vous osez mettre la musique, vous comprenez.
Comprenez que le contenant n'est rien ou si peu à côté du contenu. Qu'on touche au sublime dès les premières notes. Que les deux influences principales de Philippe Mordan c'était Taxi Girl et Charlie Oleg. Pour la musique. Ainsi que Barbelivien en pleine descente d'acides pour les paroles.
Si après ça vous avez toujours envie de l'écouter, je ne peux plus rien pour vous. C'est que vous êtes aussi ramassé que moi et je doute que ce soit un compliment.
vendredi 2 décembre 2011
Sigur Ros
Je vous vois venir : "la myrrhe, tu nous fais chier avec ton obsession, ton combat d'arrière-garde à propos de la supériorité du vinyle. Franchement si le son était meilleur que le cd, ça se saurait. Puis quel intérêt à retourner un disque tous les quart d'heure quand avec le cd tu n'as qu'à le faire avaler par ta platine et le recracher une fois consommé ? "
Hein ??
Qu'est ce t'a à répondre à ça ?
Simple : je dirais une chose. Le vinyle : le son n'est pas limpide, parfait, c'est sur. Ca craque parfois mais un cd, même à fond, ne m'a jamais procuré autant de frissons que l'écoute d'un vinyle.
Mouais et tu crois que c'est avec ce genre d'arguments que tu vas nous convaincre ?
Certes non mais il existe en ce bas monde des disques créés seulement pour être écoutés sur vinyle. Qui, une fois transférés sur cd ne me parlent plus, sont d'une froideur, d'une morgue, d'un inintérêt colossal. Le plus bel exemple que je connaisse est le agaetys byrjun de Sigur Ros. D'une platitude effrayante sur cd, morne plaine même, il devient absolument passionnant, mystérieux voir fabuleux sur un support microsilloné. Vous trouviez svefn-g-englar beau ? l'impression d'être plongé dans un monde à part, un peu froid certes mais peuplé d'elfes, de créatures magiques et autres monstres ? Mais vous regardiez ça de loin : mi amusé, mi contemplatif, mi admiratif. Dites vous que ce que vous avez éprouvé comme sensations à l'écoute des premières minutes de svefn-g-englar c'est de la pisse de chat comparé à la version vinyle. Déjà pour pouvoir en jouir de façon correcte, il faut l'écouter dans une pièce spécialement prévue à cet effet, à un volume sonore un peu au-delà du raisonnable. Le souffle du vinyle commence à vous prendre aux tripes dès la fin de l'intro. Mais rien ne vous prépare psychologiquement aux secondes suivantes, au choc que vous allez vous prendre dans la gueule quand va débarquer ce putain d'orgue.Le son envahit d'un coup, ou plutôt prend d'assaut la pièce, avec le bonhomme qui s'y trouve. Et là, vous comprenez l'artwork car vous vous retrouvez exactement dans la même position. Tel un foetus nageant en plein milieu d'un liquide amniotique. Il n'y a plus de réalité, plus de pièce, plus de pesanteur, plus de jambes pour vous supporter, rien. Pendant huit minutes vous êtes au milieu de nulle part, abasourdi, paumé.
Vous savez quoi : pendant quelques années je ne pouvais plus écouter de vinyles. Platine morte. Je l'ai donc pris pour le réécouter à la médiathèque de la ville la plus proche de mon patelin. Quelle ne fut pas ma déception une fois l'intro de svefn passée. C'était beau certes mais où était passé le souffle ? Qu'en était-il des basses, de la vie ? La chaleur s'en étant allée, ne reste plus que la beauté d'une morgue. Carrelé, froid, sans vie. Aucun intérêt. Voilà à mes oreilles ce qui fera toujours la différence entre le vinyle et tout autre support (que ce soit cd ou mp3) : on se fait peut-être chier à le retourner une fois la face terminée, à en prendre soin plus que de raison, à pester quand on entend un nouveau craquement mais il y a dans ce support une magie qu'on ne retrouve nulle part ailleurs.Ce n'est pas juste une question de pureté du son, bien au contraire (le cd le bat à plate couture à ce niveau), c'est une question d'âme.
Hein ??
Qu'est ce t'a à répondre à ça ?
Simple : je dirais une chose. Le vinyle : le son n'est pas limpide, parfait, c'est sur. Ca craque parfois mais un cd, même à fond, ne m'a jamais procuré autant de frissons que l'écoute d'un vinyle.
Mouais et tu crois que c'est avec ce genre d'arguments que tu vas nous convaincre ?
Certes non mais il existe en ce bas monde des disques créés seulement pour être écoutés sur vinyle. Qui, une fois transférés sur cd ne me parlent plus, sont d'une froideur, d'une morgue, d'un inintérêt colossal. Le plus bel exemple que je connaisse est le agaetys byrjun de Sigur Ros. D'une platitude effrayante sur cd, morne plaine même, il devient absolument passionnant, mystérieux voir fabuleux sur un support microsilloné. Vous trouviez svefn-g-englar beau ? l'impression d'être plongé dans un monde à part, un peu froid certes mais peuplé d'elfes, de créatures magiques et autres monstres ? Mais vous regardiez ça de loin : mi amusé, mi contemplatif, mi admiratif. Dites vous que ce que vous avez éprouvé comme sensations à l'écoute des premières minutes de svefn-g-englar c'est de la pisse de chat comparé à la version vinyle. Déjà pour pouvoir en jouir de façon correcte, il faut l'écouter dans une pièce spécialement prévue à cet effet, à un volume sonore un peu au-delà du raisonnable. Le souffle du vinyle commence à vous prendre aux tripes dès la fin de l'intro. Mais rien ne vous prépare psychologiquement aux secondes suivantes, au choc que vous allez vous prendre dans la gueule quand va débarquer ce putain d'orgue.Le son envahit d'un coup, ou plutôt prend d'assaut la pièce, avec le bonhomme qui s'y trouve. Et là, vous comprenez l'artwork car vous vous retrouvez exactement dans la même position. Tel un foetus nageant en plein milieu d'un liquide amniotique. Il n'y a plus de réalité, plus de pièce, plus de pesanteur, plus de jambes pour vous supporter, rien. Pendant huit minutes vous êtes au milieu de nulle part, abasourdi, paumé.
Vous savez quoi : pendant quelques années je ne pouvais plus écouter de vinyles. Platine morte. Je l'ai donc pris pour le réécouter à la médiathèque de la ville la plus proche de mon patelin. Quelle ne fut pas ma déception une fois l'intro de svefn passée. C'était beau certes mais où était passé le souffle ? Qu'en était-il des basses, de la vie ? La chaleur s'en étant allée, ne reste plus que la beauté d'une morgue. Carrelé, froid, sans vie. Aucun intérêt. Voilà à mes oreilles ce qui fera toujours la différence entre le vinyle et tout autre support (que ce soit cd ou mp3) : on se fait peut-être chier à le retourner une fois la face terminée, à en prendre soin plus que de raison, à pester quand on entend un nouveau craquement mais il y a dans ce support une magie qu'on ne retrouve nulle part ailleurs.Ce n'est pas juste une question de pureté du son, bien au contraire (le cd le bat à plate couture à ce niveau), c'est une question d'âme.
jeudi 1 décembre 2011
melon galia
Melon Galia ça vous dit quelque chose vous ? Ca vous cause ??? Dites moi : vous vous en souvenez de ce groupe vous ? Non parce que là avec une dizaine d'années de retard je découvre. Mieux vaut tard que jamais me direz-vous. Certes mais quand on a la prétention imbécile et illusoire de vouloir découvrir et faire découvrir des disques relativement pointus voir inaudibles parfois, on finit par passer à côté de choses simples. Melon Galia notamment. Groupe bruxellois à la discographie éphémère (quatre années d'existence, 1998-2002, un seul disque à son actif, les embarras du quotidien) mais à la classe qui traverse la décennie sans problème. Déjà le groupe a tout pour lui : une pochette et un livret illustrés par les excellents Dupuy-Berberian, on peut dire que ça en jette. Et surtout, surtout, ce par quoi je suis arrivé au groupe, la présence du très précieux John Cunningham à la guitare sur trois morceaux, ainsi qu'à la production et celle non moins précieuse (du temps où Bright Eyes était encore fréquentable) de Connor OBerst. Avouez qu'un pédigrée comme celui-là a de quoi allécher n'importe quel être doté d'une paire d'esgourdes opérationnelles. Bon, si on met de côté les voix un peu ordinaires sans être pour autant désagréables, il reste une musique d'une légèreté incroyable. Une pop savamment orchestrée, avec présence non négligeable de saxos, clarinette, violon, trompette, etc....pour enrober, habiller l'album. Le parer d'une douce mélancolie, d'arrangements précieux rappelant à mes oreilles la classe d'un Richard Davies, d'un Peter Milton Walsh ou d'un.... John Cunningham. Par moment le mélange est curieux : les voix ne vont pas avec la musique. L'épaisseur d'un cheveu en est le plus parfait exemple : musique superbe, enlevée, et mélodie vocale à la cinquantième seconde puis au second refrain rappellant curieusement le vice et versa des Inconnus. Ailleurs, les lendemains qui chantent, c'est Katerine qui s'invite. Mais qu'importe. La musique se suffit amplement à elle-même, aérienne, légère, d'une accroche mélodique imparable.
Autant dire qu'en matière de pop/rock à la française, je ne suis pas certain d'avoir écouté l'équivalent des embarras du quotidien ces dix dernières années. Il a la même ambition qu'un Dominique A sans la pesanteur qui lui sied par ailleurs si bien. Un bien bel album qui mériterait vraiment d'être remis en lumière.
Autant dire qu'en matière de pop/rock à la française, je ne suis pas certain d'avoir écouté l'équivalent des embarras du quotidien ces dix dernières années. Il a la même ambition qu'un Dominique A sans la pesanteur qui lui sied par ailleurs si bien. Un bien bel album qui mériterait vraiment d'être remis en lumière.
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