...c'était hier, aux rockomotives de Vendôme. La reformation de Diabologum.
Bon dieu que j'aurais aimé y être.
lundi 31 octobre 2011
dimanche 30 octobre 2011
la saloperie du dimanche
On comprend mieux les pétages de plomb en direct de ce merveilleux auteur/compositeur/interprète/présentateur. A l'écoute de ce chédeuvre aux paroles d'une profondeur inégalable et inégalée (ses cheveux étaient noirs de la couleur de l'espoir), à la musique digne d'un générique de Maritie et Gilbert Carpentier et aux vocaux à faire pâlir de jalousie Daniel Johnston, je ne peux que m'incliner. Je rends les armes. Trop de beauté tue la beauté.
samedi 29 octobre 2011
la coquille du jour
probablement un album de merde, basé sur du vent ou qui annonce la fin d'une constipation passagère:
Plaid.
Je ne vois guère que ça pour expliquer cette coquille (qu'on pourrait élégamment traduire par : c'est l'heure d'aller chier)
Plaid.
Je ne vois guère que ça pour expliquer cette coquille (qu'on pourrait élégamment traduire par : c'est l'heure d'aller chier)
vendredi 28 octobre 2011
silent cut
mais que va devenir ce pauvre Mark Hollis ??? Après cette fin houleuse, remettra-t-il les couverts ? ou se retirera-t-il à jamais lors d'une procession religieuse pendant laquelle la foi est venue le trouver, l'extirpant sans remords d'une vie dissolue ? Toutes ces interrogations trouveront une réponse ici, dans la note qui suit :
Sur une demande pressante, et non parce que l'album est magnifique bien entendu, je me décide à chroniquer le Mark Hollis. Il est vrai que je me suis posé la question quant à cette chronique. Pourquoi chroniquerais-je Hollis et pas Heligoland ou O'Rang ? Les deux autres sont des albums de Friese-Greene pour Heligoland et Harris et Webb pour O'Rang. La réponse est simple: je connais mieux le Hollis qu'O'Rang (dont les deux albums sont à découvrir) et pas du tout Heligoland. Or donc, Hollis a un contrat avec polydor le liant pour deux albums. Le premier, le laughing stock de Talk Talk sorti en 91, il lui en reste un à sortir (logique me direz-vous). Il demande donc à Phill Brown de le produire avec les mêmes libertés que pour le dernier Talk Talk. Sorti en 1998, il aura fallu 7 ans à Mark Hollis pour panser les blessures qu'auront laissé Talk Talk. Un silence de 7 ans et 20 secondes pour débuter cette ode au silence. Pour bien se démarquer de Talk Talk ou peut-être pas, l'album commence donc par un silence de 20 secondes (comme myrrhman) et un rappel au 3ème album: the colour of spring. Débuter ce disque par ce titre ne peut être qu'une provocation ou alors une façon de dire : Talk Talk c'était moi et personne d'autre. Maintenant que je viens de l'enterrer avec ce morceau, je prends le commandement de l'album et ce sera un album de Mark Hollis que vous écouterez point final. En effet, l'objet en question ne peut être qu'un album de Hollis. Entièrement acoustique, enregistré avec deux micros stéréo, que dire de plus ? Que l'album a beau avoir un format pop : 8 chansons pour 46 mns, il a plus à voir dans l'esprit avec le jazz ou le classique voir le folk que tout ce à quoi a pu être affilié Hollis jusque là. Il creuse dans cet album ses obsessions pour le classique, le jazz, voir l'expérimental ou le free-jazz. Il suffit d'écouter a life (1895-1915) pour s'en rendre compte : le quartet de bois renvoie au classique, la basse quant à elle renvoie au jazz et les percussions, les choeurs à l'expérimental. Ce qui est extraordinaire c'est que tout cohabite sans que l'un ou l'autre des styles ne prenne le dessus, tout ici coule de source, paraît naturel.
A
croire que le silence arrive à lier tous les styles évoqués ci-dessus
en une seule entité. Le génie de Hollis est justement de faire du
silence le principal instrument de cet album. Plus que tout au monde, il
est présent et Hollis lui rend le plus grand hommage qu'un musicien
puisse lui faire. Bon, entrer dans cet album n'est pas chose aisée, il
faut accepter de se laisser bousculer par ses silences, ses directions
parfois contradictoires, cette sorte de statisme, ce parti-pris très
personnel de voir la musique. Il faut accepter cette acoustique qui
donne l'impression que l'album a été enregistré dans la pièce où on est,
comprendre que la musique n'est pas futile mais nécessaire, qu'elle
invite ici à la confidence, au recueillement. Mais attention ce disque
est tout sauf austère ou aride. Il demande énormément à l'auditeur, de
la patience de la véritable écoute mais une fois que l'on réussit à y
entrer, il est d'une générosité extraordinaire. Il est certes moins
immédiat que ceux de Talk Talk mais tout aussi foisonnant, riche, et a
une personnalité qui lui est propre. Beau, complexe, abordable, sans
concessions il s'agit là encore d'un indispensable de la part d'Hollis.
Album qui clôt un parcours exemplaire de la part de son auteur et qui va
jusqu'au bout de sa logique : The colour of spring commence par 20
secondes de silence, A new jerusalem setermine sur 1' 40" de silence.
Depuis......shhhhhh.
Au fait , juste une anecdote : sans Hollis et Talk Talk, Bashung n'aurait jamais fait l'imprudence. Lauging stock et spirit of eden étaient des influences revendiquées par Bashung lors de l'enregistrement dudit album. Rien que pour cela, je vouerai une reconnaissance éternelle à Talk Talk.
Sur une demande pressante, et non parce que l'album est magnifique bien entendu, je me décide à chroniquer le Mark Hollis. Il est vrai que je me suis posé la question quant à cette chronique. Pourquoi chroniquerais-je Hollis et pas Heligoland ou O'Rang ? Les deux autres sont des albums de Friese-Greene pour Heligoland et Harris et Webb pour O'Rang. La réponse est simple: je connais mieux le Hollis qu'O'Rang (dont les deux albums sont à découvrir) et pas du tout Heligoland. Or donc, Hollis a un contrat avec polydor le liant pour deux albums. Le premier, le laughing stock de Talk Talk sorti en 91, il lui en reste un à sortir (logique me direz-vous). Il demande donc à Phill Brown de le produire avec les mêmes libertés que pour le dernier Talk Talk. Sorti en 1998, il aura fallu 7 ans à Mark Hollis pour panser les blessures qu'auront laissé Talk Talk. Un silence de 7 ans et 20 secondes pour débuter cette ode au silence. Pour bien se démarquer de Talk Talk ou peut-être pas, l'album commence donc par un silence de 20 secondes (comme myrrhman) et un rappel au 3ème album: the colour of spring. Débuter ce disque par ce titre ne peut être qu'une provocation ou alors une façon de dire : Talk Talk c'était moi et personne d'autre. Maintenant que je viens de l'enterrer avec ce morceau, je prends le commandement de l'album et ce sera un album de Mark Hollis que vous écouterez point final. En effet, l'objet en question ne peut être qu'un album de Hollis. Entièrement acoustique, enregistré avec deux micros stéréo, que dire de plus ? Que l'album a beau avoir un format pop : 8 chansons pour 46 mns, il a plus à voir dans l'esprit avec le jazz ou le classique voir le folk que tout ce à quoi a pu être affilié Hollis jusque là. Il creuse dans cet album ses obsessions pour le classique, le jazz, voir l'expérimental ou le free-jazz. Il suffit d'écouter a life (1895-1915) pour s'en rendre compte : le quartet de bois renvoie au classique, la basse quant à elle renvoie au jazz et les percussions, les choeurs à l'expérimental. Ce qui est extraordinaire c'est que tout cohabite sans que l'un ou l'autre des styles ne prenne le dessus, tout ici coule de source, paraît naturel.
A
croire que le silence arrive à lier tous les styles évoqués ci-dessus
en une seule entité. Le génie de Hollis est justement de faire du
silence le principal instrument de cet album. Plus que tout au monde, il
est présent et Hollis lui rend le plus grand hommage qu'un musicien
puisse lui faire. Bon, entrer dans cet album n'est pas chose aisée, il
faut accepter de se laisser bousculer par ses silences, ses directions
parfois contradictoires, cette sorte de statisme, ce parti-pris très
personnel de voir la musique. Il faut accepter cette acoustique qui
donne l'impression que l'album a été enregistré dans la pièce où on est,
comprendre que la musique n'est pas futile mais nécessaire, qu'elle
invite ici à la confidence, au recueillement. Mais attention ce disque
est tout sauf austère ou aride. Il demande énormément à l'auditeur, de
la patience de la véritable écoute mais une fois que l'on réussit à y
entrer, il est d'une générosité extraordinaire. Il est certes moins
immédiat que ceux de Talk Talk mais tout aussi foisonnant, riche, et a
une personnalité qui lui est propre. Beau, complexe, abordable, sans
concessions il s'agit là encore d'un indispensable de la part d'Hollis.
Album qui clôt un parcours exemplaire de la part de son auteur et qui va
jusqu'au bout de sa logique : The colour of spring commence par 20
secondes de silence, A new jerusalem setermine sur 1' 40" de silence.
Depuis......shhhhhh.Au fait , juste une anecdote : sans Hollis et Talk Talk, Bashung n'aurait jamais fait l'imprudence. Lauging stock et spirit of eden étaient des influences revendiquées par Bashung lors de l'enregistrement dudit album. Rien que pour cela, je vouerai une reconnaissance éternelle à Talk Talk.
ba-da-boum
l'avant-dernier épisode de ce feuilleton arrive à grand pas. Mark Hollis va-t-il gagner contre les méchants ? Talk Talk se sortira-t-il de ce mauvais pas ? Toutes ces interrogations trouveront une réponse ci-dessous. Alors...chut.....lisez et tremblez :
Comme vous avez pu le remarquer, j'utilise pour pseudo myrrhman. Mais, vous demanderez vous à juste titre, d'où vient ce nom sublime ? Ce nom, marque de mon bon goût absolu, vient du premier morceau de laughing stock de Talk Talk. Album que je porte très haut dans mon estime, aussi haut que le spirit of eden bien sur. Or donc nous y voilà : il va falloir que je termine ma chronique sur Talk talk avec cet album merveilleux qu'est laughing stock. Comment vais-je pouvoir m'y prendre pour rendre justice à cette pierre angulaire qu'est devenu cet album ?
Je crois que je vais faire comme pour ma précédente note et parler de l'histoire plutôt tragique qui entoure cet album devenu légendaire. Allez, en gros, on prend les mêmes, à savoir Hollis, Phil Brown (producteur), Friese-Greene et Apsden (manager), les mêmes lieux (Wessex, à Londres), 7 mois d'obscurité, on fait mijoter tout ce beau monde ensemble et on obtient des dépressions, des mariages détruits et des abandons et à l'occasion un album unique. La communion entre Friese-Greene et Hollis est à son paroxysme, seuls eux savent exactement le son qu'ils veulent produire, les notes qu'ils jouent, les musiciens extérieurs commencent à les énerver, ne sachant pas exactement ce qu'ils devaient faire. TalkTalk pendant ces sessions ne se résumait plus qu' à Hollis et Friese-Greene jouant quasiment tous les instruments. Voici ce qu'en dit Friese-Greene : "Si vous voulez résumez TT, les premières minutes de Laughing stock expose ce vers quoi nous tendions. Mark et moi commencions à nous impatienter avec les [musiciens] extérieurs, c'était démoralisant. Alors soit on l'écrivait, soit on le jouait nous-même parce qu'on ne pouvait pas se tromper. On a joué sur des tas d'instruments qui ne nous étaient pas familiers, jouant dans la mauvaise clé, commençant au mauvais moment mais à tous les coups, c'était les meilleures prises. Cet album s'est construit sur des choses impossibles à reproduire." L'album laissera des traces indélébiles sur tous les participants : Paul Webb n'a plus joué de basse avant plusieurs années, Phil Brown et Lee Harris ont du suivre une psychothérapie de plus d'un an. Le pire dans cette histoire a été la relation entre Friese-Greene et Hollis: la fusion tout au long de l'enregistrement puisà la fin de celui-ci chacun est parti de son côté en se serrant la main et plus rien, fin de Talk Talk. Les deux ne se sont quasiment plus revus depuis cette poignée de mains. Conscients l'un comme l'autre d'être parvenus au bout d'un processus créatif de longue haleine, hors du commun, de n'avoir plus rien à faire ensemble par la suite. La fin du groupe au plus haut de sa création.
Voici ce que j'en disais sur X-silence il y a 4 ans : Ceux qui connaissent Talk Talk par l'entremise de "It's My Life" ou "Such A Shame" vous diront que c'est de la bouse. Infâme. Ils n'ont pas tort.
Ceux qui les connaissent par "Spirit Of Eden" et "Laughing Stock" vous diront que c'est peut-être l'un des plus grands groupes qui fût en activité au début des années 90. Sublime. Ils ont tout à fait raison.
Comme tous les grands albums, celui-ci ne comporte que 6 titres, fait à peine plus de 40 minutes et se trouve être une véritable pierre angulaire du rock des années 90. Sans "Laughing Stock", pas de Labradford, ni de Bark Psychosis et encore moins de Sigur Ros ou de Mogwaï.
Il s'agit d'un album de six titres, ou plutôt six pièces. Toutes en état d'apesenteur, tantôt mélancoliques, tantôt flippantes voir rageuses.
Etat des lieux donc:
"Myrrhman", 15 secondes de silence, apparition inopinée d'un bruit de batterie et démarrage de la chanson, l'impression d'entrer dans le disque par accident. Fin du morceau comme le début, 15 silencieuses secondes.
"Ascencion Day", l'ascencion la rage aux dents, toutes guitares dehors, bordel construit par couches successives jusqu'au cut final. N'aurait pas dépareillé sur Spiderland.
"After The Flood", ou l'état de grâce permanent pendant 10 minutes, piano d'une délicatesse infinie, batterie sortie tout droit de Can, bande passée à l'envers, bruits étranges, variophone bloqué sur une seule note lors du solo. Au concours de la chanson la plus délicatement barrée, on pourrait la trouver en bonne position.
"Tapehead", ou le négatif de "Ascension Day". La descente sans rappel ni torche au fin fond de la faille de San Andrea. Le flip absolu durant 7 minutes, la claustrophobie mise en musique.
"New Grass", ou le concept de la bulle de savon. La légèreté, l'apesanteur doublée d'une mélancolie tenace soulignée par un côté jazz.
"Runeii" signe la fin de l'album et par là même la fin du groupe. Il s'agit aussi du morceau le plus dépouillé de cet album, une voix une guitare et le silence, envahissant, omniprésent. Mark Hollis termine en murmurant et la guitare fait de même. La grâce absolue et la plus belle fin pour un album devenu une référence incontournable dans l'histoire du rock.
Je le pense toujours et pour moi Talk Talk est synonyme de groupe à part dans le rock. La plupart des groupes mettent tout dans leur premier album : leur génie, leur rage, et déclinent ensuite à force de vouloir ou non reproduire ca qui a fait leur génie. Talk Talk lui a fait l'inverse : un parcours complétement atypique qui les fait aller du sous-groupe de merde qu'ils étaient début 80 à la référence absolue à la fin de leur parcours. Tout ça du à la volonté de deux fous qui ont fait la musique comme eux l'entendaient en se foutant complétement des canons de la mode, en mettant leur obsession au premier plan quitte à ne rien vendre par la suite. Car laughing stock a réussi à faire pire en terme de ventes que spirit of eden, ce qui n'est pas un mince exploit.
Comme vous avez pu le remarquer, j'utilise pour pseudo myrrhman. Mais, vous demanderez vous à juste titre, d'où vient ce nom sublime ? Ce nom, marque de mon bon goût absolu, vient du premier morceau de laughing stock de Talk Talk. Album que je porte très haut dans mon estime, aussi haut que le spirit of eden bien sur. Or donc nous y voilà : il va falloir que je termine ma chronique sur Talk talk avec cet album merveilleux qu'est laughing stock. Comment vais-je pouvoir m'y prendre pour rendre justice à cette pierre angulaire qu'est devenu cet album ?
Je crois que je vais faire comme pour ma précédente note et parler de l'histoire plutôt tragique qui entoure cet album devenu légendaire. Allez, en gros, on prend les mêmes, à savoir Hollis, Phil Brown (producteur), Friese-Greene et Apsden (manager), les mêmes lieux (Wessex, à Londres), 7 mois d'obscurité, on fait mijoter tout ce beau monde ensemble et on obtient des dépressions, des mariages détruits et des abandons et à l'occasion un album unique. La communion entre Friese-Greene et Hollis est à son paroxysme, seuls eux savent exactement le son qu'ils veulent produire, les notes qu'ils jouent, les musiciens extérieurs commencent à les énerver, ne sachant pas exactement ce qu'ils devaient faire. TalkTalk pendant ces sessions ne se résumait plus qu' à Hollis et Friese-Greene jouant quasiment tous les instruments. Voici ce qu'en dit Friese-Greene : "Si vous voulez résumez TT, les premières minutes de Laughing stock expose ce vers quoi nous tendions. Mark et moi commencions à nous impatienter avec les [musiciens] extérieurs, c'était démoralisant. Alors soit on l'écrivait, soit on le jouait nous-même parce qu'on ne pouvait pas se tromper. On a joué sur des tas d'instruments qui ne nous étaient pas familiers, jouant dans la mauvaise clé, commençant au mauvais moment mais à tous les coups, c'était les meilleures prises. Cet album s'est construit sur des choses impossibles à reproduire." L'album laissera des traces indélébiles sur tous les participants : Paul Webb n'a plus joué de basse avant plusieurs années, Phil Brown et Lee Harris ont du suivre une psychothérapie de plus d'un an. Le pire dans cette histoire a été la relation entre Friese-Greene et Hollis: la fusion tout au long de l'enregistrement puisà la fin de celui-ci chacun est parti de son côté en se serrant la main et plus rien, fin de Talk Talk. Les deux ne se sont quasiment plus revus depuis cette poignée de mains. Conscients l'un comme l'autre d'être parvenus au bout d'un processus créatif de longue haleine, hors du commun, de n'avoir plus rien à faire ensemble par la suite. La fin du groupe au plus haut de sa création.

Voici ce que j'en disais sur X-silence il y a 4 ans : Ceux qui connaissent Talk Talk par l'entremise de "It's My Life" ou "Such A Shame" vous diront que c'est de la bouse. Infâme. Ils n'ont pas tort.
Ceux qui les connaissent par "Spirit Of Eden" et "Laughing Stock" vous diront que c'est peut-être l'un des plus grands groupes qui fût en activité au début des années 90. Sublime. Ils ont tout à fait raison.
Comme tous les grands albums, celui-ci ne comporte que 6 titres, fait à peine plus de 40 minutes et se trouve être une véritable pierre angulaire du rock des années 90. Sans "Laughing Stock", pas de Labradford, ni de Bark Psychosis et encore moins de Sigur Ros ou de Mogwaï.
Il s'agit d'un album de six titres, ou plutôt six pièces. Toutes en état d'apesenteur, tantôt mélancoliques, tantôt flippantes voir rageuses.
Etat des lieux donc:
"Myrrhman", 15 secondes de silence, apparition inopinée d'un bruit de batterie et démarrage de la chanson, l'impression d'entrer dans le disque par accident. Fin du morceau comme le début, 15 silencieuses secondes.
"Ascencion Day", l'ascencion la rage aux dents, toutes guitares dehors, bordel construit par couches successives jusqu'au cut final. N'aurait pas dépareillé sur Spiderland.
"After The Flood", ou l'état de grâce permanent pendant 10 minutes, piano d'une délicatesse infinie, batterie sortie tout droit de Can, bande passée à l'envers, bruits étranges, variophone bloqué sur une seule note lors du solo. Au concours de la chanson la plus délicatement barrée, on pourrait la trouver en bonne position.
"Tapehead", ou le négatif de "Ascension Day". La descente sans rappel ni torche au fin fond de la faille de San Andrea. Le flip absolu durant 7 minutes, la claustrophobie mise en musique.
"New Grass", ou le concept de la bulle de savon. La légèreté, l'apesanteur doublée d'une mélancolie tenace soulignée par un côté jazz.
"Runeii" signe la fin de l'album et par là même la fin du groupe. Il s'agit aussi du morceau le plus dépouillé de cet album, une voix une guitare et le silence, envahissant, omniprésent. Mark Hollis termine en murmurant et la guitare fait de même. La grâce absolue et la plus belle fin pour un album devenu une référence incontournable dans l'histoire du rock.
Je le pense toujours et pour moi Talk Talk est synonyme de groupe à part dans le rock. La plupart des groupes mettent tout dans leur premier album : leur génie, leur rage, et déclinent ensuite à force de vouloir ou non reproduire ca qui a fait leur génie. Talk Talk lui a fait l'inverse : un parcours complétement atypique qui les fait aller du sous-groupe de merde qu'ils étaient début 80 à la référence absolue à la fin de leur parcours. Tout ça du à la volonté de deux fous qui ont fait la musique comme eux l'entendaient en se foutant complétement des canons de la mode, en mettant leur obsession au premier plan quitte à ne rien vendre par la suite. Car laughing stock a réussi à faire pire en terme de ventes que spirit of eden, ce qui n'est pas un mince exploit.
ba-da-bing (3)
De nouveau la suite de ce feuilleton haletant, comment cela va-t-il se terminer ?? Ah, ah. Lisez la suite :
Bon par où commencer cette nouvelle note sur un de mes albums préférés de tous les temps ? Continuer l'histoire de Talk Talk au moment où ils vont enregistrer spirit of eden ? Pourquoi pas ! Allez, hop, c'est parti : Hollis et Griene, devenus les véritables têtes pensantes de Talk Talk, se sont mis dans le crâne de ne plus se répéter. Pour cela ils engagent un nouveau producteur, Phil Brown, connu pour avoir produit Hendrix, Led Zep, Marley. Changent leurs méthodes d'enregistrement (en gros, dans une ancienne église au nord de Londres avec pour seul source de lumières une rampe de spots s'allumant au rythme de la batterie de Lee Harris et un projecteur à huile pour la pièce de contrôle.). L'enregistrement dura 9 mois, dans l'obscurité, déformant la notion d'espace temps, créant une ambiance étrange. Leur méthode de travail aussi : Griene et Hollis enregistrent le travail des musiciens puis effacent 99% de la bande eux compris. Ne gardant finalement que ce qui leur convenait au prix de frustrations énormes pour les autres musiciens. Moralité : en 88 sort l'un des plus beaux albums de tous les temps (enfin de mon humble point de vue). Ni pop, ni jazz, ni rock, ni classique mais tout cela à la fois. Je me souviens que les premières écoutes en 88 m'ont littéralement happé. Comprenez moi bien: passer des Pogues, Tracy Chapman, Sade ou Prince période lovesexy à spirit of eden, il y a un abîme dont je ne me suis jamais remis. Déjà en découvrant les morceaux derrière la pochette je me disais : putain six titres, ils se sont pas foulés !!! Quand j'ai ouvert le disque (un vinyle que j'ai toujours, en parfait état) et que j'ai regardé la première face, ne voyant aucune coupure entre les morceaux, ça m'a plutôt surpris. C'était aussi le premier disque que j'avais enregistré en DMM ( direct metal mastering, procédé assurant une meilleure qualité de son aux vinyles) avec un son nickel. Bon, en le posant sur la platine, là j'ai eu un de mes premiers grands chocs musicaux. Le genre qui vous fait entrer dans une autre catégorie : on passe de l'auditeur distrait, futile, celui qui écoute avec enthousiasme mais sans véritable passion Toni Childs ou Jeff Healey Band à celui de mélomane averti, passionné voir acharné qui ne comprend pas pourquoi un de ses groupes préférés ne vend rien mais a le sentiment intime d'avoir touché du doigt un moment unique, un graal musical. C'est exactement ce qui m'est arrivé à 15 ans lors de la sortie de spirit of eden. J'ai eu le sentiment de devenir quelqu'un de plus intéressant, d'à part (musicalement parlant hein !). J'adorais un disque auquel personne ne s'intéressait, dont personne n'avait entendu parlé et chaque fois que je pouvais le faire écouter à des amis, je savais que ceux-ci seraient pour la plupart retournés par ce qu'ils venaient d'entendre. Ceux qui n'appréciaient pas devenaient des cons, des personnes inintéressantes (qu'est ce qu'on peut être con à cet âge là !!) qui ne méritaient pas que je m'intéresse à eux. Je me rendais aussi compte que question musique je devenais une sorte de paria, le mec qui écoute de la musique bizarre. Mais je dois avouer que je m'en foutais royalement, j'étais sur d'être dans le droit chemin. L'avenir ne m'a pas donné tort de ce point de vue là : 21 ans après je le réécoute avec toujours autant de frissons et je suis toujours persuadé qu'il s'agit là d'un des 10 albums que j'emporterai dans ma tombe.
Alors de quoi il retourne ? hein ? de 6 morceaux découpés en 4 ou inversement. En fait une première face de 23 mns en trois parties et une seconde avec 3 véritables morceaux, d'une durée approximative de 5 mns au minimum chacun. La première face the rainbow déploie en effet toutes les couleurs qui peuvent être décrites dans la musique, toutes les teintes allant de la spiritualité, l'apaisement à la rage destructrice, au vacarme le plus fou (desire en est un bel exemple.), déchire littéralement ceux à qui il restait un espoir d'entrevoir une chanson pop, un refrain ou quelque chose de ce goût là. Non Talk Talk balaie d'un revers de la main cette tentation et impose Sa vision de la musique : profonde, mystérieuse, exigeante, d'une cohérence incroyable malgré les conditions d'enregistrement, flirtant de plus en plus avec le silence, en faisant le principal acteur de ce disque (ainsi que du prochain), ayant plus à voir avec le classique, allant au bout du bout de sa démarche jusqu'au-boutiste. Au début de the rainbow, Hollis murmure plus qu'il ne chante, se confie. Au fur et à mesure des 23 minutes, à mesure que la tension monte, le ton de la voix suit le même chemin et finit par hurler au-dessus d'un vacarme assourdissant : that ain't me babe". C'est peut-être pas toi mais en tous cas tu viens d'inventer avec ce morceau de 23 mns un courant qui va faire fureur dans les années 90 : le post-rock. L'art de l'épure, des montagnes russes (tension-calme-tension ) dont saura si bien se servir GodSpeed!, tout vient de là. On a donc une première face violente, tendue à l'extrême, passionnante, longue et rock on aura droit à une seconde complétement opposée mais tout aussi passionnante. Calme, jazz, empreinte de religion, de recueillement, plus courte presque d'un format pop mais évitant ce chemin à tout prix. Introspectif dans ses paroles abordant des thémes le touchant de près (drogue, mort, spiritualité), Hollis paraît beaucoup plus touchant mais aussi absent s'en allant sur la pointe des pieds avec un wealth touchant au sublime. De toutes façons,de mon point de vue bien sur, tout dans cet album touche au sublime : les choeurs de i believe in you, apportant spiritualité et une émotion rare, l'orgue de wealth qui s'en va peu à peu comme la vie s'en va d'un corps, paisiblement mais surement, le jazz jouant à cache-cache avec le silence de inheritance. Talk Talk finit ici sa mue entreprise lors de the colour of spring, se débarrasse définitivement de ses oripeaux pop pour atteindre une sorte de nirvana, une beauté sublime qu'aucun groupe actuel, toujours à mon humble avis, n'a atteint jusqu'ici. Le pire c'est que trois ans après ils remettront ça avec un laughing stock aussi indispensable et superbe que celui-ci.
Inutile de dire que l'album ne se vendit pas, ses ventes furent catastrophiques et ont permis à EMI de se débarrasser d'eux. Ce qui de toutes façons, arrangea bien le groupe.
Bon par où commencer cette nouvelle note sur un de mes albums préférés de tous les temps ? Continuer l'histoire de Talk Talk au moment où ils vont enregistrer spirit of eden ? Pourquoi pas ! Allez, hop, c'est parti : Hollis et Griene, devenus les véritables têtes pensantes de Talk Talk, se sont mis dans le crâne de ne plus se répéter. Pour cela ils engagent un nouveau producteur, Phil Brown, connu pour avoir produit Hendrix, Led Zep, Marley. Changent leurs méthodes d'enregistrement (en gros, dans une ancienne église au nord de Londres avec pour seul source de lumières une rampe de spots s'allumant au rythme de la batterie de Lee Harris et un projecteur à huile pour la pièce de contrôle.). L'enregistrement dura 9 mois, dans l'obscurité, déformant la notion d'espace temps, créant une ambiance étrange. Leur méthode de travail aussi : Griene et Hollis enregistrent le travail des musiciens puis effacent 99% de la bande eux compris. Ne gardant finalement que ce qui leur convenait au prix de frustrations énormes pour les autres musiciens. Moralité : en 88 sort l'un des plus beaux albums de tous les temps (enfin de mon humble point de vue). Ni pop, ni jazz, ni rock, ni classique mais tout cela à la fois. Je me souviens que les premières écoutes en 88 m'ont littéralement happé. Comprenez moi bien: passer des Pogues, Tracy Chapman, Sade ou Prince période lovesexy à spirit of eden, il y a un abîme dont je ne me suis jamais remis. Déjà en découvrant les morceaux derrière la pochette je me disais : putain six titres, ils se sont pas foulés !!! Quand j'ai ouvert le disque (un vinyle que j'ai toujours, en parfait état) et que j'ai regardé la première face, ne voyant aucune coupure entre les morceaux, ça m'a plutôt surpris. C'était aussi le premier disque que j'avais enregistré en DMM ( direct metal mastering, procédé assurant une meilleure qualité de son aux vinyles) avec un son nickel. Bon, en le posant sur la platine, là j'ai eu un de mes premiers grands chocs musicaux. Le genre qui vous fait entrer dans une autre catégorie : on passe de l'auditeur distrait, futile, celui qui écoute avec enthousiasme mais sans véritable passion Toni Childs ou Jeff Healey Band à celui de mélomane averti, passionné voir acharné qui ne comprend pas pourquoi un de ses groupes préférés ne vend rien mais a le sentiment intime d'avoir touché du doigt un moment unique, un graal musical. C'est exactement ce qui m'est arrivé à 15 ans lors de la sortie de spirit of eden. J'ai eu le sentiment de devenir quelqu'un de plus intéressant, d'à part (musicalement parlant hein !). J'adorais un disque auquel personne ne s'intéressait, dont personne n'avait entendu parlé et chaque fois que je pouvais le faire écouter à des amis, je savais que ceux-ci seraient pour la plupart retournés par ce qu'ils venaient d'entendre. Ceux qui n'appréciaient pas devenaient des cons, des personnes inintéressantes (qu'est ce qu'on peut être con à cet âge là !!) qui ne méritaient pas que je m'intéresse à eux. Je me rendais aussi compte que question musique je devenais une sorte de paria, le mec qui écoute de la musique bizarre. Mais je dois avouer que je m'en foutais royalement, j'étais sur d'être dans le droit chemin. L'avenir ne m'a pas donné tort de ce point de vue là : 21 ans après je le réécoute avec toujours autant de frissons et je suis toujours persuadé qu'il s'agit là d'un des 10 albums que j'emporterai dans ma tombe.
Alors de quoi il retourne ? hein ? de 6 morceaux découpés en 4 ou inversement. En fait une première face de 23 mns en trois parties et une seconde avec 3 véritables morceaux, d'une durée approximative de 5 mns au minimum chacun. La première face the rainbow déploie en effet toutes les couleurs qui peuvent être décrites dans la musique, toutes les teintes allant de la spiritualité, l'apaisement à la rage destructrice, au vacarme le plus fou (desire en est un bel exemple.), déchire littéralement ceux à qui il restait un espoir d'entrevoir une chanson pop, un refrain ou quelque chose de ce goût là. Non Talk Talk balaie d'un revers de la main cette tentation et impose Sa vision de la musique : profonde, mystérieuse, exigeante, d'une cohérence incroyable malgré les conditions d'enregistrement, flirtant de plus en plus avec le silence, en faisant le principal acteur de ce disque (ainsi que du prochain), ayant plus à voir avec le classique, allant au bout du bout de sa démarche jusqu'au-boutiste. Au début de the rainbow, Hollis murmure plus qu'il ne chante, se confie. Au fur et à mesure des 23 minutes, à mesure que la tension monte, le ton de la voix suit le même chemin et finit par hurler au-dessus d'un vacarme assourdissant : that ain't me babe". C'est peut-être pas toi mais en tous cas tu viens d'inventer avec ce morceau de 23 mns un courant qui va faire fureur dans les années 90 : le post-rock. L'art de l'épure, des montagnes russes (tension-calme-tension ) dont saura si bien se servir GodSpeed!, tout vient de là. On a donc une première face violente, tendue à l'extrême, passionnante, longue et rock on aura droit à une seconde complétement opposée mais tout aussi passionnante. Calme, jazz, empreinte de religion, de recueillement, plus courte presque d'un format pop mais évitant ce chemin à tout prix. Introspectif dans ses paroles abordant des thémes le touchant de près (drogue, mort, spiritualité), Hollis paraît beaucoup plus touchant mais aussi absent s'en allant sur la pointe des pieds avec un wealth touchant au sublime. De toutes façons,de mon point de vue bien sur, tout dans cet album touche au sublime : les choeurs de i believe in you, apportant spiritualité et une émotion rare, l'orgue de wealth qui s'en va peu à peu comme la vie s'en va d'un corps, paisiblement mais surement, le jazz jouant à cache-cache avec le silence de inheritance. Talk Talk finit ici sa mue entreprise lors de the colour of spring, se débarrasse définitivement de ses oripeaux pop pour atteindre une sorte de nirvana, une beauté sublime qu'aucun groupe actuel, toujours à mon humble avis, n'a atteint jusqu'ici. Le pire c'est que trois ans après ils remettront ça avec un laughing stock aussi indispensable et superbe que celui-ci.
Inutile de dire que l'album ne se vendit pas, ses ventes furent catastrophiques et ont permis à EMI de se débarrasser d'eux. Ce qui de toutes façons, arrangea bien le groupe.
jeudi 27 octobre 2011
ba-da-bing (2)
tout de suite, la suite de ce feuilleton passionnant :
Ah oui, c'est vrai : je terminai ma dernière note par un suspens inouï : ça n'allait pas tarder à tourner à plein régime. Bon dieu, quelle phrase !! quelle accroche !! Digne de la fin d'un épisode de la première saison de 24, insoutenable quoi.
Oui donc je parlais de la collaboration entre Friese-Greene et Hollis et laissais entendre que le génie entre eux n'allait pas tarder à entrer par la grande porte. Si le talent de Talk Talk était indéniable ( il en faut je trouve pour pondre un titre aussi accrocheur que such a shame), on n'aurait peut-être pas parier un kopeck sur le génie de ce groupe.
Et
pourtant... Quand sort en 86 l'album the colour of spring, il n'est
question que de cela. Voyons le d'abord comme un album de transition :
l'abandon pur et simple de la ritournelle électro pop au profit d'une
véritable instrumentation organique, du commencement d'une recherche,
d'une expérimentation digne d'un Robert Wyatt, d'un largage d'amarre
pour dériver là où bon lui semble en en ayant rien à foutre de ce que
pensent les autres. Transition encore dans la façon d'aborder la pop,
l'écriture des chansons, la production : Le groupe ne pense pas en
single comme l'espérait la maison de disque de l'époque (EMI qui n'a
d'ailleurs jamais rien compris au groupe, n'y voyant qu'une vache à lait
de plus alors qu'ils avaient de l'or en barre sous la main) mais en
terme d'album d'où des morceaux longs (6 morceaux sur les 8 font plus de
5 mns), complexes, faisant appel à certains musiciens de renom comme
Steve Winwood, accentuant le décalage entre leur image de groupe propret
et ce qu'ils sont réellement. Ajoutez à cela le rôle grandissant de Tim
Friese-Greene qui non seulement produit l'album, joue tout ce qui est
orgues, piano, variophone mais co-écrit également tous les morceaux,
devient le véritable alter-ego de Hollis, celui qui le comprend et qui
va influer sur le destin du groupe. Cest aussi le moment où Talk Talk
décide d'arrêter de donner des concerts, où le groupe ne se consacrera
plus qu'au travail studio mettant EMI dans l'embarras : comment faire de
la pub, récupérer du fric sur un groupe qui ne se produit plus sur
scène ? Tout cela donne un album magnifique, débarrassé du superflu,
trouvant le succès accidentellement. Album de transition avant le
naufrage (disons plutôt le suicide) commercial que sera spirit of eden.
Pourtant pour qui connaît cet album, il montre bien, sur plusieurs
morceaux, la direction que prendra le groupe 2 ans plus tard : april 5th
ou chameleon days réduisent l'instrumentation à sa plus simple
expression (voix, orgues, un dobro), tout en ambiance, en grâce fragile.
Si le succès est au rendez-vous avec life's what you make it ou encore
living in another world c'est par le plus pur des hasards car l'écriture
de Hollis/Greene se fout royalement des canons de la pop et ses
inspirations n'ont rien à voir avec l'époque et les groupes qu'il côtoit
comme Frankie Goes To Hollywood, Kajagoogoo, lui se situerait plutôt du
côté des auteurs classiques comme Debussy ou le jazz de Gillespie. La
production de cet album délaisse aussi complétement les canons de
l'époque: pour eux les synthés sont morts, vive les véritables
instruments !! Rien ne pourrait être pire pour eux que de coller au son
de leur époque, Talk Talk ne veut plus être associé aux années 80 et
s'emploie (remarquablement d'ailleurs) à devenir intemporel. En
utilisant d'un côté des intruments classiques comme le piano ou la
guitare acoustique mais en utilisant d'autres instruments plus
surprenants pour leur époque : un mellotron, un variaphone, des choeurs
d'enfant ou le Ambrosia Choir. Avec tous ces handicaps Talk Talk arrive à
vendre plus de 2 millions d'albums à travers le monde et offre à ses
auditeurs un album d'une richesse incroyable tant au niveau mélodique,
que du son. Leur premier chef-d'oeuvre était sorti et deux autres
allaient suivre...
Ah oui, c'est vrai : je terminai ma dernière note par un suspens inouï : ça n'allait pas tarder à tourner à plein régime. Bon dieu, quelle phrase !! quelle accroche !! Digne de la fin d'un épisode de la première saison de 24, insoutenable quoi.
Oui donc je parlais de la collaboration entre Friese-Greene et Hollis et laissais entendre que le génie entre eux n'allait pas tarder à entrer par la grande porte. Si le talent de Talk Talk était indéniable ( il en faut je trouve pour pondre un titre aussi accrocheur que such a shame), on n'aurait peut-être pas parier un kopeck sur le génie de ce groupe.
Et
pourtant... Quand sort en 86 l'album the colour of spring, il n'est
question que de cela. Voyons le d'abord comme un album de transition :
l'abandon pur et simple de la ritournelle électro pop au profit d'une
véritable instrumentation organique, du commencement d'une recherche,
d'une expérimentation digne d'un Robert Wyatt, d'un largage d'amarre
pour dériver là où bon lui semble en en ayant rien à foutre de ce que
pensent les autres. Transition encore dans la façon d'aborder la pop,
l'écriture des chansons, la production : Le groupe ne pense pas en
single comme l'espérait la maison de disque de l'époque (EMI qui n'a
d'ailleurs jamais rien compris au groupe, n'y voyant qu'une vache à lait
de plus alors qu'ils avaient de l'or en barre sous la main) mais en
terme d'album d'où des morceaux longs (6 morceaux sur les 8 font plus de
5 mns), complexes, faisant appel à certains musiciens de renom comme
Steve Winwood, accentuant le décalage entre leur image de groupe propret
et ce qu'ils sont réellement. Ajoutez à cela le rôle grandissant de Tim
Friese-Greene qui non seulement produit l'album, joue tout ce qui est
orgues, piano, variophone mais co-écrit également tous les morceaux,
devient le véritable alter-ego de Hollis, celui qui le comprend et qui
va influer sur le destin du groupe. Cest aussi le moment où Talk Talk
décide d'arrêter de donner des concerts, où le groupe ne se consacrera
plus qu'au travail studio mettant EMI dans l'embarras : comment faire de
la pub, récupérer du fric sur un groupe qui ne se produit plus sur
scène ? Tout cela donne un album magnifique, débarrassé du superflu,
trouvant le succès accidentellement. Album de transition avant le
naufrage (disons plutôt le suicide) commercial que sera spirit of eden.
Pourtant pour qui connaît cet album, il montre bien, sur plusieurs
morceaux, la direction que prendra le groupe 2 ans plus tard : april 5th
ou chameleon days réduisent l'instrumentation à sa plus simple
expression (voix, orgues, un dobro), tout en ambiance, en grâce fragile.
Si le succès est au rendez-vous avec life's what you make it ou encore
living in another world c'est par le plus pur des hasards car l'écriture
de Hollis/Greene se fout royalement des canons de la pop et ses
inspirations n'ont rien à voir avec l'époque et les groupes qu'il côtoit
comme Frankie Goes To Hollywood, Kajagoogoo, lui se situerait plutôt du
côté des auteurs classiques comme Debussy ou le jazz de Gillespie. La
production de cet album délaisse aussi complétement les canons de
l'époque: pour eux les synthés sont morts, vive les véritables
instruments !! Rien ne pourrait être pire pour eux que de coller au son
de leur époque, Talk Talk ne veut plus être associé aux années 80 et
s'emploie (remarquablement d'ailleurs) à devenir intemporel. En
utilisant d'un côté des intruments classiques comme le piano ou la
guitare acoustique mais en utilisant d'autres instruments plus
surprenants pour leur époque : un mellotron, un variaphone, des choeurs
d'enfant ou le Ambrosia Choir. Avec tous ces handicaps Talk Talk arrive à
vendre plus de 2 millions d'albums à travers le monde et offre à ses
auditeurs un album d'une richesse incroyable tant au niveau mélodique,
que du son. Leur premier chef-d'oeuvre était sorti et deux autres
allaient suivre...
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