vendredi 31 décembre 2010

2010 suite et (pas spécialement) fin pour le coup.

Pour terminer l'année en beauté, un worst-of.
Oh putain, c'est pervers ça.
Oui.
Mais : nous sommes le 31 décembre et de toute façon à la fin de la nuit vous serez tellement torchés que vous ne ferez plus la différence entre la bande à basile et Joy Division. Alors que je vous sorte les pires daubes de cette année  là, maintenant ou jamais, ça ne fait pas grande différence.
Recentrons ce débat crucial : dans le pire qui sont les meilleurs ?
Deux groupes internationaux et un national se tirent la bourre. Pour le frenchie, je vous le donne dans le mille : il ne s'agit pas, pour une fois, d'Abd Al Malick. Pour la simple raison que je n'ai toujours pas écouté son album et que mon masochisme a certaines limites. Non, cette année, il s'agit d'un artiste respecté, oeuvrant depuis une bonne quarantaine d'années dans la musique hexagonale. Jouissant d'une crédibilité quelque peu usurpée à l'écoute du disque sorti en ce début d'année. Le premier qui sort Guy Béart aura droit à un séjour chez le chirurgien esthétique de sa fille.
Un indice : l'album se malnomme (du verbe malnommer, ne me dîtes pas que vous ne connaissiez pas) : coup de foudre. L'apprenti postulant à l'entrée d'une EHPAD pour sénilité aggravée qui a pondu ça a un fils. Lui aussi musicien. Chédid ??? non mais on s'approche. Autre indice : il est de famille (ou est très ami je ne sais plus) avec une vieille artiste française dont la folie furieuse est devenu un fond de commerce malgré elle.
Non, pas Cali. Ségolène Royal est encore à peu près jeune. Pour le reste par contre....
Dernier indice : son fils a sorti une compilation de ses meilleurs titres seul au piano cette année. A savoir aussi que le manque de talent peut sauter les générations et épargner la progéniture.
Qui a dit Higelin ???
Oui, c'est bien ça. Cette année donc,  la bouse d'or (sponsorisée par Rance Inter, je le rappelle) est remportée haut la main par l'album coup de foudre de Jacques Higelin. Une bien belle victoire ma foi car les postulants étaient fort nombreux mais Higelin a su donner le coup de collier nécessaire pour parvenir à la victoire. Chapeau Jacques.
Dans la catégorie international my ass, là ça se bouscule au portillon. Pourtant deux CO dans leur genre s'échappent et font la nique à tout ce qui a pu sortir de mauvais cette année. Des noms ? Pour commencer, le moins meilleur des deux mais pas le plus pire : postcard from a young man des manic Street Preachers. Tu connais ton Freddy Mercury sur le bout des doigts ainsi que ton Bono période je joue les bons samaritains dans tous les stades de France, de navarro et même au-delà encore, tu en as la nostalgie ? T'inquiète. Tel la tournée âge tendre et têtes de bois, les Manic te font revivre ça façon cauchemar. Un auditeur normalement constitué ne tient pas plus de deux morceaux. C'est pas humain un tel traitement. Mais la différence avec le meilleur du pire, celui qui a la véritable palme pour 2010, c'est qu'au moins on peut en rire. Le postcard, si on le prend au 875496ème degré est à se pisser dessus. C'est un CO d'humour labellisé rires et chansons digne de passer dans en rotation libre chez les grosses têtes de Bouvard. Cette emphase dans le chant, ces arrangements seventies style EWAF ou Imagination, ce gros rock qui tâche, c'est de la caricature mise en musique. Les gars qui ont pondu ça sont de véritables génies mais sont si modestes qu'ils ne tiennent pas à le faire savoir. Tant d'humilité de leur part me fait chaud au coeur. Si j'en avais un j'en chialerais tiens.
Par contre face au sidewalks de Matt & Kim le postcard se la joue 'tite bite. Leur album, c'est toute les qualités évoquées précédemment sans l'humour. Sidewalks c'est un peu une carte de visite sonore qu'on pourrait envoyer pour prévenir toute attaque extra-terrestre sur le sol terrien.La connerie humaine en ce qu'elle a de plus beauf pourrait être représentée à l'aise par le morceau AM/FM sound. En élevant la  perversion au rang d'art, on pourrait arriver à trouver ça bon. Mais comme je l'ai déjà écrit ailleurs :
" Mon PC pensait avoir atteint le fond cette année avec les Manic ou Superpitcher mais là il est pulvérisé, explosé, carbonisé et ce en seulement deux morceaux. Je m’interroge tout de même sur la santé mentale de ces deux énergumènes car pour écrire de telles merdes il faut être sérieusement dérangé du bulbe; avoir un tel “talent” pour pondre ça c’est limite pas humain."
Chapeau les artistes.
Sur ce je me prends quelque jours de congés. A bientôt.

jeudi 30 décembre 2010

2010 suite et pas tout à fait fin

 Cinq albums c'est sympa mais vingt-cinq autres c'est mieux. Pour une approche plus complète de ce que fut 2010, moi, apôtre du bon goût, messie de la culture, JCVD de la musique dans son entière globalité awarisante, moi, donc, je vous livre dans sa globalité le total de mes efforts auditifs en ce crépuscule annuel. Bref, je vous vois trépigner d'impatience, la bave aux commissures des lèvres : bon, gros naze, tu nous la files ta fin de liste qu'on aille se torcher avec. Ok, ça vient.
Alors :
6ème et trop pourri pour figurer parmi les cinq premiers, le branque jazzeux Adam Lane avec son groupe Full Throttle Orchestra . Entre modernité et classicisme, il reste l'un des rares à m'impressionner constamment. Son ashcan rantings est encore un grand disque de jazz dans la tradition de ce que fait Adam Lane : abordable pour le néophyte et plus que satisfaisant pour l'initié.Grand.
7ème : le north de Darkstar. Déjà évoqué en ces lieux.
8ème : les frenchies au poil de Cheveu avec leur excellent 1000. Dernière grosse claque de l'année. Leur mélange métal/pop/rap/rock accompagné de cordes arabisantes m'a littéralement troué le séant de façon irrémédiable. J'en chi(al)erais presque de bonheur.
9ème : la noise dronesque impressionnante des Yellow Swans avec leur chant du cygne going places. Penser à se procurer l'édition double de cet album. Le being there est d'un niveau plus élevé encore que going places.
10ème : l'ambient glaçante de Machinefabriek : daas. Se reporter à la note concernée.
10ème : Gonjasufi : a sufi and a killer. La révélation de l'année me concernant. Album un peu trop plein (cinq-six titres en moins aurait pas fait de mal) mais chacun fait mouche dans le style abordé. Kobwebz, she gone, sheep, advice sont grandes. L'album de remixes en revanche est à éviter.

 Le reste n'a pas démérité, loin de là et aurait très bien pu figurer parmi les dix premiers.
12. Tyler The Creator : bastard
13. Sunset : loveshines but the moon is shining too
14. King Sunny Adé : baba mo tunde
15. Dead Fader : corrupt my examiner
16. Akira Rabelais : caduceus
17. Lilium : felt
18. Kings Go Forth : the outsiders are back
19. Marcel Dettmann : Dettmann
20. Junip : fields
21. Swans : my father will guide you a rope to the sky
22. The Fall : your future our clutter
23. Rocky Votolato : true devotion
24. Fursaxa : mycorrhizae realm
25. Forest Swords : dagger path
26. Arandel : in d
27. Charlie Parr : when the devil goes blind
28. Negura Bunget : virstele pamintului
29. Agnès Obel : philarmonics
30. Troy Von Balthazar : how to live on nothing

Quelques explications/repères :
Tyler The Creator : rap impressionnant d'un môme pas encore majeur. Pas loin d'un Cannibal Ox.Son morceau bastard enfonce n'importe quel morceau du dernier Kanye West. Un sample, un piano, une basse, une rage omniprésente et on se retrouve face à un CO totalement dépouillé.
Fursaxa : freak folk à faire passer Lynch pour un réalisateur sain d'esprit. Habité et flippant dans les bons jours, chiant comme peu de chiasse le reste du temps. Je me rangerais plutôt du côté habité.
Arandel : parigot oeuvrant dans l'électro sans utiliser d'instruments électro ni de samples. pour un  résultat  assez bluffant.

mercredi 29 décembre 2010

Jesus is coming....

Dernière note concernant mon top 2010, dernier album de l'année. Manquait plus qu'un album rock bien stone à ma sélection très éclectique. La place a failli être prise par le phosphene dream des  Black Angels mais pas de bol (bien qu'ils s'en foutent, à mon humble avis), Bardo Pond leur a damé le pion il y a à peine quinze jours. Con pour eux parce que leur wocknroll de drogués abreuvé à la source sixties méritait une place de choix sur le podium. Pas de bol en effet car le mastodonte s'est remis en route, a retrouvé l'inspiration et rien ni personne ne peut lui arriver à la cheville dans ces cas là. Leur rock de camés n'a jamais été aussi inspiré, aussi dévastateur qu'en cette année 2010. Il est tellement imprégné de substances illicites que l'écoute prolongée de leur album créé une sorte de fog impénétrable autour de l'auditeur, l'isolant du monde extérieur, lui ouvrant les portes de la perception. Lui qui n'en demandait pas tant se retrouve face à un jesus (Jesus is coming sur don't know about you) les cheveux très longs, crades, portant une tunique à fleurs, yeux explosés et pétards à peine terminés en train de prêcher la bonne parole (le saint pétard devrait être obligatoire,  les ecstasy seulement les jours en i) et  filant des cachetons de toutes les couleurs à ses fidèles. Le pauvre auditeur se retrouve tout compte fait en plein milieu d'un rassemblement woodstockien dégénérant à la partouze de plusieurs milliers de fans dont les apôtres seraient armés de guitares, flutes, batterie et chanteraient l'apologie des drogues, du sexe et du rock'n'roll. A bien y réfléchir, une certaine conception du bonheur quoi.
Parfois la machine s'emballe, sous l'effet du speed, pour offrir un trip hallucinatoire limite flippant (cracker wrist), parfois elle prend son temps, glandouille pendant près de vingt minutes, mais l'ensemble du trip réussit à être tellement convaincant que l'abus de drogues n'est même plus conseillé pour l'apprécier à sa juste mesure.

Sur ce, je vous laisse, j'ai une récolte à effectuer, des feuilles à distribuer, la bonne parole à prêcher et je dois recueillir auprès des fidèles le combustible nécessaire pour mettre tout ça en oeuvre. Et puis, par ce froid, le tongs et la tunique c'est un peu court. Pas grave, j'irai me réchauffer auprès de fidèles compatissantes. C'est ça l'effet Bardo Pond.

mardi 28 décembre 2010

Sharron mon amour

Ayant déjà passé en revue le métal, la pop, le rap, passons aux choses sérieuses. Intéressons nous, en cette fin d'année 2010, à un genre youpi tralala passe moi la corde de ta guitare et faisons une pendaison party avec. On est six , c'est chouette, y aura pas de déchet : la folk.
En cette année 2010, le meilleur album de l'année est aussi celui de Sharron Kraus, the woody nightshade sur lequel je ne m'étendrais pas trop, ayant déjà consacré deux notes à la donzelle. Non pas qu'une troisième serait de trop, loin de là, mais je vais me retrouver à court d'arguments pour à nouveau la défendre, dire tout le bien que j'en pense. Je me verrais dans l'obligation de remplir une note comme je le fais actuellement avec pas mal de vide, un peu de rien et beaucoup de pas grand chose. Peu d'intérêt à faire ça tout compte fait.
Bon toujours est-il qu'après un bon paquet d'écoutes je ne comprends toujours pas comment cette  folk sans âge, austère comme la lecture de l'intégral de Kant, relativement mal embouchée, sans concessions, arrive à me rendre accroc de cette façon. Comment les larmes arrivent presque à me submerger sur once, comment les frissons s'amoncellent  à l'écoute de cet album. Il y a certes la voix exceptionnelle de Kraus qui y est pour beaucoup mais pas que. Elle installe une ambiance, un univers identifiable entre mille qu'on avait pas entendu depuis Shirley Collins. La véritable différence avec ses autres albums est la présence d'une tension, héritée des collaborations avec certains membres d'Espers, fait tout à fait nouveau pour elle. En délaissant le banjo mais en introduisant un soupçon de drone dans sa musique, en l'épurant au maximum,  Kraus prend le risque de tout remettre en question, de mettre pas mal de distance entre elle et l'auditeur pour un résultat passionnant. Sur ses précédents albums subsistait une certaine chaleur, ici tout en apparence est glacé. Bon, en grattant un peu, on se retrouve au coin d'un feu, certes famélique, mais distillant un semblant de vie. On retrouve parfois une certaine douceur ( la fin d'evergreen sisters, once, rejoice in love) mais quand résonnent les dernières notes de traveller between the world, que le voyage prend fin, que la solitude reprend le dessus, on se retrouve là comme un con, un peu paumé, partagé entre désolation et béatitude.
The woody nightshade a cette qualité rare d'être un disque véritablement spirituel s'adressant directement à l'âme, d'une cérébralité pouvant rebuter. En reprenant la métaphore du feu de camp, the woody nightshade fait l'effet d'un feu dont on regarderait  les dernières braises s'éteindre peu à peu distillant un peu d'humanité, de chaleur dans une ambiance glacée.
Ok, je sais, j'y vais un peu fort mais des disques de folk de cette qualité, exposant leurs tripes d'une façon aussi glaçante  j'en ai peu entendu depuis le pink moon de Nick Drake.
Et merde, moi qui venais de dire précédemment que je ferai une note courte je me suis encore planté. Pas bien grave, Sharron kraus mérite qu'on parle (comme ferait notre Nick Drake national et poète révolté à ses heures perdues, Cabrel ) encore et encore d'elle. elle mériterait une reconnaissance mondiale que the woody nightshade n'est pas prêt de lui apporter. Doit-on s'en réjouir ?

dimanche 26 décembre 2010

guilty pleasure

Alors là, je sens que je vais me prendre une volée de bois vert par certains @mis. Non pas parce que l'album que je mets en album de l'année fait parti de la sélection des inrocks (le seul que j'ai en commun avec ce canard par ailleurs) mais parce qu'en ces contrées hostiles je crois être le seul à l'adorer, à lui vouer un culte qui ne se dément pas au fil des écoutes.
Commençons par définir un peu ce qui fait qu'un album va rentrer dans mon top.
Est-ce parce qu'il m'impressionne d'entrée de jeu, que je me prends une baffe comme je me suis rarement prise (Deathspell Omega, Cheveu), parce que c'est un album qui m'a pris par surprise, doucement, qui s'est installé chez moi sans que je lui demande quoi que ce soit (Darkstar) ? Qu'il confirme tout le bien que je pensais d'un artiste en enfonçant la concurrence six pieds sous terre (Sharron Kraus) ? Ou alors la découverte d'un disque qu'à priori rien ne prédestinait à finir dans un top ? (celui dont je vais parler dans très peu de lignes, voir maintenant.)
Alors qu'est ce qui fait qu'un album rentrera dans mon top ? Tout ce qui a été énoncé ci-dessus mon capitaine
Qu'est ce qui fait qu'un disque de rap, putassier sa race, véhiculant clichés sur clichés  finit tout de même par être album de l'année chez moi ?
Il est vrai que la première écoute du Sir Lucious Left Foot: The Son of Chico Dusty de Big Boi ne donne pratiquement pas d'indice quant à sa finalité sur une marche aussi haute. Tout au plus se détache le duo tangerine/you ain't no DJ, impressionnants de noirceur pour l'un et mettant l'expérimentation à portée de tous pour l'autre. Follow us donne envie de s'enfuir plus que de suivre Big Boi, hustle blood sent le R'n'B pourri comme on peut en entendre au kilomètre sur NRJ ou skyrock. Tout ici sent le factice, la caricature : Des samples jusqu'à  l'utilisation des instruments par ordinateur. Rien n'incite à suivre Big Boi dans son délire mégalomaniaque (general patton). Rien sauf un putain de talent à composer des morceaux qui rentrent dans le crâne sans pouvoir s'en déloger. Putassiers mais tellement bien foutus qu'il pourrait nous faire avaler des couleuvres sans qu'on n'y trouve à redire. Rien sauf à composer un album qui soit un tout, une entité qui embrasse tous les styles présents dans le rap actuel sans pour autant verser dans la facilité.Rien sauf un talent à passer du r'n'b à la pop, du rock au jazz,du rap à la drum'n'bass, des années 80 à la dernière décennie (shutterbug), à brasser tous les styles dans un délire aux couleurs chamarrées, complétement barré. Sir Lucious Left Foot: The Son of Chico Dusty c'est ça et plus encore.C'est treize tubes sur quinze titres et presque autant de sommets. Un monstre assumant son statut, tutoyant le ridicule sans jamais y tomber, osant dans le même morceau mélanger pop, rap, jazz, choeurs doo wap (turns me on), donner ses lettres de noblesse au R'n'B (hustle blood, be still), remettre au goût du jour les sonorités 80's, voix trafiquées au vocoder et choeurs délirant (shutterbug, tube imparable), utiliser un sample d'opéra comme base d'un morceau martial (general patton) ou se lancer dans l'expérimentation barrée (you ain't no dj) sans pour autant être inaccessible.
Big Boi ose tout, invite une personne différente sur chaque morceau mais au lieu d'avoir un album de guests de luxe s'éparpillant (comme le dernier Kanye West, pas mauvais mais inintéressant) il parvient à rendre son album cohérent et réussi sur quasiment toute la ligne ( follow us et son refrain pourri, raté, et dans une moindre mesure shine blockas).Quelque soit le genre abordé, chaque tentative est une putain de réussite (for yo sorrow : électro, pop, drum'n'bass, rap  ; night night : electro/pop trompettes mariachis, choeurs féminins jazzeux : leur point commun ? malgré la diversité des genres évoqués, ces deux titres sont de véritables tubes d'une intelligence redoutable.) Big Boi utilise toutes les recettes qu'il connaît (faire parti d'Outkast a beaucoup aidé je pense) et vise juste à chaque fois. Comme Outkast le rap sert ici de base pour partir explorer d'autres territoires. Et comme la plupart des albums d'Outkast , c'est une putain de réussite. Big Boi en cette année 2010 se positionne comme le Prince de cette décennie (Rôle que je pensais par ailleurs dévolu à son comparse André 3000 dont le second disque du speakerboxxx/the love below ramène aux grandes heures de sign "o" the times.). Un Prince qui aurait troqué ses instruments pour un sample et un ordinateur. Tout aussi salace soit dit en passant.
Dire que j'ai écouté cet album un nombre de fois incalculable (jusqu'à deux ou trois fois par jour l'été dernier) est un doux euphémisme. Sir Lucious Left Foot : The Son of Chico Dusty est l'album qui, cette année, m'a le plus rendu accro. J'ai essayé d'écouter mes @mis me disant que c'était n'importe quoi, une musique pourrie, caricaturale, accumulant tous les clichés (fringues, bijoux, attitude, grande gueule, etc..), bref, voulant me ramener à la raison, rien n'y fait. A chaque fois que je plonge dedans je ne peux m'empêcher de l'écouter deux ou trois fois de suite. Ce Big Boi est un plaisir coupable que j'assume à 300 %. La preuve ? en écrivant cette note, j'en suis à la troisième écoute. Que voulez-vous, on ne se refait pas.
Album de l'année ??? trois fois oui. N'en déplaise aux grincheux qui me servent d'@mis. Sur ce je vous laisse, j'y retourne. J'ai essayé la désintox mais là c'est plus fort que moi. Cette année Big Boi m'a tuer.

samedi 25 décembre 2010

top of the pop.

Avouez que vous avez eu peur.
Un top 2010 avec un groupe de métal trustant la première place, ça fout les miquettes non ?
Rassurez-vous, la particularité de mon top cette année c'est qu'aucun album ne se détache vraiment pour prendre la tête.Disons que les places sont interchangeables. Chacun des albums présents est excellent en son domaine. J'y ai mis Deathspell Omega, j'aurais très bien pu y mettre le 2 de The Ancients. Qui en matière de pop est, de très très loin, mon album de l'année voir de la décennie passée. Depuis sa parution en août dernier, il n'est pas une semaine sans que je ne l'écoute au moins deux ou trois fois. Sans sentir non plus la moindre petite once de lassitude. Le genre d'album intemporel sorti dans la plus totale discrétion qu'on tient à tout prix à faire partager mais dont le monde, préférant se gaver de The Nationals ou Sufjan Stevens, se contrefout royalement.Il suffit de voir le nombre de personnes l'ayant écouté/noté sur RYM : dix seulement. Et sur les dix notes, hormis votre serviteur, quatre sont des e-potes. C'est dire la confidentialité de la chose. Ajoutez à cela qu'il est très difficile à trouver en support physique (En France il n'est pas distribué et dans le monde seul son pays d'origine, l'Australie, s'en occupe) et vous aurez le genre de disque dont le culte grandira tout au long des années écoulées.
Une pop de cette classe, on la trouve chez les Feelies, Yo La Tengo les jours de grande forme, les Gorky, Papas Fritas, The Sneetches ou encore Syd Barrett. Chaque morceau est une petite merveille : court, d'accroche immédiate, d'une grande simplicité et d'une limpidité presque effrayante.
2 ne souffre d'aucun temps mort, enchaînant sommets ( to the hill, the rambler, marsh tomb, street funk, sunday evening) et excellentes chansons (le reste de l'album) couvrant un spectre  très très large (En gros des sixties au années 2000), The Ancients se permettent de sortir ce qui pour moi restera une sorte de graal pop de ces vingt dernières années.Je n'ai pas connu telle addiction à un disque pop depuis le bwyd tyme des Gorky. D'un genre dont je n'attendais rien et qui a tendance à furieusement me gonfler, il s'agit là d'une divine surprise qui mérite amplement sa place au sommet des tops. La seule réserve que j'émettrais concerne le morceau christine, un peu faiblard en comparaison des himalayas qui sillonnent ce disque. Le reste n'est que bonheur et félicité. A vous de faire un effort pour le trouver.