3 mois d'absence.
3 mois.
Sans saloperie du dimanche.
Comment avez-vous pu tenir ?
Hein ? Comment ??!!!
Va falloir rattraper le temps perdu. Pour cela, et pour mon retour, je vous propose une méga saloperie. Vous souvenez-vous de Sophie et Magaly ? Non ??
A brûle-pourpoint je ne vous en voudrais pas trop de ne pas vous rappeler. Pourtant, pourtant, elles ont été les gagnantes de l'eurovision de 1980 avec un tube interplanétaire dont chacun connaît la moindre parcelle des paroles en son for intérieur.
Le papa pingouin.
Cette ritournelle indécrottable, cette saloperie dominicale d'une pureté absolue, pourrait passer pour du Mozart (le vrai, pas l'opéra, pas le gâteau non plus hein) à côté de ce que je vais vous proposer ci-dessous.
Arlequin.
Chef-d'oeuvre digne des meilleurs Douchka, Arlequin possède un refrain imparable (arlequinquin, arlequinquin, arlequinquin, c'est toi), une orchestration digne des meilleurs B.O de Max Pécas et des voix à faire passer Chantal Goya pour une castafiore châtrée.
Si vous avez des doutes, écoutez et savourez. Quand on en tient une comme ça, on ne la lâche pas si facilement et surtout, on partage son savoir.
Mon altruisme me perdra.
non pas mon blog, pas encore du moins mais j'y travaille d'arrache-pied. Seulement je viens d'apprendre la mort de Lou Bond, auteur d'un album parfait, et ce le 1er février dernier. Annoncé par un @mi parce qu'autrement, ben...ailleurs, chez les soit-disant critiques et autres défenseurs du bon goût musical, on s'en tamponne le coquillard ma foi.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas, rappel des faits ici dans mon ancien (et indispensable) blog.Sinon si comme moi vous êtes des feignasses finies, je remets le texte ci-dessous :
Il est des rééditions absolument indispensables. Des classiques
passés aux oubliettes, des exhumations parfaites. L'album éponyme de Lou
Bond, sorti en 1974, réédité en mars dernier, en fait largement parti.
Sorti à l'origine chez Stax et réédité chez light in the attic, déjà à
l'origine de la réapparition du cold fact de Rodriguez, Lou Bond est, là
je vais encore faire une lapalissade, un chef-d'oeuvre. Tout
simplement. Une évidence qui vous claque à la gueule dès les premières
secondes. Une voix soyeuse, douce sur quelques arpèges de guitares, des
cordes, des arrangements de cuivre et c'est Terry Callier période the
new folk sound ou encore what color is love qui s'invite dans cette
magnifique galette. Lucky me tutoie pendant 3'58 la perfection et donne
le ton de ce qui va suivre. Le morceau suivant c'est la soul de Curtis
Mayfield ou encore Marvin Gaye qui prend le relais, d'une délicatesse,
d'une douceur bref d'une classe hors norme. Je ne sais pas qui est à
l'origine des arrangements mais si on me disait que Brian Wilson avait
viré sa cutie pour passer à la soul, je serais absolument enclin à le
croire. Arrive ensuite Le
C.O. Le genre de morceau à faire passer le pieces of a man de Gil Scott
Heron ou encore le what's going on de Marvin Gaye pour de la petite
bière. D'une ampleur, d'une ambition démesurée, 12 minutes de conscience
sociale qui passent comme un souffle, qui nous ferait presque croire en
l'existence de Dieu tant la beauté, la tristesse, la révolte, irradient
ce to the establishment, vous prend aux tripes, vous les broie
littéralement. Après ça , on se dit que le reste de l'album va forcément
être en deça de ce coup de force. Que nenni, bordel de merde. Les trois
morceaux suivants, sans être du niveau de to the establishment, sont
tout simplement brillants. Let me into your life voit les arrangements
de cordes de Nick Drake sur five leaves left se fondre à la perfection
avec Terry Callier pour un moment de grâce folk absolu. Retour ensuite à
une soul plus conventionnelle, that's the way I've always heard it
shoul be comme du Al Green en lévitation ayant vraiment rencontré dieu.
Du pur miel, de la soul qui parle à l'âme ainsi qu'au coeur. Enfin come
on snob, ou l'équation improbable résolue de façon miraculeuse : Love +
Al Green = Terry Callier, encore et toujours.
Bon
vous l'aurez compris, ce disque entre directement dans le classement
dit île déserte, aux côtés de Talk Talk, Bobb Trimble, Coil, Congos,
Robert Wyatt et quelques autres. Dire que je me suis pris un de mes plus
gros chocs de ces dix dernières années est un doux euphémisme, il
s'agit pour moi d'un véritable séisme, d'une onde de choc quasi sans
précédent, d'un pur miracle. C'est pour et grâce à ce genre de
découvertes que je suis encore en vie.
Bon ok, j'exagère, mais à
peine. Un album comme celui-là on en voit passer un par décennie quand
tout va bien. Un disque qui combine de façon aussi harmonieuse le jazz,
la soul, le folk devrait être déclaré d'intérêt public, passé au
patrimoine de l'unesco. Ce disque est un monument. Son exhumation
tardive est ce qui est arrivé de mieux cette année. De toutes façons il
suffit de jeter un oeil à la pochette pour comprendre ce à quoi on a
affaire : la classe y suinte par tous les pores. C'est aussi simple que
cela. Pour ceux qui mettraient en doute mes dires, jetez une oreille à
ce qui suit ci-dessous. Après on en reparlera.
Voilà, ce sera tout pour aujourd'hui, vous pouvez retourner à vos activités.
Cher vinilissimo,
tu ne me connais pas mais permets moi de te dire que dans mon top d'une objectivité absolument indispensable de l'année 2012, tu viens de griller la place de la meilleure réédition vinyle de classique des années 90. Ce au nez et à la barbe d'omnivore recordings et de sa fabuleuse réédition du blue moods of Spain. Le challenge n'était pourtant pas simple : vinyles bleus translucides et ajout d'une obscure et néanmoins excellente face B sur le blue moods, autant dire que pour la plus haute marche du podium c'était plié d'avance. C'était d'autant plus plié qu'aurait du monter également le label the numero group auteur de la ressortie de l'intégrale de Codeine.
Pourtant c'est bien toi qui les a tous coiffé sur le poteau. Et ce n'est pas sur la forme (simple, sans fioritures, pas de vinyle coloré) mais bien sur le fond que tu les as enfoncé. Car il faut tout de même le dire : ta réédition du hex de Bark Psychosis est une des rares à te donner l'envie de foutre le cd que tu possèdes depuis la sortie originale à la poubelle.
Je ne sais pas si vous vous souvenez de ma note sur le agaetys byrjun de Sigur Ros ? pour ceux dont la mémoire défaille je vous la résume en quelques mots, d'un manichéisme à faire peur : cd = has been /vinyle = the place to be.
Pour hex, ça va être encore plus radicale : l'édition cd devrait être brûlée sur la place publique.
Plus sérieusement, le hex, comme certains de mes disques, m'accompagne quasiment depuis sa sortie. C'est un disque que j'ai écouté au bas mot plus de......pffffffff....Je le connais sur le bout des doigts, chaque note me fait vibrer le diaphragme, me remue les tripes. J'en connais ses sommets (absent friend, eyes & smiles et les cinq autres titres), ses silences, ses douceurs, sa beauté.
Du moins, je croyais le connaître.
Pour vous dire, samedi, en pleine nuit, j'ai fait un truc tout con : j'ai posé le vinyle sur la platine, reçu la veille, je me suis assis sur mon canapé, poussé le volume sonore à un niveau convenable. A l'origine, je devais écouter un morceau voir si la qualité était correcte. L'écoute a débuté et au bout de cinquante minutes d'hypnose j'ai découvert que je ne connaissais rien de ce disque. Mais alors rien du tout.
Enfin si : je le reconnaissais dans les grandes lignes. Mélodies, chants, compositions étaient les mêmes. Sauf qu'une fois le saphir posé sur le sillon, tout change. L'album acquiert une profondeur, une limpidité qui vous scotchent littéralement sur votre siège. Il envahit l'espace, l'habite, le transforme. Chaque détail, chaque arrangement vous sautent à la gueule, vous remarquez des dissonances, parfois des échos auxquelles vous n'aviez jamais fait attention auparavant ( sur absent friend notamment), une séquence de piano que vous ne connaissiez pas se dévoile (toujours sur absent friend); le minimalisme, la tension, la maîtrise de fingerspit vous laissent pantois, la magnifique montée toute en douceur et l'explosion finale d'eyes & smiles n'en finit pas de vous provoquer des frissons. Pendulum man, vous le redécouvrez : vous le trouviez très beau, là il devient magnifique : sur les premières minutes jamais je n'avais fait attention au fait que la guitare métronomique se dédouble, dissone, joue à contre-temps au point d'avoir l'impression d'écouter une horloge; ensuite là où je croyais n'entendre que des nappes de synthés, je perçois les trémolos des guitares proches des travaux ambient de Windy & Carl ou encore d'Eno.
Hex, dans son édition vinyle, dévoile une finesse extraordinaire, une ampleur dans le son rarement atteinte, les basses notamment sont d'une profondeur abyssale, les guitares d'une netteté, d'une subtilité presque effrayantes. La musique vous submerge dans un premier temps, vous la prenez de plein fouet, comme une vague, vous hypnotise ensuite au point de vous faire perdre tout repère temporel et enfin vous estomaque au point d'être incapable d'esquisser le moindre mouvement les minutes suivant la fin du disque. A la première écoute il m'a bien fallu cinq à dix minutes pour décompresser, revenir à la réalité, chasser tous ces frissons qui m'avaient envahi l'échine sans que je ne demande quoi que ce soit. Je suis resté assis dans mon canapé, comme un con, sans plus pouvoir bouger, la bave aux comissures des lèvres, la langue pendante, les yeux hagards, les oreilles et le cerveau ailleurs, haut, très haut vers une sorte de nirvana que je n'espérais jamais atteindre.
Alors cher Vinilissimo, je te le répète, ta réédition du hex surpasse toutes les rééditions que j'ai pu entendre ces dernières années y compris celle du laughing stock de Talk Talk et de l'album éponyme de Mark Hollis. Après ça, ne te reste plus qu'à t'attaquer à la réédition du génial codename : dustsucker d'un petit groupe nommé Bark psychosis, introuvable depuis des années en format vinyle et se négociant actuellement dans les 100 €.
Dans l'attente d'une réponse positive de ta part, ......
Une bien belle découverte saloperie, je vous l'affirme !!!
Une saloperie à vous faire pousser des soupirs d'aise, voir d'extase.
Musique, chant, chorégraphie, tout concourt à faire de cette saloperie l'un des moments forts, un des moments clés de cette année 2013 qui s'annonce exceptionnelle.
L'artiste (?) enfin le groupe, semble être canadien. Le chanteur, un certain Normand (ça ne s'invente pas) Brathwaite a appris son Michel Jackson (homonyme canadien de l'autre) sur le bout des shoes et a potassé son Buggles illustré sur lequel devait manquer tous les chapitres suivant : la mélodie facile pour les nuls. Résultat des courses : un CO certifié dont je vous passe deux versions pour que vous compreniez à quel point ce titre est d'une importance capitale dans l'éducation musicale du parfait mélomane pervers.
Ah oui j'oubliais : nom du groupe : Soupir (ça ne s'invente pas). Titre du morceau : larmes de métal.
Adieu.
Version 1 : habits de lumière + chorégraphie rutilante
Version 2 : clip avant-gardiste et torturé, une sorte de Coil d'avant-garde si on cherche bien
aujourd'hui, épiphanie oblige, hommage aux rois mages.
Bien évidemment j'aurais pu vous infliger Sheila, Galilée et peau liftée mais comme je suis un grand malade pervers et rance, ma préférence à moi ira plutôt vers Dorothée et sa fabuleuse marche des rois.
Ça ne vous dit rien ? pas grave.
Dès que vous l'aurez écouté une fois ce sera mort : votre journée sera pourrie, vous regarderez votre galette droit dans les yeux avec une moue dépitée, plus rien ne vous fera envie hormis retirer cette scie de votre crâne. Bien évidemment vous en chierez pour l'effacer et me maudirez pour cette première saloperie de 2013, année balèze.
Bon courage et bonne année de merde.
Vous ne l'aviez peut-être pas remarqué mais aujourd'hui nous sommes le dernier jour de l'année 2012. Incroyable n'est-il pas ?
Qui dit dernier jour de l'année dit forcément regard nostalgique sur une jeunesse qui s'éloigne de plus en plus, sur une année écoulée forcément plus merdique que la précédente du fait du rapprochement inéluctable des douleurs arthritiques ainsi que des changes complets.
Qui dit 31 décembre dit forcément bilan et bonnes résolutions.
Les bonnes résolutions, comme les promesses, n'engagent que ceux qui y croient.
Pour 2013 par exemple j'ai décidé d'un commun accord avec moi-même, ainsi que mon moi profond, d'être moins con et moins corse ( en gros de faire plus d'une note par semaine). Connaissant mon courage, il flotte là comme un parfum d'utopie.
Pour le bilan en revanche, ça, je peux faire. Mais comme ma nature profonde a tendance à remonter à la surface très facilement, je ne vais pas trop me faire chier et balancer ce qui m'a marqué en cette excellente année musicale.
Dont acte.
Blut Aus Nord : 777 cosmosophy Kevin Tihista's Red Terror : on this dark street Om : advaitic songs Ozarks : Spiritualized : sweet heart, sweet light Arlt : feu la figure Jessica Pratt : Daughn Gibson : all hell Fabio Orsi: the new year is over Swans: the seer Tindersticks : the something rain Aidan Baker : the spectrum of distraction Chromatics : kill for love Paul Buchanan : mid-air Six Organs Of Admittance : ascent Julia Holter : ekstasis Tue-Loup : 9 Ruby Throat : O' doubt o stars Gareth Dickson : quite a way away Zelienople : the world is house on fire
Dordeduh : dar de duh Getatchew Mekuria & The Ex : y'anbessaw tezeta Barna Howard Thomas Belhom : rocephine Ty Segall & White Fence : hair Francis Harris : leland Killer Mike : R.A.P music Avec Pas D'casque : astronomie Mi And L'au : if beauty is a crime Loscil : sketches from new brighton Josephine Foster : blood rush Bill Fay : life is people Stagnant Pools : temporary room The Evens : the odds Mgla : with hearts toward none Scott Walker : bisch bosch.
Rééditions : Can : the lost tapes Codeine : when I see the sun Spain : the blue moods of Motorpsycho : blissard Bark Psychosis : hex
Bien évidemment, la liste est loin d'être exhaustive et peut être complétée n'importe quand, au fur et à mesure des découvertes.
Sur ce, bonne année et à l'an prochain.
- Bonjour, je cherche un album doté d'une particularité peu commune voir particulière. Un disque excellent, doux, instrumental, électronique et pas chiant pour un sou. De plus, je le souhaiterais d'une discrétion remarquable. Vous avez ça en magasin ?
- Oui mon bon mossieur, j'ai ça en magasin. Un disque d'électro/ambient/dub sorti en septembre dernier sur un label pourtant remarqué et remarquable (kranky) et passé totalement inaperçu. Ça vous convient ?
- Ah ben pour sur. Puis-je savoir ce que c'est ?
- Le nouvel album de Loscil, sketches from new brighton.
- Lo-quoi ?
- Loscil, vous savez, le projet de Scott Morgan. Non ? Onze années de non-activisme chez Kranky, ça vous forge son homme hein. Huit disques à façonner le silence sous des nappes de synthé, avec des rythmes rachitiques voir inexistants, quelques glitchs obsédants, il n'y a rien de mieux pour se faire oublier. Pourtant, pas de bol pour lui, sa musique, abstraite au possible, est restée ancrée dans les oreilles de ceux qui se sont un tant soit peu intéressés à elle.
Il remet les couverts cette année avec un album dans la droite lignée des sept autres. Soit une musique abstraite, impalpable, faite de nappes phréatiques, de glitchs, de douce tension, presque sereine, semblable à du Borhen ( hasting specials ressemble à s'y méprendre à une version apaisée du black earth). L'ensemble évoque le meilleur des productions des allemands Pole ou Gas, soit un dub flirtant avec l'ambient et réciproquement.
- Ça fait pas un peu musique d'ascenseur votre truc là ?
- Cela pourrait mais non, il y a suffisamment de mouvements internes dans cette musique, de remous, de luttes intestines pourrions-nous dire, pour éviter tout ennui justement. Scott Morgan sait doser parfaitement contemplatif et tension, mélodies et abstraction, jouer avec les oscillations pour tenir l'auditeur dans un état de rêve éveillé voir de sidération (fifth anchor span et sa sourde mélancolie qui vous prend à la gorge sans jamais rien lâcher). Pour reprendre votre expression, si ascenseur il y a, celui-ci ressemblera plus à un téléphérique à mi-parcours au dessus de l'océan, dont le câblage est en train de lâcher, qu'à un ascenseur du Ritz. Vous avez le droit de vous sentir protégé voir d'être comme dans un cocon mais il existera toujours une tension qui vous empêchera de réellement vous apaiser. Tout l'intérêt de sketches from new brighton repose justement sur cette tension qui traverse le disque de part et d'autre, alternant morceaux contemplatifs voir sereins (second narrows et son dub relaxant) et d'autres en apparence calmes.
L'album semble d'une platitude effarante et pourtant en y prêtant une oreille attentive, on se rend compte que, la plupart du temps, Scott Morgan innove. Son ambient, son dub, on a l'impression de les avoir entendu mille fois au travers de l'oeuvre de Gas mais étrangement, cette tension sourde, ce rappel au jazz, cette atmosphère de menace évoquent plus le doom de Borhen.
Bref, vous vouliez un album fort discret, qui ne fasse pas de vagues ?? En voilà un donc. Et en sus, son créateur se permet même d'inventer un nouveau genre : l'ambient doom. Si c'est pas une particularité particulière, je veux bien bouffer ma collection complète de vinyles de Vilaine Fermière. Et rassurez-vous, il passera encore de nouveau et à jamais inaperçu et n'intéressera personne hormis des pélos comme vous. Cerise sur le gâteau, comme on dit : la pochette est aussi discrète que le contenu. C'est pas beau tout ça ??