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vendredi 21 mars 2014

Bohren & Der Club Of Gore : piano nights

Je vous la fais courte : à mes moments perdus, je travaille d'arrache-pied chez le webzine pinkushion. Mes chroniques y sont plus sérieuses,  moins bordéliques vu que j'agis sous le coup de la censure. Le maître des lieux, un certain Paul Ramone, y pratique la torture quotidienne comme programme de remise en forme à grand coup de Gérard Lenormand, d'intégrale de Bézu passée à la moulinette tektonik entre autre. En un mot comme en cent, c'est un grand malade, un brin mégalomane, très narcissique avec quelques traits psychopathiques. Raison de plus pour moi de me tenir à carreau (et d'éviter de tenir des propos débiles sinon....)
chronique ici


lundi 3 décembre 2012

Loscil : sketches from new brighton



- Bonjour, je cherche un album doté d'une particularité peu commune voir particulière. Un disque excellent, doux, instrumental, électronique et pas chiant pour un sou. De plus, je le souhaiterais d'une discrétion remarquable. Vous avez ça en magasin ?
- Oui mon bon mossieur, j'ai ça en magasin. Un disque d'électro/ambient/dub sorti en septembre dernier sur un label pourtant remarqué et remarquable (kranky) et passé totalement inaperçu. Ça vous convient ?
- Ah ben pour sur. Puis-je savoir ce que c'est ?
- Le nouvel album de Loscil, sketches from new brighton.
- Lo-quoi ?
- Loscil, vous savez, le projet de Scott Morgan. Non ? Onze années de non-activisme chez Kranky, ça vous forge son homme hein. Huit disques à façonner le silence sous des nappes de synthé, avec des rythmes rachitiques voir inexistants, quelques glitchs obsédants, il n'y a rien de mieux pour se faire oublier. Pourtant, pas de bol pour lui, sa musique, abstraite au possible, est restée ancrée dans les oreilles de ceux qui se sont un tant soit peu intéressés à elle.
Il remet les couverts cette année avec un album dans la droite lignée des sept autres. Soit une musique abstraite, impalpable, faite de nappes phréatiques, de glitchs, de douce tension, presque sereine, semblable à du Borhen ( hasting specials ressemble à s'y méprendre à une version apaisée du black earth). L'ensemble évoque le meilleur des productions des allemands Pole ou Gas, soit un dub flirtant avec l'ambient et réciproquement.
- Ça fait pas un peu musique d'ascenseur votre truc là ?
- Cela pourrait mais non, il y a suffisamment de mouvements internes dans cette musique, de remous, de luttes intestines pourrions-nous dire,  pour éviter tout ennui justement. Scott Morgan sait doser parfaitement contemplatif et tension, mélodies et abstraction, jouer avec les oscillations pour tenir  l'auditeur dans un état de rêve éveillé voir de sidération  (fifth anchor span et sa sourde mélancolie qui vous prend à la gorge sans jamais rien lâcher). Pour reprendre votre expression, si ascenseur il y a, celui-ci ressemblera plus à un téléphérique à mi-parcours au dessus de l'océan, dont le câblage est en train de lâcher, qu'à un ascenseur du Ritz. Vous avez le droit de vous sentir protégé voir d'être comme dans un cocon mais il  existera toujours une tension qui vous empêchera de réellement vous apaiser. Tout l'intérêt de sketches from new brighton repose justement sur cette tension qui traverse le disque de part et d'autre, alternant morceaux contemplatifs voir sereins (second narrows et son dub relaxant)  et d'autres en apparence calmes.
L'album semble d'une platitude effarante et pourtant en y prêtant une oreille attentive, on se rend compte que, la plupart du temps, Scott Morgan innove. Son ambient, son dub, on a l'impression de les avoir entendu mille fois au travers de l'oeuvre de Gas mais étrangement, cette tension sourde, ce rappel au jazz, cette atmosphère de menace évoquent plus le doom de Borhen.
 Bref, vous vouliez un album fort discret, qui ne fasse pas de vagues ?? En voilà un donc. Et en sus, son créateur se permet même d'inventer un nouveau genre : l'ambient doom. Si c'est pas une particularité particulière, je veux bien bouffer ma collection complète de vinyles de Vilaine Fermière. Et rassurez-vous, il passera encore de nouveau et à jamais inaperçu et n'intéressera personne hormis des pélos comme vous. Cerise sur le gâteau, comme on dit : la pochette est aussi discrète que le contenu. C'est pas beau tout ça ??

mercredi 6 avril 2011

Bohren

Bohren et son magnifique nouvel album beileid vous attendent dans le sublimissime blog ma main dans ton disque. Une note à la hauteur de ce CO.

jeudi 24 mars 2011

Bohren

le doom c'est sympa. Si, si je vous jure. C'est très bien même. Enjoué, jovial, rapide, une musique qui incite au partage, un pur truc de hippies quoi.
Vous allez encore me dire : la myre tu nous emmerdes sérieux avec ton métal de merde. Ce auquel je répondrai : allez vous faire foutre, il n'y a pas que le métal à pratiquer le doom bande d'ignares incultes que vous êtes. Le jazz le pratique aussi. Et notamment les allemands de Bohren Und Der Club Of Gore, véritables champions du monde dans cette catégorie. Pour ceusses qui ne connaitraient point, Bohren pratique un jazz pachydermique, d'une lenteur hors norme avec changement d'accord survenant au bout de trois minutes minimum et morceaux d'une longueur effarante. La plupart des morceaux sont basés sur deux, trois voire quatre accords. Pas au-delà sinon ça pourrait devenir trop technique. Même si avec la description que j'en fais, ça a l'air plus effrayant et chiant qu'autre chose, le groupe a à son actif deux CO ( sunset mission et surtout black earth, comme du Lynch en pleine messe noire) de jazz ambient speedé au tranxene et une tripotée d'albums recommandables.
Si j'en parle aujourd'hui c'est parce que ces joyeux drilles, d'une régularité quasi suisse (un album tous les trois ans) devraient nous sortir un nouvel album d'ici un mois, beileid, promesse d'un avenir radieux, ensoleillé. Et qu'au passage je l'attends avec autant d'impatience que Delarue son dealer. Vivement le 22 avril donc.