lundi 29 octobre 2012

Message à caractère préventif

Il y a trente ans, ce jour, naquisait un @mi et, à quelques jours près, 17 pour être exact, sortait le second album de Bobb Trimble, harvest of dreams.
Aujourd'hui sera donc un jour de rattrapage pour cet @mi qui, shame on him, ne semble point connaître Bobb Trimble et son sublime iron curtain innocence. M'en vais lui rafraîchir la mémoire et le remettre dans le droit chemin illico avec mon indispensable note sortie sur mon précédent blog. La preuve ?

Imaginez : vous êtes producteur ou sur le point de signer un artiste. Vous êtes en 1980, les grands albums sortis à cette époque sont le closer de Joy Division, le premier album des Feelies, le remain in light des Talking heads, le seventeen seconds des Cure, le metamatic de John Foxx, le I just can't stop it de The Beat ou encore le colossal youth de Young Marble Giants.  Vous nagez en pleine new wave, l'époque est aux corbeaux, au premier degré, bref on rigole pas tous les jours. Là vous tombez sur un gars qui lui n' a rien compris à l'époque dans laquelle il est. Il vous propose un album de folk. Qui plus est de la folk psyché. Vous vous dîtes : il est fou, pas la peine de le signer, ce sont les bacs à soldes direct avec ce qu'il propose. Vous l'écoutez par politesse, lui dîtes que ce qu'il fait est très bien et le remerciez d'être venu. Une fois parti, vous mettez les bandes à la poubelle parce qu'il vous a fait écouter c'est certes pas mal du tout mais ça a quand même au moins une dizaine d'année de retard. ça n'aurait pas dépareillé avec des groupes comme Comus ou des tarés comme Syd Barrett mais là, ça va à l'encontre des règles du marché. Faut pas déconner quand même faut rentabiliser le produit , non ?
Bon ce que je viens de décrire ci-dessus serait très certainement arrivé à Bobb Trimble s'il s'était présenté avec son disque dans les années 90 -2000. Fort heureusement pour lui comme pour nous, c'est à la fin des années 70 qu'il a présenté ses bandes et qu'est sorti cet anachronisme qu'est Iron curtain innocence. Car il faut sacrément être fou pour sortir un album dont on sait pertinemment qu'il ira dans les bacs à soldes à sa sortie mais sera adulé par une poignée d'aficionados dont je fais parti. Pour faire court et comme je l'ai dit plus haut il s'agit d'un album de folk psyché barré sur sa première face et  de pop folk de très très haut vol sur la seconde, alignant morceaux d'une délicatesse d'orfèvre (killed by the hands of an unknown rockstar) et classique immédiat digne du meilleur Beatles ou Love ou ce que vous voulez d'autre (one mile from heaven).C'est simple, en écoutant la première face on se dit que Greg Weeks d'Espers ou Ben Chasny de Six Organs Of Admittance ont du puiser là une bonne partie de leur inspiration (et notamment avec when the raven calls). Et quand on écoute la seconde, là on se dit qu'il n'a pas du écouté que les Beatles le gars Elliott Smith, il a du s'écouter en boucle ce chef-d'oeuvre tant la voix rappelle ici celle de Smith. Il n'y a dans ce disque que 8 morceaux avec deux fois one mile from heaven (une version courte, l'autre longue) mais ici tout est essentiel, rien n'est superflu, chaque note a sa place, chaque intonation se justifie. Le seul reproche qu'on pourrait lui faire est au niveau du son, de la production : il sonne très années 70. Pas pour moi en tout cas. Mais là, je ne sais pas si la critique se justifie réellement : c'est justement ce qui fait qu'il paraît hors d'âge, intemporel. Et parlons aussi de la pochette qui  est hallucinante : Bobb Trimble, gueule d'ange entre Balavoine et Syd Barrett, avec sa guitare électrique sur les genoux et une mitraillette à la main a de quoi laisser dubitatif.

Alors ???? ben à la lecture de cette note absolument indispensable il apparaît clairement qu'en 2012, ne pas connaître Bobb Trimble est passible d'une condamnation lourde, très lourde.
Alors M. Vilosophe, au vu de vos différents antécédents, soit vous vous jetez sur le premier cd ou vinyle à votre portée et vous comblez votre retard, soit vous serez condamné à subir dans une chambre noire, sono à fond, l'intégrale de Patrick Duffy et Mireille Matthieu en boucle jusque ce que saignement des oreilles survienne.Vous voilà prévenu. Je ne me répéterai pas.

dimanche 28 octobre 2012

la saloperie du dimanche

La quintessence des eighties, ça ressemble à quoi ??
La quintessence des eighties c'est des paroles concernées, une musique savante qui sait piocher chez les pionniers de la pop, du rock, une imagerie avant-gardiste, des chorégraphies qui coulent de source, fluides et travaillées.
La quintessence des eighties c'est également une attitude, sur de soi mais nonchalant, le requin cool, la classe à la Aldo, la frange rebelle.
En fait, la quintessence des eighties c'est Hugues Hamilton et son totalement  fou d'elle. C'est un putain de morceau qui te reste vissé dans le crâne pour au moins 24 heures sans que tu puisses y faire quoi que ce soit. C'est une scie imparable et indécrottable, un truc qui a obtenu l'A.O.C années 80 avec sa suite logique, à savoir retour à l'anonymat le plus complet après cette décennie maudite. Hugues Hamilton incarne les années 80, Hugues Hamilton EST les années 80.
Chapeau bas l'artiste.

samedi 27 octobre 2012

Th' Faith Healers : lido

Samedi jour du saigneur et du psychopathe.Veille du jour du seigneur, l'autre.
Pour ce faire, va falloir monter dans la delorean et bloquer les compteurs en 1992. Plus précisément juin. Pourquoi ???
Parce que je bosse à une trentaine de bornes de mon habitation principale.
Et alors ??? je vois pas bien où est le rapport.
Simple, mon con : pendant une bonne trentaine de minutes je me retrouve seul avec mon moi, mon ça et surtout pas mon surmoi dans ma voiture, auto-radio à fond. Hors pour satisfaire mon ça, il me faut de la musique qui dépote grave. Et depuis quelques semaines, tourne en boucle dans la caisse le génialissime lido de Th' Faith Healers.
Pour les ignorants qui ne connaitraient point Th' faith Healers,  c'est trois bucherons anglais, une serial killeuse, deux albums sur le meilleur label anglais des années 90 ( à savoir too pure), deux compiles (L' et les peel sessions), quatre EP pour quatre d'existence et une empreinte indélébile dans le rock anglais des années 90 voir au-delà (de mon point de vue hein). Une discographie en dent de scie (pour résumer : imaginary friend : bof ; L' : carte de visite rêche et fort prometteuse mais en deçà des capacités du groupe) mais avec un everest qu'aucun groupe indie, à ma connaissance, n'est parvenu à dépasser depuis 1992, date de la sortie de lido. En quoi lido est un everest au juste ? Simple : lido a su élever la tension au rang d'art . Ça fait un peu juste comme argument me direz-vous. Probablement mais dès que this time vous heurte les tympans, vous savez que vous êtes foutus, que vous en prenez pour trois quart d'heure sans pouvoir vous en défaire, accro à l'adrénaline qu'il dégage. Mais pas une adré polissée, gentille, calibrée pour une jeunesse révoltée en chemise à carreaux et jeans troués, non, là c'est directement Leatherface, le gentil gars spécialisé dans le taillage de bavettes façon XXL, qui vous susurre ses douces contines au creux de l'oreille. Enfin susurrer n'est peut-être pas le terme adéquate, à moins que le papier de verre version tesson pilé soit d'une douceur incomparable à vos oreilles.
Vous l'aurez capté, l'une des singularités de Lido est d'être rêche, très rêche, sans aucune compromission, sans un pet d'humour, carburant à l'urgence. Pour ce faire le groupe a viré les guitares pour les troquer contre des tronçonneuses, dégagé les grilles d'accord pour ne laisser que le strict minimum de notes, n'a pas tenu à s'emmerder également  avec l'accordage des instruments préférant laisser ça aux premiers de la classe et surtout a passé des heures voir des jours à réviser son Can pour en saisir la substantifique moelle.Car lido est peut-être l'un des rares descendants valables du groupe Allemand. Cette intransigeance, ce jusqu'au boutisme, ce besoin constant d'expérimenter dans son coin, d'aller au bout de leurs idées rappelle le Can de la grande époque.
A une différence près : Can expérimentait dans un cadre (que le groupe envoyait la plupart du temps valser) pop (pour rappel , vitamin C, mushroom) . Ici, que nenni. Enfin presque. Si le cadre reste pop (morceaux entre trois et six minutes, mémorisables), lido est tout de même joué par une véritable bande de psychopathes. Le guitariste ne joue pas mais scie littéralement ses cordes, chaque coup porté par le batteur semble faire hurler de douleur ses fûts, le chant de Roxanne Stephen n'est pas de plus adaptés ( franchement, quand elle chante l'amour, je n'aimerais pas être le partenaire en question. Il suffit d'écouter love song pour comprendre que sa perception de l'amour est différente de tout un chacun), seul le bassiste semble apporter un équilibre somme toute précaire à  cette bande de malades mentaux. Et pour appuyer ma thèse sur la psychopathie de ce groupe, il suffit d'écouter les deux derniers morceaux (et les six précédents), deux extrêmes. Quand le groupe calme le jeu en sortant les guitares acoustiques (it's easy being you), essaie d'être un tant soit peu léger, il ne peut s'empêcher de saboter la chanson en utilisant une sorte de tronçonneuse électrique qui vient la défigurer en plein milieu. Mais le pire dans lido c'est quand le groupe revisite à sa façon madchester ou encore le come together de Primal Scream sur spin 1/2 : ça pue la sueur, le sang, c'est la fête au travers du regard d'un psychopathe que rien n'affecte hormis la vision du sang. On imagine sans difficultés ce morceau en bande son du american psycho de Brett Easton Ellis  ou en B.O des chiens de paille de Peckinpah. on imaginerait même tout l'album illustrant ce film.
 Pour apporter une note "raisonnable" à cet album de déviants, je dirais que le seul morceau sensé dans ce grand disque, c'est la reprise absolument formidable du mother sky de Can. Le groupe a su en capter l'essence tout en gardant la tension inhérente à l'album. Bref, mother sky s'imbrique dans lido sans qu'on ne perçoive de différence au niveau des compositions.Preuve de la haute tenue de lido.

Alors au vu de la description que je viens d'en faire,vous me direz qu'il faut être un brin pervers pour s'envoyer ça à fond dans la caisse pendant une bonne demi-heure. Je vous rétorquerai que non, bien au contraire. Lido est tellement tendu qu'il sert littéralement de catharsis avant d'aller au boulot. La tension est si vive qu'on se dit que rien ne pourra être pire dans les huit heures qui suivront.Du coup, c'est la zen attitude en arrivant.
 Parce que, contrairement à d'autres,  j'ai aussi oublié d'être con.

mercredi 24 octobre 2012

Andy Stott : luxury problems

Eh les amis, Andy Stott sort un nouvel album ces prochains jours.
Ouaiiiiiiiiiiissssssssssss, super. Il en a de la chance ce garçon.
Et il fait quoi cet Andy Stott ??? de la polka javanaise sous acides ? de la bourrée auvergnate 2.0 ??
Mr Stott a gagné ses lettres de noblesse dans la minimal techno/dub façon Maurizio en sortant en 2006 un album honnête mais pas grandiose (merciless) et surtout une série d'EP assez remarquables dont deux l'an dernier qui lui ont valu la reconnaissance de nombre de webzines branchés : passed me by et we stay together.
Présentation faite, passons aux choses sérieuses : luxury problems.
Tous ceux qui appréciaient son boulot dans la veine Dub/techno voir ambient vont pouvoir passer leur chemin, le gars Stott s'est donné comme objectif d'attaquer les dance-floors avec nombre de chansons putassières à faire passer David Guetta pour Arvö Part. Pour ce faire, rien de plus simple : laisser tomber les instrumentaux torturés sur dix minutes avec silences de rigueur, employer une chanteuse, de préférence soul à gorge chaude et balancer un rythme binaire compréhensible par le moindre auditeur écervelé, donc moi .
 Programme fort alléchant ma foi.
Sauf qu'à l'arrivée luxury problems ressemble plus à une sorte de Moodyman en pleine phase parano qu''à la énième compile techno/mesbollocksonzetable sortie cette année. Ne vous fiez en aucun aux deux premières minutes de numb, évanescentes en diable, limite dream-pop,mais plus à la suite, techno à un demi beat par minute en vitesse de pointe, lourde, plombée. Si Andy Stott a abandonné, enterré une bonne fois pour toutes le dub/minimal techno avec ses différents EPs, là il signe les papiers de décès du dubstep en général, de Burial en particulier, et enfonce le quatrième clou du cercueil avec une morgue faisant plaisir à entendre. Il fait ainsi table rase des courants électros des vingt dernières années ( la drum'n'bass avec un up the box bradycardisé à mort, à deux doigts du coma, le dubstep, comme je viens de l'écrire, est à l'agonie, le dub est de l'histoire ancienne) mais se veut également le fossoyeur de la techno qui a contribué à sa renommée.  Car franchement, la sienne fait pitié à écouter : le pouls est à peine audible, les beats minimales, l'atmosphère y est glaciale, anxiogène au possible (à croire qu'il a enregistré luxury problems en direct du cercueil mobile qui lui sert de studio pendant que les invités lui envoyaient les dernières pelletés de terre à travers la gueule.).  Il y a parfois quelques tentatives de ranimer le cadavre en devenir (sleepless, up the box en mode défibrillateur en fin de course) mais celles-ci se soldent par d'heureux échecs Heureux car c'est justement cette morgue,ce pré-silence qui fait tout l'attrait de cette post-techno.
Vous me direz :  ça fait des semaines que tu en glandes pas une et tu nous reviens pour nous pondre des concepts à la noix. De la post-techno ?? et pourquoi pas de l'ante-java, de la prétektonik ou encore du perijungle ?? Hein ??? C'est quoi ce concept de merde ???. Ca paraît merdique mais c'est pourtant le seul terme qui me vient à l'esprit quand j'écoute luxury problems. L'impression d'écouter un album sous perfusion, de la techno qui ne veut plus en être, où tout semble désincarné, où seul le silence a voix au chapitre.
Ouhhh mais quelle habile transition ma foi pour parler de celle d'Alison Skidmore, élément nouveau chez Stott, qui apporte une touche d'humanité à ce disque en phase terminale. Et encore. L'humanité semble elle aussi en fin de vie quand Alison lui prodigue les derniers sacrements (lost & found) ou mal barrée quand elle s'égare chez le Lynch de Twin Peaks (leaving, doux écho du falling).
Bref, d'un point de vue moral, autant le dire tout net : il n'y a rien à sauver chez luxury problems. Quand tu penses avoir atteint le fond de l'abime en écoutant un morceau, celui d'après te rappelle que la terre est toujours suffisamment meuble pour que ta pelle continue à creuser indéfiniment. En revanche, musicalement parlant, comme vous l'avez compris précédemment, le programme est d'une richesse assez dingue : minimal et profond, répétitif sans jamais lasser, luxury problems saura accompagner votre dépression au plus profond de la mélancolie.
Au cas où vous ne l'auriez point compris : chaudement recommandé par mézigue.



dimanche 30 septembre 2012

La saloperie du dimanche

La saloperie est de nouveau parmi nous et je ne sais quel adjectif choisir pour décrire ce qui suit.
Sublime ??? divin ??? transcendantal ??
Pour tout dire les mots me manquent.
Alors, dans ce cas, il ne reste plus qu'une chose à faire : laissons la musique parler d'elle-même.
Allez, danse Zaza, danse et enchante nous encore pour des semaines à venir.


mardi 25 septembre 2012

777 cosmosophy


"le meilleur album de l'année voir des siècles à venir" NMI.
"Une fenêtre ouverte sur le monde, comme un éclairage de nos tares les plus viles, les bassesses les plus inexpugnables" J-D Buffallo, Les Indéféquables.
"hein ?" Beethoven, musicien monomaniaque malentendant.
"la première fois j'ai eu peur d'avoir mal mais après ça a été mieux" Cindy rédactrice en chef d'étrons et laiderons
"Arrêtez avec vos tops, ça c'est le PUTAIN D'ALBUM DE L’ANNÉE." D.Y, dictateur chez Vilosophe.

Voici les quelques réactions/témoignages que j'ai pu obtenir sur le dernier volet de la trilogie 777 de Blut Aus Nord. Je me suis évidemment limité à cinq réactions parmi les millions recueillies un peu partout sur le net ou les magazines en kiosque ce jour.
Tout ça pour dire ceci : la sortie ce jour de cosmosophy fait figure d'événement mondial, occultant par là même le scandale des caricatures ou encore la sortie hexagonale du dernier Tryo.
Que voulez-vous, c'est tout à fait compréhensible. Depuis la sortie de sect(s) l'an dernier, le culte voué à Blut Aus Nord a tendance à dépasser la sphère des adorateurs du black métal pour entrer dans l'inconscient collectif de la ménagère qui n'en demandait pas tant. Tel un virus, l'infection se propage, faisant à chaque nouvelle écoute un nombre de victimes substantiel. Sect(s) en premier lieu puis the desantcification, l'esprit si particulier de BaN s'est peu à peu ouvert au monde sans pour autant se compromettre. Pas un mince exploit me direz-vous.
Faisons fi de cette brillante introduction et passons aux choses sérieuses. Je vois poindre dans vos yeux esbaudis l'inéluctable question : qu'en est-il de cosmosophy ? Chef-d'oeuvre ou album de la décennie ? Tuerie ou merveille ??
Comme je suis un être affable, une crème dans son style, je vous répondrai presque par l'affirmative aux quatre questions posées.
Presque hein, n'exagérons rien.
En premier lieu il convient de faire remarquer qu'à la première écoute, cosmosophy déstabilise. Vous me direz fort justement que c'est un peu le principe qui régit toute la discographie de Blut Aus Nord. Certes. Mais quand même. Déjà, commencer un album par un morceau de clôture, ça le fait moyen. Ensuite commencer un album par la relecture d'un morceau précédent, genre copier/coller, ça le fait encore moins moyen. Et enfin, enfin, quand au bout de deux minutes et demi d'intro arrive la voix, claire, là je dois avouer que ça ne l'a pas fait. Mais alors pas du tout. Franchement, après une dizaine d'albums (douze pour être exact) dans lesquels la voix n'était qu'une longue éructation gutturale inintelligible, se retrouver face à une voix "normale", je dois avouer avoir eu un des plus gros chocs de mon existence satanique. Je me suis retrouvé face à une interrogation quasi existentielle : dois-je continuer l'écoute de cosmosophy ? Imaginez-vous tout de même la crucialité de  l'interrogation  : DOIS-JE CONTINUER L'ECOUTE DE COSMOSOPHY ??? Le genre d'interrogation qui ne m'a jamais, au grand jamais, traversé le peu d'esprit qu'il me reste quand je pose sur la platine un disque de Blut Aus Nord. Une véritable révolution.
La question m'a, par ailleurs, re-traversé l'esprit lors de l'introduction de l'epitome XV dans lequel Vindsval déclame, sur un ton solennel, péremptoire même, sur fond d' indus rachitique, un texte à forte obédience sataniste. Pitié.
Deux fois lors de la première écoute  ?? mais alors... c'est de la merde !!!!
Ah mais non, ne me faites pas dire ce que vous désirez entendre. Je n'ai pas parlé d'étron au début de cette note mais de tuerie, j'ai également ajouté que la première écoute déstabilisait.Ajouté à cela une tendance au progressif et à l'ambient (déjà présents sur les deux premiers volets) et vous comprendrez aisément que le fan de base comme moi puisse y perdre son latin sataniste.
Les réserves faites, passons à autre chose. Une fois la première écoute passée, cosmosophy se révèle être passionnant. D'un point de vue musical il s'agit là de l'album le plus riche du groupe, du moins le plus varié. Dès l'epitome d'introduction (le XIVème) Vindsval reprend et termine les thèmes des précédents volets  pour ouvrir sa musique sur de nouveaux territoires qu'il n'avait fait qu'effleurer jusque là. Pourtant, à l'écoute de cosmosophy, ces nouveaux territoires sont loin de nous être inconnus.On reconnaît aisément quelques bribes de MoRt (la fin de l'epitome XV), énormément d'éléments des memoria vetusta  (l'epitome XVI), d'ultima thulée (les synthés du dernier epitome). En fait cosmosophy, vous l'aurez compris, est une synthèse presque idéale de la discographie de Blut Aus Nord. Il constitue une épitaphe quasi-parfaite de ce que fut BaN pendant près de vingt ans et confirme les changements entr'aperçus dans the desanctification : là un net penchant pour l'ambient, ici pour le progressif ou encore l'industriel. Mais à vrai dire ce n'est pas tant l'ouverture vers de nouveaux horizons qui interpelle dans cosmosophy, c'est plutôt le fait que le métal de BaN devienne de plus en plus "lisible", qu'il soit le parfait négatif de MoRt. On reconnaît la même démarche dans les deux cas, un jusqu'au-boutisme intransigeant, mais là où MoRt fonçait tête baissée dans le noir, le charbonneux jusqu'à y perdre la raison, cosmosophy fait entrer la lumière d'une façon inédite chez ce groupe. Elle éclaire d'une façon blafarde un univers jusque là d'une noirceur absolue, découvrant par la même occasion des richesses mélodiques insoupçonnées. Bien évidemment nous ne sommes pas chez les La's, l'univers reste celui de Blut Aus Nord, torturé, identifiable dès les premières secondes mais pour le coup le groupe finit par devenir quasi-audible à l'oreille du profane.
En fait comme l'explique Vindsval, cosmsophy marque la fin de Blut Aus Nord tel qu'on a pu le connaître vingt ans durant. Les éléments black metal qui parsemaient sect(s) et de façon de plus en plus sporadique the desanctification sont ici gommés au profit d'une entité progressive incluant un spectre musical bien plus large allant grosso modo de l'ambient à l'indus voir les deux sur le même morceau (epitome XVII) en passant par une sorte de rock mélodique teinté d'une certaine mélancolie (le début de l'epitome XVII). On retrouve parfois des montées de sève fort bienvenues (les deux dernières minutes de l'epitome XVI, impressionnantes) mais l'ensemble ne ressemble plus à l'idée qu'on peut se faire du black metal (déjà mise à mal lors des précédents opus du groupe). Seulement à du Blut Aus Nord. La mue opérée lors des deux derniers opus (à savoir un black metal froid, sombre -sect(s)- puis plus aéré, moins torturé) trouve son point d'orgue ici : après avoir été l'un des tortionnaires les plus innovants/radicaux du black metal (MoRt ou the work which transform...), Vindsval se révèle être un des sound/songdesigner les plus passionnants avec ce cosmosophy bien plus subtil qu'il n'y paraît au premier abord. La dissonance reste toujours sa marque de fabrique mais ce n'est plus l'atmosphère qui prime ici, ce sont  les mélodies. Elles s'ancrent dans le crâne, fourmillant de détails, chaque nouvelle écoute en révèle de nouveaux  passés inaperçus lors des précédentes et surtout, surtout, cosmosophy devient plus addictif et passionnant à chaque écoute. Une fois appréhendés, assimilés, les "défauts" présents lors de la première écoute s'effacent pour laisser place à une entité d'une grande cohérence, un tout indissociable répondant de façon brillante aux questions que Vindsval se pose tout au long de sa trilogie : comment changer sans perdre son identité et surtout,  que reste-t-il après le chaos ?
Cosmosophy y répond de façon limpide, simple et totalement inédite chez Blut Aus Nord  : en apprivoisant la lumière, en laissant entrer l'espoir.
Une véritable révolution.

dimanche 16 septembre 2012

La saloperie du dimanche

Oui je sais, ça fait des semaines, des mois voir quelques décennies que la saloperie n'a plus refait parlé d'elle. Quelques semaines aussi que je n'ai plus écrit de notes. Que voulez-vous, avec un agenda plus chargé encore que celui du hongrois excité au lendemain de son élection (en 2007 donc, une éternité ) m'approcher du PC familial m'était quasi impossible (putain de gosses tiens. Autant le dire sans ambages : le mec qui a inventé les congélateurs n'a pas chié dans un moule un gâteau, je vous le dis moi ).
 Enfin bon, fin des digressions et reprise des choses sérieuses parce que je suis pas là pour vous raconter ma vie. Je suis là pour vus éduquer, vous remettre des mélodies imparables dans votre crâne de piaf, vous faire recouvrer la mémoire par les moyens les plus ignobles, les plus atroces. Remise au goût du jour donc dans ce qui vous reste de cervelle, de sauce blanche comme disait le grand Boris. Vous me direz, c'est totalement raccord avec la scie présentée ce dimanche, à l'origine sensée nous faire aimer/avaler un yaourt d'une marque montagnarde (oh oui). Évidemment tout le monde se souvient de cette scie musicale mais peu se rappelleront de son interprète Sandy Stevens. Peu se souviennent de cette coupe de cheveux certifiée eighties (le balai à chiottes devait traîner das le coin), de ce look vestimentaire à déprimer une couvée de  corbeaux.
Grâce à moi, votre serviteur un brin pervers avouons le, vous allez pouvoir avoir cette scie dans le crâne toute la journée voir la semaine. Vous vous souviendrez avec émotion de cette montée de batterie sur le refrain, de ce terrible solo à la fin du second refrain à faire pâlir de jalousie tous les Eric Clapton du monde (vous me direz que ce n'est pas une référence) ou alors les Gary Moore (non plus) et vous finirez par me haïr pour vous avoir foutu ça dans le crâne.
Parce que je le vaux bien (et que cela m'amuse).