samedi 20 août 2011

rapeutioure

Le pédigrée a de quoi faire peur : retour sur une structure plus hype que hype ( DFA, sur laquelle ils étaient déjà mais on va pas chipoter hein) d'un groupe qui n'a plus donné aucune nouvelle depuis cinq ans. Les dernières nouvelles qu'on en avait eu étaient par ailleurs déplorables, un pieces of the people we love presque inaudible, inintéressant au possible. Alors autant l'avouer : le retour de The Rapture, je m'en tamponne un peu, voir beaucoup, le coquillard.
Pourquoi une note sur eux dans ce cas ??!! sois logique la Myrrhe.
Pour la simple raison que je voulais refaire une note pour ma main. Je préparais la kalashnikov, le lance-roquettes, le AK. Enfin bon tout l'attirail léger et subtil dont je sais faire preuve pour ce modeste blog. Je m'apprêtais à tout sortir et en chaussant le casque, appuyant sur play, je me rends compte d'une chose : ce groupe a du talent. Si, si. Je vous jure. Les premières plages d'in the grace of your love sont franchement pas mal. C'est pas spécialement subtil, c'est limite stade mais leur mélange post-punk/électro/techno/indie fonctionne plein pot. Sail away sonne comme du Rapture traditionnel, à peu près bien foutu sans être formidable mais surprend par son changement, en plein milieu de morceau, vers une sorte d'ambient-jazz expérimental complétement inattendu. Miss you s'oriente vers une sorte de soul/dance à la Gnarls Barkley sans trop d'intérêt. Blue bird ressemble à un croisement entre Primal Scream et TV On The Radio, pas mal foutu. Come back to me, meilleur morceau de l'album, fait intervenir un bandonéon sur une rythmique dance/techno, lui donnant une certaine profondeur qu'on ne soupçonnait pas d'eux. En revanche après un in the grace of your love à peu près potable, là ça se barre en sucette mais façon monumental. Tout glisse, tout est lisse. L'alchimie a fonctionné à peu près trois-quatre morceaux. Le reste d'in the grace of your love est aussi intéressant, aussi impromptu que de manger des pâtes beurre/gruyère dans un restau italien, d'une banalité à chialer. The Rapture fait du Rapture en aussi chiant que sur les autres albums, essaie d'élargir son spectre en essayant de faire du LCD Sound System et parvient à être aussi pénible que les derniers albums du groupe de James Murphy. Pas un mince exploit tout de même.
Voilà en gros ce que je me suis dit à la première écoute du nouveau Rapture.
La seconde fut plus sélective. Je ne suis pas allé au bout. Pas fou non plus. J'ai même fini par virer deux autres morceaux, réduisant l'album à un EP puis le EP à un 45 tours. Format qui, avec le recul, convient parfaitement à The Rapture.
S'ils ont du talent, j'ai bien dit s'ils en ont, contrairement à ce que je racontais plus haut,  va falloir leur dire d'arrêter de le distribuer avec parcimonie parce que là ça fait un peu rat. Qu'ils n'hésitent pas à l'étaler au grand jour, à la face du monde, sinon on finira par croire que ce groupe a été monté de toute pièce pour faire plaisir à quelques critiques hypes en mal de sensations.
Une dernière chose : si je ne l'ai pas mis dans ma main c'est pour une raison : je viens d'écouter un album à côté duquel in the grace of your love c'est du Nick Drake. C'est dire. Je crois tenir là un beau spécimen.

vendredi 19 août 2011

time bomb (désolé)

1981, bureau de la Factory :
-Mr Wilson, bonjour. Je viens vous présenter mon album, vu le genre de disque que vous sortez je pense que mon projet pourrait vous intéresser.
-Mouais, déjà vous êtes qui et faites quoi ?
- Johnson, monsieur, Matt Johnson et j'ai fait un album...
Il prend le projet, regarde la pochette et, l'air dubitatif, demande : 
-Euhhh ne me dites pas que Le Le c'est votre nom de groupe ???!!!
-Ben........si........pourquoi ?
il appelle son assistant, vire Matt Johnson.
-Bon Martin, tu me le fous à la queue Le Le, pas besoin de ça chez nous.

1987,bureau de 4AD :
-Bon écoute Matt, t'es sympa, on t'aime bien mais on a déjà eu affaire à toi il y a quelques années. Donc je vais la faire brève : va voir ailleurs. C'est quoi ton projet ??? mind bomb ??? tu te fous de ma gueule ??? Tu connais le groupe français de merde qui a splitté il y a pas longtemps ? Téléphone ?!!!. Eux ont fait plus fort que toi, ils ont sorti la bombe humaine, humand bomb si tu préfères. Alors ton mind bomb euhh....Sinon t'as toujours gardé ton nom de merde ??? La La ???
-oui. Ca vous direz pas d'écouter au moins la maquette ???
-euhhh........ oui mais non.

Décembre 1987, bureau de Creation records (petite structure amenée à faire du bruit d'ici peu.) :
-Mouiiiiiiiiiiiiiiiii vois-tu Matt, je kiffe tout à fait ton album là. Musicalement, il cartonne. Excellente ambiance, on voit bien où tu veux en venir. En revanche niveau parole, là...ça pêche. Franchement, va falloir que t'arrêtes la colle mon ami. Tes histoires de religion, ça va bien deux-trois minutes mais là vingt minutes là-dessus c'est pas dieu possible, si je puis me permettre. Ton hezbollah, ton islam, tes histoires de guerres religieuses, ça fait des siècles que ça dure mon pauvre vieux, d'après ce que tu as l'air de décrire l'apocalypse est pour demain. Réveille toi mon vieux, l'humanité est pas aussi con que tu veux bien le croire. Bon je te le concède, il y a de l'humour. Ton histoire du retour de Jesus m'a bien fait marrer, c'est clair. Mais arrête. Et puis je sais bien que les artistes ont la plupart du temps le melon, mais là avec le reste de tes textes tu frises la pastèque sous anabolisants. Putain Matt, il n'y a pas que toi dans la vie, tu n'es pas le centre du monde, tu n'es pas dieu. Redescend, tu es seulement Matt Johnson. Si tu veux que je publie ton disque, va falloir changer les textes, j'ai pas envie qu'on se foute de ma gueule là. Tu comprends ? Sinon c'est quoi ton nom de groupe de merde là ?? Les Les, ça veut rien dire ça.
-Bon... ok, j'me casse. Allez vous faire foutre.

Janvier 1988, bureau de Some Bizarre :
-Autant que je vous le dise tout de suite avant qu'on aille plus loin : mon groupe s'appelle The The et je vous emmerde. Mon album s'intitule  mind bomb, j'ai des textes puants de prétention, une vision du monde plus noir que dedans l'anus de Reagan et une musique au diapason. Ok ?
-Mais calmez vous Mr Johnson. Vous avez vu le nom du label ? Some Bizarre. J'ai écouté votre maquette et je trouve cela formidable. Avec qui voulez-vous enregistrer ?? On vous donne carte blanche.
-vous vous foutez de moi ????
-non pas du tout, nous ici nous ne soutenons que les cas désespérés. Les hypertrophiés du moi talentueux et autres artistes complétement dégénérés, nous les accueillons à bras ouverts.
-Ok alors je veux Johnny Marr des Smiths et.............. Mark Felhman de Talk Talk.
-Accordé.

2011 :
22 ans plus tard, un crétin patenté  écrit une note sur mind bomb de The The. Ce même crétin ajoute également que mind bomb fait parti de son panthéon années 80, même au -delà et de ses centaines de disques dont il ne voudrait pas séparer . Il l'écoute avec la régularité d'un coucou suisse en s'esclaffant à chaque fois : bon dieu que c'est bon. Il est complétement barré le Johnson mais d'une lucidité effrayante. Et ses arrangements n'ont pas pris une ride en 22 ans. C'est bien simple, mind bomb est d'une modernité à faire pâlir de jalousie tous les Radiohead de la terre qui essaient en vain d'avoir quelque temps d'avance. Plus il l'écoute et plus ça lui saute à la gueule : ce The The se bonifie avec le temps. Une putain de bombe à retardement avec au moins deux décennies d'avance sur son temps. En même temps quand on se paye Johnny Marr des Smiths et Felhman de Talk Talk ou encore Sinnead O'Connor, on ne peut qu'accoucher d'un monument. Fut-il long à appréhender.

mercredi 17 août 2011

song

Certains albums,  vous les découvrez à leur sortie.  Ils vous ravagent littéralement tripes et boyaux, finissent par vous accompagner toute une vie durant sans que vous n'arriviez à expliquer le pourquoi du comment. Il subsiste un mystère que vous n'arrivez pas à cerner, une alchimie incompréhensible.
Song, d'It's Immaterial, fait parti de cette catégorie de disques.
Sorti en 1990, je me souviens l'avoir acheté sur les conseils de Beauvallet (du temps où il avait encore une éthique), l'avoir posé dans le tiroir de la platine cd et m'être posé la question, une cinquantaine de minutes plus tard, c'est quoi ça ?? Il y a rien là-dedans : pas de rythmes, pas de refrains, peu de guitares et à peine plus de batterie. A la limite il y a bien un frémissement de tube ou quelque chose s'en approchant avec in the neighbourhood mais ça ne va pas plus loin que ça. L'album s'appelle song mais on n'en voit pas la queue d'une justement. Voilà en gros le sentiment que j'ai eu en l'écoutant la première fois. Et pourtant malgré cela j'ai persisté. Fierté, connerie, allez savoir. En l'écoutant je devinais qu'il y avait derrière un monde auquel je n'aurais accès qu'à force de persévérance, qui se dévoilerait au fur et à mesure des écoutes. Le déclic se fit au bout de la deux ou troisième écoute avec in the neighbourhood justement.Un titre abordable certes mais lesté par une mélancolie, un désespoir typiquement anglais. Ce titre c'est l'incarnation du crachin anglais, du fog, du poids de la société qui vous empêchera de réaliser vos rêves en vous disant : toi, tu fais parti des classes populaires pauvres, il n'y a aucun espoir pour toi de t'en échapper.
Puis heaven knows a dévoilé ses charmes puis new brighton puis tout l'album. Song s'est ouvert à moi sans que je ne comprenne vraiment pourquoi. J'en saisis l'essence, le désespoir, cette chape de plomb qui recouvre l'auditeur à chaque écoute mais l'essentiel est ailleurs chez eux. Jamais un groupe n'a porté si bien son nom : leur musique ne s'incarne pas, elle est évanescente, vaporeuse, elle flotte partout, insaisissable, faite d'atmosphères. Totalement immatérielle donc, proche d'un Blue Nile (dont le chanteur produit cet album, d'où la connexion) ou encore (et toujours) Talk Talk mais celui de la seconde face spirit of eden .
Vous me direz, c'est quoi une musique matérielle ? A vrai dire j'en sais foutre rien. Disons pour développer le con/cept que la matérialité en musique  ressemblerait fortement à ce qu'a pu produire Oasis, par exemple, à peu de choses près, à la même époque. Un groupe ancré dans sa décennie justement, d'une temporalité bien marquée, sans véritables subtilités, capable reprendre les recettes (efficaces certes) des Beatles comme des Stones et de les adapter sans une once d'originalité. L'exact opposé de la musique produite par It's Immaterial.
Depuis 1990 il n'est pas un mois, voir une semaine sans que je ne l'écoute. Je pensais le connaître par coeur, ses moindres respirations, ses silences, son putain de crachin. Jusqu'à ce que j'aille à la route du rock et me le rachète en vinyle. Je sais : le vinyle c'est hype en ce moment, patati patata.... m'en  tape. Mas là, une fois posé sur la platine, je le redécouvre. Tout ce que le cd a passé sous silence, aplani, affadi presque, tout ce souffle, cette vie réapparaît comme par enchantement. Ce qu'on devinait à force d'écoutes saute littéralement à la gueule :  la mélancolie vous broie les tripes, certains arrangements se dévoilent ( sur new brighton notamment). La beauté intrinsèque de song trouve un éclat particulier à la relecture, bien plus brillant. Et, cerise sur le gâteau, je découvre également une version inédite d'heaven knows (présente sur la réédition de Cherry Red sous le titre curieux de faith).
Pour en finir avec It's Immaterial, le groupe a splitté en 1990 après la publication de song. Il faut savoir qu'un troisième album (house for sale) était prêt, enregistré mais refusé par toutes les maisons de disque car jugé trop sombre. On peut en trouver quelques titres sur youtube (it's alright between us et new moon) et des b-sides et rarities à cette adresse en écoute et téléchargement gratuits.
Bref, depuis mon retour de la route du rock,  c'est peu de dire que je suis aux anges, écoutant song inlassablement. Un bonheur simple.

mardi 16 août 2011

fool's goldshit

Salut l'ami,
souviens toi il y a deux ans quand tu remuais ton popotin sur une musique  hyper dansante, mélange de pop et d'afrobeat. Non ?? Bon allez remémore toi : un tube imparable, un truc que tu écoutes une fois et dont tu ne peux te défaire pendant au minimum une semaine. Le genre de morceau pop complétement dingue qu'on aurait cru écrit par Orchestra Baobab. Ca y est, ça te revient ?? Ouuiiiiiiiiiiiiiii. Surprise hotel de Fool's Gold.
Tu sais quoi ?!! ils ont remis le couvert deux ans plus tard. Et ce qui paraissait plutôt frais, sympa il y a deux ans sent le renfermé, le rance aujourd'hui. Le bien nommé leave no trace sort pile poil today et...comment dire.....il aurait mieux fait de rester dans les cartons ? C'est pas loin de ça en effet. Disons pour résumer un peu l'affaire, qu'ils ont troqué leur connaissance de la musique afrocubaine pour le manuel du pompiérisme dans les années 80. En gros, Fool's Gold sort les chansons étendards, les drapeaux, les discours concernés (et consternants) sur l'état du monde qui va pas bien dans sa tête comme pouvaient le faire Jim Kerr à la fin des années 80 ou encore Bono période rattle & hum ou même, plus près de nous, Cali (c'te référence tiens). Ajouté à cela un traitement du son très eighties, des morceaux calibrés pour les stades plein de ohhhhh ohhhhh ohhhhhhhhh et vous obtenez un truc assez immonde qui devrait cartonner auprès des bobos en mal de sensations rances. Alors si vous cherchez une musique afrocubaine de qualité, évitez celle faite par les américains de Fool's Gold et plongez vous dans le pirates choice d'Orchestra Baobab ou les master session de Cachao, bien plus enrichissant que cette daube à deux balles.
Et vous savez quoi ? en terminant cette note je me tape le dernier morceau et là, bouquet final, Fool'sGold nous fait le coup du slow sur lequel tu emballeras/baiseras/pondras un mioche/te marieras/ divorceras dans la rancoeur et le sang/finiras par te cogner une putain de dépression avant le suicide inévitable. Alors si tu ne tiens pas à gâcher ta vie, un conseil :  évite Fool's Gold.

lundi 15 août 2011

lonely at the top

Ce 15 août est un jour spécial. Certes il est férié mais il me permettra de parler musique sans pour autant vous faire découvrir quoi que ce soit de nouveau.
Comment se fait-ce me direz-vous ?
Que je vous dise, que je vous confie ce qu'il est advenu de mon vendredi 12 août 2011. Date historique car retour historique dans un lieu de perdition, un lieu où le stupre, la luxure sont les pires maux d'une société en pleine décadence sur le point de s'auto-immoler.Un lieu dans lequel je n'avais plus mis les pieds depuis dix ans, choqué que je fus par le désintérêt suscité par ma dernière croisade.  Pour ce retour je me promis de ne point recommencer les mêmes erreurs que par le passé. Armé de ma sainte bible, je donnais rendez-vous à un de mes fidèles compagnons de forum évangélique, un certain Bitch Boy, sur ce lieu de toutes les dépravations.

Que je vous prévienne : ici tout n'est que tentation, corruption, perversion, le mal coule à flot, la jeunesse est perdue. Dieu a déserté cet endroit maudit et m'a confié une mission de la plus haute importance : remettre dans le droit chemin toutes ces âmes perdues.
Pour mener à bien cette quête, il m'a administré un associé comme je vous l'ai dit quelques lignes plus haut. Un être à priori charmant, bienveillant, brillant,  avec qui j'eus, des années durant ( pas loin d'une décennie tout de même) sur le forum musique et papauté, des conversations enrichissantes sur le bien, le mal et la frontière ténue entre ces deux notions oh combien essentielles,capitales.
Quelle ne fut point ma surprise de voir débarquer un être souffreteux, chétif, malingre, le visage émacié, creusé par les excès. Un être vil, veule, comme je l'apprendrai à mes dépens, les cheveux certes épais mais épars, gris, souffrant d'une surdité congénitale, ne mesurant guère plus d'un mètre trente. Et je ne vous parle que de la première rencontre, la première impression.Une fois le choc visuel passé, rien ne me préparait à ce qui allait suivre.Notamment quand il a ajusté son dentier afin d'ânonner quelques mots inintelligibles, j'ai cru défaillir. J'ai juste compris au bout d'efforts inhumains et d'une trentaine de minutes : "bonjour mademoiselle."  Quand il a compris son erreur, ce sombre individu a fini par chausser ses lunettes à quadruple foyers et ajuster le volume de son sonotone.
A fond.
A la vue de cette abomination créée par mon maître, je n'eus plus qu'une pensée : fuir cet ersatz d'humain le plus loin possible. Le problème, comme je l'expliquais plus haut, est que ce Bitch Boy semblait doué d'une certaine intelligence ou d'un flair redoutable, je ne sais quelle option choisir. Et aussi malgré son aspect difforme, bossu, je constatais que le sieur bénéficiait d'une redoutable vélocité ainsi qu'une cruauté sans égale. Maniant le déambulateur avec une dextérité stupéfiante, déjouant tous mes stratagèmes pour le fuir je compris à mes dépens que ce bitch boy était l'incarnation du mal. Un diable tentateur auquel je ne pus résister. D'une veulerie stupéfiante, m'incitant à abuser de breuvages interdits, me proposant maints alcools frelatés, abusant de substances nicotiniques plus que de raison, se bâfrant, mangeant comme un goret, prenant un plaisir non feint à écouter ces musiques toutes plus impies les unes que les autres, ma foi fut mise à rude épreuve. le coup de grâce arriva malheureusement quand ce suppôt démoniaque me fit découvrir sa caverne, ses soit disant trésors. Toutes mes croyances, ce pour quoi je vivais, tout s'évapora en une fumée démoniaque quand il me présenta ces galettes noires micro-sillonnées, ces noms abscons, étranges, Califone, It's Immaterial, Josh T Pearson ou encore Mercury Rev. Dans un état second, ne sachant que faire, je m'abandonnais au plaisir coupable de les prendre en main, les regardait avec attention, ne pouvant détacher mon regard de ces objets étranges. Pour tout vous dire, une attraction malsaine me liait à eux sans que je ne comprenne pourquoi. Dans un geste que je ne parviens toujours pas à comprendre, je finis par briser mon voeux de chasteté, acheter ses satanées galettes. Ce qui devait être une rencontre somme toute aimable avec un gentilhomme affable, se métamorphosa en rendez-vous avec l'enfer.
J'appris de la bouche même de ce fourbe, au terme d'une confession haletante, intense, que ce dévoyé était le guide spirituel dans la région ouest d'une secte se déplaçant chez tous les habitants de France et de navarre et ce de façon quotidienne. Seul le dimanche, jour saint comme chacun sait, était chômé par ses fidèles. Il me confessa également dans sa folie omnipotente, qu'il s'était arrogé le droit de vie ou de mort sur ses ouailles, qu'il écoutait en permanence, de jour comme de nuit, de la musique sataniste (ce qui explique selon moi sa surdité). Ma définition de l'enfer en quelque sorte.

Autrement qu'ai-je vu à la route du rock à part Beach Boy ? J'ai fait mon Michel Drucker, l'ami des stars : je me suis retrouvé deux fois aux côtés de Yann Tiersen. Une question ma brûlé les lèvres par deux fois : "Yann, as-tu conscience que dusty lane est terriblement à chier ?? " Je n'ai pas osé. Comme entrée en matière ça l'aurait peut-être pas effectué.Soit c'était la baffe, soit le foutage de gueule. Au choix. Pleutre comme je suis, je ne me suis pas mouillé.
A part ça j'ai aussi vu des concerts.


dimanche 14 août 2011

la saloperie du dimanche

la saloperie du dimanche sera Ro-man-tique ou ne sera pas. Après une brève escale à St Malo, à rencontrer des gens moins que formidables, à subir les décibels sauvages de groupes aux noms imprononçables à la musique tordue, comment ne pas vouloir devenir un être uniquement motivé par l'Amour ???
Son plus fier représentant, son plus preux chevalier se nomme Frédéric François : toute son oeuvre n'est qu'AMOUR. Mais attention pas l'amour sale, celui pratiqué par ces êtres lubriques, dévoyés, non, l'Amour de Frédéric se doit d'être Spi-ri-tuel. Par conséquent pour accompagner l'amour dans sa philosophie la plus profonde, comment ne pas t'aimer mon amour se devait d'avoir un film à la hauteur. C'est maintenant chose faite. Louée soit Baila Chiquita qui, grâce à un photo-montage de toute beauté, a atteint, touché du doigt le sublime, l'essentiel, le magnifique. Le beau quoi.
Je vous aime.

samedi 13 août 2011

good vibrations

Certains albums vous prennent par la main, tout doux, vous (jean) amadouent (sans Mariam), vous cajolent dans le sens du poil dès les premiers morceaux. Vous vous attendez donc à quelque chose d'ordinaire, sympathique tout au plus. Puis au bout d'une dizaine de morceaux vous ne comprenez plus rien à rien. Paumés que vous êtes, déboussolés. Le truc confortable, gentil mais un peu fade des débuts  fait peu à peu place à un monde relativement incommode, instable. Quelque chose que vous n'avez pas, mais alors pas du tout vu venir. C'est le cas du bien (mal ?) nommé bad vibes de Shlohmo.
Henry Laufer alias Shlohmo, pour resituer un peu le gars, est un producteur américain officiant dans l'électro tendance glitch hop (combinaison de glitch et de hip hop, genre popularisé par Prefuse 73). Bad vibes débute par big feelings, tout doux, genre ok de Talvin Singh ou les productions lisses et sans saveurs de Nittin Sawhney, avec sample éthnique tablas indiens, zen attitude quoi. On s'attend donc à un album cool, limite lounge. Tendance confirmée par un places placide entre dub, glitch et club. La suite, très dubstep, pourrait faire croire que James Blake a pris le contrôle de la table de mixage. On retrouve toujours le glitch mais un nouvel élément fait son apparition : le silence. Et, bien entendu, celui-ci va bouffer tout l'album par la suite et le faire dériver vers autre chose. Et ce dès le cinquième morceau. On se retrouve dans des ambiances fantomatiques, étranges, plongés dans une sorte d'éther dans lequel n'importe quel mouvement nous coûte. Une pesanteur s'installe. La légèreté des débuts fait place à une certaine gravité, une mélancolie s'insinue (magnifique morceau électro-acoustique sink), d'autres instruments entrent en jeu, analogiques ce coup-ci (guitares acoustiques, électriques) et bad vibes gagne une profondeur qu'on ne soupçonnait pas. Il lorgne vers les terres d'un Labradford ayant trouvé une nouvelle équation : grands espaces ambient + dubstep  = éclate totale ( I can't see you I'm dead), va vers des contrées ambient flippante à la Ure Thrall à coup de distorsion de guitare électrique (trapped in a burning house), retourne vers un dubstep torturé, glaçant (get out) ou un dub experimental à la Forest Swords. L'album s'achève sur une note légère, apaisée, mélancolique, simple.Un peu comme les premiers morceaux mais lesté par une certaine gravité acquise au fur et à mesure du déroulement de bad vibes.
La grosse qualité de bad vibes, contrairement à pas mal d'albums, est de ne souffrir d'aucun temps mort, au contraire. Là où certains disques accusent le coup en plein milieu, alignant morceaux anecdotiques pour mieux repartir vers la fin, Shlohmo commence doucement et arrive au coeur du sujet juste un peu avant le milieu de l'album. A partir de là, il sort la foreuse et creuse comme un gros malade, asphyxie, étouffe l'auditeur, explore ces abîmes sans fond et ne lui fait reprendre l'air qu'avec les deux derniers morceaux.Pour un disque commençant de façon sympathique voir anecdotique, parvenir à un tel niveau de maîtrise au bout d'une heure n'est pas donné à tout le monde. Vous allez me dire : la Myrrhe tu déconnes, tu t'enflammes encore pour un disque qui ne passera peut-être pas la barrière fatidique des cinq écoutes. Tu viens de nous faire le coup avec Ivo Pelerman, War On Drugs, Barn Owl, Richard Buckner.
M'en tape, je prends un pied monstrueux à l'écoute de cet excellent bad vibes, quoi que vous en pensiez, et c'est bien là le principal. Et pour le reste : je vous emmerde.....et je rentre à ma maison. (on a la conclusion qu'on mérite quand on n'est pas spécialement inspiré )