Certains albums vous prennent par la main, tout doux, vous (jean) amadouent (sans Mariam), vous cajolent dans le sens du poil dès les premiers morceaux. Vous vous attendez donc à quelque chose d'ordinaire, sympathique tout au plus. Puis au bout d'une dizaine de morceaux vous ne comprenez plus rien à rien. Paumés que vous êtes, déboussolés. Le truc confortable, gentil mais un peu fade des débuts fait peu à peu place à un monde relativement incommode, instable. Quelque chose que vous n'avez pas, mais alors pas du tout vu venir. C'est le cas du bien (mal ?) nommé bad vibes de Shlohmo.
Henry Laufer alias Shlohmo, pour resituer un peu le gars, est un producteur américain officiant dans l'électro tendance glitch hop (combinaison de glitch et de hip hop, genre popularisé par Prefuse 73). Bad vibes débute par big feelings, tout doux, genre ok de Talvin Singh ou les productions lisses et sans saveurs de Nittin Sawhney, avec sample éthnique tablas indiens, zen attitude quoi. On s'attend donc à un album cool, limite lounge. Tendance confirmée par un places placide entre dub, glitch et club. La suite, très dubstep, pourrait faire croire que James Blake a pris le contrôle de la table de mixage. On retrouve toujours le glitch mais un nouvel élément fait son apparition : le silence. Et, bien entendu, celui-ci va bouffer tout l'album par la suite et le faire dériver vers autre chose. Et ce dès le cinquième morceau. On se retrouve dans des ambiances fantomatiques, étranges, plongés dans une sorte d'éther dans lequel n'importe quel mouvement nous coûte. Une pesanteur s'installe. La légèreté des débuts fait place à une certaine gravité, une mélancolie s'insinue (magnifique morceau électro-acoustique sink), d'autres instruments entrent en jeu, analogiques ce coup-ci (guitares acoustiques, électriques) et bad vibes gagne une profondeur qu'on ne soupçonnait pas. Il lorgne vers les terres d'un Labradford ayant trouvé une nouvelle équation : grands espaces ambient + dubstep = éclate totale ( I can't see you I'm dead), va vers des contrées ambient flippante à la Ure Thrall à coup de distorsion de guitare électrique (trapped in a burning house), retourne vers un dubstep torturé, glaçant (get out) ou un dub experimental à la Forest Swords. L'album s'achève sur une note légère, apaisée, mélancolique, simple.Un peu comme les premiers morceaux mais lesté par une certaine gravité acquise au fur et à mesure du déroulement de bad vibes.
La grosse qualité de bad vibes, contrairement à pas mal d'albums, est de ne souffrir d'aucun temps mort, au contraire. Là où certains disques accusent le coup en plein milieu, alignant morceaux anecdotiques pour mieux repartir vers la fin, Shlohmo commence doucement et arrive au coeur du sujet juste un peu avant le milieu de l'album. A partir de là, il sort la foreuse et creuse comme un gros malade, asphyxie, étouffe l'auditeur, explore ces abîmes sans fond et ne lui fait reprendre l'air qu'avec les deux derniers morceaux.Pour un disque commençant de façon sympathique voir anecdotique, parvenir à un tel niveau de maîtrise au bout d'une heure n'est pas donné à tout le monde. Vous allez me dire : la Myrrhe tu déconnes, tu t'enflammes encore pour un disque qui ne passera peut-être pas la barrière fatidique des cinq écoutes. Tu viens de nous faire le coup avec Ivo Pelerman, War On Drugs, Barn Owl, Richard Buckner.
M'en tape, je prends un pied monstrueux à l'écoute de cet excellent bad vibes, quoi que vous en pensiez, et c'est bien là le principal. Et pour le reste : je vous emmerde.....et je rentre à ma maison. (on a la conclusion qu'on mérite quand on n'est pas spécialement inspiré )
samedi 13 août 2011
vendredi 12 août 2011
friendly blog
Aujourd'hui, séance copinage avec deux blogs :
l'un anatidophile cacochymien jandekien d'humeur aquablueseuse écrit avec un talent certain par l'@mi Oyster : almost friendless too. Il y est question donc de Dylan (beaucoup), de blues ancien (très beaucoup) de Jandek (un peu beaucoup), d'humeurs aqueuses (encore plus que très beaucoup) et surtout de produits stupéfiants licites et illicites (des produits à consommer avec modération comme on dit dans les milieux spécialisés)
Le second débute tout juste sa carrière avec au compteur une seule note sur un groupe passionnant de black metal franchouillard n'arrivant pas à la cheville du groupe proto-new-wavien faisant-mouiller-les-adolescentes sa race depuis le début des années 80 j'ai nommé Indochine. Dit comme ça, ça ne peut faire qu'envie.Connaissant un peu le pédigrée du taulier (un fourbe extrémiste se faisant appeler vilosophe écoutant tout ce qui lui tombe entre les mains et surtout les oreilles- du recommandable, de l'indispensable, comme du peu recommandable voir de l'atroce. vous allez dire: hôpital, charité, ok), je reste persuadé qu'on va pouvoir lire du grand n'importe quoi avec jubilation. Pour découvrir ce que ça peut donner, faites un tour sur ce blog modestement intitulé death of vilosophe the geniune.
l'un anatidophile cacochymien jandekien d'humeur aquablueseuse écrit avec un talent certain par l'@mi Oyster : almost friendless too. Il y est question donc de Dylan (beaucoup), de blues ancien (très beaucoup) de Jandek (un peu beaucoup), d'humeurs aqueuses (encore plus que très beaucoup) et surtout de produits stupéfiants licites et illicites (des produits à consommer avec modération comme on dit dans les milieux spécialisés)
Le second débute tout juste sa carrière avec au compteur une seule note sur un groupe passionnant de black metal franchouillard n'arrivant pas à la cheville du groupe proto-new-wavien faisant-mouiller-les-adolescentes sa race depuis le début des années 80 j'ai nommé Indochine. Dit comme ça, ça ne peut faire qu'envie.Connaissant un peu le pédigrée du taulier (un fourbe extrémiste se faisant appeler vilosophe écoutant tout ce qui lui tombe entre les mains et surtout les oreilles- du recommandable, de l'indispensable, comme du peu recommandable voir de l'atroce. vous allez dire: hôpital, charité, ok), je reste persuadé qu'on va pouvoir lire du grand n'importe quoi avec jubilation. Pour découvrir ce que ça peut donner, faites un tour sur ce blog modestement intitulé death of vilosophe the geniune.
jeudi 11 août 2011
anatomy
Souvenez-vous :
1995 : l'année de Bjork (post), Tindersticks (II), PJ Harvey (to bring you my love), Pulp (different class), Swans (the great annihilator), Scott Walker (tilt), Tricky (maxinquaye), Autechre (tri repetae) et pas mal d'autres encore. Au milieu de tous ces mastodontes, sortir un album et se faire remarquer tenait de la gageure, du pari impossible.Soit vous le releviez avec brio en sortant un classique instantané comme a pu le faire Spain avec son magnifique blue moods of , soit vous sortiez les avirons et ramiez en entamant la côte. C'est dans ce contexte un peu hard qu'Isabel Monteiro et son groupe Drugstore ont essayé de sortir leur épingle du jeu en s'imposant via un premier album éponyme. Le groupe anglais réussissait à imposer une personnalité bien trempée, s'affirmant comme une alternative plus que crédible aux américains Mazzy Star le temps de leur premier opus. Psychédélisme bien angliche, voix faisant tout de suite la différence et quelques petites bombes au compteur : superglider, accelerate, speaker 12. Drugstore relève le défi de s'imposer dès ses débuts et se permet même d'avoir un hit sur le second album, white magic for lovers, avec, en guest-star, Thom Yorke. Malheureusement white magic est beaucoup moins consistant que Drugstore et le groupe sort, en 2001, dans une indifférence générale, un songs for the jet set bien terne mettant ensuite un terme à l'aventure.
2011 : Drugstore tente un retour avec anatomy qui sort ces jours-ci. Si la voix d'Isabel Monteiro n'a pas changé toujours aussi belle et prenante, le contenu d'anatomy en revanche ne devrait pas les faire revenir au premier plan, loin de là. Anatomy n'est pas mauvais, qu'on se le dise, mais aucun morceau ne se détache vraiment. Les chansons passent, glissent, sans vraiment accrocher. C'est de la belle ouvrage, joli, parfois ça fonctionne pas mal (sweet chili girl, son intro Moriconnesque en diable, sa tension plus que palpable), c'est plein de guitares acoustiques qui acoustiquent très bien, de pédales wahwah qui wahwahent encore mieux, d'orgues orguant tout ce qu'ils savent mais, car il faut bien un mais, on s'ennuie joliment. "This emptyness is my home, everything that I need" chante t-elle justement sur aquamarine. Cela résume malheureusement le ressenti qu'on peut avoir en écoutant anatomy. Une très belle coquille vide, de belles formes qui rappellent qu'il y a vingt ans Drugstore pouvait être intense (standing still : comme un devil du pauvre, sans la rage des débuts). Mais le temps, ce salaud, peut être d'une cruauté implacable, mettant en avant vos propres défauts, votre propre inconsistance. On peut toujours se cacher derrière certains artifices, se grimer, faire croire qu'on est toujours beau, pimpant, frais, si on gratte un peu le vernis c'est toujours la même chose qui apparaît : l'inexorable patine du temps. La fraîcheur n'est plus (on la remplace par ce qu'on appelle l'expérience, comme pour se rassurer) malgré les formes attirantes. Anatomy c'est un peu ça. Un bel album qui nous rend un peu triste, nous faisant prendre conscience, à l'insu de notre plein gré, que nous sommes des êtres vieillissants, amenés à s'étioler, espérant livrer une dernière et belle bataille avant de rendre les armes. Qu'est ce qu'on peut être con, présomptueux, quand on vieillit.
Ecoute intégrale d'anatomy ici
1995 : l'année de Bjork (post), Tindersticks (II), PJ Harvey (to bring you my love), Pulp (different class), Swans (the great annihilator), Scott Walker (tilt), Tricky (maxinquaye), Autechre (tri repetae) et pas mal d'autres encore. Au milieu de tous ces mastodontes, sortir un album et se faire remarquer tenait de la gageure, du pari impossible.Soit vous le releviez avec brio en sortant un classique instantané comme a pu le faire Spain avec son magnifique blue moods of , soit vous sortiez les avirons et ramiez en entamant la côte. C'est dans ce contexte un peu hard qu'Isabel Monteiro et son groupe Drugstore ont essayé de sortir leur épingle du jeu en s'imposant via un premier album éponyme. Le groupe anglais réussissait à imposer une personnalité bien trempée, s'affirmant comme une alternative plus que crédible aux américains Mazzy Star le temps de leur premier opus. Psychédélisme bien angliche, voix faisant tout de suite la différence et quelques petites bombes au compteur : superglider, accelerate, speaker 12. Drugstore relève le défi de s'imposer dès ses débuts et se permet même d'avoir un hit sur le second album, white magic for lovers, avec, en guest-star, Thom Yorke. Malheureusement white magic est beaucoup moins consistant que Drugstore et le groupe sort, en 2001, dans une indifférence générale, un songs for the jet set bien terne mettant ensuite un terme à l'aventure.
2011 : Drugstore tente un retour avec anatomy qui sort ces jours-ci. Si la voix d'Isabel Monteiro n'a pas changé toujours aussi belle et prenante, le contenu d'anatomy en revanche ne devrait pas les faire revenir au premier plan, loin de là. Anatomy n'est pas mauvais, qu'on se le dise, mais aucun morceau ne se détache vraiment. Les chansons passent, glissent, sans vraiment accrocher. C'est de la belle ouvrage, joli, parfois ça fonctionne pas mal (sweet chili girl, son intro Moriconnesque en diable, sa tension plus que palpable), c'est plein de guitares acoustiques qui acoustiquent très bien, de pédales wahwah qui wahwahent encore mieux, d'orgues orguant tout ce qu'ils savent mais, car il faut bien un mais, on s'ennuie joliment. "This emptyness is my home, everything that I need" chante t-elle justement sur aquamarine. Cela résume malheureusement le ressenti qu'on peut avoir en écoutant anatomy. Une très belle coquille vide, de belles formes qui rappellent qu'il y a vingt ans Drugstore pouvait être intense (standing still : comme un devil du pauvre, sans la rage des débuts). Mais le temps, ce salaud, peut être d'une cruauté implacable, mettant en avant vos propres défauts, votre propre inconsistance. On peut toujours se cacher derrière certains artifices, se grimer, faire croire qu'on est toujours beau, pimpant, frais, si on gratte un peu le vernis c'est toujours la même chose qui apparaît : l'inexorable patine du temps. La fraîcheur n'est plus (on la remplace par ce qu'on appelle l'expérience, comme pour se rassurer) malgré les formes attirantes. Anatomy c'est un peu ça. Un bel album qui nous rend un peu triste, nous faisant prendre conscience, à l'insu de notre plein gré, que nous sommes des êtres vieillissants, amenés à s'étioler, espérant livrer une dernière et belle bataille avant de rendre les armes. Qu'est ce qu'on peut être con, présomptueux, quand on vieillit.
Ecoute intégrale d'anatomy ici
lundi 8 août 2011
Seirom
Note rapide et courte, je reprends le boulot ce jour avec un enthousiasme Bérégovoyien.
Donc : comment concilier son amour pour le métal et l'ambient sans que ça ne vire au grand n'importe nawak ? Un (ex) Gnaw Their Tongues s'est posé cette question il y a un ou deux mois et y a répondu d'une façon que je qualifierais de brillante en sortant un EP (?)de trois titres sous le nom de Seirom. Je ne sais pas si EP est tellement approprié, seiromistkrieg avec ses trois titres atteint tout de même les 33 minutes. Plus qu'une description, dont de toutes façons on a rien à foutre, il faut une écoute attentive de cet opus pour en comprendre la beauté. Ma foi, ça tombe pas trop mal, Seirom propose justement le téléchargement ainsi que l'écoute sur son bandcamp pour : rien, que dalle, gratos, peau de balle.
C'est y pas beau tout ça ?
Pour ceux effrayés par le descriptif évoqué plus haut, je vous rassurerais en vous disant que c'est un album d'ambient/drone et de métal instrumental. Donc pas de voix d'outre-tombe pour écorcher les oreilles tout juste quelques dialogues piqués à des films inconnus. En revanche ça lorgne pas mal du côté du sea swells a bit d'Aidan Baker en plus apocalyptique. Du solide quoi.
Donc : comment concilier son amour pour le métal et l'ambient sans que ça ne vire au grand n'importe nawak ? Un (ex) Gnaw Their Tongues s'est posé cette question il y a un ou deux mois et y a répondu d'une façon que je qualifierais de brillante en sortant un EP (?)de trois titres sous le nom de Seirom. Je ne sais pas si EP est tellement approprié, seiromistkrieg avec ses trois titres atteint tout de même les 33 minutes. Plus qu'une description, dont de toutes façons on a rien à foutre, il faut une écoute attentive de cet opus pour en comprendre la beauté. Ma foi, ça tombe pas trop mal, Seirom propose justement le téléchargement ainsi que l'écoute sur son bandcamp pour : rien, que dalle, gratos, peau de balle.
C'est y pas beau tout ça ?
Pour ceux effrayés par le descriptif évoqué plus haut, je vous rassurerais en vous disant que c'est un album d'ambient/drone et de métal instrumental. Donc pas de voix d'outre-tombe pour écorcher les oreilles tout juste quelques dialogues piqués à des films inconnus. En revanche ça lorgne pas mal du côté du sea swells a bit d'Aidan Baker en plus apocalyptique. Du solide quoi.
dimanche 7 août 2011
la saloperie du dimanche
Aujourd'hui, dette grecque (et solidarité) oblige, la saloperie du dimanche se souvient que Nana Mouskouri ou Demis Roussos n'ont pas été les seuls à polluer inonder nos ondes françaises pendant les années 80. Vicky Léandros, plus intellectuelle, littéraire dirons-nous, a aussi contribué au rayonnement grec hors de ses frontières. La preuve avec ce parthénonesque à l'est d'éden digne de figurer au panthéon de la variété française des années 80 aux côtés de la grande interprète UMP Mireille Matthieu.
Encore un CO ignoré que je me permets d'exhumer et à côté duquel vous seriez passés tas d'ignares incultes que vous êtes. Bien évidemment je n'attends aucuns remerciements de votre part. Bande d'ingrats.
Encore un CO ignoré que je me permets d'exhumer et à côté duquel vous seriez passés tas d'ignares incultes que vous êtes. Bien évidemment je n'attends aucuns remerciements de votre part. Bande d'ingrats.
jeudi 4 août 2011
du jazz dans le ravin.
On va la faire courte, simple, précise.
Ivo Perelman sort un nouvel album, the hour of the star.
Super.
Mais bordel c'est qui Ivo Perelman ????!!!
Comme chacun sait, Ivo Perelman est brésilien et saxophoniste pratiquant le free-jazz. Et surtout il vient de sortir, en quartet avec Matthew Shipp au piano, Joe Morris à la basse (ça ce sont des pointures ou je ne m'y connais pas) et Gerald Cleaver à la batterie, un album d'une grande beauté. Pour peu qu'on aime le jazz ou la musique en général. Parce que dans son incommensurable bonté, Ivo Perelman, et son quartet, s'est mis en tête de s'adapter aux crétins patentés et irrécupérables dont je fais parti afin de leur faire partager un peu de savoir et de talent. Vu mon niveau, c'était pas gagné d'avance.
N'empêche.
Tout le talent d'Ivo Perelman dans cet opus est de proposer à l'auditeur un free-jazz intelligent, intelligible, abordable. Souple, véloce tout en étant tendu, partant dans des directions inattendues tout en serrant la bride pour que ça ne se barre pas trop loin non plus. On sent derrière Ivo Perelman le trio entièrement dévoué à sa cause mais avec un objectif commun : rester abordable. Le troisième morceau, eleven, en est l'illustration quasi parfaite. Ivo Perelman s'aventure loin, très loin, soutenu par un trio qui, dès que celui-ci revient quelque peu frôler le plancher des vaches (ce qui n'arrive pas ou peu dans ce morceau par ailleurs), adoucit le propos en calmant le jeu, revenant parfois vers un jazz de forme classique. Là où c'est assez fort, je trouve, c'est que ce retour au classique, n'enlève rien à la puissance, à l'intensité du propos de Perelman, bien au contraire.Il prolonge la tension tout en permettant quelques pauses dans ce morceau monstre de quatorze minutes. Mais Perelman, entre deux furies free, sait aussi très bien jouer du silence. Pour preuve cette conversation entre saxo et piano lors du quatrième morceau, doux et rugueux. Cet équilibre illustre un peu ce qui fait le sel de cet album : un juste dosage entre tradition et modernité, musique savante voire d'avant-garde et musique populaire. Perelman s'adresse donc autant au cerveau qu'au coeur et ce en passant par les tripes. Le challenge était difficile et ce quartet a relevé le défi de façon brillante en faisant en sorte de ne pas laisser l'auditeur sur la touche à force d'expérimentations vaines et inaccessibles. Surtout quand on sait qu'il s'agit d'un album d'impros.
Pour un pauvre bougre comme moi qui n'y connaît pas grand chose à la grammaire jazz, ça relève un peu du miracle. Mais pour en arriver là, il a fallu tout de même qu'il produise un paquet d'albums considérable. En solo, duo, trio, c'est pas moins d'une trentaine d'albums qu'il a sorti depuis 1982. Et bien évidemment, l'ignare que je suis, viens tout juste de le découvrir. Mieux vaut tard que jamais me direz-vous.
Ivo Perelman sort un nouvel album, the hour of the star.
Super.
Mais bordel c'est qui Ivo Perelman ????!!!
Comme chacun sait, Ivo Perelman est brésilien et saxophoniste pratiquant le free-jazz. Et surtout il vient de sortir, en quartet avec Matthew Shipp au piano, Joe Morris à la basse (ça ce sont des pointures ou je ne m'y connais pas) et Gerald Cleaver à la batterie, un album d'une grande beauté. Pour peu qu'on aime le jazz ou la musique en général. Parce que dans son incommensurable bonté, Ivo Perelman, et son quartet, s'est mis en tête de s'adapter aux crétins patentés et irrécupérables dont je fais parti afin de leur faire partager un peu de savoir et de talent. Vu mon niveau, c'était pas gagné d'avance.
N'empêche.
Tout le talent d'Ivo Perelman dans cet opus est de proposer à l'auditeur un free-jazz intelligent, intelligible, abordable. Souple, véloce tout en étant tendu, partant dans des directions inattendues tout en serrant la bride pour que ça ne se barre pas trop loin non plus. On sent derrière Ivo Perelman le trio entièrement dévoué à sa cause mais avec un objectif commun : rester abordable. Le troisième morceau, eleven, en est l'illustration quasi parfaite. Ivo Perelman s'aventure loin, très loin, soutenu par un trio qui, dès que celui-ci revient quelque peu frôler le plancher des vaches (ce qui n'arrive pas ou peu dans ce morceau par ailleurs), adoucit le propos en calmant le jeu, revenant parfois vers un jazz de forme classique. Là où c'est assez fort, je trouve, c'est que ce retour au classique, n'enlève rien à la puissance, à l'intensité du propos de Perelman, bien au contraire.Il prolonge la tension tout en permettant quelques pauses dans ce morceau monstre de quatorze minutes. Mais Perelman, entre deux furies free, sait aussi très bien jouer du silence. Pour preuve cette conversation entre saxo et piano lors du quatrième morceau, doux et rugueux. Cet équilibre illustre un peu ce qui fait le sel de cet album : un juste dosage entre tradition et modernité, musique savante voire d'avant-garde et musique populaire. Perelman s'adresse donc autant au cerveau qu'au coeur et ce en passant par les tripes. Le challenge était difficile et ce quartet a relevé le défi de façon brillante en faisant en sorte de ne pas laisser l'auditeur sur la touche à force d'expérimentations vaines et inaccessibles. Surtout quand on sait qu'il s'agit d'un album d'impros.
Pour un pauvre bougre comme moi qui n'y connaît pas grand chose à la grammaire jazz, ça relève un peu du miracle. Mais pour en arriver là, il a fallu tout de même qu'il produise un paquet d'albums considérable. En solo, duo, trio, c'est pas moins d'une trentaine d'albums qu'il a sorti depuis 1982. Et bien évidemment, l'ignare que je suis, viens tout juste de le découvrir. Mieux vaut tard que jamais me direz-vous.
mardi 2 août 2011
Barn Owl
- Ouais bonjour,
zavez le dernier Earth ?
-non
-le dernier Sunn O )))
-non plus
-bennnnnnnnnnnnn.......... de l'ambient, zavez bien ça non ?
-encore moins.
-du drone alors ?
-je crois pas non
-de la folk ?
-c'est quoi ça ?
- je suis bien chez un disquaire là non ??? vous avez quoi ?
-Ce que j'ai ?? mais tout mon bon, tout. Et même que, comme je suis dans un jour de bonté, je vais vous faire faire des économies mon jeune ami.Et comment pourrais-je vous en faire faire ? Mais me regardez pas comme ça avec vos yeux de merlans frits,y a rien de plus simple. En vous faisant acheter les dernières galettes d'un groupe sorti chez Thrill Jockey, Barn Owl.
Barn Owl c'est deux gars, deux américains, biberonnés au doom de Earth, à l'ambient doom de Sunn O))) et un peu aux drones de Coil période times machine. Qui, en sus, se sont envoyés l'intégrale de Labradford, Richard Skelton et quelques obscurs disques de folk. Les gars ont sorti deux disques chez Thrill Jockey et huit autres depuis 2007. Ils s'apprêtent à en sortir un nouveau (chez thrill jockey) début septembre. Et tu sais quoi mon gars ? Comme les deux précédents sortis sur le label américain, c'est absolument ex-ce-llent.Ces p'tits gars ont réussi à vulgariser, à rendre accessible, tout un pan de musique relativement extrême pour tout un chacun. Alors tu vois ma couille si tu as kiffé le dernier Earth, ben dis toi que c'est de la pisse d'âne face à Barn Owl. C'est répétitif, chiant et sans surprise. Barn Owl au contraire te surprend à chaque plage, t'emmène dans des directions différentes parfois au sein d'un même morceau. Tiens attends, bouge pas. Je te mets light from the mesa dernier morceau de from ancestral star : tu vois t'as l'impression que tu vas écouter du Sunn O))) première période tout du long puis d'un coup Earth arrive, lui latte les couilles et te fout le morceau sur orbite sans que tu y comprennes quoi que ce soit en lui apportant une dimension quasi mystique. C'est pas grand chose tu vois mais c'est tout ce qui fait la différence entre Barn Owl et n'importe quel suiveur d'Earth ou Sunn O))).Eux ont l'air d'avoir pigé tout ce qui faisait l'essence de ces deux groupes, transcendant leur esprit en y apportant une spiritualité, un savoir-faire unique. Du coup, quand tu écoutes leurs disques, tu ne places pas Barn Owl en dessous ou encore loin derrière ces deux groupes mais plutôt à leurs côtés.
-euhhhh ça a l'air sympa vot' truc mais par quoi je commence moi ? Parce qu'au débotté 11 disques en quatre ans y a de quoi s'y paumer.
- bon, on va pas tortiller du cul pour chier droit : cherche d'abord les sorties officielles sur un label trouvable en deux temps trois mouvements. Ok ?
Commence en douceur par leur excellent EP sorti cette année : shadowland. Trois titres entre doom drone et ambient, bourré d'infrabasses, parsemés de guitares claires, du Sunn O))) joué par Windy & Carl. Une porte d'entrée idéale en somme. Ensuite, essaie from ancestral star, un peu plus rêche que leur EP. Et autrement je te conseille d'attendre début septembre, date de sortie de leur nouvel album. Lost in the glare pousse le concept plus loin encore en le rendant plus lisible, plus clair, plus aérien. En un mot : plus simple. Et néanmoins d'une redoutable efficacité. Compris ?
-ouais m'sieur.
-tiens, je vais être sympa : pour bien comparer, comprendre en quoi Barn Owl est essentiel à toute discothèque digne de ce nom, je te vends les quatre disques : leurs deux derniers + Earth + Sunn O))). Et en plus je te réserve le lost in the glare.
-ben je croyais que vous les aviez pas les Sunn O))) et Earth ?
-ben si mon con mais mon boulot c'est de t'en faire acheter le plus possible de disques, j'ai un commerce à faire tourner moi. Puis si en plus je peux te faire découvrir des nouveautés, j'aurais tout gagné. Alors tu me les prends ces disques ou tu te casses ? Parce que là j'ai pas que ça à foutre. Allez sors ta carte bleue et fais la craquer à mort. J'apporterai les anti-dépresseur et une nouvelle perruque à ton banquier si tu y tiens. Et me remercie pas.
Vous savez quoi ? je crois que j'aurais jamais pu devenir disquaire. Ou alors en psychiatrie.
zavez le dernier Earth ?
-non
-le dernier Sunn O )))
-non plus
-bennnnnnnnnnnnn.......... de l'ambient, zavez bien ça non ?
-encore moins.
-du drone alors ?
-je crois pas non
-de la folk ?
-c'est quoi ça ?
- je suis bien chez un disquaire là non ??? vous avez quoi ?
-Ce que j'ai ?? mais tout mon bon, tout. Et même que, comme je suis dans un jour de bonté, je vais vous faire faire des économies mon jeune ami.Et comment pourrais-je vous en faire faire ? Mais me regardez pas comme ça avec vos yeux de merlans frits,y a rien de plus simple. En vous faisant acheter les dernières galettes d'un groupe sorti chez Thrill Jockey, Barn Owl.
Barn Owl c'est deux gars, deux américains, biberonnés au doom de Earth, à l'ambient doom de Sunn O))) et un peu aux drones de Coil période times machine. Qui, en sus, se sont envoyés l'intégrale de Labradford, Richard Skelton et quelques obscurs disques de folk. Les gars ont sorti deux disques chez Thrill Jockey et huit autres depuis 2007. Ils s'apprêtent à en sortir un nouveau (chez thrill jockey) début septembre. Et tu sais quoi mon gars ? Comme les deux précédents sortis sur le label américain, c'est absolument ex-ce-llent.Ces p'tits gars ont réussi à vulgariser, à rendre accessible, tout un pan de musique relativement extrême pour tout un chacun. Alors tu vois ma couille si tu as kiffé le dernier Earth, ben dis toi que c'est de la pisse d'âne face à Barn Owl. C'est répétitif, chiant et sans surprise. Barn Owl au contraire te surprend à chaque plage, t'emmène dans des directions différentes parfois au sein d'un même morceau. Tiens attends, bouge pas. Je te mets light from the mesa dernier morceau de from ancestral star : tu vois t'as l'impression que tu vas écouter du Sunn O))) première période tout du long puis d'un coup Earth arrive, lui latte les couilles et te fout le morceau sur orbite sans que tu y comprennes quoi que ce soit en lui apportant une dimension quasi mystique. C'est pas grand chose tu vois mais c'est tout ce qui fait la différence entre Barn Owl et n'importe quel suiveur d'Earth ou Sunn O))).Eux ont l'air d'avoir pigé tout ce qui faisait l'essence de ces deux groupes, transcendant leur esprit en y apportant une spiritualité, un savoir-faire unique. Du coup, quand tu écoutes leurs disques, tu ne places pas Barn Owl en dessous ou encore loin derrière ces deux groupes mais plutôt à leurs côtés.
-euhhhh ça a l'air sympa vot' truc mais par quoi je commence moi ? Parce qu'au débotté 11 disques en quatre ans y a de quoi s'y paumer.
- bon, on va pas tortiller du cul pour chier droit : cherche d'abord les sorties officielles sur un label trouvable en deux temps trois mouvements. Ok ?
Commence en douceur par leur excellent EP sorti cette année : shadowland. Trois titres entre doom drone et ambient, bourré d'infrabasses, parsemés de guitares claires, du Sunn O))) joué par Windy & Carl. Une porte d'entrée idéale en somme. Ensuite, essaie from ancestral star, un peu plus rêche que leur EP. Et autrement je te conseille d'attendre début septembre, date de sortie de leur nouvel album. Lost in the glare pousse le concept plus loin encore en le rendant plus lisible, plus clair, plus aérien. En un mot : plus simple. Et néanmoins d'une redoutable efficacité. Compris ?
-ouais m'sieur.
-tiens, je vais être sympa : pour bien comparer, comprendre en quoi Barn Owl est essentiel à toute discothèque digne de ce nom, je te vends les quatre disques : leurs deux derniers + Earth + Sunn O))). Et en plus je te réserve le lost in the glare.
-ben je croyais que vous les aviez pas les Sunn O))) et Earth ?
-ben si mon con mais mon boulot c'est de t'en faire acheter le plus possible de disques, j'ai un commerce à faire tourner moi. Puis si en plus je peux te faire découvrir des nouveautés, j'aurais tout gagné. Alors tu me les prends ces disques ou tu te casses ? Parce que là j'ai pas que ça à foutre. Allez sors ta carte bleue et fais la craquer à mort. J'apporterai les anti-dépresseur et une nouvelle perruque à ton banquier si tu y tiens. Et me remercie pas.
Vous savez quoi ? je crois que j'aurais jamais pu devenir disquaire. Ou alors en psychiatrie.
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