samedi 27 octobre 2012

Th' Faith Healers : lido

Samedi jour du saigneur et du psychopathe.Veille du jour du seigneur, l'autre.
Pour ce faire, va falloir monter dans la delorean et bloquer les compteurs en 1992. Plus précisément juin. Pourquoi ???
Parce que je bosse à une trentaine de bornes de mon habitation principale.
Et alors ??? je vois pas bien où est le rapport.
Simple, mon con : pendant une bonne trentaine de minutes je me retrouve seul avec mon moi, mon ça et surtout pas mon surmoi dans ma voiture, auto-radio à fond. Hors pour satisfaire mon ça, il me faut de la musique qui dépote grave. Et depuis quelques semaines, tourne en boucle dans la caisse le génialissime lido de Th' Faith Healers.
Pour les ignorants qui ne connaitraient point Th' faith Healers,  c'est trois bucherons anglais, une serial killeuse, deux albums sur le meilleur label anglais des années 90 ( à savoir too pure), deux compiles (L' et les peel sessions), quatre EP pour quatre d'existence et une empreinte indélébile dans le rock anglais des années 90 voir au-delà (de mon point de vue hein). Une discographie en dent de scie (pour résumer : imaginary friend : bof ; L' : carte de visite rêche et fort prometteuse mais en deçà des capacités du groupe) mais avec un everest qu'aucun groupe indie, à ma connaissance, n'est parvenu à dépasser depuis 1992, date de la sortie de lido. En quoi lido est un everest au juste ? Simple : lido a su élever la tension au rang d'art . Ça fait un peu juste comme argument me direz-vous. Probablement mais dès que this time vous heurte les tympans, vous savez que vous êtes foutus, que vous en prenez pour trois quart d'heure sans pouvoir vous en défaire, accro à l'adrénaline qu'il dégage. Mais pas une adré polissée, gentille, calibrée pour une jeunesse révoltée en chemise à carreaux et jeans troués, non, là c'est directement Leatherface, le gentil gars spécialisé dans le taillage de bavettes façon XXL, qui vous susurre ses douces contines au creux de l'oreille. Enfin susurrer n'est peut-être pas le terme adéquate, à moins que le papier de verre version tesson pilé soit d'une douceur incomparable à vos oreilles.
Vous l'aurez capté, l'une des singularités de Lido est d'être rêche, très rêche, sans aucune compromission, sans un pet d'humour, carburant à l'urgence. Pour ce faire le groupe a viré les guitares pour les troquer contre des tronçonneuses, dégagé les grilles d'accord pour ne laisser que le strict minimum de notes, n'a pas tenu à s'emmerder également  avec l'accordage des instruments préférant laisser ça aux premiers de la classe et surtout a passé des heures voir des jours à réviser son Can pour en saisir la substantifique moelle.Car lido est peut-être l'un des rares descendants valables du groupe Allemand. Cette intransigeance, ce jusqu'au boutisme, ce besoin constant d'expérimenter dans son coin, d'aller au bout de leurs idées rappelle le Can de la grande époque.
A une différence près : Can expérimentait dans un cadre (que le groupe envoyait la plupart du temps valser) pop (pour rappel , vitamin C, mushroom) . Ici, que nenni. Enfin presque. Si le cadre reste pop (morceaux entre trois et six minutes, mémorisables), lido est tout de même joué par une véritable bande de psychopathes. Le guitariste ne joue pas mais scie littéralement ses cordes, chaque coup porté par le batteur semble faire hurler de douleur ses fûts, le chant de Roxanne Stephen n'est pas de plus adaptés ( franchement, quand elle chante l'amour, je n'aimerais pas être le partenaire en question. Il suffit d'écouter love song pour comprendre que sa perception de l'amour est différente de tout un chacun), seul le bassiste semble apporter un équilibre somme toute précaire à  cette bande de malades mentaux. Et pour appuyer ma thèse sur la psychopathie de ce groupe, il suffit d'écouter les deux derniers morceaux (et les six précédents), deux extrêmes. Quand le groupe calme le jeu en sortant les guitares acoustiques (it's easy being you), essaie d'être un tant soit peu léger, il ne peut s'empêcher de saboter la chanson en utilisant une sorte de tronçonneuse électrique qui vient la défigurer en plein milieu. Mais le pire dans lido c'est quand le groupe revisite à sa façon madchester ou encore le come together de Primal Scream sur spin 1/2 : ça pue la sueur, le sang, c'est la fête au travers du regard d'un psychopathe que rien n'affecte hormis la vision du sang. On imagine sans difficultés ce morceau en bande son du american psycho de Brett Easton Ellis  ou en B.O des chiens de paille de Peckinpah. on imaginerait même tout l'album illustrant ce film.
 Pour apporter une note "raisonnable" à cet album de déviants, je dirais que le seul morceau sensé dans ce grand disque, c'est la reprise absolument formidable du mother sky de Can. Le groupe a su en capter l'essence tout en gardant la tension inhérente à l'album. Bref, mother sky s'imbrique dans lido sans qu'on ne perçoive de différence au niveau des compositions.Preuve de la haute tenue de lido.

Alors au vu de la description que je viens d'en faire,vous me direz qu'il faut être un brin pervers pour s'envoyer ça à fond dans la caisse pendant une bonne demi-heure. Je vous rétorquerai que non, bien au contraire. Lido est tellement tendu qu'il sert littéralement de catharsis avant d'aller au boulot. La tension est si vive qu'on se dit que rien ne pourra être pire dans les huit heures qui suivront.Du coup, c'est la zen attitude en arrivant.
 Parce que, contrairement à d'autres,  j'ai aussi oublié d'être con.

mercredi 24 octobre 2012

Andy Stott : luxury problems

Eh les amis, Andy Stott sort un nouvel album ces prochains jours.
Ouaiiiiiiiiiiissssssssssss, super. Il en a de la chance ce garçon.
Et il fait quoi cet Andy Stott ??? de la polka javanaise sous acides ? de la bourrée auvergnate 2.0 ??
Mr Stott a gagné ses lettres de noblesse dans la minimal techno/dub façon Maurizio en sortant en 2006 un album honnête mais pas grandiose (merciless) et surtout une série d'EP assez remarquables dont deux l'an dernier qui lui ont valu la reconnaissance de nombre de webzines branchés : passed me by et we stay together.
Présentation faite, passons aux choses sérieuses : luxury problems.
Tous ceux qui appréciaient son boulot dans la veine Dub/techno voir ambient vont pouvoir passer leur chemin, le gars Stott s'est donné comme objectif d'attaquer les dance-floors avec nombre de chansons putassières à faire passer David Guetta pour Arvö Part. Pour ce faire, rien de plus simple : laisser tomber les instrumentaux torturés sur dix minutes avec silences de rigueur, employer une chanteuse, de préférence soul à gorge chaude et balancer un rythme binaire compréhensible par le moindre auditeur écervelé, donc moi .
 Programme fort alléchant ma foi.
Sauf qu'à l'arrivée luxury problems ressemble plus à une sorte de Moodyman en pleine phase parano qu''à la énième compile techno/mesbollocksonzetable sortie cette année. Ne vous fiez en aucun aux deux premières minutes de numb, évanescentes en diable, limite dream-pop,mais plus à la suite, techno à un demi beat par minute en vitesse de pointe, lourde, plombée. Si Andy Stott a abandonné, enterré une bonne fois pour toutes le dub/minimal techno avec ses différents EPs, là il signe les papiers de décès du dubstep en général, de Burial en particulier, et enfonce le quatrième clou du cercueil avec une morgue faisant plaisir à entendre. Il fait ainsi table rase des courants électros des vingt dernières années ( la drum'n'bass avec un up the box bradycardisé à mort, à deux doigts du coma, le dubstep, comme je viens de l'écrire, est à l'agonie, le dub est de l'histoire ancienne) mais se veut également le fossoyeur de la techno qui a contribué à sa renommée.  Car franchement, la sienne fait pitié à écouter : le pouls est à peine audible, les beats minimales, l'atmosphère y est glaciale, anxiogène au possible (à croire qu'il a enregistré luxury problems en direct du cercueil mobile qui lui sert de studio pendant que les invités lui envoyaient les dernières pelletés de terre à travers la gueule.).  Il y a parfois quelques tentatives de ranimer le cadavre en devenir (sleepless, up the box en mode défibrillateur en fin de course) mais celles-ci se soldent par d'heureux échecs Heureux car c'est justement cette morgue,ce pré-silence qui fait tout l'attrait de cette post-techno.
Vous me direz :  ça fait des semaines que tu en glandes pas une et tu nous reviens pour nous pondre des concepts à la noix. De la post-techno ?? et pourquoi pas de l'ante-java, de la prétektonik ou encore du perijungle ?? Hein ??? C'est quoi ce concept de merde ???. Ca paraît merdique mais c'est pourtant le seul terme qui me vient à l'esprit quand j'écoute luxury problems. L'impression d'écouter un album sous perfusion, de la techno qui ne veut plus en être, où tout semble désincarné, où seul le silence a voix au chapitre.
Ouhhh mais quelle habile transition ma foi pour parler de celle d'Alison Skidmore, élément nouveau chez Stott, qui apporte une touche d'humanité à ce disque en phase terminale. Et encore. L'humanité semble elle aussi en fin de vie quand Alison lui prodigue les derniers sacrements (lost & found) ou mal barrée quand elle s'égare chez le Lynch de Twin Peaks (leaving, doux écho du falling).
Bref, d'un point de vue moral, autant le dire tout net : il n'y a rien à sauver chez luxury problems. Quand tu penses avoir atteint le fond de l'abime en écoutant un morceau, celui d'après te rappelle que la terre est toujours suffisamment meuble pour que ta pelle continue à creuser indéfiniment. En revanche, musicalement parlant, comme vous l'avez compris précédemment, le programme est d'une richesse assez dingue : minimal et profond, répétitif sans jamais lasser, luxury problems saura accompagner votre dépression au plus profond de la mélancolie.
Au cas où vous ne l'auriez point compris : chaudement recommandé par mézigue.



dimanche 30 septembre 2012

La saloperie du dimanche

La saloperie est de nouveau parmi nous et je ne sais quel adjectif choisir pour décrire ce qui suit.
Sublime ??? divin ??? transcendantal ??
Pour tout dire les mots me manquent.
Alors, dans ce cas, il ne reste plus qu'une chose à faire : laissons la musique parler d'elle-même.
Allez, danse Zaza, danse et enchante nous encore pour des semaines à venir.


mardi 25 septembre 2012

777 cosmosophy


"le meilleur album de l'année voir des siècles à venir" NMI.
"Une fenêtre ouverte sur le monde, comme un éclairage de nos tares les plus viles, les bassesses les plus inexpugnables" J-D Buffallo, Les Indéféquables.
"hein ?" Beethoven, musicien monomaniaque malentendant.
"la première fois j'ai eu peur d'avoir mal mais après ça a été mieux" Cindy rédactrice en chef d'étrons et laiderons
"Arrêtez avec vos tops, ça c'est le PUTAIN D'ALBUM DE L’ANNÉE." D.Y, dictateur chez Vilosophe.

Voici les quelques réactions/témoignages que j'ai pu obtenir sur le dernier volet de la trilogie 777 de Blut Aus Nord. Je me suis évidemment limité à cinq réactions parmi les millions recueillies un peu partout sur le net ou les magazines en kiosque ce jour.
Tout ça pour dire ceci : la sortie ce jour de cosmosophy fait figure d'événement mondial, occultant par là même le scandale des caricatures ou encore la sortie hexagonale du dernier Tryo.
Que voulez-vous, c'est tout à fait compréhensible. Depuis la sortie de sect(s) l'an dernier, le culte voué à Blut Aus Nord a tendance à dépasser la sphère des adorateurs du black métal pour entrer dans l'inconscient collectif de la ménagère qui n'en demandait pas tant. Tel un virus, l'infection se propage, faisant à chaque nouvelle écoute un nombre de victimes substantiel. Sect(s) en premier lieu puis the desantcification, l'esprit si particulier de BaN s'est peu à peu ouvert au monde sans pour autant se compromettre. Pas un mince exploit me direz-vous.
Faisons fi de cette brillante introduction et passons aux choses sérieuses. Je vois poindre dans vos yeux esbaudis l'inéluctable question : qu'en est-il de cosmosophy ? Chef-d'oeuvre ou album de la décennie ? Tuerie ou merveille ??
Comme je suis un être affable, une crème dans son style, je vous répondrai presque par l'affirmative aux quatre questions posées.
Presque hein, n'exagérons rien.
En premier lieu il convient de faire remarquer qu'à la première écoute, cosmosophy déstabilise. Vous me direz fort justement que c'est un peu le principe qui régit toute la discographie de Blut Aus Nord. Certes. Mais quand même. Déjà, commencer un album par un morceau de clôture, ça le fait moyen. Ensuite commencer un album par la relecture d'un morceau précédent, genre copier/coller, ça le fait encore moins moyen. Et enfin, enfin, quand au bout de deux minutes et demi d'intro arrive la voix, claire, là je dois avouer que ça ne l'a pas fait. Mais alors pas du tout. Franchement, après une dizaine d'albums (douze pour être exact) dans lesquels la voix n'était qu'une longue éructation gutturale inintelligible, se retrouver face à une voix "normale", je dois avouer avoir eu un des plus gros chocs de mon existence satanique. Je me suis retrouvé face à une interrogation quasi existentielle : dois-je continuer l'écoute de cosmosophy ? Imaginez-vous tout de même la crucialité de  l'interrogation  : DOIS-JE CONTINUER L'ECOUTE DE COSMOSOPHY ??? Le genre d'interrogation qui ne m'a jamais, au grand jamais, traversé le peu d'esprit qu'il me reste quand je pose sur la platine un disque de Blut Aus Nord. Une véritable révolution.
La question m'a, par ailleurs, re-traversé l'esprit lors de l'introduction de l'epitome XV dans lequel Vindsval déclame, sur un ton solennel, péremptoire même, sur fond d' indus rachitique, un texte à forte obédience sataniste. Pitié.
Deux fois lors de la première écoute  ?? mais alors... c'est de la merde !!!!
Ah mais non, ne me faites pas dire ce que vous désirez entendre. Je n'ai pas parlé d'étron au début de cette note mais de tuerie, j'ai également ajouté que la première écoute déstabilisait.Ajouté à cela une tendance au progressif et à l'ambient (déjà présents sur les deux premiers volets) et vous comprendrez aisément que le fan de base comme moi puisse y perdre son latin sataniste.
Les réserves faites, passons à autre chose. Une fois la première écoute passée, cosmosophy se révèle être passionnant. D'un point de vue musical il s'agit là de l'album le plus riche du groupe, du moins le plus varié. Dès l'epitome d'introduction (le XIVème) Vindsval reprend et termine les thèmes des précédents volets  pour ouvrir sa musique sur de nouveaux territoires qu'il n'avait fait qu'effleurer jusque là. Pourtant, à l'écoute de cosmosophy, ces nouveaux territoires sont loin de nous être inconnus.On reconnaît aisément quelques bribes de MoRt (la fin de l'epitome XV), énormément d'éléments des memoria vetusta  (l'epitome XVI), d'ultima thulée (les synthés du dernier epitome). En fait cosmosophy, vous l'aurez compris, est une synthèse presque idéale de la discographie de Blut Aus Nord. Il constitue une épitaphe quasi-parfaite de ce que fut BaN pendant près de vingt ans et confirme les changements entr'aperçus dans the desanctification : là un net penchant pour l'ambient, ici pour le progressif ou encore l'industriel. Mais à vrai dire ce n'est pas tant l'ouverture vers de nouveaux horizons qui interpelle dans cosmosophy, c'est plutôt le fait que le métal de BaN devienne de plus en plus "lisible", qu'il soit le parfait négatif de MoRt. On reconnaît la même démarche dans les deux cas, un jusqu'au-boutisme intransigeant, mais là où MoRt fonçait tête baissée dans le noir, le charbonneux jusqu'à y perdre la raison, cosmosophy fait entrer la lumière d'une façon inédite chez ce groupe. Elle éclaire d'une façon blafarde un univers jusque là d'une noirceur absolue, découvrant par la même occasion des richesses mélodiques insoupçonnées. Bien évidemment nous ne sommes pas chez les La's, l'univers reste celui de Blut Aus Nord, torturé, identifiable dès les premières secondes mais pour le coup le groupe finit par devenir quasi-audible à l'oreille du profane.
En fait comme l'explique Vindsval, cosmsophy marque la fin de Blut Aus Nord tel qu'on a pu le connaître vingt ans durant. Les éléments black metal qui parsemaient sect(s) et de façon de plus en plus sporadique the desanctification sont ici gommés au profit d'une entité progressive incluant un spectre musical bien plus large allant grosso modo de l'ambient à l'indus voir les deux sur le même morceau (epitome XVII) en passant par une sorte de rock mélodique teinté d'une certaine mélancolie (le début de l'epitome XVII). On retrouve parfois des montées de sève fort bienvenues (les deux dernières minutes de l'epitome XVI, impressionnantes) mais l'ensemble ne ressemble plus à l'idée qu'on peut se faire du black metal (déjà mise à mal lors des précédents opus du groupe). Seulement à du Blut Aus Nord. La mue opérée lors des deux derniers opus (à savoir un black metal froid, sombre -sect(s)- puis plus aéré, moins torturé) trouve son point d'orgue ici : après avoir été l'un des tortionnaires les plus innovants/radicaux du black metal (MoRt ou the work which transform...), Vindsval se révèle être un des sound/songdesigner les plus passionnants avec ce cosmosophy bien plus subtil qu'il n'y paraît au premier abord. La dissonance reste toujours sa marque de fabrique mais ce n'est plus l'atmosphère qui prime ici, ce sont  les mélodies. Elles s'ancrent dans le crâne, fourmillant de détails, chaque nouvelle écoute en révèle de nouveaux  passés inaperçus lors des précédentes et surtout, surtout, cosmosophy devient plus addictif et passionnant à chaque écoute. Une fois appréhendés, assimilés, les "défauts" présents lors de la première écoute s'effacent pour laisser place à une entité d'une grande cohérence, un tout indissociable répondant de façon brillante aux questions que Vindsval se pose tout au long de sa trilogie : comment changer sans perdre son identité et surtout,  que reste-t-il après le chaos ?
Cosmosophy y répond de façon limpide, simple et totalement inédite chez Blut Aus Nord  : en apprivoisant la lumière, en laissant entrer l'espoir.
Une véritable révolution.

dimanche 16 septembre 2012

La saloperie du dimanche

Oui je sais, ça fait des semaines, des mois voir quelques décennies que la saloperie n'a plus refait parlé d'elle. Quelques semaines aussi que je n'ai plus écrit de notes. Que voulez-vous, avec un agenda plus chargé encore que celui du hongrois excité au lendemain de son élection (en 2007 donc, une éternité ) m'approcher du PC familial m'était quasi impossible (putain de gosses tiens. Autant le dire sans ambages : le mec qui a inventé les congélateurs n'a pas chié dans un moule un gâteau, je vous le dis moi ).
 Enfin bon, fin des digressions et reprise des choses sérieuses parce que je suis pas là pour vous raconter ma vie. Je suis là pour vus éduquer, vous remettre des mélodies imparables dans votre crâne de piaf, vous faire recouvrer la mémoire par les moyens les plus ignobles, les plus atroces. Remise au goût du jour donc dans ce qui vous reste de cervelle, de sauce blanche comme disait le grand Boris. Vous me direz, c'est totalement raccord avec la scie présentée ce dimanche, à l'origine sensée nous faire aimer/avaler un yaourt d'une marque montagnarde (oh oui). Évidemment tout le monde se souvient de cette scie musicale mais peu se rappelleront de son interprète Sandy Stevens. Peu se souviennent de cette coupe de cheveux certifiée eighties (le balai à chiottes devait traîner das le coin), de ce look vestimentaire à déprimer une couvée de  corbeaux.
Grâce à moi, votre serviteur un brin pervers avouons le, vous allez pouvoir avoir cette scie dans le crâne toute la journée voir la semaine. Vous vous souviendrez avec émotion de cette montée de batterie sur le refrain, de ce terrible solo à la fin du second refrain à faire pâlir de jalousie tous les Eric Clapton du monde (vous me direz que ce n'est pas une référence) ou alors les Gary Moore (non plus) et vous finirez par me haïr pour vous avoir foutu ça dans le crâne.
Parce que je le vaux bien (et que cela m'amuse).


mercredi 8 août 2012

zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

encore deux semaines et je m'en reviens avec plein de nouveautés dans les esgourdes.
En attendant, j'en glande pas une et je suis en vacances (comment ça je l'étais déjà avec le nombre plus que limité de notes que je publie en ce moment ????)
Autrement, pour rester dans la thématique, clip magnifique proposé par une compatriote régionaliste de bon goût, assurément, lamissmarinadu53

mercredi 1 août 2012

Spiritualized : sweet heart, sweet light

Vous allez me dire :
"la myrrhe, t'abuses. Parler d'un album sorti il y a plus de trois mois dont tous les journaux spécialisés, les blogs, s'accordent à dire que c'est probablement un des trois plus grands disques de cette année, tu te foutrais pas un peu de la gueule du monde ? Et surtout, tu vas faire quoi ?  ton snob et démontrer par A+B et avec des arguments à la con que cet album est une grosse daube bien puante ne méritant même pas une ligne dans la rubrique merde écrasée ? C'est ça hein ?"
Autre chose : au cas où, par le plus grand des hasards, tu te rangeais derrière l'avis unanime des critiques/blogueurs/etc..., qu'apportera ta note par rapport au concert de louanges dont a bénéficié ce disque ? hein ?? alors, tu vas répondre ??
Putainnnnnnnnnn, vous n'y allez pas avec le dos de la main morte vous hein !!!!
Pour commencer je dirai que moi et Jason Pierce, ça n'a jamais été vraiment le grand amour. J'apprécie dans les grandes lignes ce qu'il fait avec Spiritualized mais pas de quoi me faire relever la nuit pour l'écouter en boucle, pas spécialement de signes d'addiction, rien. Pourtant, j'ai commencé à sentir un frémissement de dépendance lors du songs in A&E de 2008. Pas trop non plus hein, mais il y avait quelque chose.
Vous me direz : "et ladies and gentlemen...il pue du cul ?" certes non, mais s'il contient de véritables morceaux de bravoure, je n'accroche pas à tout, j'irais même jusqu'à dire que je le trouve inconstant.
Propos que je ne tiendrai pas face à sweet heart, sweet light sorti en avril dernier. Bien au contraire. Il m'a fallu trois mois pour l'assimiler complètement mais là je dois avouer que je ne décroche pas.
Bon, la première écoute ne m'avait pas convaincu plus que ça, pour tout dire j'ai failli me taper une indigestion : une couche de chantilly, une grosse dose de miel, du sirop bien gluant, bien épais, au litre, pour peu que vous soyez diabétique des conduits auditifs, c'est un coup à se retrouver aux urgences en moins de temps qu'il n'en faut.
Mais bon, le temps faisant son office je me suis retrouvé à l'écouter de plus en plus souvent, à en capter l'essence pour finir par en être littéralement retourné. Maintenant chaque fois que je l'écoute, j'en ai les tripes broyées, les glandes lacrymales fonctionnent plein tube, je suis presque obligé de m'auto-perfuser pour ne pas finir complètement déshydraté.
La raison de ce retournement de situation ? Peut-être parce que sweet heart, sweet light est tout simplement brillant. Pour d'innombrables raisons. Musicalement d'une richesse incroyable, Pierce parvient à couvrir un siècle de musique sur une heure sans être rébarbatif. Sweet heart, sweet light (dont la référence au Velvet Underground ne vous aura pas échappé) est en premier lieu un hommage, gargantuesque, à la musique américaine sous toute ses formes.Des origines (le gospel) jusqu'à maintenant (le rock), l'appétit de Pierce semble être insatiable. Tout particulièrement lorsqu'il aborde le psychédélisme. Là, force est de reconnaître qu'il connaît son sujet sur le bout de la cuillère. Que ce soit le néo-psychédélisme façon Mercury Rev (huh ? intro, ou life is a problem, tout droit sortis du deserter's song), la pop sous acides des Beach Boys ( hey jane ne serait-il pas son good vibrations personnel ?), la world ( get what you deserve et ses cordes orientales), la musique concrète   (headin' for the top now comme du Steve Reich qui forniquerait avec Kevin Shields sous le haut patronage de Glenn Branca), le free-jazz (I am what I am) ou encore vu au travers des yeux de Gainsbourg (little girl, véritable concentré de melody nelson sur trois minutes), sweet heart sweet light ressemble à une putain de réinterprétation des saintes écritures du psychédélisme par un Pierce en forme olympique. Le gars se permet en plus de manier les saveurs comme personne : le doux, le sucré, le salé, l'acide, l'aigre et ce au travers d'arrangements d'une rare pertinence ( exemple remarquable avec too late : ce pourrait être une guimauve sans intérêt à la walt disney des trente dernières années cependant  l'intelligence des arrangements, des cuivres,des claviers jusqu'aux cordes en fait une merveille d'émotion). En limitant l'instrumentation de son album à l'organique ( pas d'utilisation d'électronique ou d'ordinateur ici mon bon môssieur, que du fait-main, de la musique cousue aux petits oignons, faite avec amour et même que si tu écoutes bien tu trouveras une scie musicale)  Pierce se sort les doigts du cul et pond un album à l'ancienne comme on n'en avait pas entendu depuis des années. Le regard dans le rétro certes, nostalgique probablement  mais d'une dignité forçant le respect.
 Dignité est aussi le mot qui me vient quant au fond de l'album. Si la forme est magnifique, le fond, en revanche, est d'une beauté absolument renversante. Rarement il m'a été donné d'approcher de si près l'affect d'un chanteur. Sweet heart sweet light est une véritable mise à nue de l'âme de Pierce. Hommage à sa mère disparue, aux excès qui l'ont renforcé en le tuant à petit feu, sweet heart est un disque de rémission, de capitulation face à la mort, un disque de vie éclatant, une catharsis d'une putain de dignité. Pierce est revenu de tout, l'explique de façon émouvante, absurde (life is a problem), l'égo  toujours aussi surdimensionné ( I am what I am) mais avec un recul bienvenu. Son so long you pretty baby final sonne comme une réponse au rock'n roll saved my life de Lou Reed (d'ailleurs le morceau ressemble étrangement au sad song du berlin soit dit en passant) et une véritable déclaration d'amour à la musique.
Quand je prends en compte tous ces éléments, paroles et musiques comme auraient dit Lambert et Anconina, je me dis queSweet heart sweet light ressemble au disque d'une vie, le genre que Pierce  ne pourra faire qu'une fois. Un disque somme car sans barrières, réfléchi et totalement inconscient, un hommage vrai au psychédélisme. D'ailleurs quand l'écoute de sweet heart... se termine, la pochette du disque finit par prendre tout son sens : uh ? est la réaction estomaquée qu'on a quand résonnent les dernières notes de so long you pretty baby, c'est l'uppercut qu'on vient de prendre au bout d'une heure d'écoute.
Dans le sens grec du terme, psychédélisme signifie le révélateur de l'âme. Sweet heart sweet ligt n'est ni plus ni moins que ça : la plongée dans l'âme de Jason Pierce. Une bien belle âme ma foi.