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mercredi 2 février 2011

london conversation

Il y a parfois des surprises qui comblent un mélomane averti comme je le suis.
Quoi ?? vous n'y croyez pas ? moi, mélomane averti ? Alors que j'écoute du black métal inaudible, des trucs ambiant chiants comme peu de mort, que je mets sur un piédestal le dernier effort de Big Boi ? Ben ouais, ça vous étonne mais c'est comme ça.
Alors revenons à nos moutons. Je disais donc que certaines surprises ne sont pas loin d'être divines. Je pense que vous l'avez compris dernièrement : j'ai remis en route ma platine vinyle.Or, en recherchant certains vinyles, je suis tombé sur un stock qu'on m'avait donné. J'avais déjà trié le bon grain de l'ivraie une première fois, extrait quelques perles (Dylan-le highway, bringing it, the freewheelin'-, Cohen ou encore Hendrix) et mis le reste au rebut. C'était il y a quelques années. J'étais jeune, insouciant et con (il y a six ou sept ans, une éternité). Là, il y a un petit mois, j'ai remis le nez dedans. Juste pour voir. Effectivement, il y avait de grosses daubes, pas mal de rock progressif sans intérêt des années 70 et au milieu de tout ça, en parfait état, le premier John Martyn, london conversation, que je ne connaissais pas du tout. Il y a six ou sept ans, le nom de Martyn m'était complétement inconnu et solid air, dont j'avais entendu parlé,  ne ressemblait pour moi qu'à un album de plus des 70's avec une pochette limite atroce. Depuis j'ai quelque peu révisé mon jugement à la hausse en esgourdant la bête.
Toujours est-il que dès 1967, Martyn frappait très fort avec ce london conversation de toute beauté.Un folk proche de Drake, Bert Jansch ou encore Jackson C Franck. Une voix, une guitare, parfois un sitar (ne pas oublier que nous sommes en 67, que les Indes sont la destination in de tous les musicos sous acides, n'est ce pas les Beatles ?), quelques reprises/réinterprétations (Dylan ou encore cocaine, magnifique) et surtout un talent énorme pour composer. Seul problème, et pas des moindres : il sort un voir deux  CO tous les mois si ce n'est toutes les semaines quasiment à cette époque. Donc entre Cohen, Beatles, Hendrix, Doors, Monk, Pink Floyd et d'autres encore, il n'y aura pas de place pour Martyn et sa guitare. London conversation, et sa fragilité renversante, tombera rapidement dans l'oubli même si ça n'empêchera pas Martyn de sortir plusieurs autres albums dans la foulée dont le mythique solid air et inside out en 73. Toujours est-il que london conversation ne fut réédité qu'en 2005 et ce de façon assez mesquine : Un seul titre en bonus ; c'est franchement pas terrible quand on voit la réédition deluxe du solid air, autrement plus conséquente.
Alors quand au détour d'une plongée dans des archives vinyliques on tombe sur de telles perles, on se mettrait presque à croire en dieu. Quand en plus de ça on se rend compte qu'on a un original en parfait état, on finit par se rendre à l'évidence : dieu existe, est mélomane et m'a offert ce disque pour me purifier les oreilles de toutes les merdes que je peux m'envoyer à longueur de journée. Dans le fond c'est un bel enfoiré.

jeudi 9 décembre 2010

Musique et joie de vivre

Parfois, voir souvent, il m'arrive de télécharger n'importe quoi ( films, musiques, alcools, putes, tout peut y passer, le self-contrôle est une matière que je maîtrise mal dans ces moments là) avant d'aller me jeter comme une grosse loque informe et inanimée dans mon lit. Le lendemain je me lève, la tronche dans le fion, les cernes sous les yeux, l'haleine chargée, regarde le PC d'un air las et oublie complétement que la veille au soir je venais de télécharger quoi que ce soit.
Parfois, au détour d'une insomnie, je me rends compte que le téléchargement musical que je viens de commettre (ouh le vil pirate, je  mériterais qu'hadopi vienne me fouetter avec des orties fraîchement cueillies tiens) n'est pas terminé. Alors, comme un con, je poireaute devant le PC qui me regarde d'un air las lui aussi, chauffant comme un malade, allumé depuis près de quinze jours sans discontinuer et attends qu'il se termine patiemment.
La vie d'un geek musical est souvent passionnante n'est-il pas ?
Et alors me direz-vous ? il arrive parfois qu'on tombe sur de très bonnes découvertes. Cette nuit donc, au détour d'une putain d'insomnie, il me prend l'envie subite d'écouter The Savings And Loan. Juste pour voir. Sait-on jamais. Déjà, choisir comme nom celui des banques de dépôts spécialisées dans le prêt hypothécaire qui firent capoter l'économie mondiale en 1986 peut mettre la puce à l'oreille quant à l'humour pratiqué par ces gusses. Donc : groupe anglais inconnu au bataillon composé de deux gars originaires de Glasgow. Ceux-ci font dans le folk dépressif tendance slowcore. Avec pour références Cohen, Cave. Voilà pour la bio. J'y ajouterai une grosse part d'Arab Strap ou encore de Nick Drake via Johann Asherton. Toujours est-il que l'album Today I need light, s'il ne révolutionne rien en matière de folk/slowcore est tout à fait audible (voir plus) et comporte de sacrés morceaux (les deux premiers morceaux swallows et lit out sont à tomber : simples, directs, nus soutenus par une voix magnifique entre Asherton et Aidan Moffat et une ambiance proche du premier Sophia pour lit out.). Tout n'est pas du même niveau ( pale water un cran en-dessous des quatre premiers morceaux), ça rame par moment (the star of the county down , pas terrible : tentative échouée de vouloir faire faire du blues à Arab Strap en gros) mais le niveau est suffisamment élevé sur les autres chansons pour qu'on ait envie de terminer l'album en leur compagnie.
En somme encore un groupe de neurasthéniques dépressifs qui fait de la musique pour exorciser un mal de vivre qui transparaît dans chaque chanson. Bref, un groupe spécialement fait pour moi. Chouette. Pourvu que ça dure.


The Savings and Loan - Catholic Boys in the Rain (Live at Song, by Toad) from Song, by Toad on Vimeo.