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mardi 17 juillet 2012

l'hémorragie auriculare du jour

L'hologramme est le produit de l'holographie. Il s'agit historiquement d'un procédé de photographie en relief. Aujourd'hui, un hologramme représente une image en trois dimensions apparaissant comme « suspendue en l'air ». Le mot hologramme provient du grec holos « en entier » et graphein « écrire».

Si en photographie le procédé semble révolutionnaire, musicalement parlant, en revanche, sa principale caractéristique est de ne pas l'être. Mais alors à un point qui frise le génie. Ou pas. C'est à peu de choses près ce que je me suis dit en écoutant le premier album d'Holograms.
Autant le dire tout net : l'écouter tient de la purge si ce n'est de la torture. Enfin, n'exagérons rien. Torture serait un chouïa excessif.
Holograms est pour tout vous dire un groupe suédois composé de quatre garçons dans la neige, la mèche au vent, le costard de rigueur,  suédant (du verbe suéder, cf be kind rewind de Gondry dans lequel des tarés de cinéma s'amusaient à refaire avec les moyens du bord les grands succès internationaux) Interpol jusqu'à la trogne. Sachant déjà qu'Interpol suédait à mort Joy Division et consorts avec, il faut tout de même l'avouer, un talent certain sur leurs deux premiers albums, imaginez un peu ce que peut donner le suédage de suédage. Alors à quoi cela peut-il ressembler me direz-vous ? à rien serais-je tenté de vous dire si j'étais méchant. Mais comme je suis d'une rare objectivité concernant cet album je dirais, avec une impartialité qui ne peut que m'honorer, que cela ressemble à du Bloc Party reprenant Franz Ferdinand se foutant de la gueule d'Interpol qui reprendrait comme une grossière contrefaçon Killing Joke singeant Joy Division le tout joué par un batteur qui aurait appris par coeur les plans batterie Lol Thorustien du pornography des Cure et chanté par un clone sans inspiration de Robert Smith. Ouf...
Certains diront que cet album suinte l'urgence, carbure à l'adrénaline...faudrait tout de même vérifier la date de péremption de l'adrénaline en question parce qu'objectivement, as usual, cet album ne risque pas de réanimer qui que ce soit tant cette musique est d'une platitude tout bonnement effrayante.
Vous me direz qu'actuellement  le rock, c'est comme la chimie : rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme. Sauf qu'Holograms réussit l'exploit de ne rien créer, ne rien transformer et de perdre le post punk en route en le vidant de toute urgence à force de mimétisme. Je vous vois venir : mais la myrrh, pourquoi tant de haine ? Les compos sont tout de même efficaces (monolith, c'est pas de la merde tout de même non ??quand tu l'écoutes, ça te donne envie de ressortir tes habits gothiques, ton manteau chauve-souris, de mover ta tête de gauche à droite puis de droite àgauche et nettoyer le plafond avec tes cheveux corbeaux en pétard), ça ne révolutionne rien mais ça reste plutôt pas mal branlé non ? Ben ouais c'est possible mais les câbles sont si grossiers que de la pitié que ça inspire d'abord finit par se transformer en colère.Colère parce qu'on nous prend pour des cons, parce qu'Holograms ressemble à un boys band indie de plus, colère d'autant plus justifiée qu'Holograms sera très probablement la prochaine hype inutile qu'on aura portée aux nues dans deux mois et oubliée dans trois.
En même temps, si j'étais moins con, je n'y participerais pas en évitant d'en parler,en ne tombant pas dans le panneau comme un vulgaire idiot que je suis.
 Mais ça, ce serait si j'étais moins con.

mercredi 24 novembre 2010

soft moon

t'étais pas né au début des années 80. Tu en conserves une nostalgie incompréhensible pour le commun des mortels  né avant cette fabuleuse décade.
Pour toi les années 80 c'est un son, une ambiance, une musique glaciale, martiale, ce sont les corbeaux noirs. Tes idoles sont Ian Curtis, Robert Smith, Viny Reilly. Comme tu n'as jamais pu les vivre ces putains d'années, tu t'es mis en tête de les recréer. A ta façon. Tu t'es envoyé l'intégrale de Joy Division (unknown pleasures surtout), la trilogie infernale des Cure, quelques Stranglers, un ou deux Durutti Column (surtout pour les pochettes), le premier Suicide. Tu t'es aussi écouté, comme tu es quelqu'un de moderne, la réinterprétation qu'en avait fait Interpol. A l'écoute de ton album on devine ce que tu en as pensé : "c'est de la merde. Mieux vaut rendre hommage aux originaux qu'aux copies carbones". Pas faux. Tu as donc décidé, d'un commun accord avec toi-même, de créer un groupe. Comme tu es quelqu'un de démocrate, tu as choisi les membres du groupe selon leurs compétences. Tu t'es finalement rendu compte que toi seul était compétent. En même temps tu palpes plus en cas de succès. Pas con. Ton blase, tu le choisis en fonction de ton adoration. Celle de Robyn Hitchcock et Ian Mac Culloch par exemple. L'un auteur d'un killing moon  légendaire sur ocean rain, l'autre en hommage à son groupe The Soft Boys. Tu formes, avec l'aide inopinée de toi-même et de tes instruments, le groupe The Soft Moon. Tu as de l'inspiration, du talent à revendre. Tu sors donc deux EP dans l'année puis, comme tu fais l'objet d'un buzz énorme, grâce à ton label, tu sors un album. Eponyme. Ce qui te distingue d'autres groupes de ton espèce ? Un jusqu'au-boutisme assez étonnant. Tu n'hésites pas à aller à fond dans une sorte de caricature grand corbeau noir, musique inquiétante, synthés flippants. Tu repompes de façon franchement pas subtile les plans batteries folles du pornography des Cure, les plans gratte de seventeen seconds, tu n'hésites pas à reproduire la production barrée du unknown pleasures de Joy Division.
Et tu sais quoi ??? Sans être un grand album, ni une grosse merde, ça marche pas mal.C'est relativement bien foutu, c'est touchant car assez comique. Comme le sports de Weekend, ça ne révolutionne rien mais ça fait passer 3/4 d'heure sans qu'on ne s'y ennuie. Par contre de là à voir en toi un futur talent unique dans la musique actuelle, il y a un pas que je ne franchirais jamais. Ton album est sympa mais comme pas mal de disque que j'ai pu écouter cette année, il franchira difficilement le cap des dix écoutes. Allez, fais pas la gueule, les années 80, musicalement parlant, c'était vraiment pas terrible. Tu n'as rien loupé.