Aujourd'hui cours de formation aux premiers secours ou remontons des oubliettes un groupe pas encore mort mais passé à la trappe jusque là.
Prenez un genre en soins palliatifs (au hasard, le post-rock), en quasi état de mort cérébrale après l'acte violent commis par un certain Efrim Manuel Menuck, amenez lui à son chevet un groupe américain ne s'étant jamais remis de la séparation de Slint (et par la même occasion de spiderland). Trouvez lui un chanteur ne sachant pas spécialement chanter mais plutôt déclamer, conter (à l'instar d'un John Balance de Coil). Mettez tous ces ingrédients en vase clos, observez l'alchimie se produire et enfin écoutez le résultat. Vous devriez trouver quelque chose d'assez proche de blown realms and stalled explosions d'Enablers.
Je vous vois venir avec vos gros sabots : Enablers c'est qui/quoi ? (En même temps, si je tiens à en toucher quelques mots c'est que ça doit pas être trop mauvais, de mon point de vue s'entend). Alors Enablers c'est : quatre américains pratiquant un rock tendu, sec, assez nerveux pour tout dire, dans la lignée de Slint, Fugazi, Neurosis (sans le côté métal) ou Drive Like Jehu.
Blown realms and stalled explosions, sorti depuis le 23 mai, est leur quatrième album. Depuis 2004, ils s'ingénient à sortir des disques qui finiront dans les bacs à soldes ou complétement oubliés de tous. Pourtant ce qu'ils proposent est plutôt bon voir par moment très bon pour qui apprécie Slint et consorts.A savoir un rock carré où rien ne dépasse, joué en rang serré, intransigeant et surtout très bien foutu.
Et pour tout dire, ce n'est pas blown realms qui devrait changer quoi que ce soit. Album court, très efficace, excellent même mais sans un soupçon d'originalité.Celui-ci est pourtant leur meilleur album à ce jour. Celui dans lequel on sent une véritable tension, qui ne fait pas seulement " petit livre illustré du post-rock indé américain "comme les précédents albums mais dans lequel on sent qu'ils ont pris un peu de hauteur avec leur rock terrien et sale.
Je sais : c'est pas avec une telle note que je vais les sortir de leur anonymat, ce n'est pas en disant qu'ils pratiquent un rock commun sans une once d'originalité que je vais donner envie à qui que ce soit d'aller écouter leur dernière galette. Pourtant il est des moments où on a besoin de se reposer, d'être en terrain connu, d'apprécier un disque modeste, sans véritable génie mais agréable, bien fait. C'est pour ces moments là qu'Enablers sort des disques. Enablers, c'est pas grand chose mais ça fait un bien fou. Pourquoi se priver alors d'un tel plaisir ?
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samedi 11 juin 2011
vendredi 6 mai 2011
post-rock mes bollocks
Le post-rock a naquit dans les années 90 avec le laughing stock de Talk Talk, le spiderland de Slint et a mourru quand Godspeed You ! Black Emperor a sorti yanquee u.x.o, lui offrant un enterrement de première classe. Il y a bien eu quelques tentatives de résurrectionnisme avec le groupe à géométrie variable A Silver Mount Zion, auteur d'un seul bon album et d'une discographie à filer une surinfection acnéique à un ado peu gâté par dame nature, mais tel une mouette amoco cadizienne, le post-rock s'est lamentablement vautré en se regardant le nombril de façon éhontée comme le rock progressif en son temps, dans les années 70. Voilà.
Mais dis moi tonton myrrhman, pourquoi nous parles-tu d'un mouvement décédé il y a près d'une dizaine d'années ? Y-aurait-il eu une tentative de déterrer le cadavre afin de le rendre à nouveau présentable ?
Pour tout vous dire les enfants : oui.
Le problème est qu'il ne reste plus grand chose de présentable justement. Le cadavre pue la charogne, est en cours de décomposition, porteur de germes innommables dont on a pas idée. Vous ne me croyez pas ? Jetez une oreille au nouvel album de l'ancien leader de Godspeed You ! et d'A Silver, vous comprendrez aisément ce que je veux dire. Efrim Manuel Menuck sort, dans une vingtaine de jours, un disque modestement nommé plays "high gospel". Rien que ça. Tout de suite, un titre pareil, ça pose son homme. On sait qu'à l'écoute on risque de se retrouver face à un album pensé de A jusqu'à Z. Dont chaque note est mesurée, pesée avec soin, dont chaque parole sera pensée, utilisée telle une arme de destruction massive. Car Efrim ne fait pas de la musique, non, il érige des manifestes, des tracts anti-capitaliste tel un Besancenot qui aurait troqué son vélo jaune contre des partitions, tel un Manu Chao post-rockien qui dirait : La guerre c'est pas bien, le capitalisme vous zencule pro-fondement, les politiques y sont tous des méchants, de vils gredins, des fieffés menteurs. Mais en plus réfléchi quand même, car le post-rock sert à ça. Dénoncer au travers de la musique toute l'infamie de ce monde pourri jusqu'à l'os. Bon ok, Godspeed le faisait de façon relativement talentueuse grâce à sa musique en forme de montagne russe, alternant accalmies et furies. Mais Godspeed avait l'avantage d'être musical. Le discours anti-capitaliste se faisait à côté pour justifier la musique.
Ici chez Efrim, on a plus affaire à un pensum foutrement indigeste qu'à de la musique soit-disant révolutionnaire. Dans plays "high gospel" il cumule toutes les tares qu'on pouvait retrouver dans ses deux précédents groupes. D'abord un chant approximatif (je ne vois pas où est le problème : la révolution ne se chante pas, elle se scande. Pas besoin de savoir chanter.), ensuite une musique alternant plat et creux, pas de relief, rien ( de toutes façons, ça sert à quoi ? j'ai déjà du succès avec A Silver Mount Zion, qui bat des records en matière de musique creuse et chiante. Pourquoi je me casserai le fion à faire quelque chose de bien, hein ? ). Ajoutez à cela une réflexion, une expérimentation qui n'aboutit à rien et vous obtenez un disque d'une prétention qui n'a d'égale que sa vacuité. Un ballon de baudruche bourré de courants d'air quoi.
Le pire là-dedans c'est qu'Efrim arrive presque à ses fins. Son album est si creux, si pénible, si... laxatif qu'on a fortement envie de prendre les armes, de faire une putain de révolution pour qu'il arrête ses conneries et aille retourner élever des caribous dans sa campagne canadienne ou alors le séquestrer pendant des mois dans une pièce en lui collant à fond les manettes l'intégrale de Céline Fion, Garou et Rock Voisine en même temps. Un truc à devenir fou. La preuve ? Xavier Dupont de Ligonnes, ami intime d'Efrim, a reçu le disque il y a près d'un mois. Voyez les conséquences. C'est pour cette raison précise que je vous épargnerai un extrait de cet album. Je tiens pas à faire de la taule moi.
Mais dis moi tonton myrrhman, pourquoi nous parles-tu d'un mouvement décédé il y a près d'une dizaine d'années ? Y-aurait-il eu une tentative de déterrer le cadavre afin de le rendre à nouveau présentable ?
Pour tout vous dire les enfants : oui.
Le problème est qu'il ne reste plus grand chose de présentable justement. Le cadavre pue la charogne, est en cours de décomposition, porteur de germes innommables dont on a pas idée. Vous ne me croyez pas ? Jetez une oreille au nouvel album de l'ancien leader de Godspeed You ! et d'A Silver, vous comprendrez aisément ce que je veux dire. Efrim Manuel Menuck sort, dans une vingtaine de jours, un disque modestement nommé plays "high gospel". Rien que ça. Tout de suite, un titre pareil, ça pose son homme. On sait qu'à l'écoute on risque de se retrouver face à un album pensé de A jusqu'à Z. Dont chaque note est mesurée, pesée avec soin, dont chaque parole sera pensée, utilisée telle une arme de destruction massive. Car Efrim ne fait pas de la musique, non, il érige des manifestes, des tracts anti-capitaliste tel un Besancenot qui aurait troqué son vélo jaune contre des partitions, tel un Manu Chao post-rockien qui dirait : La guerre c'est pas bien, le capitalisme vous zencule pro-fondement, les politiques y sont tous des méchants, de vils gredins, des fieffés menteurs. Mais en plus réfléchi quand même, car le post-rock sert à ça. Dénoncer au travers de la musique toute l'infamie de ce monde pourri jusqu'à l'os. Bon ok, Godspeed le faisait de façon relativement talentueuse grâce à sa musique en forme de montagne russe, alternant accalmies et furies. Mais Godspeed avait l'avantage d'être musical. Le discours anti-capitaliste se faisait à côté pour justifier la musique.
Ici chez Efrim, on a plus affaire à un pensum foutrement indigeste qu'à de la musique soit-disant révolutionnaire. Dans plays "high gospel" il cumule toutes les tares qu'on pouvait retrouver dans ses deux précédents groupes. D'abord un chant approximatif (je ne vois pas où est le problème : la révolution ne se chante pas, elle se scande. Pas besoin de savoir chanter.), ensuite une musique alternant plat et creux, pas de relief, rien ( de toutes façons, ça sert à quoi ? j'ai déjà du succès avec A Silver Mount Zion, qui bat des records en matière de musique creuse et chiante. Pourquoi je me casserai le fion à faire quelque chose de bien, hein ? ). Ajoutez à cela une réflexion, une expérimentation qui n'aboutit à rien et vous obtenez un disque d'une prétention qui n'a d'égale que sa vacuité. Un ballon de baudruche bourré de courants d'air quoi.
Le pire là-dedans c'est qu'Efrim arrive presque à ses fins. Son album est si creux, si pénible, si... laxatif qu'on a fortement envie de prendre les armes, de faire une putain de révolution pour qu'il arrête ses conneries et aille retourner élever des caribous dans sa campagne canadienne ou alors le séquestrer pendant des mois dans une pièce en lui collant à fond les manettes l'intégrale de Céline Fion, Garou et Rock Voisine en même temps. Un truc à devenir fou. La preuve ? Xavier Dupont de Ligonnes, ami intime d'Efrim, a reçu le disque il y a près d'un mois. Voyez les conséquences. C'est pour cette raison précise que je vous épargnerai un extrait de cet album. Je tiens pas à faire de la taule moi.
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