Affichage des articles dont le libellé est djelimady tounkara. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est djelimady tounkara. Afficher tous les articles

mercredi 30 mars 2011

jeunesse sonique

Et si on continuait dans la mouvance world ?
Non parce que parler rock, métal, pop c'est bien sympa mais faut bien comprendre qu'il y a autre chose dans la vie que ces musiques de dégénérés, de hippies, de frustrés ou de dégénérés hippies frustrés. Il y a un autre monde qui ne demande qu'à s'ouvrir à la population de sourdingues dont vous faites parti. Enfin, si vous lisez mes tissus de conneries de façon habituelle, c'est que vous faites parti des rares élus que j'aurais réussi à sauver, convertir ou les deux à la fois. Mon écriture, savante, littéraire, précieuse, d'une puissance salvatrice inégalable, aura au moins eu une utilité dans ce bas monde.
Bon trêves de divagations existentialistes inintéressantes et particulièrement cons, passons aux choses sérieuses.
La réunion malienno-cubaine d'afrocubism l'an dernier ne t'a pas trop réconcilié avec le mouvement world ? Comme moi tu as trouvé ça mou du genou, chiant, pour tout dire sans intérêt. Tu t'es pris à regretter le temps béni de Buena Vista Social Club, où la musique exhalait des flagrances de havane fumé dans un bouge mal famé sentant le stupre, la luxure et la gérontologie assumée. Sache que ce temps béni est de retour grâce au premier album d'un jeune Sénégalais d'environ 75 ans, "Thiossane" Abdoulaye Ndiaye. Sache que ce garçon est avant tout un artiste complet. Fondateur de l'orchestre Thiossane club en 1964, il est l'un des rares témoins et acteurs du premier festival des arts nègres en 1966 sous le bienveillant parrainage de Leopold Sedar Sanghor. Dis comme ça, ça pose son homme. Il est surtout un homme des arts picturaux. Le mec tu lui laisses un pinceau entre les mains, tu lui présentes un mur moche, nu,ni une ni deux, il te fait une fresque aux couleurs chamarrées tellement belle que tu finis par croire en Dieu. Mais ce qui est quelque peu énervant avec ce genre de personnage, c'est que quand il se met à la musique, le résultat est aussi d'une beauté confondante. Il suffit de jeter une oreille sur les deux premiers titres de son album pour comprendre qu'on a pas affaire à un manchot. D'un niveau assez exceptionnel, la rencontre entre le Buena Vista et Césaria Evora, aminata ndiaye se place comme le digne successeur de chan chan : même suavité, même nonchalance, un refrain dont on a du mal à se défaire, une classe innée. Qu'on retrouve dans le morceau suivant, lat dior. Rencontre entre Tinariwen, Cuba et le reggae. Improbable me direz-vous ? jetez une oreille dessus, c'est d'une évidence et d'une simplicité troublantes. La suite, moins impressionnante, se situe quant à elle au niveau d'un Orchestra Baobab ou d'un Djelimady Tounkara. Moins impressionnant mais non moins indispensable. Thiossane, à lui seul, offre un enterrement de première classe à la tentative de salsa malienne collective de l'an dernier, ridiculise les efforts d'un Nick Gold, créateur de musée, et offre un album d'une grande classe. Pas complétement abouti ( les six jolies mais vaines minutes de bouki ndiour) enfin pas d'un niveau constant , il s'agit néanmoins d'une belle réussite dans un style qui a vu son apogée il y a quatorze ans et plus rien ou si peu depuis.
En même temps il a mis une bonne cinquantaine d'années à le peaufiner son album, c'eut été un tantinet décevant que "Thiossane" Abdoulaye Ndiaye nous ponde une daube nauséabonde et innommable. En même temps si ça avait été le cas, je l'aurais classé soit dans la rubrique ma main dans ton disque ou encore la vieillesse est un naufrage. Ce qui aurait pu faire une excellente note vacharde et bien sentie (as usual). Pas de bol pour vous, son premier album est excellent. Con, non ?

Pour écouter quelques extraits, c'est ici

mardi 12 octobre 2010

Buena Vista Mali Club

Cette note sera Druckerisable ou ne sera pas. Qu'on se le dise

Je sais pas si je me fais vieux, blasé ou tout simplement con, mais un album que, dans l'absolu, je devrais adorer me laisse plus froid qu'une nuit passée dehors en plein mois de janvier. Pourtant sur le papier ça a l'air absolument formidable. Je vous jure : Nick Gold, producteur de Buena Vista Social Club, réunit la crème des musiciens Maliens ( Djelimady Tounkara, formidable, Toumani Diabaté, formidable, Kassé Mady Diabaté, formidable, Bassekou Kouyaté, formidable) et le non moins formidable Eliades Ochoa du côté cubain. Il enregistre deux sessions, desquelles il tire la substance de ce  formidablissime Afrocubism. Quatorze morceaux triés sur le volet ( les sessions en comptent vingt six, dix sept à la première je vous laisse faire les comptes pour la suite sales feignasses, de quoi nous sortir un autre chef-d'oeuvre) et autant de climax. Pourtant, comme je l'ai dit précédemment, je me suis fait chier velu en écoutant cet album. Gold nous refait le coup du Buena Vista mais là où la mayo prenait dès les premiers accords, grâce à une ambiance enfumée, fièvreuse, sensuelle, et le talent des musiciens aussi, ici tout tombe à plat. Non pas que les musiciens n'aient pas de talent, loin de là, mais Nick Gold se la joue prof et nous donne un cours de world pour les nuls. Problème, et pas des moindres, c'est que quand on est un fondu de world et notamment de musique malienne, tout sonne comme du déjà entendu. Aucune originalité : Tounkara fait du Tounkara en moins inspiré, son album solon kôno est tout de même à des coudées au-dessus de ce plaisant afrocubism, Diabaté joue les guest de luxe, le balafon de Liassana Diabaté, formidable, se fait entendre sur un seul morceau (dakan), ce qui fait très : merci pour ta prestation, maintenant tu peux te barrer on t'a assez entendu ; l'alternance morceaux cubains/africains est franchement gonflante, chacun joue sa partition de façon scolaire, l'un après l'autre et tout le monde semble content. A part l'auditeur, enfin moi-même, qui se dit qu'en matière de musique afro-cubaine l'Orchestra Baobab avec specialist in all styles ou encore pirates choice a réussi la greffe de façon beaucoup plus éclatante que sur ce fade afrocubism. Ou encore le mali music d'Afel Bocoum, Damon Albarn, Toumani Diabaté & friends, dans un style différent, autrement plus respectueux, aventureux et réussi que cet afrocubism pas si formidable que ça tout compte fait.
La fonction première d'afrocubism, mais c'est mon avis, est respectée : faire découvrir à un large auditoire et mettre au premier plan la musique malienne comme l'avait fait auparavant buena vista pour la musique cubaine. C'est tout à fait respectable, mais pour ce qui est de l'intérêt musicale de la chose, j'émettrai pas mal de réserves. Disons que financièrement, ça risque de fonctionner, le buzz a l'air de prendre assez rapidement. Maintenant si ça permet de ressortir les albums de Tounkara, Diabaté et d'autres encore, si ça permet de financer/d'aider certains artistes maliens qui n'auraient jamais pu  se le permettre sans ça; alors l'entreprise de Gold n'aura pas été complétement vaine.
Si on met de côté la musique, tout cela est formidable, non ?
Merci Michel.
Je dois tout de même être un vieux con blasé en y réfléchissant bien..