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vendredi 21 octobre 2011

Aujourd'hui : RIEN (le retour)

Enfin pas tout à fait.
J'ai écouté Lulu. Non pas le fils Gainsbourg, ne vous méprenez pas.
Lulu de Lou Reed & Metallica.
Autant vous dire que tenter une écoute au saut du lit, à 6 plombes du mat', c'est une expérience que je qualifierais d'unique. Disons le clairement : j'ai peur de rien. Alors, qu'en dire ? j'ai écouté les deux premiers morceaux en entier, j'ai pris mon petit-déj et y suis retourné dans la foulée. La pause petit déj' m'a été salvatrice. Disons qu'au bout d'à peine dix minutes je n'entendais plus rien. Les rires, mêles aux sanglots longs d'une aube d'automne, m'empêchaient d'être complètement réceptif à la parodie musique (?) de ces deux bestiaux. Dès l'annonce de l'union de ces deux mastodontes on savait que la montagne accoucherait d'une souris mais force est de constater qu'à l'écoute de lulu, la souris est dans un piteux état. Entre les hormones dont elle a abusé pour avoir un corps d'athlète body-buildé et sa voix souffreteuse, rachitique, accusant un âge plus que certain, la conclusion à en tirer est qu'elle ressemble à rien.
En même temps à cette heure là, la gueule enfarinée, les couilles qui démangent, il me faut quelque chose de cet acabit pour me réveiller. Manque de bol c'est pas le métal d'Aluminiuma (métal mou je le rappelle) qui va m'aider. Bien au contraire. Je m'explique (faut toujours s'expliquer) : S'adapter à la personne avec qui on collabore c'est sympa mais faut pas abuser non plus hein. Là le métal pratiqué par Metallica est en gros calqué sur le rythme du déambulateur utilisé par Lou Reed au sortir de son AVC. La seule tension palpable ici c'est pas le son des guitares émis par Metallica, mou et ridicule tant il cumule clichés en tous genres, non, c'est de savoir à quel moment papy Reed va se ramasser les pieds dans le tapis et s'étaler de tout son long. A l'écoute du chant, on se dit que l'enregistrement a du se faire post-gamelle, une fois que le râtelier de Reed s'en est enfui hors de sa ganache.  Ou alors les mecs de Metallica, farceurs comme pas deux,  lui ont planqué son dentier avant de commencer l'enregistrement des séances de chant. C'est pas possible autrement. Son spoken word, autrefois superbe (rappelez-vous new york) relève presque de l'aphasie. On sent les mots se bousculer au portillon sans pouvoir arriver dans l'ordre attendu. Il y met pourtant de la bonne volonté papy. Mais rien n'y fait :  soit on finit par avoir pitié de lui, soit on se marre comme des baleines.Donc, impossibilité de continuer l'écoute au delà de deux chansons. Et de toute façon quand on regarde la longueur des morceaux suivants (jusqu'à vingt minutes tout de même), la seule envie qui nous étreint c'est de pousser la seringue de potassium pour que papy zinzin se la ferme une bonne fois pour toute. Et faire appel à ce bon vieux leatherface pour qu'il s'occupe reste du groupe.
Vous me direz, quel intérêt à pondre une note sur une réunion non-événementielle entre un vieux gâteux sénile  et un groupe has-been ? Aucun. Critiquer lulu c'est enfoncer une porte ouverte, dire que le mal c'est pas bien. Toute la blogosphère (et même au-delà) l'aura écouté et devrait en dire peu ou prou la même chose que moi. La seule chose qui me différencie des autres, c'est que eux ne se sont pas levés à 6 plombes du mat', exprès, avec l'idée saugrenue de s'envoyer ça. Par moment je doute de ma santé mentale. Pour dire la vérité, ma capacité à m'envoyer ce genre de daubes m'effraie tout bonnement. Je songe à commencer une psychothérapie. Maintenant.
Tiens, et si je me faisais le dernier Yann Tiersen ?

samedi 9 octobre 2010

Dust lane

Je ne sais pas si c'est moi qui suis de mauvais poil ou non, mais le dernier Yann Tiersen , décrit ailleurs comme étant la huitième merveille du monde musical de cette riante année 2010, me casse légèrement les bonbons. Ok, on lui reconnaîtra au gars Tiersen le goût de la remise en question. Dust lane ne ressemble en rien à ce qu'il a pu faire auparavant. Plus de mélodies minimalistes au violon ou sur un toy-piano, plus de chants délicats, moins d'ambiances maritimes. Tiersen casse son image de doux rêveur lui collant aux basques depuis sa fameuse B.O d'Amélie Poulain pour une autre beaucoup moins lisse, moins grand public. En tous les cas, le résultat surprend. Le son est autrement plus ample, plus saisissant que sur ses dernières productions. Il se laisse le temps de développer ses morceaux, diversifie son instrumentation, beaucoup plus électrique et éclectique qu'auparavant, va jusqu'à utiliser des samples, s'aventure dans une sorte d' expérimentation sonore pas mal du tout ( l'intro de till the day, parce que le reste du morceau, ouh laaa, c'est assez insupportable.). Jusque là rien de négatif me direz-vous.Le problème, enfin je parle de mon point de vue hein, c'est qu'on sent beaucoup trop la patte Matt Elliott, créateur de Third Eye Foundation. Pour qui aime ce que fait Matt Elliott, dust lane sera une réussite. Perso, j'ai horreur de ce qu'il fait en solo.
Et autre problème, autrement plus problématique celui-là, Tiersen voudrait être Mogwaï à la place de GodSpeed ou encore A Silver Mount Zion. Si j'ai le plus grand respect pour GodSpeed, qui a tout de même sorti un excellent album ainsi qu'un génial EP, je n'en dirais pas de même pour les deux autres groupes cités. Vouloir faire aussi "bien" qu'eux relève du défi casse-gueule. Et là, c'est le drame. Comme vous l'avez bien compris, c'est raté sur toute la ligne. Chaque morceau tombe à plat, singe les montées de Mount Zion sans leur parvenir à la cheville, tout est hors-sujet. On reconnaît parfois la patte Tiersen mais tout ressemble à une démonstration :  regardez comme je me mets en danger, comme je durcis le ton, voyez comme je m'engage dans des terres inconnues. Ok Yann, mais il n'y a aucune tension là, rien, pas un mouvement de vie. Tout est à sa place, calculé, rutilant, beau mais vide, complétement vide. Et quand il semble y avoir du mouvement, c'est tout bonnement atroce (ashes et ses choeurs de l'armée rouge, comme du mauvais Matt Elliott -doux euphémisme depuis le drinking song-).
Bon, je sais, je ne suis pas critique.Je ne suis pas non plus journaliste, je ne suis qu'un simple gars qui aime la musique et qui fait part de ses coup de gueule et coups de coeur. J'ai pas de potes musiciens, je bosse pas aux inrocks, ce qui me donne une liberté de ton que ne peuvent avoir certains "rocks critics" (loin de moi la prétention de vouloir l'être). Alors Yann si jamais tu tombes sur cette note, ne m'en veut pas, j'ai simplement pas aimé ton album. Il est mauvais, c'est tout. Pas à la hauteur de ses ambitions. Le prochain peut-être ?
Sur ce je retourne chez Myra Melford, autrement plus passionnant. A plus Yann, sans rancune.